Histoire de la Paroisse Saint Laud d’Angers

L’Eglise SAINT LAUD

Cette église est située en centre ville, place de l’Académie, dans un quartier commerçant entre la gare et le château

Si l’on visite au château d’Angers la galerie des tapisseries "Apocalypse de Saint Jean", on peut remarquer les vestiges de la chapelle Sainte Geneviève et bien souvent - sans le savoir - on a sous les yeux l’origine de la paroisse SAINT LAUD, qui remonte au XI* siècle.

C’est en effet à Angers qu’avaient été ramenés les restes du Bienheureux LAUD (ou LO), évêque de Coutances au VI* siècle pour les protéger de l’invasion normande. Là, ils furent confiés avec d’autres reliques à un chapitre de chanoines.

En 1234, pour agrandir le château et en renforcer la sécurité, Saint Louis fait transférer les chanoines et leurs reliques dans la petite église Saint Germain, située à l’emplacement actuel de la Cour Saint Laud (y ajoutant l’enclos dit de la Saint Hilaire) ; le tout devient "SAINT GERMAIN - en - SAINT LAUD" église paroissiale qui, mal protégée par sa situation en dehors des remparts, est pillée de nombreuses fois.

Assez pauvre, elle est pourtant célèbre grâce à des éclats de bois rapportés de Terre Sainte, vénérés comme fragments de la vraie Croix du Christ. Louis XI en profite pour faire prêter serment sur le très précieux reliquaire, aux armes du Roi René, à tous ceux dont la bonne foi lui parait douteuse.

Pendant la Révolution, le reliquaire est brisé, l’église en ruines. La paroisse doit être transférée aux Récollets, près de l’Académie d’Equitation (emplacement actuel).

La chapelle des Récollets, démolie en 1869, fait place à l’église actuelle œuvre de l’architecte Dainville et consacrée par Mgr FREPPEL en août 1876 Elle est de style roman - poitevin, avec façade en tuffeau surmontée d’une seule tour, rehaussée d’une flèche.

En 1887, on y replace "Notre Dame du Salve", statue en marbre blanc offerte par la famille royale vers la fin XIII* et retrouvée cassée en deux au logis du Douzillé. Il faudra l’évacuer par prudence pendant la guerre 1939-1945.

En effet, notre église a connu des périodes difficiles. Ainsi, dans la nuit du 28 au 29 Mai 1944, une bombe tombe entre le presbytère et le transept, la meurtrissant durement et faisant 28 morts. Quelques jours après, une autre bombe éclate sur la poutre maîtresse le la nef : toutes les voûtes s’écroulent, détruisant autels, mobilier et même l’orgue.

L’église porte, extérieurement, au flanc gauche de la nef, comme une longue cicatrice, une dalle d’ardoise commémorant ces heures douloureuses. Rendue au culte 10 ans après, le 14 Mars 1954, elle ne devait résonner du chant de l’orgue qu’à partir de 1961.

Elle offre aux regards du visiteur, à la prière du croyant, la célèbre vierge"Notre Dame du Salve", une des rares statues de Marie où figurent Eve, le serpent et ... la pomme. Cette statue est située à droite en entrant dans l’église.

A remarquer aussi, dans le transept gauche, le tableau "le Christ aux outrages", dont on ne peut préciser ni l’époque, ni le peintre. Dans ce même transept, deux vitraux représentent le Christ et sa croix au milieu des ruines du bombardement qui a atteint notre église.

Son curé est le Père Laurent BREGUET depuis septembre 2008.

Pages d’histoire du chanoine Guéry La belle Vierge, en marbre blanc, est peut-être un don de saint Louis. Elle était si bien labourée que Catherine de Médicis avait désiré l’emporter au Louvre. « La perfection extraordinaire avec la¬quelle cette statue est travaillée, écrit M. de Farcy, le caractère, le type élégant et la physionomie si noble de ]a Vierge, tout cela fait penser qu’elle est l’œuvre d’un de ces artistes auxquels nos rois confiaient les statues des tombes de Saint-Denis ou de leurs chapelles particulières. C’est donc à l’école de l’Ile-de-France qu’il faut attribuer ce chef¬d’œuvre
Cette statue, mutilée à la Révolution, fut retrouvée en deux morceaux, dans le logis de Douzillé, sur le chemin de Sainte-Gemmes. Très habilement réparée, elle fut replacée dans l’église Saint-Laud le jour de la Pentecôte 1887.
Dans la main droite la Vierge tient une branche d’églantier en fleurs, et elle porte sur son bras gauche son divin Fils, qui serre les ailes d’une colombe, symbole mystique du Saint-Esprit. Elle foule aux pieds Eve mangeant la pomme funeste.

L’église actuelle

La chapelle des Récollets est démolie en 1869 pour faire place à l’église actuelle, œuvre de architecte Bainville, et consacrée par Monseigneur Freppel au mois d’août 1876. L’église Saint-Laud est de style roman-poitevin, avec une façade en tuffeau surmontée d’une seule tour, allégée par le style angevin.

En 1887, on y replace "Notre Dame du Salve" statue en marbre blanc offerte par la famille royale vers la fin du XIIIème siècle, et retrouvée cassée au logis du Douzlllé. Il faudra l’évacuer par prudence pendant la guerre 1939/1945.
En effet, notre église a connu des périodes difficiles. Ainsi, dans la nuit du 28 au 29 mai 1944, une bombe tombe entre le presbytère et le transept. Une autre bombe éclate sur la poutre maitresse de la nef : toutes les voûtes s’écroulent, détruisant autels, mobilier, et même l’orgue. L’église porte extérieurement, au flanc gauche de la nef, une dalle d’ardoise commémorant ces heures douloureuses.

Rendue au culte 10 ans plus tard, le 14 août 1954, elle ne devait résonner du chant de l’orgue, qu’à partir de 1961.
En plus de quelques beaux vitraux, elle offre surtout au regard du Visiteur, à la prière du croyant, la célèbre vierge "Notre Dame du Salve", une des rares statues de Marie où figurent Ève et.., la pomme !

Restauration du choeur-mai 2015-accueil du Père Breguet

Monseigneur, Monsieur le Préfet, Monsieur le Maire, Chers paroissiens,
Je suis heureux de vous accueillir pour ce grand moment de la vie de la paroisse.
Monseigneur, je vous remercie de présider cette messe concélébrée de l’Ascension et de procéder à la consécration du nouvel autel.
Je suis heureux de saluer Monsieur Burdeyron, Préfet de Maine et Loire et Monsieur Béchu, Maire d’Angers qui nous font l’honneur et l’amitié de leur présence.
Monsieur le Maire soyez remercié pour la sollicitude avec laquelle la ville entretient l’église Saint Laud à travers vos services, et de m’avoir autorisé à achever le réaménagement du chœur commencé en 1971 et jamais achevé depuis lors. Cet autel en marbre et en bronze doré dont les éléments étaient conservés dans les combles de l’église, remplace ainsi l’autel provisoire en bois posé il y a 44 ans !
Chers paroissiens,
Je vous remercie d’être venu nombreux.
Ce réaménagement du chœur avec le nouvel autel dont chacun est fier aujourd’hui s’inscrit dans la réforme entreprise par le Concile Vatican II, au sujet de la liturgie et du lieu où celle-ci est célébrée. L’espace sacré est un lieu de gloire où le mystère du Dieu d’amour se révèle.
La réalisation de l’autel et du sanctuaire vous a mobilisé et cette fraternité a resserré les liens entre vous, surtout entre ceux qui se connaissaient peu ou pas et ceci au bénéfice de notre communauté paroissiale.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude aux bienfaiteurs et donateurs, à la Fondation du Patrimoine et à son Président François-Xavier Gourdon. Sans eux, la réalisation de ces travaux n’aurait pas été possible.
Merci également à vous tous de votre générosité.
Je remercie les entreprises qui ont mis tous leurs talents dans l’exécution des travaux :
Les entreprises, Bonnel pour les marbres, la maçonnerie, Carella pour le carrelage, Brizard, pour l’électicité, Strasser pour la sonorisation et le Maître orfèvre François Bagna.
En mon nom personnel et au nom de vous tous paroissiens et amis, je remercie Guy Massin-Legoff, Animateur de l’EAP qui m’a assisté avec tant de dévouement dans la conduite des travaux avec les compétences que nous lui connaissons et son enthousiasme communicatif.
Je remercie la commission diocésaine d’art sacré, les membres de l’EAP et du CEP et les paroissiens qui à titre personnel se sont impliqués, ils se reconnaîtront, comme je remercie les Abbés Denis Richard et Ludovic Danto de leurs conseils avisés.
Chers frères et Sœurs,
J’ai voulu que ce nouvel autel soit réalisé avec des matériaux nobles, parce que l’autel est le lieu de la visualisation du Christ, il est beaucoup plus qu’un simple symbole, parce qu’il signifie la présence du Christ, Pierre angulaire sur laquelle se forme et se construit son peuple.
L’autel, c’est la table du sacrifice, le lieu dont le peuple chrétien peut dire en vérité à la suite du patriarche Jacob : « Que ce lieu est redoutable ! Ce n’est rien moins qu’une maison de Dieu, et c’est la porte du ciel. » (Genèse 28, 17)
L’autel, c’est la pierre de Jacob, dont il avait fait son chevet la nuit de son combat avec Dieu et qu’il érigea en stèle : c’est Béthel. (Gn 28, 18)
Mais, l’autel, c’est aussi la table dressée dans la chambre haute par le Christ, la veille de sa Passion, (Marc 14,15) où Il s’est donné jusqu’à ce jour en nourriture de vie éternelle à ses disciples.
L’autel, c’est à la fois le roc du sacrifice et la table de la Cène, les deux se confondant étroitement dans la personne du Christ.
Monseigneur,
Les reliques que vous allez déposer et qui seront scellés dans l’autel, sont celles de martyrs et de saints d’hier qui nous rappellent, comme le disait récemment le Pape François, que notre Eglise est une Eglise de martyrs à travers les persécutions contemporaines.
Dans quelques instants vous allez rendre les mêmes honneurs que les saintes femmes ont rendus au Christ le soir du Vendredi Saint.
Vous allez oindre de Saint Chrême l’autel comme les saintes femmes ont voulu embaumer leur Seigneur, puis vous allez le vêtir d’un beau linceul blanc, en posant la nappe, puis vous allez l’encenser, le fleurir et l’illuminer.
Ce que ne savaient pas encore les saintes femmes, nous le savons : « Le Christ est ressuscité ! Alléluia ! » Son Corps est désormais lumineux et ses vêtements si « éblouissants, si blancs qu’aucun foulon sur terre ne saurait blanchir ainsi. » (Marc 9,3)
L’autel, où sont célébrés les saints mystères, annonce et anticipe la Table du Royaume où nous serons rassemblés un jour.
En cette fête de l’Ascension, nos regards suivent le Christ pour chercher les réalités d’en haut et vivre notre mission de « disciples-missionnaires ». (Pape François, Evangelii gaudium §120)

.Homélie de Mgr Emmanuel Delmas évêque d’Angers

Le Seigneur est élevé au ciel. Il est ôté de la vue de ses amis. : « Il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs yeux… C’est notre vie d’aujourd’hui. C’est la situation dans laquelle se trouve notre Eglise, notre monde : le Seigneur est bien vivant, mais nos yeux ne peuvent le voir car il y a une nuée qui le soustrait à notre regard. Alors, ne nous épuisons pas à regarder vers le ciel, mais prêtons toute notre attention à ce qui nous est donné de vivre ici et aujourd’hui.
Et pour nous qui sommes rassemblés dans cette église, c’est vers ce nouvel autel qui va être consacré dans un instant que nos regards vont se poser. Cet autel est beau ; il a fait l’objet de beaucoup de travail, beaucoup d’amour. Il orne le chœur, rénové lui aussi. Si je pose mon regard sur lui, alors il a beaucoup à m’apprendre sur notre condition de disciple du Christ aujourd’hui.
Nous regardons l’autel et nous voyons ce tableau où Jésus se révèle aux disciples d’Emmaüs. Chacun de nous peut se reconnaître dans ces disciples : l’évangile parle de Cléophas et de l’autre disciple… Oui, chacun peut se reconnaître en eux, auprès de qui Jésus marche, qu’il écoute, qu’il réprimande car leurs cœurs sont lents à croire, mais aussi à qui il ouvre les yeux à l’intelligence des Ecritures. C’est notre humanité qui, en regardant l’autel, expérimente à son tour cette joie d’avoir le cœur tout brûlant de savoir que le Seigneur se donne à nous dans sa Parole, son Eucharistie, sa Présence…
Nous regardons l’autel et nous voyons un autre tableau où Jésus accueille les bras largement ouverts les enfants qui viennent à lui et que sans doute des adultes trop sérieux veulent empêcher d’approcher. En regardant l’autel, c’est l’Amour de Dieu que je contemple, l’Amour qui n’a pas de limite ni de retenue. En cette prochaine année de la Miséricorde, cet autel pourra être un enseignement sur notre Dieu riche en pardon. Nous pourrons comprendre que personne n’est exclu de son Amour, de sa Présence. Si chacun peut expérimenter la miséricorde de Dieu, alors il pourra être compatissant envers ceux qui vivent à ses côtés.
Nous regardons l’autel et nous voyons la Samaritaine à qui Jésus a promis l’eau vive. La Samaritaine, cette étrangère à la foi et qui est choisie par Jésus pour devenir son témoin auprès des gens de son village. Si nous regardons cet autel, alors nous serons tout proches de Jésus qui nous offre sa vie et nous donne la joie de croire qu’il est le Messie que le monde attend.
Nous regardons l’autel et nous voyons ce tableau où Jésus s’élève au ciel et envoie ses disciples : « De toutes les nations, faites des disciples… » Nous regardons l’autel et nous comprenons que nous restons en union avec Jésus en partageant notre foi auprès de ceux qui ne le connaissent pas encore. Je découvre comment je suis appelé à apporter ma prière « pour que se construise le Corps du Christ jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité de la foi et à la pleine communion du Fils de Dieu. »
Oui, voyez vous, regarder l’autel me donne de faire cette expérience de la Présence mystérieuse, mais bien réelle du Seigneur dans le monde d’aujourd’hui. Je peux faire cette expérience de sa proximité et je peux attendre avec un cœur plein d’espérance qu’il revienne rendant grâce pour me trouver vigilant.
Je ne crains pas de faire l’expérience de la nuée et ma foi se raffermit parce que je crois que sur cet autel, par ma communion au Christ victorieux, en union avec tous ceux qui l’ont confessé dans leur vie, oui, je crois que la vie du monde trouve ici son accomplissement.

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Chapelle Sainte Geneviève

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Du XIIe siècle à la Révolution, la collégiale royale saint Laud abritait dans l’un de ses petits collatéraux tous les offices de
la modeste paroisse sainte Geneviève qui de ce fait s’appelait
Sainte Geneviève- en-Saint Laud.
Passés les troubles révolutionnaires et la suppression des chapitres canoniaux, la nouvelle paroisse conserva cependant le nom de
saint Laud sous lequel elle était connue et qui est toujours le sien
aujourd’hui.
Néanmoins, afin de conserver le souvenir de siècles d’une vie paroissiale, les bâtisseurs de la nouvelle église décidèrent de consacrer une des chapelles latérales, la seconde à gauche en entrant par le grand portail, au souvenir de sainte Geneviève. A cet effet, ils commandèrent à la fois une statue en pierre, un vitrail à six scènes relatant des hauts faits de la vie de la sainte et un haut-relief destiné à orner un autel qui lui était dédié.

Cette sculpture en marbre blanc due au grand sculpteur angevin Honoré Charron aJPEG été présentée dans sa version préparatoire en plâtre, en 1897, que la Semaine religieuse décrit ainsi :
« Remarqué chez M Girard, rue Saint-Julien, un beau bas-relief de M Charron, l’habile sculpteur, représentant sainte Geneviève enfant, recevant la bénédiction de deux évêques auxquels l’artiste a donné les traits de Mgr Baron et de Mgr Freppel. »
Mgr Baron, évêque d’Angers, de 1895 à 1898, en commanda la version en marbre qui fut inaugurée en janvier 1898 en présence de l‘évêque et naturellement de l’artiste Charron qui rappelons-le, était paroissien de Saint Laud puisqu’il habitait place de la Visitation,

La scène illustre un passage de la Vita de sainte Geneviève, celui de sa présentation à deux évêques, les futurs saint Germain d’Auxerre et Saint Loup de Troyes. L’épisode relaté est situé à Charonne (Paris) ou Nanterre ; bien que très jeune puisqu’elle n’a que 7 ou 9 ans à l’aube des années 430, Saint Germain discerne en Geneviève une vocation religieuse. Assuré de l’assentiment de ses parents, il remet alors à l’enfant une pièce de monnaie marquée d’une croix qu’elle portera en pendentif en souvenir de son engagement envers le Seigneur.

Les aménagements liturgiques de la fin du XXe siècle ont conduit à la destruction de l’autel et à la relégation du marbre dans des conditions devenues dangereuses pour sa conservation. Ainsi fut-il décidé de le replacer non plus en devant d’autel mais en applique où il complète parfaitement les scènes historiées du vitrail qui le surplombe.
Guy Massin-Le Goff
20 Octobre 2016
Messe de Ste Geneviève à St Laud :https://goo.gl/photos/UeNy8qWFkP6uYevg8

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Chapelle de Sainte Rita

Dans la lettre Apostolique Misericordia et misera publiée le 20 novembre 2016 à l’occasion de la clôture de l’Année de la Miséricorde, le Pape François écrit :
« La culture de la miséricorde s’élabore dans la prière assidue, dans l’ouverture docile à l’action de l’Esprit, dans la familiarité avec la vie des saints et dans la proximité concrète des pauvres. C’est un appel pressant à ne pas mal interpréter où il est déterminant de s’engager…. Nous ne pouvons pas oublier les pauvres, c’est un appel plus que jamais d’actualité et qui s’impose dans son évidence évangélique. » (N°20)
Pour répondre à cet appel du Saint Père, et devant la détresse de nombre de personnes en grande précarité dans notre paroisse, en particulier dans le quartier de la gare, l’Equipe d’Animation Paroissiale a décidé de créer une chapelle dédiée à Sainte Rita, religieuse augustine, qui a vécu entre le 14e et le 15e siècle en Italie à Cascia. Elle est connue pour être la sainte des causes désespérées.
Cette chapelle sera bénie par Mgr Delmas le 23 avril lors de la messe dominicale du « dimanche de la Miséricorde ».
(Message lu aux paroissiens de Saint Laud aux messes dominicales du 1er et 2 avril 2017)
Présentation de Sainte Rita, « patronne des causes difficiles ou désespérées »
Par Mgr Patrick Valdrini, Recteur émérite de l’Institut Catholique de Paris
À l’occasion de l’inauguration de la chapelle sainte Rita dans l’église Saint Laud
Le dimanche 23 avril 2017, dimanche de la Miséricorde divine,
Par Mgr Emmanuel Delmas évêque d’Angers.

Chaque chrétien doit avoir un saint accompagnateur, un grand frère ou une grande sœur qui l’a précédé, que l’Église a donné comme modèle. Le saint veille. Présent quand il faut, quand il doit, quand nous le voulons, il répond à nos sollicitations. Nous lui parlons et il peut tout entendre, car il sait tout de nous. Comment expliquer qu’il y ait une telle connivence entre un saint et nous. Une personne se trouve bien avec François d’Assise, Thérèse de l’Enfant Jésus, Antoine de Padoue, Jean-Paul II et tant d’autres. On ne sait pas expliquer rationnellement le pourquoi de la confiance qui s’établit entre des êtres, entre un saint et une personne. Mais c’est une belle expérience qui apporte tant sur le plan spirituel. Le saint ne travaille pas pour lui, mais pour celui qu’il a servi d’une manière parfaite. Il n’est pas fait pour être servi. Il existe pour Dieu. Il est un médiateur.

Sainte Rita de Cascia fait partie de ce monde. Elle une sainte des pauvres, de ceux qui ont besoin, des angoissés, de ceux qui ne savent plus ce qu’il faut faire, la sainte des cas difficiles et désespérés. Elle tient tant de personnes par la main. Elle accompagne sur les chemins les plus escarpés, car elle a eu une vie dure qu’elle a conduite sans jamais désespérer de Dieu. Voilà pourquoi elle est un modèle. Elle n’a jamais désespéré alors que tout l’y portait. Voilà ce qu’il faut attendre d’elle, qu’elle aide à marcher, à se tenir droit dans les épreuves, avec foi en Dieu Créateur et Sauveur, comme le Christ sur son chemin pascal. Il faut la regarder et la prier. Elle donne de la force. Elle est puissante. Elle dynamise les êtres et les oriente avec justesse. Médiatrice de grâces. Sainte Rita est aimée, vénérée, priée car elle est une mère qui comprend tout et aide. Exigeante certainement mais si aimante qu’elle ne laisse personne sans aide qu’il faut savoir discerner.

Photos de la bénédfiction de la chapelle-23 avril 2017
https://goo.gl/photos/2KUbc4e8RfEb6oXw8

Sainte Rita de Cascia,

(1381-1457) la sainte des cas impossibles et désespérés

Sainte Rita fût épouse et mère. Après la mort de son mari et de ses deux enfants, elle resta forte et confiante en Dieu. Devenue religieuse, elle vécut en union à la Passion du Christ (stigmate au front) et engagée au service des pauvres. Sa persévérance dans les épreuves et sa confiance en Dieu en ont fait la « sainte des cas impossibles et désespérés ». Si elle a passé toute sa vie en Italie, elle est très connue en France, notamment dans la moitié Sud où sa dévotion populaire est particulièrement forte.

(P. Patrice Véraquin omv, recteur de l’église Sainte-Rita à Nice)

Sources documentaires

Aperçu de la vie de Sainte Rita. Sainte Rita vécut en Italie de 1381 à 1457. Cinq siècles plus tard, sa vie continue d’inspirer des millions de personnes à travers le monde. Une vie où se côtoient phénomènes mystiques et simplicité du quotidien, une vie chargée de grandes souffrances mais vécue dans la joie « d’aimer sans compter ».
Jeune fille, elle est déjà toute tournée vers Dieu. Mariée par obligation familiale à un homme rude, elle surmonte par sa douceur et sa patience les difficultés initiales de son mariage. Elle vit 18 années de bonheur avec l’homme dont elle aura deux enfants. Elle a 36 ans lorsqu’il est traîtreusement assassiné par un clan rival.
Quelques temps plus tard, elle perd ses deux enfants. Entrée au monastère, elle s’immerge dans une intense vie de prière. Son union intime au Christ crucifié se manifeste par le stigmate de l’épine. Elle accueille tous ceux qui viennent demander son aide et sa prière.
Toute la vie de sainte Rita respire l’amour de Dieu et la confiance totale en sa Providence. Mourante, elle demande à sa cousine d’aller lui cueillir une rose. Bien qu’en « plein hiver » la parente trouve la rose.

Cet épisode est à l’origine de l’image où l’on voit sainte Rita répandre des roses, symbole des grâces obtenues pour celles et ceux qui font confiance en l’intercession de « la sainte des causes désespérées et des cas impossibles ».

Enfance à Roccaporena.

Le père et la mère de Rita, Antonio Lotti et Aimée Ferri, vivent à Roccaporena à trois kilomètres de Cascia en Ombrie (Italie centrale). Dans la République de Cascia, ils jouent le rôle de « pacificateurs », c’est-à-dire de médiateurs entre les familles entrées dans la spirale des conflits et de la « vendetta ».
Chrétiens convaincus, ils vivent ainsi la béatitude des « artisans de paix ». Ils sont déjà âgés, lorsque naît Rita en 1381. Un jour, Antonio et Aimée vont travailler aux champs et portent avec eux le bébé dans une corbeille d’osier. Ils le posent à l’ombre des arbres. Et voilà qu’un essaim d’abeilles entoure l’enfant, quelques unes se posent même sur ses lèvres mais sans la piquer.
Un tableau datant de 1480 commémore ce fait. On y lit l’inscription « La Bienheureuse Rita était dans son berceau : cinq abeilles entrèrent dans sa bouche et en sortirent en présence de ses parents. » Un épisode qui dit de manière poétique et symbolique la bienveillante protection de Dieu pour la petite Rita. Éduquée chrétiennement, Rita répond très tôt et avec grande ferveur à l’amour de Dieu.
Elle aime le recueillement et la solitude. Elle obtient de ses parents une petite chambre isolée qu’elle transforme en oratoire. Souvent, elle se rend au sommet du haut rocher de Roccaporena pour aller s’y recueillir et prier. Elle n’a que douze ans lorsqu’elle forme le projet d’entrer au monastère des Augustines de Cascia, projet qui ne se réalisera qu’après de longs et douloureux détours…

Une épouse et une mère.

Le désir de Rita d’entrer au monastère ne convainc pas ses parents qui veulent la marier. Paolo Mancini, un homme sérieux mais impulsif et dur de caractère, se présente à eux pour demander la main de Rita. Les parents acceptent et dès l’âge de 14 ans, les fiançailles sont célébrées. Son avenir est décidé…

Au début de leur mariage, Rita souffre beaucoup du caractère de Paolo. Toutefois, par sa douceur, sa patience, et davantage encore par sa prière, elle réussit à changer l’attitude de son mari. Son premier biographe écrit : « Rita sut si bien l’adoucir qu’à la grande stupeur de tous elle le rendit admirablement doux et attaché au service de Dieu… » Et il ajoute : « Elle vécut dans la plus grande paix les 18 années entières qu’elle eut à passer avec lui. »
C’est donc avec raison que beaucoup de gens confient à l’intercession de sainte Rita les situations matrimoniales difficiles qu’ils vivent ou dont ils sont témoins. Elle donnera naissance à deux enfants : Jean-Jacques et Paul-Marie, dont nous savons peu de choses, si ce n’est que Rita les emmenait souvent avec elle au « Lazaret » pour aider les pauvres et les malades qui y sont soignés.

Deuils cruels.

Paolo Mancini fait très probablement partie de la Garde civique de Cascia. Son caractère désormais adouci et pacifique ne le met pas à l’abri de la violence ambiante. Nous savons que les représailles à l’époque étaient cruelles. Comme un patrimoine intangible, les familles se transmettaient leur haine, de génération en génération. Un soir qu’il revient de Cascia, ses ennemis lui tendent une embuscade près de la Tour de Collegiacone et l’assassinent traîtreusement. Douleur immense pour Rita, qui cependant ne veut pas entrer dans la logique de la vengeance.
Avec la force de sa foi et de sa charité, elle veut au contraire rompre cette spirale. « Elle demandait, dit son premier biographe, le pardon pour les assassins de son mari. »
Ses enfants, alors adolescents, ne l’entendent pas ainsi. Ils parlent souvent de venger leur père. Rita les exhorte au pardon et prie pour eux. Elle va même jusqu’à demander à Dieu de les prendre plutôt que de les laisser se perdre dans cette violence meurtrière.
On rapporte que quelques temps plus tard, « ses fils furent appelés à une vie meilleure ». C’est uniquement par son immense confiance en la Providence que Rita put voir dans un deuil si douloureux pour son cœur de mère, un signe que le Seigneur les avait sauvés de la mort éternelle.

Entrée au monastère.

La perte de son mari et de ses fils, en cette année 1417, laisse Rita dans une profonde douleur, mais non dans l’abattement. Elle est une femme de foi qui sait trouver dans l’espérance chrétienne la force de continuer à vivre et à aimer.
Elle sait que Dieu ne l’abandonnera pas. Comme elle est maintenant seule, son désir de vie consacrée renaît et elle demande à entrer au monastère des Augustines de Cascia. Mais l’abbesse refuse de la recevoir car, parmi les moniales, plusieurs appartiennent au clan opposé à celui de sa famille : son entrée apporterait la division. Tant que les deux partis ne seront pas réconciliés, Rita ne pourra être admise au monastère. Loin de se décourager devant cette tâche « impossible », Rita se fait messagère de la paix.
Avec humilité et courage, elle passe de maison en maison, exhortant toutes les familles ennemies à se réconcilier. Et elle prie. Elle prie intensément le Seigneur de changer les cœurs. En particulier, elle invoque ses saints de prédilection : saint Jean-Baptiste, saint Augustin et saint Nicolas de Tolentino.
Et Dieu lui accorde ce miracle de pacification ! Elle obtient que la réconciliation soit officiellement reconnue devant notaire, selon l’usage de l’époque. Rita mériterait aussi d’être appelée « la sainte de la Réconciliation » ! À l’âge de quarante ans, elle peut enfin répondre à sa vocation religieuse et, dans une immense joie spirituelle, entrer au monastère Sainte-Marie-Madeleine de Cascia.
Le stigmate de l’amour. Sainte Rita est favorisée d’un phénomène mystique en relation à son amour du Christ crucifié. Le Vendredi Saint de l’an 1442, elle se rend à la paroisse pour l’office de la Passion de Notre Seigneur. La parole vibrante du prêtre qui prêche sur la Passion du Christ frappe vivement Rita.
De retour au couvent, encore toute bouleversée, elle se met en prière devant la fresque du Christ crucifié située dans l’oratoire attenant à la chapelle.

Voici comment son biographe Cavallucci raconte la scène : « Alors elle se mit à demander avec la plus extrême ardeur que le Christ lui fasse au moins sentir une de ces épines… dont son front avait été percé… Elle l’obtint. Elle sentit non seulement la blessure désirée, mais son front fut désormais affecté d’une plaie incurable qui devait lui rester jusqu’à la mort. Il s’agissait d’une plaie ouverte et profonde qui la faisait atrocement souffrir. La blessure résista à tous les soins ; elle ne se ferma jamais durant les quinze années que Rita vécut encore, excepté durant son pèlerinage à Rome. »
Rita s’immerge de plus en plus dans la prière et la contemplation, retirée dans sa cellule. Des gens accourent de toutes parts pour lui recommander des intentions de prière. Le monastère devient, déjà du vivant de Rita, un centre de pèlerinage.
Et encore aujourd’hui, les pèlerins qui se rendent à Cascia sont toujours très émus en visitant « l’ermitage de l’Épine » où se trouve le Christ devant lequel Rita reçut le stigmate.
La rose de la confiance. En 1453, Rita tombe malade. Pendant quatre ans, elle souffre énormément, mais jamais ne perd sa patience et sa douceur. Toutes les sœurs du couvent en sont édifiées. Le dernier hiver est particulièrement dur.
Une cousine de Roccaporena vient visiter Rita. Avant de repartir, la parente lui demande si elle peut faire quelque chose pour elle. Rita lui répond : « Je voudrais une rose de mon petit jardin. » La cousine pense que Rita délire. « Une rose en plein hiver !... »
Rentrée à Roccaporena, elle a déjà oublié cette demande quand, passant par hasard près de l’ancien jardin de Rita, elle voit une superbe rose rouge qui s’épanouit sur l’un des rosiers ! Elle la cueille avec émotion et retourne à Cascia la porter à Rita. C’est en souvenir de cet épisode de la vie de Rita, que chaque année, au jour de la fête de sainte Rita, les fidèles font bénir les roses pour les porter à leur parents ou amis malades.

Une mort rayonnante. Le 22 mai 1457 Rita entre dans la gloire du Ciel. Certains biographes racontent que, trois jours plus tôt, Notre Seigneur lui est apparu en compagnie de la Vierge Marie.

  • « Quand donc, Jésus, pourrais-je venir en ta présence ? »
  • « Bientôt, mais pas encore. »
  • « Et quand donc ? »
  • « Dans trois jours tu seras avec moi. »

Cette promesse réconforte Rita. Le troisième jour, elle demande à communier et à recevoir le sacrement des malades. Toutes les religieuses de sa communauté sont présentes. Elle demande la bénédiction de l’abbesse, puis expire doucement.
Aussitôt, des prodiges sensibles viennent comme acclamer la sainteté de Rita. La cloche du monastère se met à frapper trois coups sans que personne ne la touche. La cellule de Rita s’illumine d’une resplendissante lumière, et la blessure malodorante de son front se cicatrise subitement en même temps qu’un parfum exquis remplit la cellule. Selon certains témoignages figurant au procès de canonisation, plusieurs personnes auraient vu son âme monter dans la gloire…
Une religieuse du monastère qui avait un bras paralysé cherche à passer son bras autour du cou de Rita…
Elle y réussit. Elle est guérie ! C’est le premier miracle posthume de Rita. Tout le peuple de Cascia accourt pour voir celle que l’on appelle déjà « la sainte ». On transporte sa dépouille dans une chapelle intérieure et, pour que tous puissent la voir, on ne ferme pas le cercueil. Quelques années plus tard, ce cercueil sera détérioré par le feu, mais le corps restera intact jusqu’à… aujourd’hui où il repose dans la basilique sanctuaire de Cascia.

« La sainte de l’impossible. »

C’est en 1710 qu’un religieux augustin espagnol a qualifié pour la première fois sainte Rita d’« avocate des causes impossibles ». Tant d’épisodes de la vie de la sainte manifestent comment elle réussit à surmonter, dans la foi et la confiance, des situations qui semblaient désespérées : la violence de son mari, les complications pour entrer au monastère, l’impossibilité de réconcilier des clans en conflits, et tant d’autres, jusqu’à celle, qui révèle la confiance de Rita et la poésie de Dieu, d’obtenir une rose en hiver…

Mais si Rita est appelée la « sainte de l’impossible », c’est aussi à cause des nombreux miracles obtenus par son intercession. Au moment du procès de béatification, plus de 300 ex-voto témoignant de grâces obtenues ont été comptabilisés dans l’église du monastère. Les plus anciens datent de 1467, dix ans après sa mort. À tel point que les autorités communales elles-mêmes ont demandé à un notaire d’enregistrer soigneusement les guérisons miraculeuses qui survenaient auprès de la tombe de Rita.
Pour la seule année 1457, onze miracles ont été jugés suffisamment incontestables pour être mis par écrit. Le plus grand est survenu le 25 mai de cette année-là : un aveugle, Battista d’Angelo, a retrouvé la vue après avoir prié devant le tombeau de la sainte.
Encore aujourd’hui, d’innombrables témoins attribuent à l’intercession de Rita d’avoir été secourus dans des situations extrêmement difficiles ou humainement désespérées.

Une sainte aimée de tous.

À l’époque de Rita, les canonisations officielles n’avaient pas encore été instituées. C’était en quelque sorte la voix du peuple qui proclamait la sainteté de ceux et celles qui avaient témoigné de façon extraordinaire de leur amour de Dieu. On peut donc dire que Rita fut d’abord béatifiée par le peuple ; l’évêque de Spoleto simplement autorisa son culte.
La béatification officielle fut proclamée par le Pape Urbain VIII en 1628, et ce n’est qu’en mai 1900 que Léon XIII canonisa sainte Rita. Dès lors, son culte s’est développé de façon extraordinaire d’abord en Italie et puis dans le monde entier. Ici en France, c’est à partir de 1935 que le Père Bianco, Oblat de la Vierge Marie, introduisit la dévotion à Rita.
La création de la Revue Sainte Rita en 1955 contribua à la faire connaître et aimer dans toute la France, et en particulier dans la moitié Sud. Tant de gens se retrouvent en cette femme dont la vie est à la fois simple, proche de la leur, et en même temps remplie de signes prodigieux de la présence de Dieu. Ils admirent l’épouse et la religieuse qui, à travers son acceptation « amoureuse » des épreuves, montre à tous un chemin de foi, d’espérance et d’amour de Dieu.

Ils montrent une confiance immense en cette sainte qui intercède si efficacement auprès de Dieu pour obtenir des grâces aussi bien temporelles et spirituelles.

La mission universelle de sainte Rita, « la sainte des cas impossibles », est de nous aider, par l’exemple de la vie et par la puissance de sa prière, à ne jamais désespérer et à mettre toute notre confiance en Dieu, même dans les situations les plus difficiles et « impossibles ».

Prières à sainte Rita

Chaqpelle Ste Anne