Homélies du Père Breguet

Messe d’au revoir de Mgr Laurent BREGUET curé de la paroisse Saint Laud d’Angers (2008-2020) - Dimanche 19 juillet 2020

Frères et Sœurs, Cher(e)s Ami(es)
Je tiens tout d’abord à exprimer ma gratitude à Guy Massin-Legoff qui au nom de vous tous a prononcé le mot d’accueil avec tant de délicatesse et d’amitié.
Je remercie de leur présence à mes côtés les prêtres qui m’entourent :
Le Chanoine Henry de Villefranche Chapelain de la Cathédrale Notre Dame de Paris, et professeur d’Ecriture Sainte.
Le Père Denis Richard Curé de Sainte Bernadette et cérémoniaire de l’évêque d’Angers.
Le Père Patrick Portier aumônier de la communauté catholique francophone à Singapour.
Le Père Léon originaire du Togo qui finit sa thèse à l’Université catholique.

Au commencement de toute vocation, il y a l’appel de Dieu qui vient bouleverser tous nos projets en même temps qu’il fait appel à la Foi.
Ainsi le prêtre est par vocation « appelé et envoyé. »
Il sait qu’il doit se tenir disponible pour la mission qu’il reçoit de son évêque.

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Le moment est venu de vous quitter et de vous dire un grand merci pour votre présence.
Je remercie particulièrement tous ceux et celles avec qui j’ai travaillé tout au long de ces douze années dans les différents services et équipes qui irriguent la paroisse de leurs activités.
Je me souviendrai longtemps de la beauté des célébrations eucharistiques,
Grâce à la chorale sous la direction tonique de Sœur Noëlle.
Grâce aux quatre organistes talentueux, dont Jean-Marie qui a tenu à jouer cette messe.
Grâce au cérémoniaire Philippe qui a veillé jusqu’aux moindres détails au déroulement de cette messe, et aux servants d’autel,
Grâce aux équipes qui fleurissent et décorent l’église selon les temps liturgiques, et au travail fidèle et discret des sacristains, et à l’équipe qui chaque mois nettoie l’église pour qu’elle soit l’écrin digne de la liturgie qui s’y déploie.
Je vous quitte l’esprit serein conscient de mes limites et de mes imperfections, mais avec le sentiment d’avoir accompli la mission reçue de Monseigneur Delmas en septembre 2008.
Quand on regarde le livre de sa vie, il y a des pages que l’on a moins de plaisir à relire. L’ivraie, la mauvaise herbe dont parle l’Evangile de ce dimanche pousse toujours avec le bon grain comme dit Jésus !
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Et le bon grain est abondant à Saint Laud en raison de votre dynamisme, de votre disponibilité fervente, de votre amitié fraternelle et des liens spirituels tissés à l’occasion d’évènements joyeux ou douloureux, comme récemment pendant la crise sanitaire du coronavirus.
Toutes ces qualités donnent à Saint Laud son cachet et son esprit de famille qui rendent cette paroisse si attachante.
Je tiens à exprimer mes remerciements aux membres des différentes Equipes d’Animation Pastorale et en particulier à l’actuelle qui a eu à gérer le fonctionnement de la paroisse pendant mes trois mois d’absence sous la bienveillante conduite de Marie-Marthe Fournier à qui je renouvelle l’expression de toute ma gratitude.
Ensemble, durant toutes ces années nous avons œuvré et prié pour que le Christ grandisse dans le cœur de chacun.
La consécration de la paroisse au Cœur Immaculé de Marie le 15 août 2019 a été l’occasion de rendre grâce pour les fruits du Royaume cachés dans nos cœurs mais qui rayonnent bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer.
Je remercie les membres de l’Association d’Education Populaire. Ensemble, nous avons réalisé les salles paroissiales et la mise aux normes de la cantine de l’école Saint Laud. Je remercie les membres du Conseil Economique, et l’équipe qui avec moi et la Fondation du Patrimoine ont réalisé la rénovation du chœur, la pose de nouveaux vitraux et la création de la chapelle Sainte Rita.
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Durant ces 12 années j’ai voulu vous rencontrer le plus possible pour vous connaître. Aujourd’hui je vous garde présents dans la mémoire de mon cœur et dans ma prière.
Nous aurons, je l’espère, des occasions de nous revoir quand vous viendrez dans la « Ville Eternelle. »

Je prendrai officiellement mes fonctions de Recteur de Saint louis des Français à Rome, le 1er septembre.
Cette nomination prestigieuse me réjouit comme elle m’honore, certes. Mais je vous quitte non sans émotion ni peine, en raison des liens tissés avec vous durant toutes ces années. Une fois encore ce sont des visages amis qu’il faut laisser.
Le Père Paul-Claude, qui me succèdera à la rentrée comme administrateur de la paroisse est conscient qu’il a beaucoup de chance de venir à Saint Laud et que vous saurez l’accueillir.

En vous quittant, je me recommande à vos prières.
Je me confie à la fidélité de Dieu comme je vous confie par l’intercession de Notre Dame du Salve à Dieu notre Père à tous, dont l’Amour est tout-puissant en vous assurant de mes sentiments très cordiaux.
Je vous redis mon affection et ma joie d’avoir été votre Curé.
A tous encore merci.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde.
AMEN

14ème Dimanche du Temps Ordinaire - A - Dimanche 5 juillet 2020

Frères et Sœurs,
Par son incarnation, le Christ vient révéler à toute l’humanité que Dieu est Père et que sa bonté et sa miséricorde sont inépuisables et que pour cette raison Il a envoyé son Fils dans le monde pour sauver tous les hommes.
L’Evangile est un message d’amour de portée universel, il s’adresse à tous et n’exclut personne ! En effet, tout homme est appelé à connaître et aimer Dieu. Le cœur du message du Christ est la connaissance de Dieu qu’Il vient nous révéler.
La vie humaine n’a pas d’autre finalité que celle là : Dieu nous a créés pour aimer et être aimé !
Le Christ est signe de contradiction : face à Lui, il y a ceux qui ne font pas attention à son enseignement ou même le méprise ou le refuse, et il y a, au contraire, ceux qui accueille Sa Parole de Salut avec joie et gratitude.
Nous venons d’entendre dans l’Evangile la prière de louange du Christ à son Père : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »
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Frères et Sœurs,
A travers cette prière, le Christ exprime ce qu’Il éprouve devant les fruits de sa mission sur la terre.
Ceux qui vont Le suivre vont former le groupe des premiers disciples, et à leur suite, depuis deux mille ans, ceux qui vont mettre leurs pas dans les siens auront en commun d’être des gens simples qui ont compris que les réalités surnaturelles les dépassent : Ce sont les humbles qui sont disposés à entendre le message du Christ et qui sont bouleversés par sa nouveauté.
C’est ce qu’observait le saint curé d’Ars quand il disait à ses paroissiens : « Ceux qui sont conduits par le Saint-Esprit ont des idées justes. Voilà pourquoi il y a tant d’ignorants qui en savent plus que les savants. »
Se mettre à l’école du Christ « doux et humble de cœur » exige cette humilité qui permet de voir en transparence ce qui est dissimulé au regard de la sagesse humaine rivée aux choses de la terre et de la science issue de la raison seule.
Dans l’Evangile, le Christ fait l’éloge des pauvres, des petits, des derniers, et se montre sévère vis à vis des scribes et des pharisiens.
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Pour autant, faudrait-il en conclure qu’Il condamne la science et l’intelligence ? Certes, non !
Le Christ rappelle simplement le danger qu’il y aurait pour notre Salut éternel d’ignorer consciemment la Révélation.
Accueillir la Parole de Dieu dans nos vies suppose une conversion, qui entraîne nécessairement un renoncement aux idoles du jour et à tant d’habitudes incrustées.
Nous avons entendu dans l’Evangile, le Christ s’adresser à nous en disant : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples… et vous trouverez le repos… Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. »
Frères et Sœurs,
A ceux qui peinent sous le poids du fardeau le Christ promet le repos. Mais ce n’est pas du repos de l’inaction dont il s’agit ici.
Il s’agit du repos des disciples qui suivent le Christ et qui portent avec Lui son joug, son fardeau, sa Croix. Et s’Il nous dit que « ce joug est facile à porter et ce fardeau léger », ce n’est pas parce qu’ils ne nous causeraient aucune peine : c’est parce qu’ils sont les siens.
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Pour les porter avec Lui, Il nous donne la force de l’Esprit Saint.
Aujourd’hui, comme hier, la source d’une vie chrétienne rayonnante c’est la raison éclairée par la Foi, et l’union à Dieu qui se vit par le Christ, selon l’Esprit dont parle Saint Paul dans la seconde lecture.
Et les fruits de l’Esprit Saint énumérés par l’Apôtre. Nous les connaissons, ils s’appellent « la paix, la joie, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance. » (Galates 5, 22)
A nous tous qui subissons à travers les media l’ironie du monde contre la Foi ; à nous qui souffrons des défaillances au sein même de l’Eglise et qui supportons les critiques ; à nous qui sommes confrontés à la maladie, au deuil d’un proche ou à des drames familiaux, au point d’en venir à penser « mais où est- il ce Dieu si bon ? » parce que le poids des épreuves devient trop lourd à porter certains jours, - le Christ répond en nous invitant à nous tourner vers Lui dans une prière confiante pour que nous gardions l’Espérance parce qu’Il a vaincu le monde. - Et parce que nous partageons la même humanité et la même grâce du baptême, nous sommes frères.

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Pour cette raison, Il nous demande de nous tourner vers les autres pour les aider à porter leurs fardeaux, leur croix, comme Lui a été aidé par Simon de Cyrène à porter la Croix de Sa Passion.

Frères et Sœurs,
Que la Vierge Marie, l’humble servante du Seigneur que tous les âges dirontbloc bienheureuse, nous aide à répondre joyeusement au « venez » de son Fils, pour que nous entendions au soir de notre vie, un autre « venez » : « Venez les bénis de mon Père entrez dans le Royaume. »

AMEN

13ème Dimanche du Temps Ordinaire - A - Dimanche 28 juin 2020

Frères et Sœurs,
Saint Mathieu a rassemblé dans un même discours quelques sentences du Christ entendues en diverses occasions et bien gravées dans la mémoire des disciples.
Dans ce passage de l’Evangile de ce dimanche, ces sentences sont disposées en deux séries bien différentes l’une de l’autre. Alors que les dernières, qui constituent la conclusion de tout le discours, paraissent indiquer une voie de douceur et de facilité, les trois premières frappent par leur exigence implacable.
Leur côté délibérément provocateur est justement destiné à frapper les esprits, à faire réfléchir les auditeurs en les obligeant à prendre parti pour ou contre le Christ.
Jésus a instruit ses disciples sur la façon d’agir qui convient à ceux qui sont envoyés pour annoncer le Royaume en Son nom : ils devront être pauvres pour que resplendisse la force du Seigneur ; ils devront aimer gratuitement pour être le reflet de son Amour.
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Et ils devront partir sans peur, confiants, et cette confiance sera vraiment la marque la plus convaincante de leur relation avec Celui qui leur donne la vie et la grâce du témoignage.
Le Christ concentre tout son discours sur l’essentiel de la vie chrétienne. Il enseigne qu’il y a une hiérarchie dans les priorités et qu’en tout premier lieu, il y a Lui qui est la priorité des priorités, parce qu’Il est l’unique Sauveur : « Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes des Apôtres 4, 12)
Frères et Sœurs,
Notre relation avec le Christ doit avoir la saveur de l’absolu, en ce sens que c’est toute notre vie qui doit être mise en relation avec cette décision de Le suivre : pères, mères, fils, frères, travail, tout doit intégrer un unique projet de vie où le Christ est à la première place. « Dieu premier servi » ! Cela peut, il est vrai, engendrer parfois l’incompréhension, créer des tensions, voire susciter des divisions.

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Mais suivre le Christ, vivre du Christ donne une joie et une paix que le monde ne peut nous ravir.
Le Christ ne nous demande pas de renoncer, par exemple, à l’amour d’une famille mais Il veut que cela soit illuminé par un amour encore plus grand, qui l’englobe et lui donne un sens. Notre relation avec le Christ n’est pas comme les autres : elle est la source de toutes les autres.
En faisant sa demeure en nous, le Christ nous apprend à aimer véritablement les autres. C’est à l’intérieur de cette relation avec le Christ que s’apprend jour après jour la sagesse qui fait aimer les autres pour eux-mêmes, d’un amour libre qui a vaincu l’égoïsme, purifié de tout désir de possession et de domination.
Aimer le Christ nous ouvre à un amour pour les autres qui sera fidèle, accueillant, capable de pardonner. C’est un amour qui nous donne aussi la force d’affronter les incompréhensions, les jugements, la dérision et les solitudes qui peuvent surgir lorsque nous nous décidons vraiment pour Lui.

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Frères et Sœurs,
Nous avons le témoignage des saints et des saintes qui nous précèdent et nous accompagnent sur le chemin de la sainteté. A laquelle chacun est appelé.
Le missionnaire est avant tout un disciple qui choisit comme son Maître, la voie du don de soi qui forme la croix que nous chargeons sur nos épaules pour suivre le Christ. (Mt 10, 38)
La croix, n’est pas seulement le signe de la Passion et de la mort du Christ. Elle est avant tout le signe de l’amour inconditionnel de Dieu pour nous. Le Christ nous a aimés en donnant toute Sa vie. Et le disciple qui n’est au dessus de son Maître (Mt 10, 24) doit emprunter la même voie : « Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera ». (Mt 10, 39)
La conclusion du discours ne concerne pas seulement les missionnaires mais aussi ceux qui les accueilleront. Le Christ est présent parmi nous, chaque fois que nous accueillons ses disciples : « Qui m’accueille, accueille Celui qui m’a envoyé » à savoir Dieu le Père. Le disciple est envoyé par le Christ, comme le Christ est envoyé par le Père.
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Frères et Sœurs,
Retenons de l’Evangile de ce dimanche, qu’avec le Christ, les gestes les plus simples de notre vie quotidienne peuvent sortir de leur banalité pour devenir source de joie et de salut.
Pour cela il ne faut pas nous laisser absorber par les soucis et les préoccupations temporelles au point d’oublier les réalités surnaturelles qui sont tellement plus importantes, parce qu’elles conditionnent notre éternité.
Que la Vierge Marie nous obtienne de sa prière un amour inconditionnel pour son Fils parce que Lui seul a les paroles de la Vie éternelle.
AMEN

Fête du Corps et du Sang du Christ - A - Dimanche 14 juin 2020

Frères et Sœurs,
Dimanche dernier nous célébrions la fête de la Très Sainte Trinité. L’Eglise levait les yeux vers le Ciel pour s’émerveiller devant la splendeur du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Aujourd’hui, en cette fête du Corps et du Sang du Christ, l’Eglise contemple « le pain vivant descendu du ciel ». (Jn 6, 51)
Le chapitre 6 de l’Evangile de Saint Jean, dont est extrait le passage que nous venons d’écouter rapporte le grand discours de Jésus à la synagogue de Capharnaüm : après avoir multiplié les pains (Jn 6, 1-15) et traversé le lac pendant la tempête, (Jn 6, 16-21) le Christ s’arrête et explique le miracle du pain. Et Il affirme que le seul pain capable de nourrir et de donner la vie ne peut être que Son Corps.
Frères et Sœurs,
Durant ses trois ans de vie publique, le Christ a aimé ceux qu’Il a rencontrés, Il les a regardés, Il les a écoutés
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Il leur a parlés. Il a ressenti de la compassion pour les malades et en a guéri un certain nombre. Il a connu la faim et la soif, la fatigue et la peur.
Lors du dernier repas avec ses amis, le Christ, sachant que sa mort est pour le lendemain, tient à en livrer le sens : l’Eucharistie sera le mémorial de la Pâque du Seigneur au sens où il récapitule et actualise le mystère pascal. Par sa Passion et sa Résurrection le Christ offre librement sa vie par amour, pour la gloire de Dieu et le Salut de l’humanité, la réconciliant avec Dieu le Père, qui a « envoyé l’Esprit Saint comme premier don fait aux croyants et qui poursuit son œuvre dans le monde en achevant toute sanctification. » (Prière eucharistique N°4)
La messe est un évènement d’aujourd’hui, c’est le Christ qui agit au milieu de nous, et Il promet que celui qui se nourrit de son Corps vivra éternellement : « Moi, Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde ». (Jn 6, 51)
Devant ces Paroles, certains juifs se scandalisent :

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« Comment Celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jn 6,52) Ils se scandalisent que Dieu se soit fait homme, et qu’en plus Il se soit fait pain, le « Pain de vie ».
Frères et Sœurs,
Vivre l’Eucharistie, c’est suivre le Christ donnant sa vie pour nous. Le pain que le Christ nous donne dans l’Eucharistie, c’est Sa propre vie, qu’Il alimente et fortifie. Nous ne pouvons pas prétendre suivre le Christ et vivre son Evangile, sans venir prendre part chaque dimanche, et si nous le pouvons ou le voulons chaque jour au « festin des noces de l’Agneau ».
Pendant toute la durée du confinement nous avons souffert de ne pas pouvoir communier, et nous avons sans doute mieux compris l’importance vitale de l’Eucharistie pour notre vie chrétienne.
Dans nos pays de vieille chrétienté, l’Eglise manque de prêtres. Il n’y a pas d’Eucharistie sans prêtre. Prions pour les vocations, désirons-les vraiment en leur manifestant notre aide par nos prières et notre soutien matériel.
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Ne nous approchons pas de l’Eucharistie avec légèreté, rappelons-nous ces paroles de Saint Paul : « Celui qui mange de ce pain et boit à cette coupe sans discerner le Corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation. » (1Co 11, 29)
Cette fête du Corps et du Sang du Christ nous donne l’occasion de nous poser la question de savoir comment nous nous préparons à la messe : Est-ce que nous nous confessons régulièrement ? Lisons-nous les lectures avant et prolongeons-nous après par un temps de prière devant le Saint Sacrement, ou une visite au Saint Sacrement durant la semaine ? « Reçois ce que tu es, deviens ce que tu reçois » disait Saint Augustin. Il résumait ainsi tout ce qu’est l’Eucharistie pour les chrétiens.
Il est grand le mystère de la Foi proclame le prêtre à chaque messe, après la consécration du pain et du vin.
La théologie nous conduit au seuil de ce mystère, la Foi nous y fait pénétrer. Rendons grâce pour ce don inestimable de l’Eucharistie.

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Frères et Sœurs,
Vendredi prochain, ce sera la fête du Sacré Cœur. Tout au long des siècles des saints et des saintes, poussés par l’Esprit Saint ont approfondi la spiritualité du Sacré Cœur : Sainte Gertrude, Saint Jean Eudes, Sainte Marguerite Marie à qui le Christ disait lors d’une apparition à Paray le Monial en 1675 : « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes ». - Plus proche de nous Sainte Thérèse de Lisieux et le Bienheureux Charles de Foucauld… Tous ces saints nous montrent que le Cœur de Jésus est en quelque sorte l’autre nom de la Charité, dont Saint Paul a chanté la grandeur et la profondeur insondables dans le Christ qui se donne à nous chaque fois que nous communions à son Corps livré et à son Sang versé. - C’est dans l’Eucharistie que nous puisons la force dont nous avons besoin et dont nous aurons besoin pour relever les défis qui nous attendent avec la crise économique et sociale à venir.
Qu’à la prière de la Vierge Marie, nous devenions des amoureux de l’Eucharistie, et que comme Elle nous gardions une confiance inébranlable en son Fils qui a « les paroles de la Vie éternelle ». AMEN

Sainte Trinité -A - Dimanche 7 juin 2020

Frères et Sœurs,
Notre Foi en la Trinité trouve son origine dans ces paroles du Christ dans l’Evangile de Saint Jean : « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 16-17)
Le mot Trinité n’est apparu qu’au troisième siècle, sous la plume de Tertullien, en Afrique. Il ignorait ce que les historiens nous ont appris : la Trinité a mis beaucoup de temps à prendre place dans la prédication des pasteurs et dans la piété populaire.
La Sainte Trinité est la première fête qui n’est pas consacrée à un évènement mais à un dogme : un seul Dieu en trois personnes égales et distinctes qui s’aiment.
Devant ce mystère, nous sommes invités à l’adoration.
La fête ne fut instituée qu’en 1334 par le Pape Jean XXII, Pape d’Avignon.
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La Trinité n’est donc pas seulement une définition de Dieu. Elle est l’histoire de Dieu dans son rapport à l’humanité. Dieu se fait l’un de nous : le Père envoie son Fils pour que, par la puissance de l’Esprit Saint, nous devenions enfants de Dieu. C’est ce qu’écrit Saint Paul dans son épître aux Ephésiens : « Qu’Il soit béni le Dieu et Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit. Il nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs par Jésus le Christ. » (Eph 1, 3-5)
Frères et Sœurs,
L’Esprit Saint répand dans nos cœurs la charité de Dieu, c’est-à-dire l’amour que Dieu a pour Lui-même. L’Amour en Dieu, c’est le nom même de l’Esprit-Saint qui est comme le don mutuel du Père et du Fils. Cet échange d’amour entre le Père et le Fils est le modèle de l’amour qu’il doit y avoir entre nous.
Tout comme dans la Trinité, la vie est accueil continuel du prochain, de la même façon, Dieu nous accueille toujours, pour établir une relation d’amour avec chacun d’entre nous.
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Ce fut la prière ultime du Christ à ses disciples : « Père, que tous soient un comme toi tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous, eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé ». (Jn 17, 21)
Le Christ ne dit pas seulement que Dieu aime mais il dit aussi jusqu’à quel point Dieu aime : Il donne tout Lui-même, son propre Fils, sa propre vie !
C’est cela qui nous fait vivre. Et c’est ce qu’avait si bien compris Sainte Thérèse de Lisieux quand elle écrit cette prière : « Pour vous aimer comme vous m’aimez, ô Mon Dieu, il me faut emprunter votre propre amour. »
Frères et Sœurs,
En nous ouvrant à l’amour de Dieu, nous nous ouvrons d’ores et déjà au Salut, c’est alors que le Christ habite en nous, Il fait sa demeure en nous, Dieu est présent en nous avec l’Esprit Saint qui nous donne sa lumière et sa force pour traverser et surmonter les épreuves de la vie dans la Foi.
Il est bon de se le redire, en ces temps incertains, où le coronavirus a pris au dépourvu le monde entier et ses institutions, y compris l’Eglise.
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Notre Foi et notre Espérance donnent à notre vie tout son sens, et nous permettront de surmonter dans la confiance en la providence de Dieu les conséquences économiques et sociales de la pandémie, comme de préparer des jours meilleurs sans tomber dans la superstition ou pire dans l’occultisme pour échapper aux souffrances qui pourraient nous écraser.
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui est l’Unique Sauveur, et la « Lumière des nations ».
Frères et Sœurs,
Tournons nos cœurs vers la Vierge Marie parce qu’Elle est Celle qui est entrée plus profondément dans le mystère de la Sainte Trinité, mystère insondable de la vie de Dieu en Lui-même et de la vie de Dieu en nous. Et demandons la grâce d’entrer comme Elle, avec Elle et par Elle, dans ce mystère, jusqu’au jour de la « Rencontre » où nous jouirons de la vision face à face de notre Dieu-Père-Fils et Saint Esprit.

AMEN

Pentecôte -A - Dimanche 31 mai 2020

Frères et Sœurs,
Deux grandes fêtes marquent la fin du temps pascal, l’Ascension et la Pentecôte. Ces deux fêtes se répondent. A l’Ascension le Christ s’élève vers le Ciel pour entrer dans sa gloire ; à la Pentecôte, l’Esprit Saint descend du Ciel pour sanctifier et fortifier les hommes de toutes les nations et de toutes les générations.
L’Ascension et la Pentecôte sont avec la Résurrection, les trois grands mystères glorieux dont la méditation nourrit la Foi et l’Espérance des chrétiens.

Cette fête de la Pentecôte est l’occasion pour chacun de nous de rendre grâce à Dieu pour l’accomplissement de la promesse du Christ à ses disciples : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mat. 28, 20)
En nous communiquant L’Esprit Saint, le Christ nous donne son amour. Chaque jour, Il nous dit : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et nous mangerons, lui avec moi et moi avec lui. » (Ap 3, 20)
Depuis la Pentecôte, nous ne sommes pas seuls. L’« Esprit Saint Consolateur, l’Esprit de vérité » habite nos cœurs et c’est Lui qui nous permet de reconnaître le Christ dans le pauvre, qui a besoin de pain, d’amitié de dignité.

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L’Esprit Saint est à l’œuvre à travers les siècles, et comme le dit Saint Paul, sans Lui (le Saint-Esprit), personne n’est capable de dire que « Jésus est le Seigneur » (1CO 12, 3).
Et nous avons entendu le même Apôtre dans la seconde lecture enseigner aux Corinthiens que : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit. Les fonctions dans l’Eglise sont variées, mais c’est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est toujours le même Dieu qui agit en tous. » (1CO 12, 4-6)

Frères et Sœurs,
Depuis la Pentecôte, nous bénéficions comme les Apôtres de la lumière et de la force de l’Esprit Saint pour vivre et annoncer l’Evangile.
Notre vocation commune est la sainteté a rappelé le Concile. Et l’Eglise accomplit pleinement sa mission, quand chacun de ses membres assume sa vocation propre tout en respectant et complétant humblement celle des autres.
C’est le génie du christianisme d’avoir réussi à annoncer les merveilles de Dieu à des peuples multiples et à des civilisations diverses, et de l’être aujourd’hui encore.
C’est là l’œuvre de l’Esprit Saint qui est le premier acteur de l’évangélisation. (Paul VI Evangelii nuntiandi N°75)
En lisant la vie des saints à travers l’histoire bimillénaire de l’Eglise, on voit que la sainteté a de multiples visages.

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Pensons par exemple à l’austérité du saint Curé d’Ars comparée à l’humanisme de saint François de Sales.
Mais la sainteté est toujours le fruit de l’union à Dieu, par le Christ, dans l’Esprit Saint.
Le Seigneur, en répandant sur l’immensité du monde et sur l’Eglise les dons du Saint-Esprit, suscite les baptisés et les rassemble chez tous les peuples et dans toutes les nations.
Saint Paul fait cette comparaison : « Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. » (1CO 12, 12)
Saint Paul VI commentant ces paroles de l’Apôtre, comparait l’Eglise à un orchestre symphonique, au sens où la beauté d’un concerto de Mozart, par exemple, est le fruit harmonieux de la rencontre des instruments à cordes, des cuivres et des bois, chaque musicien jouant fidèlement sa partition, sous l’autorité et la conduite du chef d’orchestre.
Par la grâce de notre baptême le Christ nous a libérés du péché et nous a fait renaître de l’eau et de l’Esprit Saint. L’Eucharistie est le sacrement de Sa présence parmi nous.
Il continue d’intercéder pour nous, et par le don de l’Esprit Saint Il donne à son Eglise de sanctifier ses membres : hommes femmes, enfants, dont la vocation, le milieu social, la vie professionnelle, les responsabilités, les choix politiques et la culture sont extrêmement divers.

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Frères et Sœurs,
La crise sanitaire qui frappe notre société d’abondance nous fait percevoir avec plus d’acuité que les biens matériels ne suffisent pas à combler le cœur de l’homme.
L’Esprit Saint nous fait mieux comprendre ces paroles du Christ : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». (Luc 4, 4)
Il ne faudrait plus que nous cédions aux sirènes de la culture de la consommation effrénée. Pour cela, il nous faut apprendre à se dépouiller des mille choses superflues et inutiles qui encombrent nos vies.
Notre société va souffrir durablement des effets de cette pandémie sur le plan économique et social.
Ne nous décourageons pas. Invoquons et prions l’Esprit Saint, et puisons dans les trésors de la Foi les ressources spirituelles qui nous permettent de vaincre nos peurs et d’avancer ensemble dans une plus grande fraternité.
L’Esprit Saint nous invite à nourrir le préjugé favorable vis-à-vis d’autrui, expression de la bienveillance qui doit être la marque du chrétien.
Lorsque nous lisons et méditons les Evangiles, c’est l’Esprit Saint qui nous fait comprendre que le Christ a parlé pour nous, qu’Il a vécu avec nous et pour nous, et que si nous mettons nos pas dans les siens Il fait route avec nous pour nous conduire à la Vie éternelle. C’est ce même Esprit Saint qui donne à celui qui croit une paix que le monde ne peut lui offrir, ni lui ravir.

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Frères et Sœurs,
Par la grâce de notre baptême, nous faisons partie de ce peuple aimé de Dieu. Nous appartenons à cette Eglise « Peuple de Dieu », « Corps du Christ » et « Temple de l’Esprit » que constitue cette foule immense de croyants qui s’étend jusqu’aux confins de la terre.
Tel est le grand message de joie et d’Espérance de la Pentecôte !
Qu’en cette fête, la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, attire sur nous l’Esprit Saint, l’Esprit de Dieu qui permet au Seigneur de faire son œuvre dans le cœur de chacun de nous.
AMEN

7ème Dimanche de Pâques - A - Dimanche 24 mai 2020

Frères et Sœurs,
Pendant les dix jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte, les Apôtres sont réunis à Jérusalem dans la chambre Haute, au Cénacle. Ils sont partagés entre la tristesse de ne plus voir leur Maître et Seigneur, le Christ, et l’espérance d’être réconfortés par ce mystérieux Esprit, dont Jésus leur a parlé.
Dans la première lecture tirée des Actes des Apôtres, Saint Luc énumère chacun des onze Apôtres en commençant par Pierre, et il mentionne la présence de la Vierge Marie. Ceci n’est pas anodin chez lui, il entend souligner que l’Eglise est bâtie sur Pierre et qu’Elle a Marie pour Mère.
La Vierge Marie dont la Foi a toujours été constante y compris au milieu du drame de la Passion de son Fils, ne préside pas l’assemblée de prière. Elle donne aux Apôtres d’être et d’agir d’un même cœur, c’est-à-dire dans une parfaite communion. En ce sens, Marie est le modèle de l’Eglise en prière. Elle apprend aux disciples la confiance et la persévérance jusqu’à être exaucé. Elle leur enseigne à attendre dans la paix, l’inattendu, le déconcertant, le paradoxal, parce que c’est souvent ainsi que Dieu exauce les prières.
Il est vrai que lors de l’Annonciation, la Vierge Marie avait reçu de l’Archange Gabriel que : « L’Esprit Saint viendrait sur Elle et que la Puissance du Très-Haut la prendrait sous son ombre. » (Luc 1, 35)
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Saint Luc note que Marie « gardait en mémoire tout événement et toute parole, les méditant dans son cœur » (Luc 2. 19, 52), se souvenant des faits et gestes de son Fils Jésus Christ, en particulier de Ses paroles à la dernière Cène, surtout la prière sublime qu’Il avait adressé à son Père, et que nous relate l’Evangile de ce dimanche : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, Toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ... » (Jn 17, 3)
Ces paroles du Christ, comme beaucoup d’autres préparaient les Apôtres à s’ouvrir au don de l’Esprit Saint à la Pentecôte.

Frères et Sœurs,
Depuis l’évènement de la Pentecôte, l’Esprit Saint est l’âme de L’Eglise. Nous avons besoin de Le prier pour nous soutenir les uns les autres dans la Foi, parce que nous vivons dans un monde sécularisé, et dans une société laïque où la Foi ne va plus de soi, et où bon nombre de catholiques ont tendance à vivre leur Foi en la reléguant dans la sphère de leur vie privée.
Nous sommes dans le monde sans être du monde, certes, mais pour autant nous obéissons aux lois établies.
Le Christ n’a-t-il pas dit à ses disciples de « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ! » (Mc 12, 17) Nous savons que le Christ prie pour nous : « Moi, je prie pour eux dit Jésus dans l’Evangile ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à Toi. » (Jn 17, 9)
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Le Christ prie pour que nous soyons fidèles à la grâce de notre baptême, fidèles à Sa Parole et pour que nous soyons sereins, si à cause de l’Evangile, nous sommes incompris ou tournés en dérision, voire rejetés.
La Foi est la porte par laquelle le Christ entre pour faire sa demeure en nous, et sa présence change quelque chose dans notre manière de vivre et d’aimer.
La Foi est la plus grande richesse que nous possédions sur cette terre, la Foi est cette lumière qui nous éclaire et nous guide vers « les réalités d’En Haut », c’est la raison pour laquelle nous devons faire en sorte de la transmettre, en particulier aux jeunes générations.
Nous sommes « disciples-missionnaires, dans la mesure où nous annonçons l’Evangile dans notre vie par des actes de charité, à travers notre bienveillance et notre bonté - par des actes de miséricorde et par la parole explicite dont nous les accompagnons. C’est alors que nous rendons compte de « l’amour qui a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint ». (Rm 5, 5)

Frères et Sœurs,
Nous espérons que cette pandémie nous fera tirer des leçons et changer un certain nombre de choses dans nos vies, mais nous savons aussi que l’homme a la mémoire courte !
Cette crise sanitaire inédite doit nous inciter à revoir les priorités que nous nous fixons, surtout celles orientées vers notre Salut éternel.
4
Le coronavirus a bouleversé le monde entier et aura de lourdes conséquences sur la vie sociale et économique des nations.
Ce dangereux virus nous a empêchés de nous rassembler pour la célébration de la messe dominicale pendant deux mois et demi. Cela nous a fait souffrir, mais nous a permis sans doute de mieux comprendre la nécessité de vivre ensemble notre Foi.

Aujourd’hui, en ce dimanche 24 mai, nous fêtons le cinquième anniversaire de l’encyclique du Pape François « Laudato Si » qui traite de l’écologie. Je vous invite à la relire, elle n’a rien perdu de son actualité !
Le Saint Père y exprime avec force que « Tout est lié » : la culture, la vie sociale et politique, et la spiritualité.
Une véritable écologie devra donc servir l’humanité en promouvant la concorde entre les hommes, la réconciliation avec soi-même et avec Dieu, dans le respect de la création.

Frères et Sœurs,
Dimanche prochain nous célèbrerons la Pentecôte. Tournons-nous avec confiance vers le Christ avec Marie Mère de l’Eglise et notre Mère, et comme les disciples restons unis et persévérants dans la prière.

AMEN

6ème Dimanche de Pâques - A - Dimanche 17 mai 2020

Frères et Sœurs,
Nous venons d’entendre dans l’Evangile le Christ s’adresser à ses disciples en ces termes : « Je ne vous laisserai pas orphelins… Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant… Le Père vous donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec vous, c’est l’Esprit de vérité… »
Par ses paroles, le Christ donne l’assurance à ses disciples de la continuité de Sa présence. Il va substituer à Sa présence physique à leurs côtés, Sa présence au dedans d’eux par l’Esprit Saint.
L’annonce de son prochain départ plonge les disciples dans la tristesse. Ses paroles résonnent pour les Apôtres, comme un adieu, mais également comme un « tenez bon », comme un « n’ayez pas peur ! »
Le Christ prépare les Apôtres à la fondation de l’Eglise à la pentecôte, avec la venue du Saint-Esprit, dont Il révèle les deux qualificatifs majeurs : Il sera un « défenseur » et Il sera « l’Esprit de vérité ».
Et de fait, après les événements de Pâques et de la Pentecôte, les Apôtres seront transformés et renouvelés par la puissance du Saint Esprit :
Ils passeront de l’obscurité à la lumière,
Ils passeront de l’hésitation à l’action apostolique,
Ils passeront de la peur au témoignage du martyre.

2
Frères et Sœurs,
Depuis l’évènement de la Pentecôte, nous vivons le temps de l’Eglise, où le Christ agit à travers Son Esprit de vérité en soufflant sur l’humanité un vent d’Espérance et de fraternité, et en suscitant des témoins de Sa sainteté capables de rendre compte de leur Foi jusqu’au martyr.
Saint Pierre, dans la deuxième lecture vient de s’en faire l’écho : « Soyez prêts à tout moment à rendre compte de l’Espérance qui est en vous, dit-il, mais faites-le avec douceur et respect. »
La douceur est la marque divine de l’Esprit de vérité, elle est le privilège des forts.

Frères et Sœurs,
Personne ne croit en l’homme plus que Dieu, et personne ne veut son bonheur autant que Lui !
Notre Espérance c’est le Christ, et la force de la Foi est de nous faire espérer en Dieu plus que dans les hommes. Dieu espère au sens où Il nous attend plus encore que nous L’attendons.
En effet, espérer, c’est croire qu’à travers toutes nos morts, seul le Dieu Vivant est capable de nous ressusciter comme Il l’a fait en Jésus Christ.
Bernanos a écrit que : « le plus haut degré de l’Espérance, c’est le désespoir surmonté. »
Oui l’Espérance, loin de se traduire par la passivité, est attente active, elle est engagement dans le monde en fonction du Royaume de Dieu que nous attendons.
3
Le saint Curé d’Ars disait : « l’Espérance, c’est elle qui fait tout le bonheur de l’homme sur la terre. »
Notre Espérance est comme une ancre jetée en Dieu, qui arrime solidement notre vie au Christ qui est « la Lumière des Nations » !
Dans les Actes des Apôtres est écrit : « qu’en dehors du Christ il n’y a pas de salut. Et son nom donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. » (Ac 4,11-12)
L’histoire bimillénaire de l’Eglise nous aide à approfondir cette vérité vécue par tous les missionnaires, et que la liturgie nous donne de célébrer au fil du temps à travers le témoignage lumineux des Saints que nous fêtons, et dont notre monde déboussolé a un urgent besoin.
L’individualisme exacerbé, le matérialisme ambiant, et le consumérisme qui va de pair, finissent par chasser Dieu de l’horizon de l’homme.
Il s’ensuit que notre monde est de plus en plus dur et la terrible épreuve du coronavirus est là pour nous faire réfléchir… Le monde et nous-mêmes faisons l’expérience de notre vulnérabilité.
Vivre en présence du Seigneur nous apporte la paix et la sérénité. La Foi est la porte par laquelle le Christ vient faire sa demeure en nous. En L’accueillant nous devenons nous-mêmes le Temple où Dieu demeure.
Pour celui qui croit et se confie à Dieu, la prière est la respiration de son âme, en même temps qu’elle est l’expression la plus juste de sa Foi.

4
Avec Saint Pierre il nous faut redire : « A qui irions-nous Seigneur tu as les paroles de la Vie éternelle. »

Frères et Sœurs,
Depuis deux mois nous souffrons d’être contraints de vivre notre Foi sans pouvoir nous rassembler pour célébrer la messe et communier.
Saint Augustin a écrit ces paroles qui rejoignent notre actualité et nous font du bien : « Tu peux prier dans un temple, dit-il, prie en toi-même. Mais commence par être Temple de Dieu, car c’est dans son Temple qu’Il exaucera celui qui Le prie. »
Pendant ces cinquante jours de confinement, beaucoup ont connu des moments difficiles : solitude, crainte de la maladie, décès dans la famille ou d’amis, soucis et inquiétudes pour l’avenir devant des situations angoissantes, et encore bien d’autres souffrances... Malheureusement, nous ne sommes pas pour autant au bout de nos peines…
Beaucoup de personnes que nous connaissons ou que nous côtoyons vont voir leurs conditions de vie se détériorer à cause de la crise économique qui s’annonce.
Ceci étant il nous faut rendre grâce pour toutes les belles choses vécues dans la paroisse pendant cette période bien singulière. Le téléphone et internet ont permis aux liens fraternels de s’exprimer à travers les attentions mutuelles, la solidarité, la fidélité, la confiance, le soutien dans Foi, et la communion dans la prière.
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Nous souhaitons ou mieux nous voudrions qu’après cette crise sanitaire « rien ne soit plus comme avant ». Mais nous connaissons la nature humaine, l’homme revient vite à ses vieux démons…
Prions pour que cette épreuve inédite soit l’occasion d’une conversion en profondeur où l’argent et le profit ne soient plus les préoccupations premières, mais que l’amour de Dieu et du prochain soit la pierre angulaire d’un monde nouveau.
C’est cette humanité nouvelle qu’il nous faut promouvoir et que le Christ réalisera avec nous, c’est à dire avec notre cœur, nos bras et notre intelligence en nous laissant travailler par l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité. C’est la seule solution pour que notre société ne revienne pas au « monde d’avant ».

Frères et Sœurs,
Nous allons bientôt célébrer l’Ascension et la Pentecôte. Dans cette période difficile au plan social, économique et ecclésial, où tant d’espoirs humains expérimentent leur fragilité, confions à la Vierge Marie notre monde et nos familles et prions-La avec confiance.
AMEN

5ème Dimanche de Pâques - A - Dimanche 10 mai 2020

Frères et Sœurs,
Pendant le temps pascal, l’Eglise propose à notre réflexion et à notre méditation les paroles que Jésus a prononcées avant sa mort et sa Résurrection.
Celles-ci sont à comprendre comme les ont compris ceux qui les ont écrites après la Résurrection du Christ.
Il en est ainsi pour le passage du discours après la Cène que nous venons d’écouter dans ce passage de l’Evangile selon Saint Jean.
Il y est question des « demeures » que Jésus va préparer pour ses disciples, du lieu où Lui-même s’en va, du chemin qu’il faut prendre pour L’y suivre, du Père vers qui tous se dirigent.
Paroles mystérieuses que les disciples ne pouvaient pas comprendre tant que le Christ n’était pas entré dans sa gloire : « Moi Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit-Il, personne ne va vers le Père, sans passer par Moi. »
Ce que le Christ, veut faire comprendre à ses disciples et donc à nous c’est qu’il n’y a pas d’autre chemin que Lui pour avoir accès au Royaume.
Rappelez-vous, dans l’Evangile de dimanche dernier le Christ se désignait comme l’unique « porte du Salut ».
Il faut donc mettre nos pas dans les siens si nous voulons entrer dans la Vie éternelle et bienheureuse.

2
Dans l’Evangile de ce dimanche, le Christ va encore plus loin, en disant à ses disciples : « Quand Je serai parti vous préparer une place, Je reviendrai et Je vous emmènerai auprès de Moi, afin que là où Je suis, vous soyez, vous aussi ».
Par ces paroles, le Christ manifeste sa sollicitude pour ses amis. Il les console les assurant que chacun d’eux aura une place au Ciel.
Paroles Ô combien utiles pour les disciples qui auront encore à vivre sans la présence visible du Seigneur, le temps de lancer l’Eglise, d’annoncer et de répandre le fabuleux message de l’Evangile, extraordinaire à la fois, par sa permanente jeunesse et par son actualité qui transcende toutes les époques !
Pour cela, le Christ ne laissera pas seuls ses disciples. Il leur donnera son Esprit, l’Esprit Saint, « l’Esprit de vérité ».
Ce même Esprit Saint que nous avons reçu à notre baptême est Celui-là même qui répand l’amour dans nos cœurs et nous donne la force de vivre les Béatitudes qui nous conduisent au bonheur promis.
Nous connaissons les paroles réconfortantes et encourageantes du Christ qui nous donnent confiance et assurance : « Chargez-vous de mon joug, dit-Il et mettez-vous à mon école, car Je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger ». (Mat.11, 28-29)
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Frères et Sœurs,
La pandémie du coronavirus fait vivre au monde entier une période incertaine, cette crise sanitaire inédite nous submerge, et elle nous fait faire, en solidarité avec toute l’humanité, l’expérience de notre vulnérabilité, Ceci nous amène à nous poser bien des questions…
Face à ce terrible drame, la Foi nous est d’un grand secours parce qu’Elle donne sens à notre existence, par de là les épreuves.
Ne dit-on pas qu’il faut trouver un sens à sa vie ?
L’Evangile de ce dimanche répond à notre quête de sens : l’essentiel n’est-il pas de savoir pour qui l’on vit !
Dans son Evangile Saint Luc rappelle la règle d’or pour réussir sa vie : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, dit-il, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » (Lc 10, 27)
Le Christ que nous rencontrons dans la Foi et la prière est notre Espérance. C’est pour cela que nous nous tournons vers Lui et qu’on le prie, et que l’on vient à Lui, avec la même simplicité que dans l’Evangile.
On Le prie avec nos soucis, nos joies, nos succès, nos espoirs et nos peines, et nous lui disons : « Si tu veux, tu peux me guérir » ; Viens, Seigneur, mon enfant est à toute extrémité » ; « Aie pitié de nous, aie pitié de moi » ; ou encore « Je crois mais viens à mon aide » ; « Souviens-toi de moi… »
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On Le prie avec la Vierge Marie, qui est forte « comme une armée rangée en bataille ».
Ce faisant, notre prière s’approfondit, nous nous adressons au Christ, avec plus de confiance, avec ces mots par exemple : « Seigneur, Tu sais mieux que moi », « Oui, que Ta volonté soit faite, aide-moi à l’accepter ».
Et là nous butons sur le problème du mal, qui est une réalité qui nous heurte et dont nous faisons tous l’expérience.
Dans la prière du Notre Père, nous demandons au Seigneur de nous délivrer du mal. Ce mal qui habite le cœur de l’homme et le mal du monde, le mal de la souffrance et du péché et jusqu’au tentateur.
Etre délivré du mal, c’est être délivré du Malin !

Frères et Sœurs,
C’est en regardant et en priant devant notre crucifix, que nous pouvons mieux comprendre pourquoi le Christ a accepté librement et par amour de souffrir sa Passion et de mourir sur une Croix. Il l’a accepté pour vaincre le mal, en transformant de l’intérieur la haine en amour.
« Le Christ est venu parmi nous pour partager notre souffrance et la remplir de sa présence » disait Paul Claudel.
Nous ne sommes pas seuls, le Christ est Vivant, Il est à nos côtés, mieux, Il est présent dans notre cœur où Il fait
Sa demeure.
5
Dans notre prière, nous Lui demandons que cette pandémie disparaisse au plus vite, et que par la présence de son Esprit Il réconforte les familles des malades comme les victimes du virus, et qu’Il ouvre leur cœur à l’Espérance et à la confiance.
Nous Lui demandons la force dans la générosité, la bonté et la santé pour tous ceux qui soignent et accompagnent les malades avec leurs compétences et avec un dévouement exemplaire sinon héroïque : médecins, infirmiers, infirmières, travailleurs de la santé, pharmaciens, ambulanciers, et bénévoles qui sont en première ligne et qui mettent leur vie en danger pour sauver d’autres vies.
Le Seigneur qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » nous jugera sur la façon dont nous nous serons comportés avec les plus faibles : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, dit Jésus, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)
Que la Vierge Marie nous aide à persévérer dans la Foi, qui est la clé pour entrer dans la Vie éternelle. Elle qui prie « maintenant et à l’heure de notre mort », nous Lui demandons d’atténuer notre peur du jugement ultime pour laisser place à la paisible confiance parce qu’avec le Christ, « son Fils bien-aimé », le dernier mot est la Miséricorde.
AMEN

4ème Dimanche de Pâques - A - Dimanche 3 mai 2020

Frères et Sœurs,
Depuis bientôt 60 ans, le 4° dimanche de Pâques est devenu le « Dimanche des vocations », communément appelé « Dimanche du Bon Pasteur », en raison de l’Evangile qui présente et exprime la sollicitude du Christ « Bon Pasteur » pour toute l’humanité qu’Il veut réunir en une même famille : l’Eglise, « Peuple de Dieu », « Corps du Christ », et « Temple de l’Esprit ».
Vocation veut dire à la fois « appel » et « envoi ».
Chacun de nous a une vocation au titre de son baptême, le Christ nous envoie pour proclamer au monde qu’Il est Vivant, qu’Il a vaincu la mort, le mal et le péché, et que Dieu nous aime d’un amour dont la bonté et la miséricorde sont inépuisables.
Ce témoignage, chacun est appelé à le donner d’une manière unique et irremplaçable là où il vit, dans sa vie de tous les jours.
Et c’est l’ensemble de tous ces témoignages réunis, à la fois riches et divers, pour n’en faire plus qu’un, qui forme celui de l’Eglise dont la mission est d’annoncer et de nous faire passer par la porte du Salut qui est Jésus Christ.
Le Concile a permis une prise de conscience chez les laïcs et chez les clercs, que les laïcs ont une responsabilité dans la mission d’évangélisation.

2
Frères et Sœurs,
Votre présence nombreuse et active à Saint Laud donne le visage d’une paroisse vivante, enrichie par l’exercice de vos différents charismes.
Actuellement nous souffrons tous, qu’en raison de la pandémie les sacrements de la Foi soient devenus quasiment inaccessibles.
Cette terrible épreuve de ne plus avoir accès aux sacrements nous montre combien nous avons besoin des ministres ordonnés : évêques, prêtres et diacres, pour être témoin de la Pâque du Christ Ressuscité.
Nous avons besoin de l’Eucharistie et des sacrements dont celui du pardon à travers lequel le Seigneur nous relève et nous sauve, en nous restaurant et en nous renouvelant dans la grâce de Dieu.
Cette crise sanitaire inédite nous fait prendre davantage conscience du rôle irremplaçable des prêtres et du rôle indispensable des diacres pour la vie des communautés chrétiennes.
Face au défi du manque de prêtres, nous devons redoubler de confiance en la Providence divine. Nous savons que jamais le Seigneur n’abandonne son Eglise.
Nous devons prier avec persévérance le « Maître de la moisson, d’envoyer des ouvriers ».
La mission et la vocation du prêtre est de rendre présent l’Unique Pasteur : Le Christ, Celui qui appelle, Celui qui aime chacune de ses brebis, Celui sans lequel nous ne pourrions être que des brebis sans berger !
3
Frères et Sœurs,
Comprenons bien que le Seigneur donnera les prêtres dont l’Eglise a un impérieux besoin, dans la mesure où nous les demanderons sincèrement dans la prière et que nous les soutiendrons concrètement dans nos familles et dans nos communautés.
Le Saint Cardinal Newman disait : « Dieu appelle qui Il veut … et les plus faibles d’entre nous peuvent devenir forts avec la grâce de Dieu ».
N’oublions pas de prier l’Esprit Saint pour ceux qui ont à discerner les vocations et savent encourager celui ou celle qui se sent appelé au sacerdoce, au diaconat, ou à la vie religieuse, et à demander à ce même Esprit Saint la lumière et la force pour ceux et celles qui auront à quitter leur vie présente pour répondre joyeusement à l’appel du Seigneur.

Aujourd’hui, en ces temps difficiles et dangereux pour le monde entier, nous avons besoin du Christ, et peut être encore plus aujourd’hui qu’hier avec cette redoutable crise sanitaire que nous devons affronter.
Le Christ est Ressuscité, Il a vaincu le mal, Il est Vivant et fidèle à sa Parole, Il nous sauvera.
A travers Lui Dieu manifestera Sa puissance et Sa gloire. La guérison viendra, le coronavirus sera vaincu, cette pandémie sera éradiquée.

4
Avec Saint Pierre, confessons notre Foi au Christ « Bon Pasteur » : « A qui irions-nous Seigneur ? Tu as les paroles de la Vie éternelle ! » (Jn 6 ,68)

Frères et Sœurs,
Le Pape François, évoquant le confinement, invite les catholiques du monde entier à prier le chapelet, en ce mois de mai qui est le mois de Marie.
Confions cette grande intention à Notre Dame : « Contempler le visage du Christ avec le cœur de Marie, notre Mère, dit le Saint Père, nous rendra encore plus unis en tant que famille spirituelle et nous aidera à surmonter cette épreuve. »
Dans notre prière du chapelet demandons avec confiance à la Vierge Marie d’intercéder pour nous, Elle entend nos requêtes comme une mère écoute les mots fébriles de son enfant.
Nous Lui demandons de protéger tous ceux qui prennent soin de nous, mais aussi les malades, les mourants, parce que ne l’oublions pas, Marie « prie maintenant et à l’heure de notre mort ». Nous Lui confions également les personnes les plus vulnérables et les défunts.
Nous Lui demandons de nous aider à sortir du confinement, et à pouvoir à nouveau nous rassembler dans nos églises pour célébrer l’Eucharistie.
Nous Lui demandons de tenir le cap de la solidarité dans la crise sociale et économique qui s’annonce.

5
En priant Marie, nous suivons le Christ qui nous dit : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie ». (Jn 8, 12)

Frères et Sœurs,
Je voudrais témoigner de la joie et de l’Espérance qui m’habitent, comme Curé de la paroisse, en constatant que beaucoup de belles choses se font dans notre communauté paroissiale, malgré la situation présente qui nous contraint à rester chacun chez soi, et nous prive de rencontres.
Ce que j’entends et ce que je lis à travers les contacts que j’ai avec vous par le téléphone et par internet, nourrit ma prière, en rendant grâce au Seigneur pour les liens fraternels et spirituels qui nous unissent et font que Saint Laud est une grande famille. Heureux de constater également que votre Foi vous porte à prier, à méditer, et à être attentifs aux uns et aux autres.
Combien de fois, dans ma vie sacerdotale, j’ai été émerveillé et parfois bouleversé en voyant l’action de l’Esprit Saint venir toucher les cœurs et pacifier les âmes.
Ceci m’amène à des sentiments de profonde gratitude envers le Seigneur, d’être pour vous, humblement, l’instrument imparfait de la puissance renouvelante et sanctifiante de son Esprit qui donne au cœur des épreuves, la force de l’Espérance.

AMEN

3ème Dimanche de Pâques - A - Dimanche 26 avril 2020

Frères et Sœurs,
L’épisode des deux disciples d’Emmaüs dans l’Evangile nous est familier. Saint Luc raconte comment les deux disciples qui marchaient dans la nuit en se confiant l’un à l’autre leur désespoir, furent rejoints par un Homme qu’ils ne reconnaissent pas d’emblée.
Ils ne Le reconnaissent pas, est-ce à cause de la nuit ou parce que le Christ Ressuscité ne se fait reconnaître qu’au regard de la Foi ?
Ou bien est-ce tout simplement parce que les témoins de Sa mort ne pouvaient L’imaginer hors de sa tombe ?
En fait : « leurs yeux étaient empêchés de Le reconnaître », dit Saint Luc.
Les deux disciples étaient tournés sur eux-mêmes, avec leur peine et leur chagrin, avec leur incompréhension due à l’échec de leur espoir, et de leur projet anéanti.
Quoiqu’il en soit, l’Homme qu’ils n’ont pas reconnu se mêle à leur conversation, et leur dit : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit » Et Jésus, qu’ils n’ont toujours pas reconnu de poursuivre : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrit cela pour entrer dans sa gloire ? »
Il est vrai que les paroles prophétiques pas plus que celles du Christ n’avaient franchi le seuil de leur mémoire pour pénétrer leur cœur, et voici maintenant qu’elles opèrent en profondeur.
2
Avec l’aube qui se lève, la lumière chasse lentement leur « vague à l’âme » et soudain, les deux disciples, courbés sous le poids du cafard, se redressent. Ils vont passer du désespoir à l’Espérance et ce sera en fait le véritable itinéraire du chemin parcouru de Jérusalem jusqu’au village d’Emmaüs.
Les deux disciples avoueront : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’Il nous parlait sur la route, et nous ouvrait les Ecritures ? »

Frères et Sœurs,
Ce récit est en quelque sorte, le raccourci d’une existence traversée par la rencontre lumineuse du Christ.
Comme pour les disciples d’Emmaüs, la Foi nous permet de rencontrer le Christ dont la présence à nos côtés est aussi discrète que rassurante. Il nous donne la lumière et la force de l’Esprit Saint pour soutenir et guider notre liberté chancelante vers le bien, et nous donner l’énergie d’aller de l’avant sur le chemin des Béatitudes sur lequel nous sommes engagés.

Saint Luc nous dit dans L’Evangile que les disciples reconnurent le Christ au geste eucharistique de la fraction du pain : « quand Il fut à table avec eux, ayant pris le pain, Il prononça la bénédiction et, L’ayant rompu, Il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils Le reconnurent. »

3
C’est-à-dire qu’ils reconnurent en Lui le Vivant qui a partagé sa vie et l’a offerte en sacrifice, puis en nourriture pour la gloire de Dieu et le Salut du monde.

Frères et Sœurs,
Disciples du Christ par notre baptême, nous témoignons de Lui par notre Foi, par notre Espérance, en ayant une charité inventive avec un regard bienveillant et un cœur aimant pour les personnes en souffrance qui sont si nombreuses avec la crise sanitaire que nous traversons.
Nous reconnaissons que cette terrible épreuve du covid 19 nous rend fragiles et humbles à la fois, et aussi qu’elle nous fait mieux comprendre que nous avons besoin les uns des autres.
Cette solidarité s’exprime à travers nos intelligences, nos bras et notre cœur, par notre proximité et notre attention aux autres.
Le Bienheureux Charles de Foucauld écrivait dans une de ses lettres : « Mon apostolat doit être l’apostolat de la bonté. En me voyant, on doit dire : « Puisque cet homme est si bon, sa religion doit être bonne. »

Comme les disciples d’Emmaüs, il nous arrive d’être dépité, de connaître le découragement, la déception, et de ne plus avoir le moral. Il est vrai que cette pandémie nous déroute et nous inquiète par son étendue et sa gravité.

4
Ne perdons pas de vue que notre vie sur la terre n’a qu’un seul but : la rencontre avec Dieu à travers le Christ, dont la mort et la Résurrection donne l’Espérance de la Vie éternelle où nous aurons le bonheur de voir Dieu tel qu’Il est !
Cette Vie éternelle à laquelle nous sommes destinés se prépare jour après jour, un jour à la fois dans la Foi si je puis dire, en nous mettant à l’école du Christ « doux et humble de cœur » !
Notre vie sur la terre disait l’Abbé Pierre : « c’est un peu de temps que Dieu nous donne pour apprendre à aimer ».
Comme pour les disciples d’Emmaüs, il arrive que le Christ nous rejoigne sous les traits d’une personne qui vient providentiellement à notre rencontre, nous donner une parole utile pour notre Salut éternel.

Frères et Sœurs,
Nous n’avons qu’un ennemi, le péché. Ne dit-on pas que bien connaître son ennemi c’est déjà gagner mille batailles !
Alors ne nous décourageons pas, Reprenons la prière donnée par le Christ à Sainte Faustine : « Jésus j’ai confiance en toi », et mettons à profit le temps qui nous est donné non seulement pour prier pour la fin de la pandémie, mais aussi pour demander au Seigneur de changer notre cœur de pierre en cœur de chair !

5
Dimanche dernier nous célébrions la Divine Miséricorde.
A l’occasion de cette fête, l’Eglise nous invitait à avoir confiance en Dieu, à bannir de notre cœur la peur, parce qu’il n’y a pas de péché que Dieu ne pardonne à celui qui se repent sincèrement.
Il est réconfortant d’en prendre conscience, alors qu’à cause de cette crise sanitaire inédite nous souffrons tous de ne pas pouvoir nous confesser, ni d’avoir accès à la rencontre du Christ dans l’Eucharistie comme l’ont fait les disciples d’Emmaüs.
C’est l’Eucharistie, « source et sommet de la vie chrétienne » qui transforme notre cœur « lent à croire » en « cœur brûlant », et nous permet de reconnaître le Christ, de vivre en Sa présence et de témoigner ainsi qu’Il est Ressuscité, qu’Il est Vivant !

Frères et Sœurs,
Dans notre prière demandons à la Vierge Marie que chacun de nous puisse reconnaître le Christ, « à la fraction du pain », comme les disciples d’Emmaüs, et que la prochaine communion eucharistique que nous ferons soit notre plus grande joie, et aussi la lumière qui illuminera notre vie et la soutiendra dans la Foi et l’Espérance.

AMEN

Dimanche de la Miséricorde Divine - A - Dimanche 19 avril 2020

Ce dimanche, retrouvez l’homélie du Père Breguet à lire et à regarder en vidéo :

Frères et Sœurs,
Le confinement du à la pandémie du coronavirus nous place dans une retraite spirituelle forcée, et nous met face à l’Invisible, et face à nous-mêmes.
L’Evangile de ce deuxième dimanche de Pâques tombe à point nommé pour nous faire réfléchir à ce qu’est la Foi et pour nous faire grandir dans cette même Foi.
Lorsqu’on éprouve quelque difficulté à croire, on se compare volontiers à Thomas, l’incrédule, dont la présence sympathique dans l’Evangile nous rassure !
Pourtant, Thomas, après avoir obtenu la preuve que son Maître et Seigneur, Jésus le Christ est bien Ressuscité et bien Vivant, reçoit de Lui ces paroles qui sonnent comme un reproche : « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui croiront sans avoir vu ! » (Jn 20, 29)
Il est vrai que l’on s’imagine trop aisément que la Foi est une certitude du même type que celles que nous offrent certaines vérités scientifiques. On confondrait volontiers la Foi avec l’évidence. Et lorsque l’on découvre que Dieu n’est pas une évidence et que le Christ Ressuscité « ça ne va pas de soi », on croit, à tort, ne plus avoir la Foi.
Pourtant, on ne peut avoir l’évidence que de ce que l’on voit. Dieu nous demeure invisible.

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Le voir est l’objet d’une promesse qui ne pourra se réaliser que dans ce monde de lumière qui est au terme de notre pèlerinage terrestre. Alors la vision béatifique remplacera la Foi comme aussi l’Espérance, ces deux vertus théologales qui ne sont que provisoires, car seule la troisième vertu théologale, l’Amour, est appelée à franchir la frontière entre les deux mondes.

Frères et Sœurs,
Nous avons vécu le triduum pascal sous le signe de l’Espérance et de la conversion sans avoir pu nous rassembler pour fêter dans la joie la Résurrection du Christ.
Saint Paul écrit aux chrétiens de Corinthe : « qu’aujourd’hui, nous voyons comme dans un miroir, mais alors ce sera le face à face. Aujourd’hui je connais d’une manière imparfaite et confuse, mais alors je connaîtrai comme je suis connu. » (I Co 13, 12)
Nous comprenons alors, la plainte du psalmiste : « Seigneur, pourquoi me caches-tu ton visage ? » (Ps 44, 24)
Et cette prière adressée au Christ par un des ses disciples : « Je crois, Seigneur, mais viens au secours de mon peu de Foi. » (Mc 9, 24)
La Foi est une vie, mais parce que la Foi n’est pas encore l’évidence de la vision, il est de sa nature d’être ainsi traversée d’obscurités et de doutes.
Et pourtant, avec la grâce de Dieu, la Foi peut devenir plus forte que le doute qu’elle affronte et qu’elle assume.
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Si les apparitions du Christ ont provoqué la Foi des Apôtres en sa Résurrection, Foi dont nous avons héritée de leur témoignage, la Foi des Apôtres, elle, et la Foi de Thomas en particulier, apparaîtra plus tard comme le fruit d’une relation beaucoup plus intérieure : celle d’une étroite communion qui supporte l’absence physique. En effet, au lendemain de la Pentecôte, les disciples vivront l’ineffable expérience du Christ Ressuscité, du Christ reproduisant en eux son propre passage de la mort à la vie, de l’obscurité à la lumière, de l’esclavage du péché au témoignage de l’amour jusqu’à la mort. Et de fait, tous les Apôtres seront martyrs à l’exception de Saint Jean.

Frères et Sœurs,
Si nous n’avons pas l’évidence de Dieu et du Christ que nous ne voyons pas, nous pouvons faire, à la suite des Apôtres et de tous les saints et de toutes les saintes de la chrétienté, et aussi des croyants de toutes les époques, l’expérience de la présence du Christ qui par son Esprit, « l’Esprit Saint consolateur », habite nos cœurs, nos âmes et illumine nos vies de la lumière de l’Evangile.
Saint Jean dit clairement que seul l’Amour nous permet d’entrer dans la connaissance de Dieu qui est Amour : « Qui n’aime pas, ne saurait connaître Dieu ! » (1 Jn 4, 8)
En ce dimanche de la Divine Miséricorde instituée par Saint Jean Paul II en l’an 2000, écoutons l’invitation du Christ Ressuscité à Thomas l’incrédule : « Mets tes mains dans mes plaies et sois croyant ! » (Jn 20, 27)
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Le Pape François, lors de la Bénédiction « Urbi et Orbi » qu’il a donné au monde entier le vendredi 27 mars dernier en raison de la gravité de la situation, s’exprimait ainsi : « A la pandémie du coronavirus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion et de la tendresse. »
La crise sanitaire sans précédent que nous vivons nous oblige à mettre nos mains dans les plaies du Christ toujours ouvertes de notre humanité douloureuse, tétanisée qu’elle est par cette pandémie.
Dans notre prière nous puisons la force d’accomplir ce geste avec le cœur compatissant du Christ Bon Pasteur, à travers notre bonté, notre attention aux autres, notre compréhension et notre compassion pour ceux qui ont un proche malade ou mourant et pour ceux qui ont perdu un être cher sans pouvoir lui dire adieu.
Nous le faisons en manifestant, d’une part, notre proximité envers ceux qu’accablent la solitude, et d’autre part, en manifestant notre estime et notre gratitude envers les personnels soignants qui se dévouent sans relâche, mais aussi, ne les oublions pas, envers ceux qui font que la vie continue grâce à leurs services pour la vie quotidienne de tous.
Le Pape François disait, dimanche dernier, jour de Pâques, que : « devant la contagion du coronavirus nous devions répondre par la contagion de l’Espérance… »

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Frères et Sœurs,
Souvenons-nous, il y a tout juste un an, nous étions bouleversés par l’incendie qui ravageait la Cathédrale Notre Dame de Paris. Seules furent épargnées des flammes la grande croix dorée et la statue de la Vierge Marie.
Cet incendie, n’était-il pas un avertissement de ce qui nous arrive maintenant avec ce coronavirus ?
Cet incendie n’était-il pas le signe qu’il nous faut revenir à Dieu, au Christ et à son Evangile et que la Vierge Marie est toujours là, par sa présence maternelle, pour nous aider à surmonter dans la Foi et la confiance en Dieu, les épreuves et cette pandémie inédite tant par son ampleur que par sa brutalité ?
A cette crise sanitaire est adossée une crise économique à venir qui fera malheureusement vraisemblablement beaucoup de victimes et générera beaucoup de drames.
A l’instar de la reconstruction de Notre Dame de Paris qui sera encore plus belle qu’avant, il nous faudra reconstruire notre société sur d’autres bases que l’individualisme, l’hédonisme et le consumérisme qui ont vécu.

Le Seigneur fait toutes choses nouvelles. Avec Lui, les valeurs humanistes issues de l’Evangile seront le socle de l’édifice d’un monde nouveau, d’une autre société plus juste et plus humaine, où le bien et la dignité de l’homme seront premiers.
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Frères et Sœurs,
Que la Vierge Marie, que nous aimons et que vous aimez, qui est la Mère de la Sainte Espérance et notre Mère à tous, nous aide à grandir dans la confiance en Dieu « qui a pour nom Miséricorde », et nous aide à prier et à offrir au Seigneur les renoncements que nous impose le confinement pour l’éradication de ce fléau.
Le Christ a vaincu le mal, le Christ est Ressuscité, le Christ est Vivant, Alléluia Alléluia.

AMEN

Saint jour de Pâques - A - Dimanche 12 avril 2020

Christ est vraiment ressuscité ! Alléluia !
Frères et Sœurs,
C’est le cri d’allégresse que relaie notre Église depuis plus de 2000 ans.
Pâques, C’est la naissance d’un monde nouveau où le mal et la mort n’exercent plus leur pouvoir tyrannique, parce que le Christ a vaincu la mort et les forces du mal par sa Résurrection.
Pâques, c’est l’irruption d’une vie nouvelle capable de tout transfigurer par « l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint » (Rm 5,5) dont la présence met fin à l’esclavage du péché. L’Esprit Saint est cette force recréatrice capable de transformer notre vie, de l’irriguer, de la renouveler.
Le mystère pascal, que nous célébrons nous plonge dans le cœur de Dieu, aussi nous rendons grâce pour l’Eglise, si souvent attaquée de nos jours, cette Eglise peuple de Dieu, dont nous sommes les membres par notre baptême, cette Eglise est belle parce qu’aimée du Christ, et sanctifiée par Lui. L’Eglise est belle parce qu’Elle est notre Mère et parce qu’Elle nous donne la vie du Christ Ressuscité !

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Frères et Sœurs,
Soyons de ces chrétiens rayonnants qui donnent saveur à la vie, comme ces enfants de lumière heureux de vivre le grand commandement du Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 13,34)
Il nous revient d’annoncer la victoire de Pâques à tous les hommes puisque tous sont appelés à ressusciter et à vivre avec Lui pour toujours.
Il nous faut annoncer sans relâche et avec force la joie de l’Evangile : le Christ est Ressuscité, Il est Vivant !, et l’annoncer par nos paroles et par nos actes, confiants que c’est le Christ qui nous envoie, qui nous accompagne et qui nous rassure : « Soyez sans crainte, J’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33)
Le Christ Ressuscité « vient faire sa demeure en nous » (Jn 15, 5) à travers notre communion spirituelle, par notre méditation de la parole de Dieu, par notre prière personnelle quotidienne, par la récitation du chapelet, ou la prière des Laudes et des vêpres, et par le « sacrement du frère » vécu à travers notre attention aux autres, cette rencontre avec le Christ nous pacifie et nous fortifie en ces temps d’incertitude, où la pandémie du coronavirus exacerbe nos peurs, nos inquiétudes et nos angoisses.
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La crise sanitaire nous presse de vivre en frères du Christ et en enfants de Dieu pour être « sel de la terre » (Mt 5, 13). Seul l’amour triomphe de la mort. N’attendons donc pas davantage pour nous mettre à aimer.
Frères et Sœurs,
Notre monde a besoin plus que jamais de la lumière du Christ Ressuscité répandue et communiquée par notre témoignage de Foi, d’Espérance et d’amour à l’instar des personnels soignants qui se battent contre le covid 19 souvent au péril de leur vie pour sauver des malades. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »(Jn 15, 13)
Le confinement présent nous fait vivre face à nous-mêmes. Le téléphone et les courriels nous permettent de garder un minimum de lien social avec la famille, les proches, et de rompre l’isolement des personnes malades ou seules et de les rejoindre via internet.
Ces moyens permettent de garder et de soutenir le moral des uns et des autres et de nous conforter dans la Foi et dans l’Espérance.
La victoire de Pâques n’est pas pour demain, elle est pour aujourd’hui : Christ est Ressuscité, Christ est Vivant !
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Frères et Sœurs,
Que la lumière de Pâques brille dans nos cœurs et sur nos visages par notre bonté et par notre paix intérieure, reflets de la joie de l’Evangile qui habite nos cœurs.
Demandons à la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, que cette fête de Pâques soit pour chacun, le point de départ d’une vie nouvelle, d’une vie transfigurée par la rencontre du Christ Vivant.

AMEN ALLELUIA

Vendredi saint - A - Vendredi 10 avril 2020

Retrouvez le chemin de croix sur la page dédiée à cette période Propositions durant la période de confinement

Frères et Sœurs,
Ce soir nous prenons le temps du deuil, nous célébrons la liturgie de la Passion du Seigneur sans messe, parce que chaque Eucharistie annonce la Résurrection du Christ.
La liturgie du Vendredi Saint nous aide à mieux saisir la portée du sacrifice du Christ.
Cette célébration est celle de la réflexion, de la méditation, celle du silence et de la prière.
Nous faisons ce soir, seul ou en famille une veillée du souvenir. Comme pour un proche qui nous quitte, on se remémore les événements marquants qui ont précédé sa mort pour découvrir le sens de sa vie et rendre grâce pour tout ce qui a été patiemment construit.
C’est ainsi que le Christ nous invite à ne pas oublier ce que fut pour lui Pâques : la victoire de la Vie sur le péché qui conduit à la mort !
Le Christ a donné librement et par amour sa vie pour tous les hommes de toutes les nations et de toutes les générations.
Le Christ a donné sa vie pour ceux qui croient en Lui, pour ceux qui admettent seulement son existence, pour ceux qui l’ignorent, comme pour ceux qui savent et ne croient pas, mais aussi pour ceux qui le combattent.
Ce soir pensons à l’interminable Passion qui va conduire le Christ au Calvaire sur la Croix.

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Frères et Sœurs,
En mourant sur la Croix, le Christ nous rappelle que l’échec fait partie de la vie humaine. La mort du Christ en Croix n’est pas le terme de sa vie, trois jours après sa mort Il ressuscite, Alors une nouvelle se répand : Le Christ est Vivant.
Notre monde est un monde de compétition, il faut battre des records, faire mieux que les autres.
De la mort, la vie peut surgir : de l’échec peut s’ouvrir un nouveau chemin, un avenir. Le plus grave dans une vie, ce n’est pas d’échouer, ce n’est pas de pécher, c’est de ne plus avoir confiance en soi, dans les autres et plus confiance et d’Espérance en Dieu.
Relisons les passages d’Evangile du fils prodigue qui a tout gaspillé, le Père en fait un fils transformé et renouvelé !
De la femme adultère, le Christ par son pardon lui ouvre un nouvel avenir !
De la Samaritaine encombrée par une vie sentimentale tumultueuse, en elle, surgit une capacité d’aimer qu’elle ne peut garder pour elle !
Le Christ nous invite à unir nos souffrances aux siennes, en offrant nos propres croix : les maladies, le coronavirus, la solitude, l’angoisse, les privations matérielles et spirituelles que nous imposent ces semaines de confinement. Nous savons que Dieu « ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive. » (Ezéchiel, 31,11)
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Le Christ nous demande d’avoir de la compassion et de la proximité pour les personnes qui souffrent, les malades, ceux et celles qui souffrent de la violence, du mépris ou de la haine et pour ceux et celles qui vont mourir.
Frères et Sœurs,
On ne peut découvrir et vivre Pâques sans accompagner le Christ dans sa Passion. C’est pourquoi le vendredi Saint est le temps de la compassion, de la supplication et du pardon demandé et reçu.
La Vierge Marie est proche de son Fils Jésus au moment de la Crucifixion, et Elle croit et Elle sait que c’est le moment de la victoire de Dieu sur la méchanceté humaine.
Demandons à Notre Dame, la Vierge des douleurs, de nous obtenir la grâce de ne pas penser d’abord à soi, mais de penser aux autres, de les aider à transformer leurs souffrances, leurs épreuves en amour et en pardon, et de les aider à croire que la bonté est la force qui surmonte la méchanceté.
En nous confiant à Marie nous savons qu’Elle se préoccupe de nous avec la délicatesse d’une mère.
C’est l’expérience qu’ont vécu Saint Jean Paul II, et avant lui tant d’autres saints dont Saint Bernard et Saint Louis Marie Grignon de Montfort.
Ils ont fait confiance à Marie dans leurs épreuves et ont pu avec Elle transformer leurs croix en amour pour Dieu et le prochain. AMEN

Jeudi saint - A - Jeudi 09 avril 2020

chant d’entrée du Jeudi saint :

Homélie du Jeudi saint :
Frères et Sœurs,
Ce soir deux actes majeurs du Christ vont soutenir notre prière : le lavement des pieds et la Cène avec l’institution de l’Eucharistie.
Le lavement des pieds, est un acte d’humilité. Jésus prend la place du serviteur, mais sa signification va plus loin, elle est l’invitation à voir au-delà, dans un acte de Foi, le Serviteur souffrant prophétisé par Isaïe.
Jésus nous enjoint de suivre son exemple : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, dit-Il, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (Jn13, 12b, 14-15)
Le lavement des pieds a aussi une autre signification à comprendre dans la perspective de Pâques : le Christ va Ressusciter, mais avant il y aura la Croix, le Vendredi Saint. Le Christ est le serviteur obéissant jusqu’à la mort de la Croix. ( Phil .2)

Frères et Sœurs,
Le geste du lavement des pieds jette une vive lumière sur l’Eucharistie, ce pain rompu, ce Corps livré, ce Sang répandu, c’est Jésus lui-même, dépouillé de tout et offert pour la Vie du monde !

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Dans l’Eucharistie, il s’agit, d’un geste, d’une action que l’on pose pour réaliser ce que Jésus a fait le soir de la Cène, quand Il a dit « Faites cela en mémoire de moi. » Il s’agit d’un geste qui se greffe sur les rites de la Pâque juive qui faisaient mémoire de la libération du peuple hébreu, et dont le récit actualisait ce souvenir en le rendant présent à ceux qui l’écoutait.
En instituant l’Eucharistie, le Christ change le pain en son Corps et le vin en son Sang, c’est pourquoi Il dit : « Prenez et mangez en tous », « Prenez et buvez en tous. »
Par ce sacrement reçu en communion, le Christ répare nos forces, nourrit nos âmes et nous fait vivre de sa propre Vie.
Nous devenons un seul Corps dans le Christ, son Corps qui est l’Eglise.
Nous devenons un seul Esprit avec Lui et avec le Père.

Frères et Sœurs,
La messe actualise le mystère pascal de la mort et de la Résurrection du Christ : la Cène du Jeudi Saint, le sacrifice du Christ sur la Croix le Vendredi Saint et la victoire du Christ sur la mort à la Résurrection.
De plus, l’Eucharistie est toujours célébrée pour la gloire de Dieu et le Salut du monde.
Saint Augustin résume ce qu’est l’Eucharistie pour les chrétiens, dans une formule lapidaire dont il a le secret : « Reçois ce que tu es, deviens ce que tu reçois. »

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Nous mangeons ce « Pain rompu », nous nous offrons avec Lui pour la vie du monde. Nous buvons au Calice de son Sang ; nous sommes les sarments de la vraie Vigne et en elle nous portons du fruit.
Nous annonçons la mort et la Résurrection du Christ jusqu’à ce qu’Il revienne !
Le Jeudi Saint le Christ nous a laissé l’Eucharistie comme viatique pour la traversée de l’Histoire et comme un avant-goût des biens du Ciel.

Frères et Sœurs,
Cette année la pandémie du coronavirus nous prive des célébrations du triduum pascal, et par conséquent de l’Eucharistie. Nous n’aurons pas la joie vivre la liturgie du Jeudi Saint ensemble, accompagné par nos organistes et par notre belle chorale. Vous aurez la consolation de trouver sur le site internet de la paroisse le chant d’entrée qui fut chanté l’an dernier à Saint Laud pour ce même Jeudi Saint : « Avec le Christ vivons le grand passage ».
Cette année, nous communierons en faisant une communion de désir, une communion spirituelle, sachant que la grâce de Dieu n’est pas limitée par les sacrements. La grâce de Dieu réside dans la profusion de son amour.
Cette crise sanitaire est sans doute l’occasion pour chacun de reprendre conscience que les sacrements ne sont pas des rites sociaux que l’on fait par habitude mais vraiment une rencontre avec le Christ.

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Puissions-nous, chacun, renouveler ce soir notre Foi dans l’Eucharistie, sacrement de la présence du Christ dont nous sommes momentanément privés, en nous offrant avec le Christ dans une prière fervente aux intentions de notre monde en souffrance.
Nous prierons pour ceux qui, comme nous, ne peuvent pas communier, les chrétiens persécutés et ceux qui ne peuvent communier par manque de prêtres dans des régions du monde comme l’Amazonie.

Que cette Semaine Sainte bien singulière nous amène à découvrir ou à redécouvrir la présence du Christ chez les malades et chez les soignants qui risquent chaque jour leur vie, et à prier pour tous ceux qui assurent la continuité des Services pour notre vie quotidienne.

AMEN

Dimanche des Rameaux – A - Dimanche 5 avril 2020

Chers Frères et Sœurs,
La pandémie du coronavirus, aussi inédite qu’exceptionnelle tant par la brutalité de son apparition que par l’ampleur de son développement nous oblige à affronter la solitude et à faire de ce temps d’épreuve un temps de grâce et d’intériorité. Elle nous contraint à faire de nos « chez soi » « une église à la maison ».
En lisant et en méditant l’Evangile des Rameaux qui relate l’entrée du Christ à Jérusalem, nous nous sentons solidaires de ce peuple qui L’acclamait en criant : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Mais cet hommage si enthousiaste finira par un complet abandon du Christ, par ses Apôtres, et par la foule qui l’avait acclamé. La foule est versatile, c’est bien connu.
Mais, pire encore, le Christ se sentira aussi abandonné de Dieu son Père, dont la voix merveilleuse Lui disait si chaleureusement lors de sa Transfiguration au Mont Thabor : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Cette voix se tait.
Le Christ éprouve la souffrance de l’abandon des siens dans le silence de Dieu !
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Au lieu du ciel lumineux du jour de la Transfiguration, voici le ciel noir et fermé de Gethsémani. Alors le Christ fait cette prière, reprenant celle du psalmiste : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ! »
Frères et Sœurs,
Nous entrons dans la Semaine Sainte en méditant la Passion du Christ qui offre librement sa vie pour les pécheurs, pour le Salut du monde.
Le Christ assume en Lui le péché de l’humanité, Il porte en Lui notre péché : « Voici l’Agneau qui porte le péché du monde. »
Le crucifié du Calvaire est devenu l’homme de tous les temps, depuis les origines jusqu’à la fin de l’histoire humaine.
C’est pourquoi, l’Eglise nous invite tout au long de cette Semaine à L’accompagner dans son chemin de croix, qui le conduira à la victoire pascale de la Résurrection.
Tous, nous souffrons de ne pas pouvoir participer aux célébrations du triduum pascal de la Semaine Sainte, et d’être privés des sacrements.

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Demandons à Dieu d’avoir pitié de nous et de notre monde pour les péchés et les infidélités des nations, et pour nos péchés et nos infidélités, non par recherche malsaine mais par loyauté et par lucidité.
Ces péchés sont la cause du grand désordre de notre monde, et du déséquilibre de la nature.
N’oublions pas que Dieu est le Maître du temps, de la nature, et de l’histoire. Et de Dieu on ne se moque pas.
Frères et Sœurs,
Si les circonstances présentes nous imposent un confinement physique, elles nous demandent en revanche une plus grande union des cœurs dans la prière et une plus grande attention aux autres, en commençant par nos proches, les membres de notre famille, nos amis, nos connaissances, nos voisins isolés ou malades, sans oublier les soignants dont le dévouement et le courage sont admirables.
Cette pandémie est donc à comprendre comme un appel à nous convertir, c’est-à-dire à prendre au sérieux l’Evangile qui nous demande de nous décentrer de nous-mêmes pour nous ouvrir aux autres et au « Tout Autre ».
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Jusqu’alors, nous vivions dans un monde où l’individualisme était devenu la règle.
Cette pandémie nous rappelle combien il est important de penser non seulement à soi, mais aussi aux autres, que se protéger et protéger les autres vont de pair, que nous sommes solidaires les uns des autres.
Au sortir de cette catastrophe sanitaire sans précédent, sortirons-nous meilleurs de cette épreuve ? Il faut l’espérer !
Frères et Sœurs,
Accueillons « le Christ qui nous propose de venir faire sa demeure en nous », (Jn 14,23) et qui devient ainsi notre compagnon, et dont Saint Augustin dira dans ses confessions « qu’Il est plus intime à moi-même que moi-même. »
Cette quarantaine nous rapproche des premiers chrétiens qui célébraient la Passion et la Résurrection d’un seul tenant dans la nuit du samedi au dimanche de Pâques.
Peu à peu la liturgie s’est étalée sur trois jours en rapport avec l’Evangile pour n’en former qu’Une, parce qu’elles ne commencent pas et ne s’achèvent pas, elles s’enchaînent logiquement.
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Ainsi le Jeudi Saint n’a pas de bénédiction finale ni d’envoi. L’office du Vendredi Saint n’a pas de rite d’entrée ni d’envoi, et la Veillée Pascale commence par la bénédiction du feu.
Frères et Sœurs,
Dans cette épreuve, gardons confiance, et ne nous lassons pas de prier et d’intercéder, Marie est la Mère de la Sainte Espérance qui nous conduit à son Fils l’Unique Sauveur.
Rendons grâce pour notre baptême, qui nous associe à ce mouvement rédempteur qui nous fait passer avec le Christ de la mort à la Vie.
Souvenons-nous qu’à Pontmain, en pleine guerre contre la Prusse, alors que la France était anéantie et la population victime d’une épidémie de typhoïde et de variole, la Vierge Marie est apparue le 17 janvier 1871 à deux enfants et leur laissa ce message : « Mais priez mes enfants. Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. » Et de fait le 26 janvier, l’armistice était signé avec la Prusse. Demandons à Notre Dame, la Vierge du Sourire, qui jadis vînt guérir Sainte Thérèse de Lisieux, enfant, alors qu’elle était à toute extrémité d’intercéder pour notre humanité au bord de l’abîme. AMEN

5ème Dimanche de Carême – A - Dimanche 29 mars 2020

Frères et Sœurs,
Dans quinze jours nous célèbrerons Pâques, chacun chez soi, confiné, on ne pourra pas vivre la Semaine Sainte ensemble dans notre belle église Saint Laud. Mais déjà, les lectures bibliques de ce 5ème dimanche de carême parlent de la résurrection et nous apportent un souffle d’Espérance. Il ne s’agit pas encore de la Résurrection du Christ, qui surgira, elle, comme une nouveauté absolue, mais de celle de Lazare.
Chaque dimanche de carême nous a fait découvrir un don : Après « le don de l’eau vive » à la Samaritaine, puis « le don de la lumière » à l’aveugle né, voici qu’en ce cinquième dimanche de carême nous recevons « le don de la vie » à travers la résurrection de Lazare.
Saint Jean observe que le Christ aimait les membres de cette famille de Béthanie, Marthe, sa sœur Marie et Lazare. Le Christ pleure devant le tombeau de Lazare. En lui rendant la vie, le Christ manifeste sa domination totale sur la mort physique qui annonce sa propre Résurrection à venir.
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Il dit à Marthe : « Moi, je suis la Résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11, 25-26).
Frères et Sœurs,
La mort est comparable à un mur qui nous empêche de voir au-delà. Pourtant, notre cœur se porte au-delà de ce mur, en exprimant notre désir d’éternité par des symboles.
La grande nouveauté avec le Christ, c’est qu’Il abat ce mur de la mort, parce qu’en Lui habite toute la plénitude de Dieu. C’est ce que dit Saint Paul dans la seconde lecture : « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus le Christ, d’entre les morts, donnera la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8, 11).
Par sa mort et sa résurrection, le Christ donne le sens ultime de la vie terrestre et sa dimension authentique et définitive : nous sommes faits pour la Vie éternelle. « Tout homme qui vit et qui croit en Moi ne mourra jamais » (Jn 11, 26) dit Jésus.
En ressuscitant, le Christ vient nous libérer de nos tombeaux.
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Frères et Sœurs,
Ces tombeaux, ce sont nos égoïsmes, nos rancunes et nos rancœurs, nos passions désordonnées, nos péchés qui nous enferment et qui nous font mourir spirituellement.
Le carême bien particulier que nous vivons cette année nous met chacun face à soi-même pour faire son examen de conscience, sa relecture de vie. Nous ne pouvons nous approcher du Seigneur si nous n’avons pas consenti à nous pardonner les uns aux autres et à nous percevoir comme des frères. « Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et présente alors ton offrande. » (Mt 5, 23-24
Le temps du carême nous est donné pour changer nos cœurs, pour perdre nos mauvaises habitudes et en acquérir de bonnes, comme le fit Saint Augustin qui avoue dans ses confessions que son combat le plus rude, dans le choix décisif de Dieu, fut celui de quitter ses mauvaises habitudes. Mais la grâce de Dieu était là et il en triompha.
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Dans une prière magnifique Saint Padre Pio s’adressait au Seigneur en ces termes que nous pouvons faire nôtres en ces temps d’épreuves : « Reste avec moi, Seigneur Jésus, parce qu’il se fait tard et que le jour décline… C’est-à-dire que la vie passe, la mort, le jugement, l’éternité approchent et il est nécessaire de refaire mes forces pour ne pas m’arrêter en chemin et, pour cela, j’ai besoin de Toi. Il se fait tard et la mort approche. Je crains les ténèbres, les tentations, les sécheresses, les croix, les peines, et combien j’ai besoin de Toi, mon Jésus, dans cette nuit de l’exil. »
Frères et Sœurs,
Chaque année, à l’approche de Pâques l’Eglise nous recommande de nous confesser, parce que le sacrement de pénitence-réconciliation est la clé de voûte de la conversion. La confession de nos péchés à un prêtre manifeste de manière irremplaçable que le pardon rejoint chacun en ce qu’il a de plus personnel.
Le Christ est venu nous libérer par son pardon qui nous donne la joie et la paix que le monde ne peut nous ravir.

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Cette année en raison de la pandémie du coronavirus il n’est pas possible de se confesser. Le Pape François s’est exprimé à ce sujet le 20 mars et a dit : « Si tu ne trouves pas de confesseur, il faut que tu t’adresses directement à Dieu, en disant au Seigneur la vérité, en Lui demandant pardon, avec un « acte de contrition bien fait », la grâce de Dieu agira et « notre âme redeviendra blanche comme la neige. »
Cette contrition parfaite inclut la volonté de se confesser dés que ce sera possible, si nous avons conscience d’avoir commis des péchés graves. A travers la grâce du pardon de nos péchés, le Christ nous renouvelle dans sa propre vie, qui est celle de l’Amour qui nous permet d’accueillir Dieu et les autres et d’aller vers eux. La grâce du pardon est une renaissance que fortifie notre communion spirituelle avec le Christ, en ces circonstances singulières qui nous privent de l’Eucharistie.
Dimanche prochain sera le dimanche des Rameaux. C’est de Béthanie que le Christ partira pour faire son entrée triomphale à Jérusalem, signe très explicite de sa venue dans la gloire. Puis nous le suivrons dans sa Passion, jusqu’au tombeau vide de la Résurrection, à Pâques.
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Frères et Sœurs,
Durant ces deux semaines qui nous séparent désormais de Pâques, confions-nous à la Vierge Marie. Demandons-Lui de nous garder dans la Foi pour confesser avec Marthe : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui vient dans le monde. » (Jn 11,27)
AMEN

4ème Dimanche de Carême - A -Dimanche 22 mars 2020

Frères et Sœurs,
La liturgie de ce dimanche met entre parenthèse l’austérité du carême pour célébrer ce 4ème dimanche dans la joie, raison pour laquelle on l’appelle dimanche de « laetare », dimanche de la joie. Nous sommes à mi parcours de notre montée vers Pâques.
Dans l’Evangile le Christ fait un miracle : un aveugle-né recouvre la vue. Dans la tradition juive, l’aveugle-né est considéré comme un pécheur non fréquentable. Devant cette guérison miraculeuse, Il y a ceux qui croient au miracle et l’aveugle-né qui obéit en allant se laver à la piscine de Siloë, mot qui signifie « envoyé ». Cet aveugle répond à l’injonction du Christ qui lui demande de collaborer à sa guérison, il le fait, Il ne se demande pas si le miracle vient de Dieu ou d’un autre, il constate simplement qu’il voit, qu’il est guéri.
Dans son for intérieur, l’aveugle-né considère l’Auteur de ce miracle comme un prophète, quelqu’un d’envoyé ou proche de Dieu.

2
S’adressant aux pharisiens il cultive l’humour quelque peu ironique en leur disant : « Serait-ce que vous voulez, vous aussi devenir ses disciples ? » Cet aveugle est Sympathique parce qu’il est simple, logique et loyal. Il reconnaît que le Christ vient de le guérir de sa cécité et il dit « Je crois ! »
Ses voisins demeurent intrigués et troublés, eux qui connaissent cet homme aveugle depuis sa naissance, et qui voie comme eux maintenant.
Parmi les pharisiens certains ne refusèrent pas ce miracle, puisque l’Evangile souligne qu’ils étaient divisés sur l’interprétation de cet événement inexplicable.
Quant aux parents : bien placés pour croire à ce miracle, ils ont peur et se dérobent en répondant : « Notre fils est assez grand, interrogez-le vous-mêmes. »
A l’opposé il y a ceux qui refusent le miracle, en dépit du témoignage des voisins, des parents et de l’aveugle lui-même. Certains pharisiens s’obstinent à nier l’évidence, puisqu’ils ont décidé de ne pas voir. Ils disent que Le Christ n’a pas observé le sabbat puisqu’Il a guéri, donc travaillé le jour sacré du repos et de la prière, c’est donc qu’Il a violé la Loi de Moïse. Et qui viole la Loi de Moïse n’est pas de Dieu.
3
Ce syllogisme est imparable, irréfutable, et les pharisiens se considèrent les seuls interprètes qualifiés de cette Loi qui codifie tous les actes et gestes de tout juif religieux. Nous remarquons dans l’Evangile que certains pharisiens s’enferment dans l’orgueil des détenteurs de la vérité, orgueil qui les rend aveugles, tandis que l’aveugle de naissance ne cesse de progresser grâce à la Lumière de sa Foi en Jésus Christ.
Frères et Sœurs,
Cet Evangile serait-il le symbole de notre humanité plongée dans les ténèbres, humanité qui cherche à découvrir à petits pas la Lumière du Christ, l’envoyé de Dieu (Siloë) ? Nous sommes peut-être cet aveugle, nous qui avons été plongés dans l’eau du baptême, mais qui sommes, hélas, avec le temps, un peu atteints de cécité, et désarmés, quand nous pensons que Dieu nous abandonne dans le malheur, la maladie, ou dans des épreuves aussi inattendues que celles que nous vivons actuellement avec la pandémie du coronavirus.
Alors nous nous disons peut-être : à quoi bon prier et faire confiance à Dieu ? Ne succombons pas, Frères et Sœurs, à la tentation du découragement.
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Notre Dieu est Amour Il a pour nom Miséricorde, Il ne veut pas notre malheur mais notre conversion.
Pendant ce confinement, temps de retraite spirituelle forcée, nous sommes face à nous-mêmes, soyons attentifs pour découvrir les signes de la présence du Seigneur qui jalonnent notre existence à travers les petites choses du quotidien.
Vivons notre Foi avec l’aveugle guéri, et demandons à Dieu la grâce de transmettre et diffuser cette Lumière de Pâques dont il est le signe. Cette lumière de Pâques n’est autre que notre communion dans la prière avec toute l’Eglise, avec tous les paroissiens, avec nos proches, notre famille, nos amis, nos voisins, avec les personnels de santé qui se dévouent sans compter auprès des malades infectés par ce virus, avec les personnes qui vivent dans l’angoisse d’être infectées, avec les plus pauvres, avec les personnes seules qui attendent un coup de fil ou un message de sympathie dans leur isolement.
Privés d’Eucharistie, nous pouvons faire une communion spirituelle et lire les textes de la messe dominicale et prier avec notre chapelet. C’est ainsi que nous serons témoins du Christ qui est le Seigneur de la nature et de l’histoire. Il n’est pas distant et désintéressé de nous et du monde.
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Il nous dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui et nous établirons notre demeure chez lui. » (Jn 14, 23) et aussi : « Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 20)
Que la Vierge Marie nous garde dans la lumière de la Foi, Elle qui est la Mère de la Sainte Espérance dont le monde a tant besoin.
AMEN

3ème Dimanche de Carême - A -Dimanche 15 mars 2020

Homélie prononcée à la messe du samedi 14 mars de18h30
Frères et Sœurs,

Nous venons d’entendre l’histoire merveilleuse de la rencontre du Christ avec la Samaritaine.

En Orient les puits sont des lieux privilégiés de la vie sociale.

Jésus était fatigué, Il avait marché toute la matinée pour arriver auprès du puits de Jacob.
Il s’est assis sur la margelle du puits, c’est là qu’Il rencontre la Samaritaine et lui demande à boire.

La Samaritaine manifeste sa surprise, parce que Celui qui s’adresse à elle est un juif.
Entre juifs et samaritains il y a une vieille inimitié, ils ne sont pas du même monde.
Elle ne pouvait pas deviner que cette demande du Christ serait le signe avant coureur d’un monde nouveau où juifs et samaritains deviendraient frères au sein du peuple de Dieu !

2
Le dialogue du Christ avec la Samaritaine, c’est celui de Dieu avec l’humanité.

Lui, le Maître et Sauveur du monde, Il demande un peu d’eau à la Samaritaine.
A travers elle, c’est à chacun de nous que le Christ demande à boire.

Au soir du Vendredi saint, sur la croix, le Christ criera encore une fois sa soif : soif d’aimer et soif d’être aimé par nous.
Et ce cri de Jésus crucifié se répercutera à travers les siècles : J’ai soif de votre amour, donnez-moi à boire.

Aimer, c’est avoir besoin d’un autre, c’est être dépendant d’un autre, c’est donner à un autre.

Le Christ vient révéler le don de Dieu, qui est l’amour du Père pour l’humanité et la vie éternelle. Il s’exprime comme un orfèvre avec les mots que les prophètes ont forgés et affinés durant des siècles pour que le visible nous permette de percevoir l’invisible.

Frères et Sœurs,

Comme pour la Samaritaine, chacun de nous peut entendre cette voix et y consentir : « Si tu savais le don de Dieu et quel est Celui qui te parle ».
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Au fond, ce que le Christ veut que nous comprenions c’est que son amour est offert à chacun quels que soient sa situation et son péché, son espérance ou son désespoir, sa vie réussie ou sa vie manquée, quelles que soit sa souffrance ou ses joies.

Face au Christ la Samaritaine a la révélation d’un pardon qui s’offre à elle. Elle découvre dans le regard et dans la parole de Jésus le salut proposé à tout homme. Alors, elle lui ouvre son cœur, prend conscience de sa propre dignité, et trouve sens à sa vie.

Elle laisse là sa cruche : Elle a trouvé bien plus que l’eau qu’elle est venue chercher : Elle a trouvé le Christ Lui-même, le Sauveur ! Elle ne connaîtra plus la soif des cœurs desséchés. En Elle, jaillit désormais la grâce, la source de vie éternelle. L’eau vive accueillie fera d’Elle la missionnaire de l’Evangile auprès des siens.

Frères et Sœurs,

En ce carême, pour sa conversion personnelle, chacun peut tirer profit du dialogue de Jésus avec la Samaritaine, en effet chacun de nous est à la recherche d’un puits.
C’est la raison pour laquelle l’Eglise s’identifie volontairement, le temps du Carême, à la Samaritaine.

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Nous avons besoin d’une source qui étanche notre soif d’absolu, notre soif d’aimer et d’être aimé.

A la Samaritaine le Christ propose l’eau de la Vie éternelle.

Dieu ambitionne pour nous l’aventure plus riche, mais exigeante, d’un amour qui s’affronte au mal. Il nous veut capable de trouver la joie à travers les difficultés.

Pour cela Il nous invite à convertir notre cœur, c’est-à-dire : vivre avec confiance les joies comme les épreuves de la vie à la lumière de la Résurrection pour comprendre le sens de ce qui nous arrive.

Frères et Sœurs,

Pâques se profile à l’horizon. Sommes-nous animés par une véritable recherche de Dieu ?

Laisserons-nous jaillir en nous la source d’Eau Vive qui nous recrée et fait de nous des êtres nouveaux ?

Que la Vierge Marie guide et soutienne notre espérance dans notre montée vers Pâques !

AMEN

2ème Dimanche de Carême - A -Dimanche 8 mars 2020

Frères et Sœurs,
Dimanche dernier, nous méditions le passage d’Evangile de la tentation du Christ au désert où Jésus s’est montré pleinement homme.
Aujourd’hui, l’Evangile de ce deuxième dimanche de carême nous fait méditer l’évènement prodigieux de la Transfiguration. Nous contemplons le Christ comme Fils de Dieu : la lumière de son Corps transfiguré est une anticipation de la gloire de sa Résurrection.

Sont témoins de cet évènement extraordinaire - ses disciples – Pierre, Jacques et Jean, qui n’ont pas encore pu bien mesurer toute l’ampleur d’une telle gloire, ni percevoir la tragédie de cette gloire bientôt mise en Croix, ni imaginer quelle allait être enfin leur joie à la Résurrection.
Le Christ se révèle à eux dans la gloire de Dieu et eux ne savent pas comment traduire leur admiration : « Son visage, disent-ils, devint brillant comme le soleil, ses vêtements, blancs comme la lumière. »
Cette expérience anticipée de la gloire du Christ sera pour les trois disciples, que nous retrouverons un peu plus tard dans l’Evangile sur une autre montagne, celle du Calvaire ou montagne du Golgotha, un soutien précieux pour qu’ils aient la force d’affronter le scandale de la Croix, et qu’ils continuent à Le suivre.
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Ce n’est pas par hasard que la Transfiguration ait eu lieu sur une haute montagne, celle du Mont Thabor parce que dans la Bible, la montagne est le lieu de la proximité avec Dieu, le lieu de la prière où l’on se met en présence du Seigneur.

Frères et Sœurs,
En ce deuxième dimanche de carême, l’Evangile nous fait rencontrer le Christ qui nous prend avec Lui et nous emmène à l’écart pour nous transfigurer.
Cette rencontre avec le Christ nous allons la faire durant cette messe, comme à chaque fois que nous communions au Corps du Christ : L’Eucharistie, la prière, les sacrements reçus dans la Foi : c’est le Christ qui se fait connaître à nous, et nous prend avec Lui.
La vie chrétienne est féconde dans la mesure où nous rencontrons le Christ, Lui qui a donné sa vie pour nous, pour nous faire partager le même destin de gloire, la même lumière, la même plénitude de vie.
C’est dans la mesure où nous ouvrons notre cœur au Christ pour qu’Il fasse sa demeure en nous que nous Le rencontrons, comme ses premiers disciples L’ont rencontré.
Au fond la Transfiguration n’est rien d’autre qu’une fenêtre qui s’ouvre un instant aux disciples sur le chemin de Jérusalem, une fenêtre qui leur permet de contempler l’évènement de Pâques dans son intégralité et son intensité.
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L’Evangile nous dit que les disciples étaient environnés d’un océan de lumière, d’une nuée lumineuse. Dans la Bible, cette nuée lumineuse est le symbole de la présence de l’Esprit Saint !
La plénitude de l’amour du Père enveloppe Pierre, Jacques et Jean et soudain l’annonce de la voix qui vient de la nuée se répercute sur chacun d’eux : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! ».
La Transfiguration nous indique la profondeur de la Foi, sans laquelle le mystère de Dieu et celui de l’homme reste voilés.
Le Pape Benoît XVI, commentant ce prodigieux évènement de la Transfiguration disait, je cite : « Lorsque l’on a la grâce de faire une profonde expérience de Dieu, c’est comme si l’on vivait quelque chose d’analogue à ce qui eut lieu pour les disciples au cours de la Transfiguration ; pendant quelques instants, on a un avant-goût de ce qui constituera la béatitude du paradis… » « En effet, l’existence humaine est un chemin de Foi… »
Frères et Sœurs,
Nous croyons sans avoir vu, sur le témoignage des Apôtres qui furent les témoins visuels de ce mystère.
Par leurs yeux, toute l’Eglise a vu, et nous voyons, nous aussi, la splendeur du Christ. Nous savons qu’Il est Ressuscité, et qu’Il est Vivant et avec nous jusqu’à la fin du monde.
4
Si nous voulons que le monde change et que toute la création soit transfigurée commençons par nous laisser nous-mêmes entraîner par le Christ sur la montagne de la contemplation pour en redescendre avec un regard nouveau sur les autres et sur le monde qui nous entoure.
Les saints nous précèdent et nous accompagnent sur ce chemin de conversion.
La gloire de Dieu se manifeste, à travers eux, et l’Eglise en est alors transfigurée.
Un pèlerin se rendant à Ars fût bouleversé par le Saint Curé, parlant de celui-ci il dira : « J’ai vu Dieu dans un homme. »

Frères et Sœurs,
Nous croyons qu’à l’heure de la mort, si notre vie a été transfigurée par les Béatitudes, le Seigneur nous prendra avec Lui dans son Royaume, parce que la Miséricorde est le dernier mot de l’Evangile.
Sainte Bernadette de Lourdes, à quelques heures de sa mort, saisissant son crucifix, disait devant l’aumônier : « Celui-ci me suffit ».

Que la Vierge Marie intercède pour nous, pour que l’évènement de la Transfiguration oriente tout notre être vers la destinée immortelle qu’il nous révèle. Et que ces expériences de la présence de Dieu que nous pouvons faire nous fassent grandir et mûrir dans la Foi.
AMEN

1er Dimanche de Carême - A -Dimanche 1er mars 2020

Frères et Sœurs,
Depuis mercredi dernier nous sommes entrés en Carême. Nous allons nous efforcer de vivre ces quarante jours qui nous séparent de Pâques, dans la Foi et l’Espérance, pour célébrer dans la joie le Mystère Pascal du Christ Mort et Ressuscité.
Dans l’Evangile, Saint Mathieu nous conduit à la rencontre du Christ retiré au désert pendant quarante jours. Et l’Eglise, chaque année, s’unit par les quarante jours du carême au mystère de Jésus au désert où Il sera tenté par Satan l’esprit du mal.
Chacun de nous peut se reconnaître dans chacune des trois tentations éprouvées par le Christ, qui nous assure qu’avec notre actif consentement, Il est, et sera toujours en nous, victorieux du péché. C’est ce que dit Saint Paul dans la seconde lecture :
« A cause de Jésus-Christ et de lui seul, dit l’Apôtre, nous règnerons dans la vie, puisque sa Passion et sa Résurrection nous donnent en abondance le don de la grâce qui nous rend justes. » (Rm 5, 17)

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Frères et Sœurs ;
A travers la prière quotidienne, la méditation quotidienne de la Parole de Dieu, et une plus grande attention à autrui, le carême est un chemin de lumière qui va s’achever avec la vigile du Samedi Saint, où nous renouvellerons les promesses de notre baptême.
Nous confesserons à nouveau que le Christ est le Seigneur de notre vie, de cette vie divine initiée à notre baptême. Par ce sacrement nous sommes renés de l’eau et de l’Esprit Saint, et nous réaffirmerons notre volonté d’être et de demeurer disciples du Christ avec la grâce de Dieu.
Revenir à Dieu, tel est bien, l’appel qui, en ce premier dimanche de Carême, retentit dans nos cœurs et dans nos âmes.
Revenir à Dieu, c’est souvent revenir de loin. C’est, en tout cas, se dégager de cette ambiguïté où le Malin nous a entraînés par séduction et souvent à notre insu.
Cette subtile et insinuante séduction du péché, le Christ nous la révèle, aujourd’hui, par la manière dont il a voulu l’affronter et la vaincre.
3
Entrer en carême signifie donc renouveler la décision d’affronter et de vaincre le mal avec le Christ. Pour cela, l’Eglise nous offre trois moyens : l’aumône, la prière et jeûne.
L’aumône, tous, plus ou moins, nous nous heurtons à la tentation d’idolâtrer l’argent, ce qui est très dangereux pour notre Salut éternel, parce qu’idolâtrer l’argent s’oppose directement à la primauté de Dieu à qui revient la première place dans notre vie.
C’est pour cela que l’Eglise recommande la pratique de l’aumône et du partage pendant le carême, parce qu’elle nous fait découvrir à nouveau la bonté et la miséricorde de Dieu et nous ramène à l’attention envers l’autre.
Dans son message de carême le pape François rappelle, je cite, l’importance du « partage dans la charité qui rend l’homme plus humain, alors que l’accumulation risque de l’abrutir en l’enfermant dans son propre égoïsme ».
Quant à la prière, elle nous ouvre à l’Espérance qui ne déçoit pas. Faisons l’effort de prier mieux en prenant davantage de temps pour Dieu.
4
La messe dominicale est le centre de notre vie chrétienne, mais si nous le pouvons, venir à la messe en semaine fortifie notre Foi.
L’Eucharistie nous fait entrer dans cette communion avec le Christ qui s’offre à son Père et se donne à nous en nourriture pour nous sanctifier.
Le jeûne est plus large que la privation de nourriture, il inclut le jeûne des lèvres en nous abstenant des médisances ou pire des calomnies.
Efforçons-nous de pratiquer la bienveillance dans nos jugements. Ne perdons pas de vue que par nos paroles et nos actes, nous sommes des artisans d’unité et de paix autour de nous.

Frères et Sœurs,
Profitons de ce carême pour nous mettre à l’école du Christ. A travers Lui l’Esprit Saint nous conduit à la victoire de l’amour sur la haine, de la générosité sur l’égoïsme, et de la paix sur la violence.

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Le carême est un temps privilégié pour demander à l’Esprit Saint sa lumière et sa force pour reconnaître nos infidélités et nos péchés et pour recevoir plus régulièrement le pardon de Dieu ou pour tout simplement reprendre le chemin du sacrement de pénitence-réconciliation en faisant une bonne confession.
Le saint curé d’Ars disait : « La miséricorde de Dieu est comme un torrent qui déborde. Elle entraîne les cœurs sur son passage. »

Frères et Sœurs,
Qu’à la faveur de ce carême, la Vierge Marie nous soutienne de sa prière pour que le Christ soit à nouveau reconnu comme Seigneur en toute personne rencontrée, comme dans les événements traversés.
Alors, Pâques sera vraiment Pâques.
AMEN

7ème Dimanche du Temps Ordinaire - A -Dimanche 22 février 2020

Frères et Sœurs,
Dans l’Evangile de dimanche dernier nous avons écouté le Christ dire : « qu’Il n’est pas venu pour abolir la Loi et Les prophètes mais L’accomplir. »
Nous en avons un bel exemple dans le passage d’Evangile de ce dimanche : Le Christ commence par citer la loi du talion : « Vous avez appris qu’il a été dit œil pour œil, et dent pour dent. »
Pour Lui le mal ne peut être vaincu en rendant la mesure exacte du mal.
Le Christ, nous demande de rendre le bien pour le mal et d’aimer nos ennemis. Le mal que l’autre commet devient alors le lieu de notre amour gratuit pour lui à travers notre pardon.
C’est cela la Loi nouvelle qui doit être vécue dans toutes les dimensions de notre existence, que ce soit dans ce que nous sommes, dans ce que nous avons ou dans ce que faisons. Et le Christ donne des exemples.
Dans ce que nous sommes d’abord, si l’on nous blesse dans notre dignité, Jésus dit ; « si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. » (Mt 5, 39)
Dans tout ce que nous avons, Jésus dit : « si quelqu’un veut te prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. (Mt 5, 40) Ce qui signifie que l’amour évangélique est signe de la surabondante générosité de Dieu qui ne calcule pas.
2
Et dans tout ce que nous faisons, Jésus dit : « Si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. » (Mt 5, 41) Ce qui signifie aller au-delà et précéder l’autre dans la demande qu’il te fait.

Frères et Sœurs,
S’il est vrai que nous accueillons le message de l’Evangile avec attention et respect parce que nous y trouvons une lumière irremplaçable pour notre vie, nous pensons peut être ou sans doute, que le Christ exagère, qu’Il met la barre trop haut quand Il demande d’aimer un ennemi, parce que c’est vraiment très difficile, même en y mettant beaucoup de bonne volonté.
Nous sommes tous plus ou moins tentés de nous venger quand nous avons été spoliés, humiliés ou ridiculisés.
Nous vivons dans un monde baigné par la violence où tendre la joue gauche après avoir été giflés sur la droite nous paraît impossible !
Nous vivons aussi dans un monde où l’indifférence vis-à-vis de Dieu engendre un grand vide spirituel qui conduit à l’indifférence vis-à-vis de l’homme. Force est de constater que l’on ne peut pas séparer impunément l’amour de Dieu de l’amour du prochain.
En se détournant de Dieu notre monde devient de plus en plus violent et cruel. Plus que jamais « l’homme est un loup pour l’homme ! »

3
Ce climat ambiant ne nous aide pas à aller dans le sens du pardon et de la miséricorde que nous enseigne l’Evangile.

Le Pape François écrivait dans la bulle d’indiction instituant l’Année de la Miséricorde en 2015 que, je cite : « Nous sommes invités à vivre de miséricorde parce qu’il nous a d’abord été fait miséricorde. Le pardon des offenses devient l’expression la plus manifeste de l’amour miséricordieux, et pour nous chrétiens c’est un impératif auquel nous ne pouvons pas nous soustraire… » (Misericordiae vultus N°9)
Frères et Sœurs,
Les uns et les autres, nous passons une grande partie de notre vie à nous défendre, à défendre ce que nous sommes, ce que nous avons, et ce que nous faisons.
C’est en se mettant résolument à l’école du Christ « doux et humble de cœur », condition nécessaire pour vivre heureux, que l’homme peut se défaire de la rancœur, de la colère, de la violence et de la vengeance.
Pour le Christ il ne suffit pas d’aimer seulement celui qui nous aime, même si cela est déjà bien ; l’amour dont nous avons à témoigner comme disciples, doit pouvoir atteindre tout le monde, y compris ceux qui nous font du mal, nos ennemis. Il s’agit pour nous de devenir comme ceux et celles qui vivent les Béatitudes, ils sont libres pour le Royaume.
Nous sommes tous les fils d’un même Père c’est pour cela que nous sommes frères.
4
Un fils, à la maison, apprend à aimer son prochain à travers l’éducation qu’il reçoit en étant vrai, respectueux, bienveillant et accueillant.
Il en est de même pour nous : ce que nous avons appris de Dieu par son Fils Jésus Christ, ce n’est pas avec des mots que nous l’avons appris, mais par expérience, parce que nous, les premiers nous étions ennemis dit Saint Paul (cf. Col 1,21), et nous avons été inconditionnellement aimés.
Le soleil se lève tous les jours sur les bons comme sur les méchants (Mt 5, 45), et la pluie tombe sur les justes comme sur les injustes dit l’Evangile.

Frères et Sœurs,
Quand le Christ nous demande d’aimer nos ennemis, Il nous demande aussi de prier pour eux. (Mt 5,44)
D’expérience nous savons que si nous prions pour une personne, tôt ou tard, nous arriverons à l’aimer ; parce que prier pour cette personne signifie la confier au Seigneur qui nous apprend à renoncer à toute prétention de jugement ou de possession à son sujet.
Nous ne prions pas d’abord pour changer l’autre. On prie pour que le Seigneur change notre cœur et l’ouvre à l’autre pour le comprendre et l’aimer.
« Cet amour de Dieu que l’Esprit Saint répand dans nos cœurs » (Rm 5,5) transforme notre vie, et lui donne sa plénitude et sa beauté en engendrant la joie et la paix.

5
Confions-nous à la prière de la Vierge Marie pour que la miséricorde soit le critère de crédibilité de notre attachement au Christ : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ». Qu’il en soit ainsi pour chacun de nous.
AMEN

6ème Dimanche du Temps Ordinaire - A -Dimanche 16 février 2020

Frères et Sœurs,
Nous venons d’écouter dans l’Evangile le Christ dire : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » Ces paroles font écho à celles de Ben Sirac le Sage dans la première lecture : « Si tu le veux, dit le prophète, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu… La vie et la mort sont proposés aux hommes. »
Dieu en créant l’homme, lui a donné la liberté de choisir entre le bien et le mal.
C’est donc pour nous aider à mieux entendre et mieux comprendre l’appel de notre conscience que Dieu, a envoyé d’abord des prophètes, puis s’est révélé en son Fils Jésus-Christ dont l’Eglise a pour mission d’annoncer, de transmettre et de célébrer le Mystère, pour le Salut du monde.

Le Christ sait que ce qui rend l’homme vraiment heureux réside dans sa capacité à choisir de faire ce qui est bien. Mais eu égard à sa faiblesse l’homme risque toujours de se détourner et de ne plus entendre la voie de sa conscience.
Le Christ appelle ceux qui veulent Le suivre à accueillir la lumière et la force de l’Esprit Saint pour discerner les aspirations les plus profondes de son esprit et de son cœur.
Ce faisant Il trace la voie dans laquelle chacun de nous pourra accomplir en plénitude son humanité.
2
Frères et Sœurs,
En nous ouvrant à l’action de l’Esprit Saint nous sommes conduits à désirer ce qui est bien et à trouver notre joie et notre paix dans un mode de vie fondé sur les dix commandements et sur les huit Béatitudes. C’est alors que la Loi s’inscrit sur la table de nos cœurs.

Le Christ sait que les normes juridiques ne suffisent pas pour obtenir des comportements bons et honnêtes. Avec Lui, nous ne sommes plus sous la contrainte de toutes les prescriptions de l’Ancien Testament. C’est pourquoi Il insiste surtout sur l’intention et donc sur le cœur de l’homme, là où nos actions bonnes ou mauvaises prennent leur origine.

En bon pédagogue, le Christ prend quelques exemples, pour que nous comprenions bien ce qu’est le plein accomplissement de la Loi.
Il commence par le cinquième commandement du décalogue : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : tu ne commettras pas de meurtre… Eh bien ! moi, Je vous dis : « Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. »
Le Christ nous rappelle que les paroles peuvent tuer. Quand on dit d’une personne qu’elle a une langue de vipère, cela signifie que ses paroles sont du venin qui tue !
La calomnie ou la médisance tue la réputation d’autrui, comme les commérages peuvent tuer la réputation des personnes.

3
Il en est de même de l’adultère Le Christ, commentant le sixième commandement dit qu’il ne suffit pas de ne pas le commettre, mais que l’infidélité du cœur précède, dans la conscience des époux, l’infidélité charnelle.
De même pour le parjure, le Christ commentant le huitième commandement dit qu’il ne suffit pas de ne pas juger faussement, mais qu’il nous faut être loyal et vrai.

Frères et Sœurs,
Ce qu’il y a de fondamentalement nouveau avec le Christ, c’est que l’essentiel de la Loi nouvelle c’est l’amour. Il propose à qui veut Le suivre la perfection de l’amour dont l’unique mesure est de ne pas avoir de mesure, d’aller au-delà de tout calcul.
« La mesure d’aimer c’est d’aimer sans mesure » disait Saint Augustin.
A la lumière de cet enseignement, tout précepte révèle son plein sens comme exigence d’amour, et tous se rejoignent dans le plus grand commandement : « Aime ton Dieu de tout ton cœur et aime ton prochain comme toi-même », commandement qui est le résumé de tout l’Evangile et l’expression de la sagesse de Dieu qui nous a créés.

L’amour du prochain est une attitude tellement fondamentale que le Christ affirme que notre rapport avec Dieu ne peut pas être sincère si nous ne voulons pas faire la paix avec notre prochain...

4
C’est pourquoi, Frères et Sœurs, nous sommes appelés à nous réconcilier avec nos frères avant de manifester notre dévotion au Seigneur dans la prière : « Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, dit Jésus, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande. » (Mt 5, 23,24) Ces paroles du Christ doivent nous interroger sur la légèreté de certaines de nos communions !
Dans le Royaume inauguré par le Christ, c’est la réconciliation entre frères qui est la véritable offrande, le culte authentique.
Cela revient à dire que c’est seulement quand l’homme est vraiment lui-même, lorsqu’il accomplit le projet de Dieu, lorsqu’il est fils et frère, qu’il peut alors offrir à Dieu le vrai culte et vivre une relation authentique avec Dieu.

De l’Evangile de ce dimanche retenons que marcher à la suite du Christ engage tout notre être à travers nos actes, nos paroles et notre cœur. La Loi Nouvelle, autrement dit, les huit Béatitudes donnent la clé du bonheur ici-bas et la promesse du bonheur dans l’éternité. A l’exemple des saints, notre vie chrétienne doit être une vie d’accomplissement et c’est au rayonnement de notre amour et de notre miséricorde que nous serons reconnus comme les disciples du Christ.

Qu’à sa prière, la Vierge Marie nous obtienne la grâce de vivre notre Foi comme une priorité pour notre Salut, c’est-à-dire vivre de Dieu et vivre pour Dieu. AMEN

5ème Dimanche du Temps Ordinaire - A -Dimanche 9 février 2020

Frères et Sœurs,
C’est la rencontre avec le Christ qui transforme notre vie à condition que nous restions unis à Lui en Le laissant faire sa demeure en nous.
En découvrant la vie de Dieu en nous, nous reconnaissons dans notre propre histoire la présence aimante du Seigneur.
C’est alors que nous devenons ferment de vie nouvelle et que nous devenons « cette lumière du monde et ce sel de la terre » dont nous parle l’Evangile de ce dimanche.
Le sel et la lumière sont deux éléments qui ne servent pas pour eux-mêmes :
La lumière ne s’allume pas elle-même et le sel ne s’utilise pas seul.
La lumière ne se voit pas, mais elle est l’élément qui nous permet de voir.
Le sel, pour accomplir sa fonction, doit être dilué et devient invisible dans la préparation des aliments.
Ce sont des éléments qui accomplissent leur propre existence par le seul service qu’ils rendent eux-mêmes aux autres.
Nous ne regardons pas la lumière, et nous ne mangeons pas de sel seul. La lumière permet à ceux qui sont dans l’obscurité de voir, et le sel est ce qui permet à toute nourriture de mieux exprimer sa saveur.
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Frères et Sœurs,
Dans la mesure où nous nous efforçons de vivre selon l’esprit des Béatitudes nous pouvons tous être à notre manière « la lumière du monde ». C’est ce qu’enseigne en termes magnifiques le prophète Isaïe dans la première lecture.
Et nous avons écouté Saint Paul proclamer dans la deuxième lecture : « Je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. »
Par la Croix du Christ, Dieu a rendu folle la sagesse du monde !
Désormais, la sagesse chrétienne ne tient donc plus à un privilège de l’ordre du savoir ou de la connaissance, mais de la vie intime avec Dieu, de l’union au Christ qui nous éclaire et nous fortifie par son Esprit de lumière et de force.
Nous manifestons notre appartenance au Christ par la joie de l’Evangile, à travers notre bonté, notre attention aux autres, notre bienveillance et notre droiture. C’est là le secret de la vie évangélique.

Frères et Sœurs,
En aidant les autres à reconnaître la présence du Seigneur dans leur propre vie, nous faisons œuvre d’évangélisation. Nous sommes « le sel de la terre et la lumière du monde » (Mt 5,13-14) à travers notre témoignage.
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Et cela ne vaut pas seulement pour les amis, les voisins ou les parents mais pour le monde et pour tout le monde.
Nous « brillons comme des foyers de lumière » (Phil 2,15), qui, par contagion, insensiblement redonnent l’Espérance à ceux qui n’ont plus de goût à rien. Le Christ nous invite à faire grandir les autres.
Notre témoignage a pour but de conduire au Christ « Lumière des Nations ».
C’est ce que nous enseignent les saints, tout au long de l’histoire de l’Eglise jusqu’à aujourd’hui.
A leur suite nous sommes invités à être porteurs de la lumière du Christ avec courage.
Le monde se transforme à mesure que les personnes individuellement modifient leur comportement et deviennent davantage respectueuses de la création et du bien être des autres.
La conception que nous avons de l’homme, de sa place dans la société doivent nous conduire comme chrétien et comme citoyen à prendre position sur des sujets tels que par exemple, la protection de la nature, le respect de la vie, et la juste redistribution des richesses.
Certes, il n’est pas toujours facile d’aller à contre courant de la pensée dominante et des comportements d’une société sécularisée, ni de résister aux groupes de pression et aux sondages !

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Il y a de nouveaux « magistères » comme « la pensée unique », ou « le politiquement correct » dont les media sont le vecteur, et qui font l’opinion en ridiculisant ceux qui ne pensent pas comme eux.
Dieu merci, l’Eglise en Europe occidentale ne connaît pas la persécution violente, mais elle en connaît une, plus subtile, qui est celle de la dérision.
On le sent bien lorsqu’il s’agit par exemple, de défendre et de promouvoir la vie, la famille et la protection des personnes vulnérables.

Frères et Sœurs,
Dans l’Evangile, le Christ nous met en garde contre le risque que le sel « perde sa saveur » (Mt 5,13), et que la lumière reste cachée » (Mt 5,15).
En effet, si une lampe cesse d’éclairer, elle ne sert à rien ; si le sel, arrête de saler, il ne sert à rien.
De même que le sel donne du goût et fait ressortir la saveur d’un aliment.
De même notre Foi donne sa saveur à notre vie, en en faisant ressortir le sens.
Le sel, c’est le symbole même de ce qui a du goût et la sagesse est une connaissance savoureuse d’un savoir qui donne du goût à l’existence.

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Frères et Sœurs,
Dans notre prière, demandons à l’Esprit Saint la grâce de la sagesse de l’Evangile, pour que toute notre vie soit marquée par le Christ et rayonne de sa présence.
C’est alors que nous pourrons être « disciples-missionnaires » au cœur de ce monde.

AMEN

Présentation du Seigneur - A - Dimanche 2 février 2020

Frères et Sœurs,
Quarante jours après Noël, nous célébrons la fête de la Présentation du Seigneur au Temple. Le Temple était le lieu de la rencontre entre Dieu et son peuple.
Cette fête célèbre la rencontre de Dieu et des hommes en Jésus Christ.
Reconnu par Syméon comme « Lumière d’Israël », cette fête est appelée également fête de la Chandeleur, parce que la fête de la Présentation du Seigneur est une fête de la lumière, lumière qui rayonne, illumine et réchauffe.

Dans ce prodigieux évènement, la Vierge Marie apparaît en plénitude comme Celle qui, en offrant son Enfant, s’offre Elle-même avec le peuple dont Elle est issue. L’oracle de Syméon fut pour la Vierge Marie une lumière venue de Dieu, qu’Elle ne cessa de garder et de méditer dans son cœur.

Le prophète Malachie avait annoncé cet événement : « Soudain viendra dans son temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient, dit le Seigneur de l’univers. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? »

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Le Seigneur s’est manifesté dans l’humilité et la douceur d’un enfant.
Ni les prêtres, ni les lévites, ni les docteurs de la loi, ni les Pharisiens ne virent rien de particulier.
Pour eux rien n’était changé, et d’ailleurs ils n’aspiraient, pour la plupart d’entre eux, qu’au maintien de la religion dont ils étaient les gardiens attitrés et bénéficiaires satisfaits.
Et pourtant, le peuple saint était au rendez-vous, avec la présence de deux personnes vénérables, un homme et une femme âgés : Syméon et Anne.
L’un et l’autre représentaient la première Alliance venant expirer aux pieds de la Nouvelle et Eternelle Alliance en Jésus Christ.
Ils venaient portant le témoignage du long cheminement du peuple de l’Ancien Testament.
Syméon et Anne incarnaient pour ainsi dire les choses anciennes mais pour les offrir à Celui qui ferait toutes choses nouvelles.
Toute leur existence s’était consumée dans l’espérance de la nouveauté radicale que le Messie apporterait au monde.

Et maintenant leurs yeux s’étaient ouverts, et ils voyaient ce qui était encore caché aux yeux du monde : Le Christ « Lumière des nations et gloire d’Israël ! »
Ils avaient vu le Fils de Dieu et ils pouvaient mourir en paix.

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C’est ainsi que toutes les générations de tous les peuples du monde sont appelées à rencontrer le Christ et à déposer à ses pieds les trésors de leurs cultures.
Ce faisant elles sont transfigurées pour revivre dans la lumière et dans l’Amour.

Frères et Sœurs,
Le Christ est présenté au Temple, comme tout garçon premier né. Cette prescription rituelle de l’époque annonce l’offrande qu’Il fera librement de sa vie jusqu’à la Croix « pour la gloire de Dieu et le Salut de monde ».
Aujourd’hui, nous sommes venus vers Celui qui venait à notre rencontre et nous confessons que le Christ est l’unique Sauveur et la « Lumière des nations. »

Cette fête revêt une importance particulière pour tous les consacrés, religieux et religieuses, qui, inspirés par l’exemple du Christ et à la suite du Christ donnent leur vie à cause de l’Evangile.
C’est la raison pour laquelle Saint Jean Paul II a choisi cette fête de la Présentation du Seigneur au Temple pour célébrer chaque année la vie consacrée.

Cette journée est donc à la fois l’occasion de prier pour les vocations religieuses et l’occasion de rendre grâce pour le témoignage prophétique rendu par les religieux et religieuses et laïcs consacrés.

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Nous prions pour que le Seigneur conserve à son Eglise la grâce de la vie consacrée comme un trésor.
Des centaines de milliers de religieux et de religieuses à travers le monde vivent ce don à travers les charismes propres à leur Ordre, Congrégation ou Institut.

Les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance qu’ils prononcent font d’eux des sentinelles qui annoncent le monde à venir. Ils expriment par le don de leur vie le primat de Dieu, la passion de l’Evangile et le Royaume déjà présent et à l’œuvre.

Frères et Sœurs,
Notre paroisse bénéficie de la présence de plusieurs communautés religieuses masculines et féminines.
Heureux sommes-nous de pouvoir compter sur leur présence et leur prière.

Qu’à la prière de la Vierge Marie, le Seigneur fasse la grâce à chacun d’entre nous de pouvoir renouveler son appartenance inconditionnelle au Christ-Sauveur, quel que soit son état de vie.

AMEN

3° Dimanche ordinaire - A - Dimanche 26 janvier 2020

Frères et Sœurs,
Le Pape François a institué ce troisième dimanche ordinaire de l’année liturgique, « Dimanche de la Parole de Dieu », pour sensibiliser les chrétiens sur l’importance des Saintes Ecritures comme source inépuisable de vie spirituelle et de sainteté pour chaque baptisé.
Saint Jérôme, éminent traducteur et savant commentateur de la Bible enseignait qu’« Ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ. »
La Parole de Dieu est toujours nouvelle, Elle est prophétique et féconde, Elle pousse à La partager avec ceux que nous rencontrons pour leur exprimer la certitude de l’Espérance qu’Elle contient.

A ce sujet, de l’Evangile de ce dimanche, jaillit une formidable Espérance : « Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée. »
Le Christ choisit de commencer sa prédication publique, dans une Palestine occupée, en proie à la violence ; Il quitte le silence de Nazareth pour la Galilée, « carrefour des Nations » et part à la rencontre de cette population cosmopolite, constituée par des membres de la classe dirigeante, officiers ou publicains, mais aussi des boiteux, des aveugles ou des lépreux.
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Peu Lui importe que ce soient des foules affamées ou des pécheurs du lac.
Ce qui est sûr c’est que personne n’échappe à sa parole libératrice et à ses gestes de guérison des corps, des cœurs et des consciences.
Le Christ prêche avec force : « Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche ».
Et Il annonce que pour faire connaître cette Bonne Nouvelle, Il compte sur des témoins.
Il appelle de solides pêcheurs galiléens : deux frères Simon et André et Jacques fils de Zébédée et Jean.
Ces hommes sont habitués à travailler ensemble, ils sont unis par des liens de fraternité et d’amitié.
Le Christ les interpelle : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » leur dit-Il.
Pêcheurs d’hommes, leur mission sera désormais de tirer les hommes des profondeurs de l’abîme pour les transporter dans un océan de lumière.
Voilà, ce que Le Seigneur propose à ces quatre pêcheurs de poissons, devenus disciples.
Ils seront à la fois les artisans et les témoins émerveillés de la première évangélisation et des guérisons qui l’accompagnent.

Frères et Sœurs,
Le Christ agit aujourd’hui comme hier de la même façon.
Il pose son regard sur chacun de nous comme Il a posé son regard sur les premiers disciples.
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Le Christ nous invite à Le suivre : ses paroles, par leur actualité et leur pertinence, renouvellent en profondeur ceux qui les écoutent et les reçoivent.

En faisant sa demeure en nous, le Christ nous fait pressentir déjà le bonheur de l’au-delà, et Il attend en retour notre témoignage de disciples-missionnaires.
Nous le sommes effectivement par notre façon d’être et de vivre.
Nous n’avons sans doute, pas assez conscience que le seul Evangile que beaucoup de gens lisent est celui de notre vie. A travers elle, nous donnons à voir quelque chose de la Foi chrétienne.
C’est le sens de la parabole du jugement dernier dans l’Evangile de Saint Mathieu où le Christ dit :
« Tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». (Mat.25, 40)
Dans notre monde hyper connecté, paradoxalement beaucoup souffre de solitude ! Tout le monde a besoin d’attention, de bienveillance, et d’écoute.

Comme chrétiens nous avons à cultiver ce que le Pape François appelle la « culture de la rencontre », par notre sollicitude et notre bonté pour ceux qui désespèrent de leurs semblables tant la dureté de leur vie leur fait douter de cette bienveillance.

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Ce sont ceux et celles que Saint Jean Paul II appelait « les blessés de la vie », ceux qui souffrent dans leur chair et dans leur cœur, ceux qui se sentent rejetés ou méprisés, ou encore ceux qui sont entrés dans la spirale infernale de la précarité et de l’exclusion.

Comme chrétiens nous avons à témoigner paisiblement des convictions qui nous habitent.
Nous devons être cohérent entre ce que nous croyons et ce que nous vivons.
Notre témoignage est plus que jamais attendu aujourd’hui. Bossuet disait déjà à son époque : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».

Frères et Sœurs,
A chaque messe à laquelle nous participons nous proclamons que « nous attendons la venue du Seigneur dans la gloire ». Cette attente ne doit pas être passive si nous avons conscience que nous sommes par la grâce de notre baptême « sel de la terre et lumière du monde », pour être témoin de la joie de l’Evangile.
Nous sommes un peuple de sentinelles. Demandons-nous chacun, quelle place nous faisons dans notre vie au message de l’Evangile que nous transmet fidèlement l’Eglise dont nous sommes « les pierres vivantes » pour faire advenir un monde nouveau, plus juste, plus humain et plus fraternel.
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Il y va de notre engagement dans les domaines de la justice, de la paix, de l’économie, de l’écologie, du respect de la vie et de la protection des personnes vulnérables.

Frères et Sœurs,
Qu’en ce dimanche de la Parole de Dieu, la Vierge Marie, qui est louée dans l’Evangile à cause de sa Foi et de son Espérance en l’accomplissement de la Parole de Dieu en Elle (cf Lc 1, 45) nous aide à cultiver cette « culture de la rencontre » que sous-tendent la Foi et l’Espérance.

AMEN

2° Dimanche ordinaire - A - Dimanche 19 janvier 2020

Frères et Sœurs,
Nous débutons la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, et les trois lectures de ce dimanche, nous invitent à une réflexion sur le Salut.

Ce message de salut, Dieu le manifeste dans l’Ancien Testament, à travers ses prophètes et par des signes comme les libérations nationales de son peuple.
Puis ce message de Salut nous est offert par Dieu en Jésus-Christ, et devient universel. Nous venons d’en célébrer les manifestations :
A la Nativité - nous avons célébré le Christ comme Sauveur.
A l’Epiphanie - nous avons célébré le Christ comme Messie et Lumière des nations.
Et le Baptême du Christ par Jean Baptiste, a permis à Dieu le Père de désigner Jésus-Christ comme son Fils bien-aimé, désignation attestée par l’apparition d’une colombe, symbole de l’Esprit Saint.

Ce Salut est à la fois spirituel et social, personnel et temporel. « C’est Dieu qui est ma force », assurait Isaïe, tandis que Saint Paul proclamait : « Je peux tout avec Celui qui me fortifie ».

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Ainsi, Dieu poursuit son œuvre de Salut à travers la vie de chacun. Chaque jour est tissé d’instants et chaque jour est l’aujourd’hui de Dieu !

Nul ne peut tout seul réaliser son propre Salut, tant il est vrai que le mal vient de l’homme.
Le Salut ne peut venir que d’un Autre et Saint Jean dans l’Evangile nous présente le Christ comme étant « L’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ».
La plus urgente des libérations est celle du péché, cause de toute aliénation, racine de toute servitude.

Frères et Sœurs,
Nous entrons dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens dont le thème est cette année : « Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire ». Phrase tirée des Actes des Apôtres. (28, 2)
Cette semaine a pour but de nous sensibiliser sur le fait que nous devons être plus attentifs à ce qui nous unit qu’à ce qui nous sépare entre chrétiens.

La rencontre avec le Christ fait de nous des disciples-missionnaires. Etre disciple du Christ est une source intarissable de joie, de bonheur et d’action de grâce, parce qu’on ne peut être disciple que dans un esprit de gratitude. La Foi ne vient pas de nous, elle est don de Dieu qui nous conduit à L’aimer et à aimer notre prochain.

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C’est dans la force de l’Esprit Saint que l’Evangile est annoncé, et que tous peuvent le comprendre, chacun dans sa propre langue.
Dans la diversité des peuples, langues et cultures c’est la même Parole de Dieu qui est accueillie, l’unique Evangile, l’unique Seigneur.

Nous ne saurions oublier que la vraie demeure de Dieu c’est le Christ Ressuscité, c’est l’Eglise, Corps du Christ, rassemblée et présente à travers le monde pour être signe de l’amour de Dieu pour tous les hommes.

Tous les chrétiens croient que Jésus de Nazareth, né il y a un peu plus de deux mille ans, est vraiment le Fils de Dieu en qui nous recevons un même baptême dans l’Esprit Saint.

Frères et Sœurs
Que nous soyons catholiques, orthodoxes ou protestants, nous devons plus que jamais, porter le témoignage de notre Foi commune en Dieu qui est Père, Fils et Esprit, même si c’est parfois au prix de notre tranquillité.
Aujourd’hui beaucoup de nos frères chrétiens, de Syrie, d’Irak, d’Egypte, et d’un certain nombre de pays d’Afrique dont le Burkina-Faso, le Cameroun et le Nigéria sont persécutés ou tués en haine de la Foi, par les tenants d’un Islam radical intolérant et agressif.

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Par leur témoignage, ces chrétiens sont les confesseurs de la Foi et les martyrs des temps modernes. Nous avons un devoir de solidarité vis-à-vis d’eux par notre communion dans la prière. Saint Jean Paul II parlant de l’Afrique l’appelait « le continent de l’Espérance » !

Frères et Sœurs,
Laissons-nous gagner par l’amour de Dieu pour nous. Laissons-nous toucher par le visage du Christ tout donné.
Demandons à la Vierge Marie de nous obtenir de Celui que Jean-Baptiste désignait comme « l’Agneau de Dieu » de nous donner sa paix pour que nous puissions la faire en nous et la répandre autour de nous et de nous montrer les chemins qui peuvent faire grandir aujourd’hui l’unité des chrétiens.
Cette unité que nous appelons de nos vœux et pour laquelle nous prions viendra de notre engagement de plus en plus résolu dans la communion au Christ qui est à la fois notre unité et Celui qui nous sanctifie.

AMEN

Baptême du Seigneur- A - Dimanche 12 janvier 2020

Frères et Sœurs,
Célébrer le baptême du Seigneur c’est célébrer la source que notre baptême a ouvert en chacun de nous et qui doit
normalement nous amener à faire de notre vie une réponse concrète aux paroles du Christ : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. » (Jn 14 ,2-3)

Le Pape François dans son Exhortation Apostolique « Evangelii Gaudium », « la joie de l’Evangile », nous rappelle, reprenant les propos de son prédécesseur Benoît XVI, que la Foi chrétienne n’est pas d’abord une affaire de morale ou une question intellectuelle, mais d’abord une rencontre, la rencontre avec une personne, le Christ, qui bouleverse notre vie et lui donne sens en ouvrant des horizons nouveaux.

La fête du baptême du Seigneur est en ce sens véritablement l’annonce et la naissance d’un monde nouveau où tous les hommes sont appelés à participer au même héritage pour le même salut.
Raison pour laquelle, chacun d’entre nous est appelé à être signe de la présence du Christ dont nous sommes à la fois les bénéficiaires et les témoins.

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Nous le sommes dans la mesure où nous vivons et où nous nourrissons notre Foi à la source même de notre baptême par la prière, les sacrements, la méditation des Saintes Ecritures et par l’attention aux autres qui se traduit par l’accueil et la bienveillance pour autrui.

C’est ainsi que chaque fois que nous aidons nos frères à découvrir la présence du Seigneur en eux, nous les mettons sur la route de l’Espérance, de la joie et de la paix.

Frères et Sœurs,
C’est vrai que dans la morosité ambiante de notre monde en crise, les motifs de découragement sont innombrables.
Mais au regard lucide qui fait l’inventaire des ténèbres de la condition humaine peut faire place un regard plus lucide encore celui d’un regard nourri de l’Espérance :
Au-delà des laideurs et des horreurs, c’est la magnanimité, la bonté et la solidarité de ceux qui ont mal aux autres, qu’il nous faut bénir et apprendre à regarder.
Pensons à tous ces hommes et toutes ces femmes, que la dureté de la vie a failli vaincre et qui n’ont pas été vaincus parce qu’ils ont mis leur Foi dans le Christ « qui a vaincu le monde ». (Jn16 33)
Il n’y a pas de fatalité, de même que c’est le soleil qui explique l’ombre, de même c’est l’espérance du printemps qui permet d’endurer les rigueurs de l’hiver.

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La confiance en la Providence de Dieu est l’antidote du pessimisme. La Bible fourmille d’évènements qui se retournent et deviennent des avènements.

Frères et Sœurs,
Avec son baptême à l’âge de trente ans, l’âge auquel les prêtres de l’Ancien Testament entraient en fonction, le Christ inaugure sa vie publique et débute sa mission de Rédempteur et de Sauveur.

C’est parce que Dieu nous aime, parce que le Christ est son « Fils bien-aimé » en qui Il met « tout son amour », que Celui-ci ira jusqu’à la Croix ; jusqu’à ce signe auquel se reconnaît le plus grand amour : « Il donne sa vie pour ceux qu’Il aime ».

Le Christ n’est-Il pas « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » Il prend sur lui les péchés de la multitude pour introduire l’humanité tout entière dans la Nouvelle Alliance.
Le Christ n’a besoin ni des eaux du Jourdain, ni de la croix pour devenir saint, Il L’est en lui-même de toute éternité. Mais c’est pour nous rendre saints comme il L’est lui-même, qu’Il se met volontairement au premier rang des pécheurs.

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Nous voyons dans les Evangiles que c’est toujours dans la prière que le Christ retrouve Celui qu’il appelle Abba Père, - lors de son baptême au Jourdain, - à sa Transfiguration au Mont Thabor et à l’heure de l’agonie et de sa mort au Golgotha.
Il en est de même pour nous. Chaque fois que nous prions avec une intense confiance, le Seigneur nous éclaire et nous affermit pour affronter ou assumer les aléas de la vie.
Lors de notre baptême chacun de nous est devenu enfant de Dieu et le Père a redit à chacun ces paroles émouvantes : « Tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour ».

Frères et Sœurs,
Cette fête du baptême du Seigneur nous invite à raviver la grâce de la Foi reçue à notre baptême, grâce qui nous a renouvelés intérieurement, et rendus participants de la nature divine, constitués fils de Dieu, et frères de Jésus le Christ.
Le baptême nous a plongés dans la mort du Christ pour ressusciter avec Lui à une vie nouvelle dont l’Esprit Saint est l’artisan, Lui qui « répand l’Amour dans nos cœurs » et qui nous fait confesser que Jésus Christ est Seigneur et que Dieu est Père.

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Qu’à l’exemple de la Vierge Marie nous comprenions mieux que c’est dans l’humilité et l’authenticité que nous pouvons rencontrer l’autre en vérité mais que ces deux qualités sont aussi les clés pour rencontrer le Christ qui veut partager sa vie avec nous.

AMEN

Fête de l’Epiphanie - A - Dimanche 5 janvier 2020

Frères et sœurs,

Méditer l’Epiphanie : c’est apprendre à mieux vivre dans la Foi, dans l’Espérance et dans la Charité qui est l’amour de Dieu et l’amour du prochain !

La Foi :
Les Mages découvrent un signe de Dieu : « Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant Lui », nous dit l’Evangile.
L’observation des événements et du ciel fait pressentir aux Mages que le moment est arrivé : le futur Roi des juifs vient de naître quelque part en Palestine.

Les Mages, connaissaient suffisamment l’histoire du peuple d’Israël, pour ne pas ignorer l’Alliance que Dieu avait faite avec Lui.
Ils savaient que les juifs attendaient un envoyé de Dieu qui serait pour eux un Roi et un Sauveur.
Bien qu’ils ne soient pas juifs mais des païens, ils se sentent concernés. Ce Sauveur attendu n’est-il pas aussi pour eux ?
Ils pressentent ce que Saint Paul dira plus tard aux Ephésiens et que nous avons entendu dans la seconde lecture :
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Le mystère du Christ « C’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile ».

Pour nous, Frères et Sœurs, c’est la même chose. - Qu’est-ce qui nous met en route dans la Foi ?
Sinon la conviction que le Christ ouvre un avenir à notre existence humaine, qu’Il nous indique la route qui conduit au bonheur : la joie de l’Evangile qui est d’aimer et de se savoir aimé.

L’Espérance :
Les Mages ont suivi l’étoile : et « voilà que l’étoile les précédait... quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie ».
Partis pour « rencontrer le roi des juifs qui vient de naître » ils ont découvert leur Sauveur et leur Dieu.
Telle est l’Espérance chrétienne, qui va au-delà, qui voit au-delà, des espoirs humains qui s’appellent : situation, avenir, justice, paix ...
L’Espérance tend vers Dieu préféré à tout le reste !
L’Espérance est attente, - attente d’un bonheur futur absolument certain dont les espoirs humains les plus légitimes ne sont qu’une pâle esquisse.
« Tu nous as fait pour Toi Seigneur et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Toi » disait St Augustin.

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Oui, Frères et Sœurs, au-delà des espoirs et des déceptions, au-delà des joies et des épreuves, l’Espérance nous apprend à attendre en se préparant à vivre du bonheur de la vie éternelle.

La Charité qui est l’amour de Dieu et l’amour du prochain :
Saint Mathieu nous dit dans l’Evangile que « Les mages entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant Lui. »
L’humilité des Mages répond à celle de Dieu qui se révèle dans la pauvreté de la crèche et attend que l’homme lui réponde par l’aveu de sa faiblesse et son adoration.

En découvrant le don que Dieu leur fait en la personne du Christ, les Mages apprennent à leur tour à donner : « L’or, la myrrhe et l’encens » sont pour eux un geste du cœur, mais plus et mieux qu’un geste, les Mages se donnent eux-mêmes ! C’est l’authentique Charité.
C’est ce qu’avait si bien compris Sainte Thérèse de Lisieux, quand elle disait : « Aimer c’est tout donner et se donner soi-même ».

Frères et Sœurs,
En cette fête de l’Epiphanie, posons-nous la question de savoir si nous cherchons vraiment avec un cœur disponible à reconnaître Jésus-Christ à travers les signes
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que donne l’Esprit Saint dans les évènements de notre propre vie.
L’Evangile se conclut par ces paroles :
« Avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin ».
Ce changement de route est pour eux bien plus qu’une esquive du danger : il traduit une conversion du cœur, un changement de vie.
Ce changement de vie nous sommes invités à le faire à la suite des Mages si nous croyons vraiment que le Christ est « Chemin Vérité et Vie », et si nous croyons qu’Il est le Sauveur du monde et que la toute-puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse de l’enfant.
C’est alors que nous découvrons avec émerveillement et action de grâce que la force de Dieu et son pouvoir s’appelle miséricorde.
Nous découvrons aussi que dans sa bonté, Dieu relève, pardonne, et guérit l’homme pécheur, et que son cœur est grand ouvert d’abord à ceux qui sont blessés, fatigués, maltraités, bafoués, abandonnés.

Frères et Sœurs,
Nous vivons dans une société où l’individualisme est roi et dans un monde où la violence gangrène la paix sociale. Tout cela génère une morosité anxiogène qui fait que nous sommes préoccupés du présent et souvent inquiets de notre avenir.

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Comme les Mages qui étaient à la fois des savants et des astrologues utilisant leur science et leur compétence pour scruter l’avenir, nous cherchons à scruter les signes des temps et à découvrir si possible l’homme providentiel, celui qui pourra nous sauver et assurer notre avenir.

Le Christ apporte la réponse à nos questions, devant la crèche nous Le voyons qui se fait l’un de nous pour la gloire de Dieu et le Salut du monde. Il est l’Unique Sauveur, qui nous apprend plus encore que donner mais à nous donner d’un cœur qui veut appartenir à Dieu.

En contemplant le Christ dans l’humilité de son premier avènement à Bethléem, nous goûtons déjà la paix et la joie que Dieu donne sans compter à ses enfants.

Qu’à sa prière, la Vierge Marie nous obtienne la grâce d’être ces disciples-missionnaires, ces témoins et ces ambassadeurs de la miséricorde de Dieu dont notre monde a tant besoin.
AMEN

Sainte Marie, Mère de Dieu - A - 1er janvier 2020

Frères et Sœurs,
Au moment où nous entrons dans une nouvelle année la liturgie célèbre la Maternité de Marie, Mère de Dieu, par qui le Sauveur est venu en ce monde.
Et c’est tout naturellement que nous demandons à Notre Mère du ciel de nous guider sur le chemin lumineux de l’Evangile qui est celui du pardon, de la bienveillance, de la bonté et de la paix.
Nous Lui demandons aussi de nous détourner du chemin ténébreux de l’orgueil, de la haine et de la violence, parce que Marie est Celle qui fait reculer et dissiper les nuages obscurs du malheur, du péché et de la mort.

Nous nous tournons vers Elle avec confiance, parce qu’elle est Celle en qui s’est réalisée, en premier et de la façon la plus parfaite, la victoire pascale du Christ sur les puissances des ténèbres.

Telle est la Vierge Marie, si proche de chacun de nous, si compatissante à la souffrance de l’homme.
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus disait d’elle-même qu’elle passerait son ciel à faire du bien sur la terre : combien plus encore peut-on le dire de la Vierge Marie !

C’est pourquoi, nous sollicitons sa protection au moment où nous entrons dans une nouvelle année qui sera comme toutes les années, une année riche de grâces, mais aussi avec son lot d’épreuves.
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Frères et Sœurs,
Nous faisons partie de ce peuple de Dieu, que le Christ rassemble à la suite des humbles bergers de Bethléem qui furent les premiers à accueillir et à annoncer le Règne de Dieu.
Nous faisons partie de ce peuple de Dieu que la Vierge Marie embrasse de son regard maternel, nous tous qui désirons travailler à l’avènement de la civilisation de l’amour, pour préparer ainsi la transfiguration du monde.

En Marie, Dieu nous révèle notre vocation profonde, qui est celle d’accueillir le Christ qui vient faire sa demeure en nous.

Le 1er janvier marque le commencement de l’année civile, et il est également le jour octave de Noël, et la tradition ou les usages veulent qu’en ce début d’année nous échangions nos vœux avec les personnes qui nous sont chères.
C’est donc avec plaisir que je vous présente les miens, Frères et Sœurs, à vous d’abord, à vos familles et à tous ceux que vous aimez.
Que la lumière et la joie de Bethléem nous aide tous et chacun à vivre dans la confiance et l’espérance cette nouvelle année en restant unis au Christ par la prière, dans les épreuves comme dans les évènements heureux et les moments joyeux. Alors 2020 sera une belle et sainte année.

Fête de la Sainte Famille - A - Dimanche 29 décembre 2019

Frères et Sœurs,
La fête de la Sainte famille est célébrée chaque année entre Noël et le 1er janvier.
Ainsi le calendrier nous invite à regarder, avec les yeux de la Foi, ce que fût hier et ce que sera demain, en prenant d’abord conscience qu’au-delà du temps qui s’écoule, le Seigneur est là. - Fidèle en son amour miséricordieux, Il transcende les époques et embrasse d’un même regard ce qui fut et ce qui sera, ou plutôt ce que chacun devient dans la succession des années et comment il s’approche ou s’éloigne du Royaume.

Le regard que nous portons sur l’avenir se fonde sur la lumière et la force données par l’Esprit-Saint pour assumer, demain, dans la confiance en la Providence, les épreuves et les peines, comme pour vivre aujourd’hui dans l’action de grâce les évènements heureux et les moments joyeux.

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Frères et Sœurs,
En cette fête de la Sainte Famille, l’Eglise offre à notre contemplation et à notre méditation : Jésus, Marie et Joseph comme modèle de toute famille humaine.
Sans doute, la Sainte Famille, constitue-elle un type familial exceptionnel dans l’histoire de l’humanité !
Mais sa manière peut être imitée dans la vie ordinaire de toutes les familles :

  • Parce que le jeune foyer de Nazareth a vécu dans la Foi et la sérénité les épreuves de la pauvreté, de l’exclusion et de l’incompréhension.
  • Parce qu’il a vécu positivement et avec constance la monotonie du travail.
  • Et parce que Joseph et Marie ont vécu dans la confiance et la joie la fidélité à leur amour.

Membre de la famille Trinitaire, le Christ, Verbe de Dieu, a pris chair au sein d’une famille humaine.

3
Il comble celle-ci de l’amour qu’il tient de Dieu son Père en retour de la tendresse et de l’amour qu’il reçoit à Nazareth de ses parents Marie et Joseph.
Et quand le Christ quittera la famille de son enfance, ce sera pour fonder une nouvelle famille, celle de ses disciples, laquelle deviendra à la Pentecôte, - l’Eglise - dont nous sommes les membres et Il nourrira ceux-ci du même pain au banquet eucharistique pour sanctifier ses disciples.

Frères et Sœurs,
La sainteté ne doit pas nous faire peur, elle n’est pas réservée
à une élite, elle est accessible à tous à condition de ne pas se laisser aller au découragement lequel est le cancer de la vie spirituelle.
La sainteté demande simplement que l’on mette sa confiance et son espérance en Dieu quelque soient notre âge, notre fatigue, nos infidélités. Il nous donne son Esprit de lumière et de force pour changer notre manière de vivre en nous mettant à l’école du Christ « doux et humble de cœur ».
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Se convertir est un combat de chaque jour parce qu’il faut sans cesse ajuster ce que nous sommes à ce que nous sommes appelés à être.
Il nous faut passer constamment d’un comportement dicté par le monde, à un comportement inspiré par l’Evangile.
Cela commence dans les relations intra familiales et dans nos lieux de vie et de travail dans nos communautés, notre paroisse… Cela demande du temps et de la patience de l’endurance même, parce qu’il s’agit de nous bénir les uns les autres, de vouloir vraiment du bien, le meilleur pour l’autre. Et vouloir le bien de l’autre produit la vraie joie, la joie de l’Evangile.
Ne pas le comprendre, le refuser, c’est s’enfermer dans l’aigreur et la tristesse, qui est « l’élixir du démon » dirait le Pape François.
Frères et Sœurs,
L’avenir de l’humanité passe par la famille parce, qu’elle est la cellule de base de la société. Elle joue un rôle irremplaçable dans l’équilibre de l’humanité.
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La famille est l’espace où se construit l’enfant qui apprend à se découvrir dans la relation aux autres. L’apprentissage familial de l’amour prend racine dans l’amour que Dieu donne et qui soutient nos fragilités.
La vocation de la famille est donc d’être, à l’image de la Sainte Famille un lieu de bonheur pour être et devenir l’une des joies de Dieu.

Que la Vierge Marie nous obtienne la grâce d’entrer dans la joie promise ici et maintenant, avant de la goûter un jour éternellement pour notre plus grand bonheur à tous et pour la plus grande gloire de Dieu.
AMEN

Noël 2019– A - Mardi 24 décembre 2019

Frères et Sœurs,

A Noël, l’aujourd’hui éternel de Dieu vient à la rencontre de l’aujourd’hui éphémère du monde sous les traits d’un enfant. Le Christ nous surprend par sa façon d’entrer dans le monde par sa naissance dans une crèche à Bethleem et Il nous étonne encore plus par sa façon de le quitter par sa Résurrection.
Ces deux évènements de sa vie sont semblables quant à leur signification :
Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon Fils ».
Marie, Joseph et les bergers en sont les premiers témoins.

A Noël, Dieu se donne à voir en son Fils Jésus en se présentant dans la pauvreté d’une étable, avec la faiblesse et la fragilité d’un nouveau-né.
Quant aux disciples, aux Apôtres, ils seront les messagers de la Résurrection du Christ victorieux du péché et de la mort.
A Noël, nous ne pouvons que nous unir au chœur des anges, qui dans la nuit de Bethléem chantaient la gratitude du monde : « Gloire à Dieu et Paix aux hommes. »

C’est déjà le message que délivrait le Prophète Isaïe, huit siècles auparavant :
2
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ...Oui un enfant nous est né, un fils nous a été donné ». « Prince de la Paix » il sera établi sur le droit et la justice et il exercera son pouvoir pour l’avènement de la paix ne poursuivant qu’un seul but le bien du peuple.

Frères et Sœurs,
La naissance du Christ à Bethléem n’est pas le fait d’un simple souvenir que l’on rappelle tous les ans, ni la mémoire d’un simple évènement de l’histoire de la civilisation humaine.
La naissance du Christ à Bethléem est un évènement réel, un évènement capital pour l’humanité tout entière. Et cet évènement, le plus fabuleux de l’histoire, nous invite à réfléchir sur la place que l’on fait à Dieu dans notre vie et sur la manière dont nous vivons nos diverses relations humaines.

A Bethléem, Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui et devenir semblables à Lui.
Il vient à notre rencontre sous les traits d’un enfant sans défense, dépouillée de toute violence, de toute oppression, de toute suffisance. Cette rencontre se fait dans la simplicité d’une étable pour que nous puissions le connaître et l’aimer. - C’est cela la grâce de Noël !

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Frères et Sœurs,
C’est ainsi que nous « allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’évènement que Dieu nous a fait connaître. » (Lc 2,16)
Mais plus encore, A Noël, c’est Dieu Lui-même qui se fait connaitre en envoyant son Fils, « L’Emmanuel » - Dieu avec nous.
Chaque jour c’est Noël pour qui accueille l’amour de Dieu dans son cœur pour qu’Il y fasse sa demeure.
Quand nous participons à la messe, quand nous recevons le Corps du Christ, le Seigneur se donne à nous, Il nous donne sa paix au plus profond de nous-mêmes pour que nous la portions et la communiquions aux autres.

Cette paix que nous confie comme un trésor l’Enfant qui naît à Bethleem fonde notre Espérance.
Le monde de paix qu’Il vient annoncer nous le voyons déjà briller dans les gestes de fraternité, d’accueil et de solidarité dont nous sommes témoins.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier ces innombrables régions du monde où règnent la guerre, l’oppression politique et la persécution religieuse, dont celle que subissent deux cent quarante cinq millions de chrétiens. Ils ont besoin de notre soutien et de notre communion dans la prière.

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Frères et Sœurs,
Avec l’aide de l’Esprit Saint, il nous revient de promouvoir la paix comme le fit en son temps Saint François d’Assise dont nous faisons nôtre la prière :

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde ; que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la Foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’Espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

Frères et Sœurs,
En cette fête de Noël, demandons à la Vierge Marie d’intercéder auprès de son Fils pour que nous soyons ces artisans de la paix du Christ qui relèvent les défis de ce monde désireux de paix, mais confronté à la misère qui s’étend et à la solitude qui ronge tant de vies.

AMEN

26ème Dimanche ordinaire – C - Dimanche 29 septembre 2019

La parabole que nous avons entendue aujourd’hui conclut le chapitre XVI de l’Evangile de Saint Luc, chapitre dans lequel, le Christ traite de la question de la richesse et des biens matériels.
La parabole est composée de deux scènes, bien distinctes l’une de l’autre qui relate l’histoire d’une rencontre manquée !
La première, en effet, se passe sur la terre, alors que la seconde se déroule dans l’au-delà.
Les deux personnages principaux sont décrits dès la première scène : le premier est un riche qui s’habille somptueusement et festoie chaque jour ; le second est Lazare, un pauvre homme qui est à sa porte, et qui n’a rien.
Les deux personnages sont proches l’un de l’autre : une simple porte les sépare, mais cette porte est fermée et les deux hommes ne se voient pas, ne se rencontrent pas, ne se parlent pas.
La seconde scène se déroule dans l’éternité.
Quand le Christ parle de l’éternité, se référant à l’Ancien Testament, Il utilise généralement l’image d’un banquet de fête, pour lequel toute l’humanité sera réunie, et auquel sont invités les gens les plus divers et les plus éloignés, même ceux que l’on ne s’attend pas à voir assis là.

2
Dans la parabole d’aujourd’hui, nous voyons que le riche est celui qui se trouve en proie aux tourments : « Mon enfant, déclare Abraham au riche qui mourut après Lazare ; tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation et toi, c’est à ton tour de souffrir ».
Frères et Sœurs,
Cette vision de la juste rétribution, le Christ la développera plus explicitement dans son sermon sur la montagne, avec les Béatitudes : « Heureux les pauvres, le Royaume des cieux est à eux ; Heureux les affligés, ils seront consolés ; Heureux les affamés et assoiffés de justice, ils seront rassasiés ; Heureux les persécutés, le Royaume des cieux est à eux. »
Toutes ces promesses se trouveront honorées par la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.
Le Royaume de Dieu se conquiert tout au long de notre vie par notre compagnonnage avec le Christ qui nous donne la lumière et la force de l’Esprit Saint pour rester fidèle à l’Evangile, c’est-à-dire à l’esprit de pauvreté, de douceur et de paix, à la justice, à la pureté du cœur et au courage de la Foi.
Autant de vertus qui contrastent avec les mœurs de la Cour de Samarie que dénonçait le prophète Amos avec une singulière véhémence : « Couchés sur des lits d’ivoire, vautrés sur leurs divans… ils boivent le vin à même les amphores, se frottent avec des parfums de luxe, mais ne se tourmentent guère du désastre d’Israël. »
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Frères et Sœurs,
La parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare est aussi un message d’Espérance et une invitation à la vigilance.
Le temps qui nous est donné de vivre est le temps de la conversion : « Soyez prêts, car vous ne connaissez ni le jour ni l’heure » dit Jésus, et Saint Paul ne dit pas autre chose lorsqu’il s’adresse à Timothée : « cherche à être juste et religieux, vis dans la Foi et l’Amour, la persévérance et la douceur. »
Tous les hommes qu’ils soient riches ou pauvres sont à la fois pécheurs et appelés au Salut par le Christ qui enseigne que « l’homme ne vit pas seulement de pain » et qu’ « il ne lui sert à rien de gagner l’univers, s’il perd son âme ».
Frères et Sœurs,
L’Eglise, par la voix de ses pasteurs, Papes et évêques, appelle les chrétiens à agir en ce monde pour qu’il y ait moins de souffrances et moins d’injustices.
Elle dit à tous, riches et pauvres, faites ce qui dépend de vous pour que tout homme et tous les hommes aient une vie vraiment humaine, conformément au dessein de Dieu.
Le Pape François a réveillé les consciences quant à la nécessité de vivre une écologie intégrale. Il nous revient d’apporter notre contribution à l’édification d’une société respectueuse de la personne humaine.

4
Dimanche dernier vous a été distribué le message de notre évêque Mgr Delmas sur le projet de loi bioéthique dans le quel il écrit : « N’ayons pas peur de prendre position. Il en va de notre responsabilité de chrétiens ».
Les évêques de France se sont exprimés à plusieurs reprises sur ce projet de loi bioéthique relatif à la PMA, pour alerter le gouvernement, les parlementaires, les fidèles de l’Eglise catholique, et l’opinion publique sur les graves enjeux soulevés par ce projet de loi qui instaurerait le droit à l’enfant et qui priverait volontairement un enfant de père.
Si le désir d’enfant est parfaitement légitime il n’équivaut pas à un droit à l’enfant. La vie est un don !
Les progrès de la médecine nous réjouissent, pour autant ce n’est parce que les techniques biomédicales rendent possibles ce qui jusqu’alors ne l’était pas qu’elles sont bonnes, ni parce qu’elles seraient légales qu’elles seraient morales.
Déjà au XVIème siècle Rabelais, qui était médecin, disait : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » !

Frères et Sœurs,
Nous vivons, dans un monde qui offre beaucoup de facilités matérielles, souvent utiles, mais parfois superflues, et dans une société où l’individualisme et le relativisme sont triomphants.

5
Le risque est grand d’oublier l’essentiel, c’est-à-dire les valeurs morales, la vie spirituelle, la sagesse de l’esprit et du cœur.
Que la Vierge Marie nous garde le regard fixé sur le Christ « qui a les paroles de la Vie éternelle. »

AMEN

24ème Dimanche ordinaire – C - Dimanche 15 septembre 2019

Chers Frères et Sœurs,
La liturgie de la parole de ce dimanche propose à notre réflexion et à notre méditation le chapitre XV de l’Evangile de Saint Luc qui contient les trois paraboles que nous venons d’écouter.
Ces paraboles sont une réponse du Christ aux murmures des scribes et des pharisiens qui critiquent son comportement, « Celui-là accueille les pécheurs et il mange avec eux », disent-ils. (v. 2).
Par ces trois récits, le Christ veut faire comprendre que Dieu est un Père qui le premier a une attitude accueillante et miséricordieuse envers les pécheurs.
Dans la première parabole, Dieu est présenté comme un berger qui laisse ses quatre-vingt-dix-neuf brebis pour aller à la recherche de celle qui est perdue.
Le berger appelle ses amis et ses voisins et il leur dit : « Réjouissez-vous avec moi, parce que j’ai trouvé ma brebis, celle qui était perdue. »
La hantise de la brebis perdue et la joie de la retrouver est un thème qui revient souvent dans l’Evangile de Saint Luc, pour qui la joie est le signe de l’Esprit Saint.
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Dans la seconde parabole, Dieu est comparé à une femme qui a perdu une pièce de monnaie et qui la cherche jusqu’à ce qu’elle la trouve.
La femme appelle ses amies et ses voisines « Réjouissez-vous avec moi, leur dit-elle, parce que j’ai trouvé la pièce de monnaie que j’avais perdue. » (V. 9).
Dans ces deux premières paraboles, l’accent est mis sur la joie qui est si intense qu’elle doit être partagée avec « amis et voisins. »
Dans la troisième parabole, Dieu est présenté comme un père qui accueille son fils qui s’était éloigné ; la figure du père révèle le cœur de Dieu « riche en miséricorde » dont le Christ est l’icône.
Dans cette parabole l’accent est mis sur la fête qui part du cœur du père miséricordieux et s’étend à toute la maison.
Le père dit à son autre fils : « Il faut faire la fête et se réjouir car ton frère qui était mort est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé. » (V.32)
De cette dernière parabole, retenons les paroles décisives du fils prodigue, quittant sa vie de débauche : « Je me lèverai et j’irai chez mon père » (v. 18).

3
Le chemin du retour vers la maison paternelle est le chemin de l’Espérance, le chemin d’une vie nouvelle.
Frères et Sœurs,
Ces trois paraboles sur la miséricorde révèlent le visage de Dieu qui est un Père plein de tendresse qui traite les pécheurs avec compassion.
Ces trois paraboles nous rappellent que le salut nous est offert gratuitement par le Christ Bon Pasteur dont Saint Paul dit dans la seconde lecture « qu’Il est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. »(1èreTim.1, 15)
Dans les Evangiles nous voyons que ce salut commence par le baiser au lépreux, par l’entretien avec la samaritaine, par l’accueil du fils prodigue et par la recherche de la brebis égarée ramenée au bercail.
Dieu est un Père qui attend toujours que nous nous remettions en route, Il nous attend avec patience, Il nous voit alors que nous sommes encore loin. Il court à notre rencontre, Il nous étreint, Il nous pardonne.
Quand Dieu nous pardonne, Il nous donne la grâce de relire le passé avec humilité, en confessant nos péchés. Et son pardon nous régénère dans l’amour.

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Lorsque nous, pécheurs, nous nous convertissons et nous nous laissons retrouver par Dieu, ce ne sont pas tant des reproches qui nous attendent, mais des paroles d’encouragement et de consolation, comme celles du Christ à la femme adultère : « Moi non plus je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus » (Jn 8,11).
Dieu est un Père qui accueille qui relève et qui sauve le pécheur. « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, dit Jésus, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion » (Lc 15,7).
Frères et Sœurs,
Avons-nous déjà réalisé qu’à chaque fois que nous venons nous confesser, que nous recevons le pardon de Dieu, il y a de la joie dans le ciel ? Cela nous donne une grande Espérance, parce qu’il n’y a pas de péché dans lequel nous soyons tombés dont, par la grâce de Dieu, nous ne puissions nous relever.
Retenons de l’Evangile de ce dimanche que pour Dieu, il n’y a personne d’irrécupérable, parce que dans sa miséricordieuse bonté, Il ne cesse jamais de vouloir notre bien, même quand nous péchons. Il vient nous chercher, Il va à notre rencontre, Il nous accueille un à un de manière personnelle, c’est à dire dans l’intimité de notre cœur et de notre prière.
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Donnons-Lui nos fardeaux, demandons-Lui son pardon pour être à notre tour, avec l’Eglise, des témoins de sa miséricorde.
Que la Vierge Marie, Refuge des pécheurs, fasse jaillir dans nos cœurs la confiance qui habitait le cœur du fils prodigue. Alors nous serons comblés de la joie de Dieu.
AMEN

23ème Dimanche ordinaire – C - Dimanche 8 septembre 2019

Frères et Sœurs,
Celui qui veut être disciple du Christ doit porter sa croix et marcher derrière Lui. C’est ce que vient de nous rappeler Saint Luc dans l’Evangile de ce dimanche.
Ces paroles sont exigeantes, mais combien exaltantes !
Etre chrétien, c’est consentir à ce que nous demande Jésus.
Etre son disciple, c’est l’entendre nous expliquer les Ecritures, comme Il le fit sur le chemin d’Emmaüs pour ces compagnons envahis de désespoir.
C’est l’entendre nous révéler le sens de la vie qui échappe à la seule raison raisonnante.
C’est l’entendre et le réentendre jusqu’à l’illumination intérieure.
« Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous quand Il nous parlait en chemin » constataient les deux disciples d’Emmaüs au terme de leur marche.

Mais écouter le Christ, Frères et Sœurs, c’est bien sûr lire et méditer la Parole de Dieu, mais c’est aussi une invitation à l’action. Jésus nous dit : « Comme mon Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour...

2
Voici mon commandement :
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »
A ceci tous vous reconnaîtront comme mes disciples : à cet amour que vous aurez les uns pour les autres »

Et cet amour du prochain s’exprime en gestes concrets :
Si le Christ lave les pieds de ses Apôtres, c’est pour les convier à traduire ce geste symbolique en initiatives multiples et ponctuelles.
S’Il engage ses Apôtres à concevoir comme Lui l’exercice de l’autorité comme l’humble service des hommes et non comme un pouvoir de domination, c’est pour les inviter à faire de même et à en être les témoins au milieu des peuples.
Car « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie. »

Et le Christ va plus loin : Il s’assimile Lui-même à ceux que leur condition amène à solliciter secours, amitié ou présence : « tout ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi-même que vous le ferez. »

Dans la finale du passage d’Evangile, Jésus dit : « Celui qui d’entre vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut être mon disciple. »
Renoncer à ses biens, au sens où l’Eglise l’entend, c’est s’affranchir de la mentalité de propriétaire, c’est le détachement par rapport aux biens matériels.
3
Ce qui n’exclut pas l’appel personnel au dépouillement total que le Christ peut adresser à tel(le) ou tel(le) en vue d’un témoignage exceptionnel.
A toutes les époques de l’histoire de l’Egtlise, l’Esprit Saint a suscité et suscite encore aujourd’hui des hommes et des femmes qui partent, dépouillés, riches de leurs mains ouvertes, vers les extrémités de la terre, vers les extrémités du don. Ils ont affirmé et ils affirment que la grandeur de Dieu vaut bien l’hommage d’une adhésion exclusive de leur vie, d’une vie aussi conforme que possible à celle du Christ qui est allé au bout du don de soi.
La beauté et la grandeur de leur témoignage manifestent qu’il n’y a pas de ferment plus puissant que l’Evangile, avec la lumière et la force de l’Esprit Saint pour fissurer la carapace de notre monde en proie à l’égoïsme, à la violence et au mensonge et le renouveler en le rendant plus humain, plus conforme au dessein de Dieu.
Avec ces témoins de l’Evangile, et à leur suite, nous sommes par notre baptême les artisans de ce monde nouveau offert par Dieu avec la profusion de sa grâce. Ce monde nouveau, c’est à nous de le faire advenir avec nos mains, notre cœur et notre intelligence.
Suivre le Christ c’est choisir d’aimer ce que le Christ aime. C’est accueillir dans son cœur ce que Lui accueille dans le sien. C’est cela faire l’expérience de la joie de l’Evangile.

4
Frères et Sœurs,
Quelle que soit la manière dont le Christ nous invite à le suivre, le seul fait d’être son disciple nous fait avancer vers le plus réjouissant des destins, selon les promesses du Maître dans l’épisode du jeune homme riche :
« Personne n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de Moi, et à cause de l’Evangile, sans recevoir au centuple maintenant, en ce temps-ci, maisons, frères, sœurs, mères, enfants, et champs, avec des persécutions et, dans le monde à venir, la vie éternelle ». (Marc 10, 30)

En ce 8 septembre, fête de Notre Dame l’Angevine, demandons à Marie de nous aider à comprendre le sens profond de l’Evangile de ce dimanche :
Le Christ demande à son disciple de le suivre avec la totalité de son être et de sa personne en intégrant dans sa décision tout ce qui est d’accord avec cet engagement et en écartant tout ce qui fait obstacle.
Faisant sa demeure en nous, le Christ éclaire, purifie et intensifie notre vie et fait de chacun de nous un disciple-missionnaire.

AMEN

22ème Dimanche ordinaire – C - Dimanche 1er septembre 2019

« Quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Ce que nous venons d’entendre dans ce passage d’Evangile, Frères et Sœurs, pourrait être considéré comme une sorte de prolongement de la première Béatitude : « Heureux les pauvres de cœur… » C’est-à-dire heureux les humbles, ceux qui savent et reconnaissent leur indigence. Heureux sont-ils parce que le sentiment du vide qu’ils ressentent est un appel à la plénitude de Dieu. La conscience de leur propre faiblesse les dispose à accueillir la force d’en haut.

Dans la première lecture nous avons entendu Ben Sirac le Sage dire à son fils : « Accomplis toute chose dans l’humilité… Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser… La condition de l’orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui. »

Dans l’Evangile, le Christ recommande de ne pas se mettre en avant : « quand tu es invité, dit-Il, va te mettre à la dernière place. » Ce qui revient à dire ne pas rechercher la gloire qui vient des hommes mais d’agir en vue de plaire à Dieu.
Le Christ a non seulement prêché l’humilité mais il l’a vécue du berceau de la Crèche à la Croix du Golgotha !

2
Si la tentation de l’orgueil devait nous atteindre, Frères et Sœurs, qu’il nous suffise alors de regarder le Christ.
Il peut affirmer ce dont sa vie et sa mort porteront témoignage : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie. »
Au cours du dernier repas avec ses disciples, alors qu’eux-mêmes se querellaient pour savoir qui était le plus grand, le Christ leur dit : « Moi, je suis au milieu de vous à la place de celui qui sert ». Et Il leur lave les pieds, geste réservé à l’esclave !

Dans ce passage d’Evangile, nous voyons que le Christ recommande d’inviter à un festin « les pauvres, les estropiés, les boiteux et les aveugles » et non les puissants ou les gens bien en cour. Il manifeste ainsi sa proximité avec les petits et les pauvres avec qui Il s’identifie.
Quand le pauvre est ainsi reçu, c’est comme si Dieu le recevait. De la même manière le Christ nous invite au banquet du Royaume. Il vient à nous, Il nous donne une place, celle qu’Il nous a réservée. Nous sommes avec Lui et avec les autres, dans le bonheur de ceux qui sont attendus.

Frères et Sœurs,
Pour nous aider à suivre le Christ nous avons l’exemple des saints qui n’ont poursuivi qu’un but : suivre Jésus, se laisser conduire par son Esprit, à travers les joies et les épreuves de l’existence.
3
La vie des saints atteste que Dieu a besoin de nos mains, de nos cœurs, de ce que nous sommes pour donner un peu d’Espérance et de bonheur à ceux qui en ont besoin.
Ce qui fait le rayonnement des saints, c’est leur simplicité et leur authenticité dans l’épreuve assumée de la nuit de la Foi, c’est leur confiance parfois héroïque, c’est leur force dans la générosité, c’est leur bonté et leur incessante volonté de lutter contre leurs défauts. Ils quittent le « vieil homme » esclave du péché pour revêtir « l’homme nouveau » libre pour le Royaume.

Frères et Sœurs,
Le monde qui nous environne ne favorise ni la modestie, ni l’humilité bien au contraire !
Notre société génère des héros d’un jour à admirer, des vedettes narcissiques à aduler.
Le bruit, la renommée, la notoriété font figure de normes
Et flattent l’orgueil qui fait de l’autre un objet, aujourd’hui hautement coté, demain totalement dévalué.
Les media nous abreuvent de ces personnalités qui préfèrent qu’on parle d’elles, même si c’est en mal, plutôt que de disparaître !
Le bruit du monde ne doit pas nous faire oublier pour autant que baptisés nous sommes tous appelés à la sainteté et que celle-ci ne peut naître et s’épanouir que sur l’humilité, laquelle est à la vie chrétienne ce qu’est l’humus à la végétation.

4
L’humilité c’est la vérité disait sainte Thérèse d’Avila !
L’humilité n’est pas synonyme de timidité ou de paresse, encore moins de démission.
L’humilité ne consiste pas à se mépriser, ni à s’abaisser systématiquement, mais à être vrai avec soi-même, avec les autres et avec Dieu.
La vie des saints atteste qu’il n’y a pas d’autre chemin que l’humilité pour accéder à Dieu, pour se connaître soi-même et pour rencontrer son semblable en toute vérité.

L’humilité nous ouvre à Dieu et aux autres, cette vertu exquise nous ouvre à la vie du Christ en nous : Plus nous aurons la pauvreté du cœur, plus nous serons devant Dieu comme des mendiants prêts à tout recevoir de sa grâce, parce que « Dieu résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles » dit Saint Pierre dans sa première épître.

Demandons à la Vierge Marie, humble servante du Seigneur, de nous obtenir la grâce, de grandir dans l’humilité pour que nous puissions chanter avec Elle les versets de son Magnificat : « Le Seigneur renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles, Il comble de biens les affamés. »
AMEN

21ème Dimanche ordinaire – C - Dimanche 25 août 2019

Frères et Sœurs,
Dans L’Evangile de ce dimanche le Christ nous met en garde contre l’insouciance.
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, dit-Il, car je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas ! »
En disant cela, le Christ nous renvoie à notre propre responsabilité, à notre liberté et à l’Espérance qui habite nos cœurs.
L’Espérance, vertu théologale, qui se fonde sur la Miséricorde de Dieu dont nous n’avons pas le droit de douter.
Nous savons que la patience de Dieu est immense.
Mais il ne faut pas en abuser pour autant parce qu’Il peut arriver un moment qui se nomme « trop tard » : Voilà le grand mystère !

Dans la relation entre Dieu et chacun d’entre nous, il existe un moment qui nous inscrit dans le définitif, c’est l’instant de notre mort qui fixe notre éternité.
Il est vrai que ce « trop tard » possible, heurte violemment notre sensibilité.
Peut-il y avoir un « trop tard » pour l’infinie miséricorde de Dieu ?

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Il faut l’avouer, nous n’aimons pas trop ces passages de l’Evangile qui parlent de l’enfer, de la damnation possible, parce qu’ils nous paraissent contredire la conception que nous nous faisons de l’amour de Dieu, de la miséricorde de Dieu.
L’Eglise croit qu’il existe bien un « trop tard » éternel, et que la possibilité de l’enfer est quelque chose de bien réel.
Mais si la possibilité de la perdition existe, Salut et damnation ne sont pas à mettre sur un même pied d’égalité, pour la bonne raison, que le Christ a offert sa vie pour que nous ayons la vie et la vie en abondance. (Jn10,10)
Nulle part dans l’Evangile, le Christ parle du nombre des élus. Sa volonté c’est que nous soyons sauvés et pour l’être il faut s’efforcer de vivre les Béatitudes !

Frères et Sœurs,
La « porte est étroite », mais elle est ouverte !
Le Christ s’est Lui-même présenté comme la « porte des brebis », la porte qui donne accès au Salut !
« Il y a les derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers. » (Luc13,20)
Dans l’Evangile nous voyons le Christ attendre l’enfant prodigue, réhabiliter la femme adultère. Répondre à l’attente de Zachée en venant chez lui.
Le Christ accueille la conversion de Marie-Madeleine, Il pardonne à Pierre son reniement et accueille au paradis le bon larron.
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« La porte est étroite », parce que le salut passe par la croix, c’est-à-dire par le don de soi qui est renoncement.
Passer par la porte étroite c’est accepter de se laisser, jour après jour, façonner, corriger et remodeler par L’Esprit Saint qui est « l’éducateur de nos âmes » comme le dit le livre de la Sagesse.

Le Christ dit à chacun d’entre nous : « viens et suis-moi ».
Le Seigneur nous parle toujours à travers ce qui nous arrive, Il nous rejoint dans les évènements qui nous touchent :
« Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils », dit l’auteur de l’épître aux Hébreux.
Le Seigneur en bon pédagogue nous adresse cette leçon divine comme un appel à partir dans une autre direction avec un nouvel élan, c’est le sens du mot conversion.

Cette leçon divine, c’est par exemple l’épreuve qui nous humilie et nous révèle notre faiblesse et notre péché, c’est l’épreuve qui nous invite à réfléchir et nous engage à faire retour sur nous-mêmes, à découvrir un nouvel horizon.

Cette leçon divine ce peut être un échec de la vie affective ou professionnelle, elle peut être une blessure de l’amour propre, un reproche reçu d’un ami, l’apparition d’un conflit ou toute autre manifestation de l’adversité.

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Frères et Sœurs,
Retenons de ce passage d’Evangile que le salut est gratuit au sens où il est une grâce, il dépend d’abord et surtout de la bienveillance de Dieu, mais aussi de notre libre participation personnelle ; il faut le vouloir et s’y engager avec constance et persévérance. Cela relève de notre responsabilité.

Saint Augustin disait : « que si Dieu nous a créés sans nous, Il ne nous sauve pas sans nous. »

Nous franchirons « la porte étroite » avec le Christ si nous nous mettons au service des autres à travers notre sollicitude, notre bienveillance, notre écoute et notre compréhension.
Nous franchirons « la porte étroite » avec le Christ si nous essayons d’adorer le Père comme Il le fait, en faisant appel à Sa lumière et à Sa force, en devenant plus proche de Lui par la prière.
Si nous avons vécu cela humblement et fidèlement nous entendrons le Christ nous dire : « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé… » (Mat. 25, 34) c’est alors que nous franchirons avec Lui « la porte étroite » qui nous fera accéder à la plénitude du bonheur éternel.

AMEN

Consécration de la paroisse à la Bienheureuse Vierge Marie - 15 août 2019

Ô Marie, Invoquée dans cette église sous le vocable de Notre Dame du Salve.
Avec une gratitude renouvelée pour votre présence maternelle, accueillez avec votre bienveillance de Mère la consécration de la paroisse Saint Laud que nous accomplissons aujourd’hui avec confiance en ce jour où nous célébrons avec toute l’Eglise votre Assomption au Ciel.

Nous unissons notre voix et notre prière à celles de toutes les générations de paroissiens qui sont venus et qui viennent toujours se confier à vous et qui vous disent Bienheureuse parce qu’ils savent que rien ne vous est étranger de tout ce qui habite leurs pensées, leurs joies et leurs peines, et parce que jamais vous ne vous lassez d’intercéder avec bonté, pour les mettre sur le chemin des Béatitudes.

Qu’à votre prière vous nous obteniez la grâce d’une volonté constante pour vivre l’amour de Dieu et du prochain.

Guidez chacun de nous sur le chemin de la sainteté.
Enseignez-nous votre amour de prédilection pour les petits et les pauvres, pour les personnes qui souffrent et qui ploient sous le poids des épreuves, pour celles qui cherchent le sens de leur vie, pour les pécheurs et les désespérés.

Ravivez et nourrissez notre Foi, soutenez et illuminez notre Espérance, suscitez et développez notre Charité pour que celle-ci soit inventive et que notre paroisse, à travers ses membres, soit toujours davantage missionnaire et qu’elle soit ainsi l’une des joies de Dieu.

Nous savons que chacun de nous a du prix à vos yeux, conduisez-nous au Christ Bon Pasteur et confiez-nous à votre Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ. AMEN

Assomption – C - Jeudi 15 août 2019

Frères et Sœurs,
L’Assomption, est après l’Immaculée Conception, le second dogme marial moderne.
Les dogmes de l’Eglise concernant la Vierge Marie naissent de la reconnaissance par l’Eglise de l’œuvre de Dieu en Elle et à travers Elle.
C’est le Concile d’Ephèse en 431 qui a donné à Marie le titre de Mère de Dieu, affirmant du même coup que, en Jésus, il n’y a qu’une personne possédant deux natures, l’une divine, l’autre humaine.
Le dogme de l’Assomption a été proclamé par le Pape Pie XII le 1er novembre 1950 qui s’exprimait ainsi : « Au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge a été prise corps et âme dans la gloire céleste ».
C’est parce que la Vierge Marie fût la première dans la Foi et la première dans la compassion, qu’Elle est la première à partager la gloire de son Fils.

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C’est cette proximité, cette intimité et cette distance à la fois avec Le Christ qui donne à La Vierge son immense rayonnement.
Le bonheur profond qui anime tout son être et toute son action lui vient de la présence de Dieu en Elle.
Dans le magnificat, Marie dit à sa cousine Elisabeth : « Toutes les générations me proclameront bienheureuse » (Lc 1, 48).
Frères et Sœurs,
L’Assomption de Marie est pour toute l’humanité un gage d’Espérance, une promesse de résurrection. Le bonheur que connaît la Vierge Marie, nous sommes tous appelés à le connaître.
Mère de Jésus Christ, Marie, par sa vie toute donnée, nous rappelle la primauté du don de soi dans l’amour. Elle nous apprend que s’appliquer à bien faire jour après jour les petites choses du quotidien est le secret de la sainteté.
C’est alors que notre vie devient une marche vers le Ciel, un pèlerinage, où nous avançons dans la Foi vers le bonheur éternel que Dieu nous prépare.
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Il ne s’agit pas d’un rêve illusoire, imaginé pour nous faire mieux supporter les souffrances de la vie.
Il s’agit de l’Espérance que le Christ nous donne avec la lumière de l’Evangile et la force de l’Esprit Saint.
Cette lumière et cette force, la Vierge Marie la déploie aujourd’hui comme hier à travers les saints qu’Elle suscite et qu’Elle inspire.
Nous pensons en particulier aux innombrables martyrs d’aujourd’hui qui à l’instar de la Vierge Marie témoignent de la force de l’Amour, par leur courage, leur confiance et leur fidélité.
Frères et Sœurs,
La vie de la Vierge Marie est la preuve vivante de la victoire du Christ sur les puissances du mal.
Avec Elle, nous savons que le Royaume de la lumière l’emportera définitivement sur les puissances des ténèbres.
Sainte Thérèse de Lisieux aimait répéter que Marie est plus Mère que Reine !

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C’est parce que Marie est au Ciel, dans la plénitude et la perfection de sa nature humaine glorifiée, qu’Elle nous est si proche, au point de connaître chacun de nous personnellement, dans la lumière de Dieu et d’entendre notre prière.
C’est parce que Marie est la Mère de l’Eglise que nous lui consacrons notre paroisse et que nous nous plaçons sous sa protection pour qu’Elle nous conduise au Christ Bon Pasteur et nous confie à Lui l’unique Sauveur.
Elle est notre Mère tout à la fois attentive, bienveillante et puissante. Elle sait que l’homme est plus grand que le péché qui peut ternir son cœur, et c’est cette grandeur qu’Elle aime jusque dans nos faiblesses.
Dans les temps difficiles que nous traversons, il peut nous arriver parfois de douter :
Est-ce que le Royaume de Dieu existe vraiment ? Y a-t-il une vie après la mort ? Regardons Marie, invoquons-la, Elle nous répondra, Elle nous exaucera.

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La divinité de Jésus n’est-elle pas une illusion ? Regardons Marie, Elle est la Mère de Dieu, Elle a vraiment donné sa chair au Fils de Dieu.
S’il nous arrive de douter de l’Eglise, de son enseignement, voire de sa survie : regardons Marie, Impossible de la regarder sans se mettre à l’aimer, et si nous l’aimons, nous aimerons aussi l’Eglise et nous saurons que les puissances de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle. (Mt 16,18)
Et si nous pensons que tout va mal dans notre monde, regardons Marie, Elle est l’Etoile qu’il suffit de regarder pour ne pas sombrer dans le désespoir. Saint Bernard disait : « qui suit Marie ne peut dévier ». Son nom signifie « Etoile de la mer » ; qu’Elle soit pour nous tous l’Etoile qui nous guide vers le Ciel !
Frères et Sœurs,
En regardant Marie, nous puisons sans cesse notre joie dans le Seigneur qui fait pour nous aujourd’hui des merveilles parce qu’Il se souvient de son amour d’âge en âge.

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En regardant Marie avec les yeux de la Foi, nous entrevoyons l’invisible, la beauté du Ciel dans sa magnificence, là où Elle nous accueillera dans la gloire du Christ Ressuscité.
AMEN