Consécration de la paroisse à la Bienheureuse Vierge Marie - 15 août 2019

Ô Marie, Invoquée dans cette église sous le vocable de Notre Dame du Salve.
Avec une gratitude renouvelée pour votre présence maternelle, accueillez avec votre bienveillance de Mère la consécration de la paroisse Saint Laud que nous accomplissons aujourd’hui avec confiance en ce jour où nous célébrons avec toute l’Eglise votre Assomption au Ciel.

Nous unissons notre voix et notre prière à celles de toutes les générations de paroissiens qui sont venus et qui viennent toujours se confier à vous et qui vous disent Bienheureuse parce qu’ils savent que rien ne vous est étranger de tout ce qui habite leurs pensées, leurs joies et leurs peines, et parce que jamais vous ne vous lassez d’intercéder avec bonté, pour les mettre sur le chemin des Béatitudes.

Qu’à votre prière vous nous obteniez la grâce d’une volonté constante pour vivre l’amour de Dieu et du prochain.

Guidez chacun de nous sur le chemin de la sainteté.
Enseignez-nous votre amour de prédilection pour les petits et les pauvres, pour les personnes qui souffrent et qui ploient sous le poids des épreuves, pour celles qui cherchent le sens de leur vie, pour les pécheurs et les désespérés.

Ravivez et nourrissez notre Foi, soutenez et illuminez notre Espérance, suscitez et développez notre Charité pour que celle-ci soit inventive et que notre paroisse, à travers ses membres, soit toujours davantage missionnaire et qu’elle soit ainsi l’une des joies de Dieu.

Nous savons que chacun de nous a du prix à vos yeux, conduisez-nous au Christ Bon Pasteur et confiez-nous à votre Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ. AMEN

Assomption – C - Jeudi 15 août 2019

Frères et Sœurs,
L’Assomption, est après l’Immaculée Conception, le second dogme marial moderne.
Les dogmes de l’Eglise concernant la Vierge Marie naissent de la reconnaissance par l’Eglise de l’œuvre de Dieu en Elle et à travers Elle.
C’est le Concile d’Ephèse en 431 qui a donné à Marie le titre de Mère de Dieu, affirmant du même coup que, en Jésus, il n’y a qu’une personne possédant deux natures, l’une divine, l’autre humaine.
Le dogme de l’Assomption a été proclamé par le Pape Pie XII le 1er novembre 1950 qui s’exprimait ainsi : « Au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge a été prise corps et âme dans la gloire céleste ».
C’est parce que la Vierge Marie fût la première dans la Foi et la première dans la compassion, qu’Elle est la première à partager la gloire de son Fils.

2
C’est cette proximité, cette intimité et cette distance à la fois avec Le Christ qui donne à La Vierge son immense rayonnement.
Le bonheur profond qui anime tout son être et toute son action lui vient de la présence de Dieu en Elle.
Dans le magnificat, Marie dit à sa cousine Elisabeth : « Toutes les générations me proclameront bienheureuse » (Lc 1, 48).
Frères et Sœurs,
L’Assomption de Marie est pour toute l’humanité un gage d’Espérance, une promesse de résurrection. Le bonheur que connaît la Vierge Marie, nous sommes tous appelés à le connaître.
Mère de Jésus Christ, Marie, par sa vie toute donnée, nous rappelle la primauté du don de soi dans l’amour. Elle nous apprend que s’appliquer à bien faire jour après jour les petites choses du quotidien est le secret de la sainteté.
C’est alors que notre vie devient une marche vers le Ciel, un pèlerinage, où nous avançons dans la Foi vers le bonheur éternel que Dieu nous prépare.
3
Il ne s’agit pas d’un rêve illusoire, imaginé pour nous faire mieux supporter les souffrances de la vie.
Il s’agit de l’Espérance que le Christ nous donne avec la lumière de l’Evangile et la force de l’Esprit Saint.
Cette lumière et cette force, la Vierge Marie la déploie aujourd’hui comme hier à travers les saints qu’Elle suscite et qu’Elle inspire.
Nous pensons en particulier aux innombrables martyrs d’aujourd’hui qui à l’instar de la Vierge Marie témoignent de la force de l’Amour, par leur courage, leur confiance et leur fidélité.
Frères et Sœurs,
La vie de la Vierge Marie est la preuve vivante de la victoire du Christ sur les puissances du mal.
Avec Elle, nous savons que le Royaume de la lumière l’emportera définitivement sur les puissances des ténèbres.
Sainte Thérèse de Lisieux aimait répéter que Marie est plus Mère que Reine !

4
C’est parce que Marie est au Ciel, dans la plénitude et la perfection de sa nature humaine glorifiée, qu’Elle nous est si proche, au point de connaître chacun de nous personnellement, dans la lumière de Dieu et d’entendre notre prière.
C’est parce que Marie est la Mère de l’Eglise que nous lui consacrons notre paroisse et que nous nous plaçons sous sa protection pour qu’Elle nous conduise au Christ Bon Pasteur et nous confie à Lui l’unique Sauveur.
Elle est notre Mère tout à la fois attentive, bienveillante et puissante. Elle sait que l’homme est plus grand que le péché qui peut ternir son cœur, et c’est cette grandeur qu’Elle aime jusque dans nos faiblesses.
Dans les temps difficiles que nous traversons, il peut nous arriver parfois de douter :
Est-ce que le Royaume de Dieu existe vraiment ? Y a-t-il une vie après la mort ? Regardons Marie, invoquons-la, Elle nous répondra, Elle nous exaucera.

5
La divinité de Jésus n’est-elle pas une illusion ? Regardons Marie, Elle est la Mère de Dieu, Elle a vraiment donné sa chair au Fils de Dieu.
S’il nous arrive de douter de l’Eglise, de son enseignement, voire de sa survie : regardons Marie, Impossible de la regarder sans se mettre à l’aimer, et si nous l’aimons, nous aimerons aussi l’Eglise et nous saurons que les puissances de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle. (Mt 16,18)
Et si nous pensons que tout va mal dans notre monde, regardons Marie, Elle est l’Etoile qu’il suffit de regarder pour ne pas sombrer dans le désespoir. Saint Bernard disait : « qui suit Marie ne peut dévier ». Son nom signifie « Etoile de la mer » ; qu’Elle soit pour nous tous l’Etoile qui nous guide vers le Ciel !
Frères et Sœurs,
En regardant Marie, nous puisons sans cesse notre joie dans le Seigneur qui fait pour nous aujourd’hui des merveilles parce qu’Il se souvient de son amour d’âge en âge.

6
En regardant Marie avec les yeux de la Foi, nous entrevoyons l’invisible, la beauté du Ciel dans sa magnificence, là où Elle nous accueillera dans la gloire du Christ Ressuscité.
AMEN

19ème Dimanche Ordinaire – C - Dimanche 11 août 2019

« Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. »
Sont les premiers mots de l’Evangile de ce dimanche.

Frères et Sœurs,
Ces paroles du Christ, doivent nous encourager et nous fortifier dans notre confiance et dans notre espérance.
Toutefois dans la suite du passage de ce même Evangile, le Christ nous invite à la vigilance : « Tenez-vous prêts, dit-Il : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ? »
Ce qui veut dire que notre destin éternel peut se fixer à tout moment, et cette heure-là nous est inconnue !
En effet personne ne connait le jour et l’heure de sa mort.

Etre prêts pour le grand passage, être prêt pour la Rencontre avec un R majuscule, suppose donc que nous soyons prêts dès maintenant à reconnaître les signes de la présence du Christ dans les moments importants de notre vie, comme dans les évènements ordinaires de la vie quotidienne.
Mais pour être attentif aux signes de la présence du Seigneur, il faut être familier de la Parole de Dieu, et c’est
l’Esprit Saint demandé et reçu dans la prière qui nous permet d’entendre la même parole retentir dans notre vie.

2
L’Esprit Saint aiguise notre regard jusqu’à le rendre capable d’entrevoir la présence du Christ et de Le reconnaître, pour être accueillis par Lui au jour où nous paraîtrons devant sa face.
Nous rencontrons le Christ sous les traits du visage de l’homme malade ou seul qui a faim de pain ou d’amitié, comme de toute personne en détresse.
Et c’est ce même Jésus Christ qui nous rencontrerons à l’heure du jugement.

Frères et Sœurs,
Ce passage d’Evangile nous invite à la vigilance.
Deux moyens parmi d’autres nous permettent de garder « nos lampes allumées » :
L’examen de conscience et la prière quotidienne, l’un et l’autre sont inséparables !

L’examen de conscience, ce bilan de tous les jours qui nous permet de répondre à la question : où en suis-je ?
Et qui nous permet également de refaire jour après jour le choix du Christ et de l’Evangile : « faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux » dit Jésus.

La prière quotidienne.
Prier, c’est reconnaître Dieu dans sa création, c’est deviner la secrète présence de son Esprit-Saint, au cœur de chacun, et de soi-même.
3
Prier c’est vivre sa journée sous le regard de Dieu dans la paix et la joie de l’Evangile.
Prier, c’est aussi implorer la miséricorde de Dieu au terme d’un examen de conscience pour vivre en plénitude la grâce du pardon sacramentel après avoir confessé ses péchés.
Saint Padre Pio disait au sujet de la nécessité de prier : « Celui qui prie beaucoup se sauve. Celui qui prie peu est en danger. Celui qui ne prie pas se damne. »

Frères et Sœurs,
Dans l’Evangile le Christ nous avertit que : « Là où est notre trésor, là aussi sera notre cœur. »
Il s’agit donc de savoir ce qui constitue notre trésor, quel est le centre et le principe d’unité de notre vie ?
Quelle en est la source, qu’elle est la finalité de notre existence !
Est-ce l’argent, les honneurs, la puissance, la réussite aussi légitime soit-elle ?
Ou bien est-ce le Christ et son Evangile qui porte l’amour et l’éternité de Dieu.

Les huit Béatitudes qui sont la charte du Royaume à venir sont aussi notre boussole. Elles nous permettent de vérifier si nous gardons le cap sur notre Salut éternel.

4
Si l’Evangile est vraiment la lumière qui guide notre vie, alors, nous pouvons envisager avec plus de confiance et de sérénité l’heure de notre mort qui coïncidera pour chacun de nous avec la rencontre du Fils du Dieu Vivant.

C’est ce qu’ont vécu dans la confiance et la paix tous les saints. Ils sont nos modèles. Leur exemple nous encourage.
Les saints vont à l’essentiel. Ils n’ont pas peur de la croix, parce qu’ils savent que d’elle jaillit la lumière.
Les saints ont les yeux fixés sur le Christ dont ils découvrent la miséricorde infinie. Ils se relèvent sans cesse, ils ne sont pas ceux qui ont le moins péché, mais ceux qui ont le plus aimé, comme Saint François d’Assise, Saint Dominique Saint Jean Bosco, Sainte Thérèse, et tant d’autres.
Sur leurs visages rayonnent la lumière du Christ-Ressuscité, que ce soit par exemple :

  • Dans l’inaltérable jeunesse de cœur du moine en prière ou de la femme consacrée.
  • Dans la joie d’un foyer que l’amour conduit à aimer les autres.
  • Dans la cohésion de la famille qui vit le mystère de l’Alliance.
  • Dans la ferveur d’une communauté chrétienne qui préfigure l’unité du Corps du Christ et en donne l’avant-goût.

5
Demandons à la Vierge Marie que nous allons fêter dans quelques jours dans la gloire de son Assomption de prier pour nous maintenant et à l’heure de notre mort pour que le Seigneur « nous trouve en train de veiller ».

AMEN

18ème Dimanche Ordinaire – C - Dimanche 4 août 2019

Frères et Sœurs,
Dans cette Parabole que nous venons d’écouter, le Christ rappelle à son interlocuteur qu’il doit se « garder de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »
Le Christ montre l’attitude que doit avoir le disciple vis-à-vis de l’argent et des richesses de ce monde.
Cette manière-là consiste à s’enrichir pour Dieu.
Et on ne peut gagner Dieu par des richesses, sauf en les distribuant aux pauvres.

Cette Parabole nous concerne tous, parce que tous nous avons à nous détacher des biens matériels qui tendent à prendre la première place, celle qui doit revenir à Dieu.

Vouloir accumuler l’argent et les biens et s’y attacher inconsidérément, c’est courir le risque que ce ne soit plus nous qui les possédions, mais eux qui nous possèdent !

En ce sens on peut dire que si l’argent est un bon serviteur, il est en revanche un mauvais maître !

Dans la Parabole, le riche ne pense qu’à lui, et se croit en sécurité parce qu’il possède des biens.

2
Il en oublie d’une part ceux qui l’ont aidé par leur travail à s’enrichir et d’autre part, aveuglé par l’argent, il en oublie les fins dernières.
Tous ces biens n’empêchent pas la mort de le surprendre et il se trouve subitement les mains vides devant son éternité !

Le Seigneur lui dit : « Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

Le riche n’est pas fou seulement parce que la mort vient ruiner ses espérances, ni parce qu’il ne sait à qui ira son bien.
Le riche est fou parce qu’il s’est enrichi pour lui-même, dans son propre intérêt, sans voir plus loin que son intérêt immédiat.

Le Christ dit « tu es fou », comme à l’homme riche de la parabole à tous ceux et celles qui lui ressemblent !

Nous connaissons tous des personnes qui en toute chose pensent d’abord « argent », leur cœur n’est pas vraiment libre.
La soif de posséder, l’appât du gain, la cupidité sont une idolâtrie dit Saint Paul dans la seconde lecture.

3
Frères et Sœurs,
La société dans laquelle nous vivons est matérialiste.
Le but de la vie pour la plupart des gens est de gagner de l’argent, de s’enrichir, parce que l’argent est synonyme de puissance et d’aisance, et qu’il contribue légitimement au bien-être.

Mais si le Christ se montre sévère vis à vis de l’argent, c’est parce que l’argent a le redoutable pouvoir d’assécher et d’asservir le cœur.
Le Saint Curé d’Ars fustigeait les mauvais riches en disant : « les linceuls n’ont pas de poche !

On peut facilement se faire une bonne conscience et susciter l’admiration en consacrant une partie minime de ses revenus à des œuvres caritatives ou sociales ; mais à condition que cela n’entraîne pas une diminution du pouvoir d’achat !

Alors, quand il s’agit d’un choix de vie pour soi-même ou pour ses enfants, on recherche la situation la plus lucrative, en écartant d’emblée, celle qui serait plus désintéressée, mais plus utile au bien commun, ou même pire, celle qui découlerait d’une vocation au service de Dieu et des autres.

4
Le Christ nous veut détachés des biens de ce monde, avec un cœur libre et une âme de pauvre pour rayonner la bienveillante ouverture aux autres qui est la marque du disciple, et vivre ainsi dans la paix et la joie pour ce qui demeure éternellement, et non pour ce qui doit périr.

Amasser un trésor dans le ciel, c’est agir toujours en vue du Royaume des cieux.
Que l’on soit riche ou pauvre des biens de ce monde importe peu !
L’essentiel :

  • c’est l’amour dont Dieu nous aime,
  • c’est la liberté des enfants de Dieu,
  • c’est la Communion des saints dans la Lumière.
    C’est cela l’essentiel qui constitue notre trésor.

Frères et Sœurs,
C’est ce trésor, c’est cette grâce de l’essentiel, qu’il nous faut demander dans notre prière.
C’est cette liberté du cœur qui consiste à s’en remettre totalement à Dieu comme si tout dépendait de Lui et à tout faire comme si tout dépendait de nous !

Que la Vierge Marie qui est la Mère de la Sainte Espérance, nous aide à mieux comprendre toutes ces choses qu’ « Elle gardait dans son cœur » !

AMEN

17ème Dimanche Ordinaire – C - Dimanche 28 juillet 2019

Frères et Sœurs,
Dans ce passage de l’Evangile de Saint Luc que nous venons d’écouter, le Christ nous apprend comment prier.
Son enseignement est à la fois une invitation et une initiation à la prière qui comporte une série de demandes :

  • Le don du pain quotidien,
  • Le pardon de nos péchés,
  • Le courage de transmettre ce pardon en pardonnant à ceux qui nous ont offensés,
  • Et la grâce de ne pas entrer en tentation.

Cette prière du Notre Père est tout à la fois une école de paix et de joie à travers laquelle, le Christ nous apprend à aimer et à espérer.

Les disciples l’ont tout de suite reconnu comme une prière fondamentale.
Ils ne l’ont ni allongée, ni surchargée, ni commentée, instinctivement ils l’ont gardée dans toute sa simplicité et sa force.
Cette marque d’authenticité nous rend le Notre Père d’autant plus précieux.

2
Concentré sur l’essentiel, le Notre Père est l’expression profonde de la vie religieuse du disciple.

Par sa densité le Notre Père est un abrégé de l’Evangile.
Tertullien appelait le Notre Père le « bréviaire de tout l’Evangile ».

Frères et Sœurs,
En nous enseignant à prier avec le Notre Père, le Christ nous établit dans deux relations qui en réalité sont les deux rythmes d’une même et seule vie :
Notre relation filiale par rapport à Dieu,
Notre relation fraternelle par rapport aux hommes.

Le Seigneur nous enseigne l’impérieuse nécessité du pardon pour entrer dans le Royaume.
Notre destin, réside dans la plénitude du bonheur qu’est la Vie éternelle.
Ce bonheur se prépare jour après jour en nous efforçant de vivre, avec la grâce de Dieu, la charte du Royaume que sont les huit Béatitudes.

La conscience que nous avons de ce besoin de pardon nous conduit à répéter inlassablement : « Pardonne-nous nos offenses. »
Pardon et réconciliation nous font croître dans notre intimité avec le Seigneur.
Le pardon est la forme la plus haute de l’amour et son plus beau témoignage.

3
De plus, pardon et réconciliation ont un rôle social, parce qu’ils permettent de faire progresser la concorde et la paix entre les hommes.
Si c’est la grâce du pardon que nous demandons au Seigneur, si c’est cela que nous désirons vraiment, alors oui, la promesse du Christ ne saurait mentir : « Demandez et vous recevrez. »

Et pourtant, il nous arrive de penser que nous prions en vain ; que notre prière ne rencontre aucun écho à nos supplications en dépit des promesses du Christ :
« Demandez et vous obtiendrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira. »

Ceci nous amène à nous poser cette question : qu’attendons-nous de Dieu ?

Est-ce que nous attendons qu’Il nous mette à l’abri des peines et des souffrances, des multiples contrariétés de la vie quotidienne ?

Est-ce que nous attendons qu’Il satisfasse nos besoins immédiats ou encore nos ambitieux désirs de réussite temporelle ?

Est-ce que nous attendons qu’il nous épargne des graves maladies, des catastrophes de toutes sortes ?

4
Toutes ces demandes sont parfaitement légitimes ; et il faut les faire dans la confiance, en s’abandonnant au pouvoir et au savoir de Dieu qui sait le meilleur pour chacun d’entre nous.

Se mettre à l’écoute de ce que le Seigneur veut nous dire de nos vrais besoins c’est déjà prier : « L’homme ne vit pas que de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».
Voilà qui nous éclaire sur la nature de ce « pain » qu’il convient de demander en priorité.

Ce pain c’est le don de l’Esprit Saint qui nous aide à chercher la volonté de Dieu à la lumière de l’Evangile, dans l’Eglise, à travers nos frères et dans les évènements qui nous touchent et ceux du monde qui nous entourent.

L’Esprit Saint nous apprend à vouloir d’abord ce que Dieu veut et Il nous en donne l’audace et la force, et « tout le reste nous est donné par surcroît. » (Mat.6, 33) dit Jésus.

Frères et Sœurs,
L’Evangile de ce dimanche décrit l’insistance du Christ sur la prière de demande. Si c’est la grâce d’être « disciple-missionnaire » que nous demandons, si c’est vraiment cela que nous désirons, alors oui, la promesse du Christ ne saurait mentir : « Demandez et vous recevrez. »
5
L’Esprit Saint est l’éducateur de nos âmes dit l’auteur du livre de la Sagesse. Demandons-Lui qu’Il éduque notre prière en nous donnant le goût de la prière, et nous aide ainsi à chercher Dieu.

AMEN

16ème Dimanche Ordinaire – C - Dimanche 21 juillet 2019

Frères et Sœurs,
La liturgie de la parole de ce dimanche, propose à notre méditation deux scènes bibliques qui mettent en évidence la vertu réjouissante de l’accueil :

Dans la première lecture nous voyons Abraham avec son épouse Sara s’affairer à préparer le festin de l’hospitalité.

Dans l’Evangile Marthe se préoccupe d’offrir à Jésus un repas digne du Grand Ami venu surprendre à Béthanie cette famille si proche de son cœur.

Et nous avons entendu Marthe interpeller le Christ au sujet de sa sœur Marie : « Seigneur cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule faire le service. Dis-lui donc de m’aider ! » (Luc 10,10)

Marie est la figure de l’Eglise, elle est assise aux pieds du Christ, « l’Unique Nécessaire ». Elle se laisse instruire, elle L’écoute, elle Le regarde. C’est cela la meilleure part de Marie.
Marthe est la figure du monde : La part de Marthe c’est l’activité, le dévouement « elle est accaparée par les multiples occupations du service. Elle s’agite, elle s’inquiète pour bien des choses. »
2
Le monde n’est pas divisé entre « Marthe » et « Marie ».
Et ce n’est pas le fait du hasard si ces deux femmes restent « les sœurs de la même maison. »

Frères et Sœurs,
De l’exemple de Marthe et de Marie, comprenons que l’expérience de Dieu est nécessaire à toute vie chrétienne, qu’elle soit active ou contemplative.
Profitons de cette période estivale et des vacances, où nous avons plus de temps pour nous-mêmes, pour nous interroger sur le soin que nous portons à notre vie spirituelle :

  • Qu’en est-il de notre fidélité à la prière, aux sacrements, à la méditation de la Parole de Dieu, à notre place dans la vie de l’Eglise et à notre attention bienveillante au prochain.

Vivre en présence du Seigneur comme Marthe et Marie nécessite de prendre du temps chaque jour pour L’écouter, Lui tendre notre main et Lui ouvrir notre cœur pour recevoir « la meilleure part » de son Amour, de sa Lumière et de sa Vie.

  • Que faisons-nous de cette vie divine que le Christ Lui-même est venu inaugurer au jour de notre baptême pour faire sa demeure en nous ?

3

  • Que faisons-nous du Christ qui est en nous comme un trésor caché au plus profond de notre cœur et qui brille comme l’étincelle au dedans de notre âme ?

Frères et Sœurs,
Nous savons que si tant de choses dans la vie sont utiles et bonnes, possibles et bénies, toutes ne sont pas nécessaires. Saint Paul nous avertit que si « Tout m’est permis, tout ne m’est pas profitable. J’entends, moi, ne me laisser dominer par rien. » (I Cor 6,12)

L’Apôtre avait une conscience aigüe que l’Unique nécessaire c’est Dieu Lui même, parce qu’il est Lui, le seul Etre nécessaire, Celui par qui nous obtenons tout puisqu’Il est tout.
Même si certains comme les contemplatifs, qu’ils soient moines, moniales, ou ermites y consacrent l’essentiel de leur existence, affirmant en cela le primat de Dieu, il n’en est pas moins vrai que nous sommes tous concernés en vertu de notre baptême, par la recherche de cet « unique nécessaire » quel que soit notre état de vie.

Ce qui veut dire qu’au-delà de tout ce que l’on peut faire, dire et penser, au-delà de tout ce qui peut s’organiser, s’édifier, se partager, une seule chose est vitale : nourrir en nous la Foi l’Espérance et l’Amour ces trois vertus théologales qui nous font vivre en chrétiens et nous prépare à la vie éternelle.
4
Frères et Sœurs,
Le monde nous donne tant de choix possibles.
Tant de pistes à explorer, tant d’expérience à tenter ...
Et il y aurait tant à faire, il y aurait tant à dire, il y aurait tant à devenir !
Mais, « Une seule chose est nécessaire » proclame le Christ.
« Soit le monde, soit la vie, soit le présent, soit l’avenir, tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. » dit Saint Paul. (1 Co 3, 22-23)

La vie sociale comporte l’habitude des réceptions ; l’amabilité, le sourire, le bon cœur, ne sont pas toujours faciles, mais la civilité exige que l’on reçoive les invités avec le maximum de soins. On peut regretter parfois que la qualité de l’accueil se mesure trop habituellement à sa perfection conventionnelle.
Mais, dans la Foi nous savons que toute personne accueillie ou visitée est l’occasion d’une rencontre avec le Seigneur Lui-même.

Tout est grâce disait Sainte Thérèse de Lisieux.

Le prochain quel qu’il soit est celui vers qui le Christ nous envoie pour l’aimer de sa part et le servir. Il est en même temps celui en qui et par qui l’Esprit Saint nous sollicite et nous parle.

5
Que la Vierge Marie nous obtienne cette grâce d’accueillir le Christ non seulement pour qu’Il fasse sa demeure en nous, mais de savoir L’accueillir aussi quand nous accueillons quelqu’un, et que ce soit Lui que nous rencontrons quand nous sommes accueillis.

AMEN

15ème Dimanche Ordinaire – C - Dimanche 14 juillet 2019

Frères et Sœurs,
La liturgie de la Parole de ce dimanche nous invite à une profonde réflexion sur le rapport entre la Loi et l’Amour.
Le passage du Deutéronome, dans la première lecture, rappelle le contenu essentiel de la Loi de Moïse : l’amour de Dieu. « Reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. » Et l’auteur insiste sur la nécessité d’intérioriser cette loi afin de mettre l’observant à l’abri de tout formalisme desséchant : « Elle est tout prés de toi, cette Parole, insiste l’auteur sacré, elle est dans ta bouche et dans ton cœur afin que tu la mettes en pratique. »
Mais cette loi, qui semble tourner le fidèle vers Dieu seul, appelait son indispensable complément : l’amour du prochain.
Sans doute cette dimension horizontale n’était-elle pas absente de l’Ancien Testament, mais c’est au Christ que l’on doit d’avoir réuni les deux commandements en un seul, d’en avoir révélé l’indissociable unité.
2
Le passage de l’Evangile de Saint Luc, que nous venons d’écouter, nous donne à méditer la parabole du Bon Samaritain.
A la question du Christ « qui est mon prochain », le docteur de la loi répond évidemment - mais sans oser prononcer le mot « Samaritain », « celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Et le Christ de conclure : « Va et toi aussi fais de même ! »
Le Christ invite le docteur de la Loi à agir en bon Samaritain, c’est à dire à changer d’attitude pour considérer tout homme, fût-il son ennemi, comme son prochain.
Frères et Sœurs,
Voilà une invitation particulièrement riche de sens, le Christ engage ce maître de la loi à faire sienne une telle charité, à reconnaître comme vrai prochain un membre du peuple samaritain tant méprisé parce qu’étranger.

3
Enfin, dans l’esprit du Christ, le samaritain, par son attitude et son initiative, reproduit l’éternel comportement de Dieu à l’égard des hommes.
Si bien que l’invitation « à faire de même » équivaut à cet autre appel du Christ : « Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait. »

Frères et Sœurs,
Cette parabole du bon Samaritain nous donne l’opportunité en cette période estivale de réfléchir au sens que nous donnons à notre vie et aux fins dernières : la mort, le jugement ; le Ciel, la vie éternelle ou la damnation.
Nous serons jugés sur la façon dont nous aurons aimé Dieu et le prochain. Ce lien se réalise dans la personne du Christ, Verbe incarné, « image du Dieu invisible », nous rappelait Saint Paul dans le passage de l’Epître aux Colossiens, dans la seconde lecture.
4
Et l’Apôtre ajoutait, ce qui fait l’objet de notre Foi, « Il a voulu tout réconcilier par Lui et pour Lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa Croix. »

Frères et Sœurs,
Pour aimer vraiment il faut se tenir tout prés de la source de l’amour. Or c’est « Dieu qui est Amour ».
Lui seul, par le don de l’Esprit Saint, demandé et reçu dans la prière et les sacrements, nous permet d’aimer vraiment le prochain le plus proche, le membre de la famille, le voisin de palier, le compagnon de route, le collègue de travail.

Dans son encyclique « Lumen Fidei », le Pape François
invite les chrétiens, à non seulement regarder vers le Christ, mais à tout regarder du point de vue du Christ (N°18).
Dans notre monde hyper médiatisé où tant d’injustices sont dénoncées et de misères étalées, nous sommes parfois
5
accablés par l’afflux quotidien de la souffrance sous toutes ses formes, telle qu’elle nous parvient en temps réel par le canal des images et des informations.
Il ne faudrait pas que cela nous fasse oublier la générosité des bons samaritains d’aujourd’hui. Ils sont nombreux ces hommes et ces femmes, dont beaucoup de chrétiens à s’employer, au nom de l’Evangile, à arracher le monde de la spirale de la violence et de l’injustice, en étant présents dans les secteurs de la vie politique et sociale où s’élaborent les décisions qui engagent l’avenir des hommes.
Qu’à la prière de la Vierge Marie, le Seigneur nous accorde cette grâce de posséder un cœur et des mains de Bon Samaritain.
Ainsi, nous serons ces témoins de l’Amour du Christ, nous connaîtrons la joie de l’Evangile en ce monde et le bonheur de vie éternelle dans l’autre.
Amen

14ème Dimanche Ordinaire – C - Dimanche 7 juillet 2019

Frères et Sœurs,
La liturgie de la Parole de ce dimanche livre à notre méditation des versets de l’Ecriture sur l’envoi des disciples.
Dans l’Evangile, Jésus appelle et envoie, non plus douze, mais soixante douze disciples, ce qui indique que la mission d’annoncer le Règne de Dieu n’est plus exclusivement réservée aux douze Apôtres que le Christ a déjà choisis.
Le nombre de soixante douze est le chiffre symbolique des nations païennes pour le judaïsme, et indique l’universalité de la mission de l’Eglise.

Dans la seconde lecture, nous avons écouté un passage de l’Epître de Saint Paul aux Galates où il est raconté que sur le chemin de Damas, l’Apôtre avait entendu la voix du Christ : « Saul, Saul pourquoi me persécutes-tu ? »

Dans sa conversion fulgurante, Saint Paul avait compris en un éclair que le Christ était le Messie attendu et le Sauveur du monde. Il deviendra un ardent prédicateur de l’Evangile. Il consacrera toute sa vie et toutes ses forces à annoncer le mystère du Christ « scandale pour les juifs, folie pour les païens », tout en restant très attaché à la tradition religieuse de son peuple.
2
Saint Paul avait compris que ce qui compte, ce n’est plus la circoncision, mais d’être une « création nouvelle ».

Ce thème de la « création nouvelle » revient sans cesse dans ses Epîtres.
Celles-ci nous expliquent que nous sommes tous appelés à nous « dépouiller du vieil homme » qui est en nous, pour revêtir « l’homme nouveau ». C’est-à-dire vivre non pas selon la chair mais selon l’Esprit-Saint.

Les fruits de la chair étant : débauche, impureté, libertinage, discorde, jalousie, dissensions et colère - tandis que les fruits de l’Esprit sont : miséricorde, joie paix, bonté, fidélité, douceur et tempérance. (Galates 5, 19-22)

Frères et Sœurs,
Depuis 2000 ans, l’Eglise annonce l’Evangile, sous la conduite de ceux à qui le Christ dit : « Celui qui vous écoute, m’écoute ! » (Luc 10,16)
Et, il n’y a qu’une lignée apostolique envoyée par le Christ, celle des évêques, successeurs des Apôtres unis au successeur de Pierre, aujourd’hui le Pape François.
Dans notre monde sécularisé, ce qui s’apparente au religieux ou à la transcendance est marginalisé voire suspect, la confusion règne, et des sectes prolifèrent en abusant de la crédulité des gens.

3
Des groupes religieux sont aussi l’objet de dérives sectaires. Face à ce danger, l’Eglise se doit de relever ces nouveaux défis en promouvant une authentique interprétation des Ecritures et une spiritualité équilibrée et exigeante, à l’abri de toute manipulation.

« Le règne de Dieu est tout proche de vous » dit Jésus aux disciples qu’Il envoie « comme des agneaux au milieu des loups » : « Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

Marcher à la suite du Christ c’est se mettre à son école, Lui qui est « doux et humble de cœur » et qui nous donne la grâce et la paix véritable, celle dont nous parlent aujourd’hui l’Epître et l’Evangile.

Tandis que nous avançons au milieu des difficultés et des chutes, la Croix victorieuse du Christ est notre lumière nous rappelait Saint Paul dans l’Epître, l’Eucharistie est notre nourriture.
L’Esprit Saint est l’âme de l’Eglise, de sa force et de sa lumière resplendissent des saints aux multiples visages à travers les siècles, jusqu’à aujourd’hui.

L’Evangile est une Parole de vie, comme l’Eucharistie reçue en communion est le Pain de Vie !

4
Comme aux soixante douze disciples dont nous parlent Saint Luc dans l’Evangile, le Christ nous dit à nous aussi « Je vous envoie » et « ma grâce te suffit. »
Le Christ est le « Bon Pasteur » dont nous n’avons rien à craindre. Il nous donne jour après jour sa grâce pour vivre les Béatitudes qui nous ouvrent les portes de la Vie éternelle.
Le Pape émérite Benoît XVI lors de la messe d’inauguration de son pontificat, disait aux milliers de jeunes présents : « Le Christ donne tout et ne retire rien ».

Frères et Sœurs,
En cette période estivale nous avons plus de temps pour prier davantage.
Cette période de l’été est aussi l’occasion de donner à ceux qui souffrent autour de nous de solitude, ou d’épreuves de toutes sortes, un peu de notre temps pour l’écoute.
Sainte Thérèse de Lisieux disait : « aimer c’est tout donner et se donner soi-même ».

Une main tendue à un malade sur un lit d’hôpital, des mots échangés, la parole du regard croisé sont aussi l’expression de ce que nous sommes appelés à vivre en témoins de la tendresse du Christ.

5
Frères et Sœurs,
Unis à l’immense foule des croyants, les paroles décisives du Christ nous accompagnent : « Courage, petit troupeau, j’ai vaincu le monde. »

Que Marie, Mère de l’Eglise, nous guide par sa présence maternelle sur le chemin de la confiance, qui seule permet de réaliser de grandes choses.
AMEN

Fête du Corps et du Sang du Christ – C - Dimanche 23 juin 2019

Frères et Sœurs,
Chaque eucharistie actualise le mystère de la mort et de la résurrection du Seigneur pour nous faire vivre de la vie du Christ.
En célébrant aujourd’hui, la fête du Corps et du Sang du Christ, nous célébrons la fête de l’Eucharistie.
La Parole de Dieu a la puissance de réaliser ce qu’elle dit, parce que rien n’est impossible à Dieu : « Ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. »
Par la puissance de cette parole, et la force de l’Esprit de Dieu, lorsqu’un évêque ou un prêtre célèbre l’Eucharistie, là où était l’offrande du pain et du vin, se trouve réellement, sous les mêmes apparences, la présence de Jésus Christ en son Corps et en son Sang.
Ce Corps unique est le point de convergence de toutes les offrandes eucharistiques du monde entier.
2
« Il est grand le mystère de la foi » ! Proclamons-nous après la consécration.
Par la célébration de l’Eucharistie dans tout l’univers le Christ multiplie sa présence mais c’est le même Christ unique Sauveur que nous adorons.
C’est pourquoi, il nous est bon, à certains jours, de prendre du temps pour nous recueillir et pour nous ouvrir tout à la fois à sa présence par un temps d’adoration eucharistique silencieuse.
Ceci étant, l’Eucharistie n’est pas faite pour rester dans le tabernacle. C’est une autre présence réelle que le Seigneur veut nous procurer : sa présence en nous, sa présence dans nos vies, qu’Il vient nourrir, vivifier et sanctifier.
Il nous faut aller à la rencontre du Seigneur comme des êtres qui ont faim et soif de Lui.
Si le Christ a voulu devenir du pain, « le pain de vie », ce n’est pas seulement pour que nous le contemplions, c’est pour que nous nous en nourrissions.
3
C’est ce pain de Vie qui nous incorpore à Lui : « Celui qui mange ma chair, dit Jésus, demeure en moi, et moi en lui. »
Frères et Sœurs,
Que cette fête soit l’occasion de réfléchir à la manière dont nous participons à l’Eucharistie :
La messe dominicale, est-elle vraiment pour nous le moment important de la semaine, est-ce que nous nous y préparons en lisant avant, chez soi, les lectures de la liturgie de la Parole ?
La messe du dimanche, peut-elle être vraiment ce moment important de la semaine, si nous y participons que d’une manière négligente, en arrivant en retard et en partant avant la fin, ou en recevant la communion avec désinvolture ?
Trop de chrétiens communient sans discerner le corps du Christ, sans s’être purifiés par le sacrement de la pénitence-réconciliation.
4
Jamais nous ne devrions participer à la messe et communier comme des habitués, par routine.
Il est vrai qu’il nous arrive à certains jours, de prendre machinalement la file des communiants pour aller recevoir le Corps du Christ, sans trop réaliser ce que nous faisons !
Saint Paul nous a averti : « celui qui mange de ce pain et boit à cette coupe sans discerner le Corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation … » (1 Co 11, 29)
Discerner le corps du Christ, c’est reconnaître dans l’Eucharistie, sous le signe du pain et du vin, la présence toujours actuelle du corps du Christ Ressuscité et toujours Vivant.
Discerner le corps du Christ, c’est également reconnaître son corps dans la communauté rassemblée.
Saint Augustin s’adressant à ses chrétiens leur disait :

5
« Si vous êtes le corps du Christ votre mystère est sur la table du Seigneur ; Recevez ce que vous êtes, devenez ce que vous recevez. »
L’Eucharistie n’a d’autre but que de faire de nous des fils et des frères sous le regard de Dieu, notre Père à tous.
Car on ne peut être fils d’un « même Père » sans être « tous frères », ni se dire frères sans se reconnaître enfants du même Père.
Nous devenons alors vraiment ce que nous sommes : le Corps du Christ uni par le même Saint Esprit.

Frères et Sœurs,
Laissons-nous interpeller par les paroles de Jésus à la Samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu ». Que ces paroles nous conduisent à l’action de grâce, parce que l’eucharistie approfondit chacun dans ce qu’il a de plus personnel, et l’aide à devenir cet être unique, irremplaçable, dont Dieu veut avoir besoin.
6
Quand nous avons communié, si rien, bien sûr, n’a changé dans nos apparences, au plus profond de nous-mêmes il nous faut réaliser la vérité de ces mots de Saint Paul : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »

AMEN

Fête de la Sainte Trinité - C - Dimanche 16 juin 2019

Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, en célébrant le mystère de la Sainte Trinité, l’Eglise nous fait entrer dans la vie intime de Dieu : « un seul Dieu en trois personnes qui s’aiment et qui sont égales et distinctes. »

Saint Grégoire de Naziance, parlant de ce grand et beau mystère comparait « le Père à la source, le Fils à un fleuve et l’Esprit au courant du fleuve. »

Tout au long de l’Evangile, le Christ nous parle de son Père, qui L’a envoyé et dont Il fait la volonté en prenant notre condition humaine, pour nous apprendre le chemin de la vie éternelle en vivant l’Evangile des Béatitudes.

Le Christ parle aussi du Saint Esprit que nous avons célébré dimanche dernier lors de la fête de la Pentecôte. L’Esprit Saint qui procède du Père et du Fils.

Le Père et Lui nous L’envoient pour nous éclairer et nous fortifier dans la Foi et dans notre vie chrétienne.

C’est ainsi que lorsque nous lisons l’Evangile, c’est l’Esprit Saint qui nous aide à comprendre l’enseignement et la vie du Christ.
2
Nous recevons l’enseignement de la Foi de personnes qui l’ont-elles-mêmes reçu, et en remontant de génération en génération on s’aperçoit qu’à travers les âges, l’Eglise transmet l’enseignement des Apôtres.
L’Eglise ressemble à notre système artériel qui, à partir du cœur fait parvenir le sang jusqu’à la plus petite cellule. L’Eglise est en quelque sorte le système artériel qui, à partir du Christ, fait parvenir son enseignement et sa vie à toute personne qu’elle peut atteindre et qui l’accueille.

Frères et Sœurs,
Pour bien connaître une personne, il faut vivre avec elle, ou travailler avec elle.
Il en est de même avec le Seigneur qui veut faire sa demeure en nous ! C’est en aimant Dieu que nous arriverons à le connaître davantage. L’amour se vit et s’expérimente plus qu’il ne se définit.

Le Christ nous fait communier à son expérience de Fils vis-à-vis du Père et de Sauveur par rapport aux hommes. Il nous prend dans son mouvement d’adoration pour le Père et d’amour sauveur pour les hommes.
Tel est le mystère de l’Alliance contractée par le Seigneur avec chacun de nous à notre baptême.

Le Christ nous parle des trois personnes divines, mais jamais Il ne donne une définition de Dieu.

3
Nous avons celle que St Jean, l’Apôtre bien aimé du Seigneur, nous a donnée et qui résume tout l’Evangile :
« Dieu est Amour » : Dieu est un Père qui nous aime. »
Voilà pourquoi le Christ nous dit : « L’Esprit Saint vous guidera vers la vérité toute entière » car « l’Esprit Saint répand l’amour de Dieu dans les cœurs. »

Frères et Sœurs,
Il en découle que notre place est dans le cœur du Christ, « doux et humble » c’est Lui notre demeure !
« Si quelqu’un m’aime, dit Jésus, mon Père l’aimera. Il lui enverra l’Esprit Saint et nous ferons en lui notre demeure. »
Si nous vivons en présence du Seigneur, son amour nous vivifie et nous sanctifie. C’est alors que nous pouvons rayonner la joie, la paix, la bonté, la bienveillance, la douceur et la miséricorde qui sont des fruits de l’Esprit Saint.
De même que l’on parle de l’esprit de famille pour signifier le lien d’amour qui unit ses membres, de même le Saint Esprit qui est une des trois personnes de la Sainte Trinité est Celui qui unit le Père et le Fils dans une relation d’amour.

L’Esprit Saint agissant en nous fait de nous des « disciples-missionnaires », parce qu’Il est la source de tout témoignage, de tout apostolat.

4
Dans notre vie, nous connaissons tous des hauts et des bas, des événements subits, des changements imprévus. Tout cela le Seigneur le permet dans sa Providence, pour nous apprendre à vivre dans la confiance en Lui.

Cette confiance inébranlable est le secret de la vie des saints, qui vivent en présence du Seigneur.
Chez les saints, la lampe de leur sanctuaire intérieur est toujours allumée, elle ne s’éteint pas, elle ne s’éteint jamais, parce qu’ils ont en eux la lumière, la paix et la joie de Dieu que le monde ne peut leur ravir.
Les saints, parce qu’ils marchent à la suite du Christ, rayonnent la lumière de la vie, ils ne marchent pas dans les ténèbres, nous dit Saint Jean. (Jean 8, 12)
Leur exemple nous encourage et nous stimule à faire le bien et à les imiter, eux, qui ont la force et l’humilité de rendre le bien pour le mal qu’on leur fait, de pardonner et de prier pour ceux qui les font souffrir.

Frères et Sœurs,
Saint François de Sales disait que « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu », ce que Sainte Thérèse de Lisieux dira autrement : « tout est grâce » !

Que la Vierge Marie, miroir de la Trinité Sainte, nous apprennent à vivre dans une toujours plus grande intimité avec le Dieu vivant qui est Père, Fils et Saint Esprit.
AMEN

7ème dimanche de Pâques – C - Dimanche 2 juin 2019

Frères et Sœurs,
Tout l’enseignement du Christ dans l’Evangile peut se résumer par ces quelques mots : « Aimez-vous les uns les autres » et « Pardonnez à vos ennemis », parce que le Christ sait que rien n’est sans doute plus difficile que la recherche de l’entente pour vivre en société dans la paix et la concorde. En effet existe dans le cœur de l’homme : la tentation de Babel, la tentation du refus de la différence, la tentation de la division.
Division attisée par le diviseur par excellence qu’est Satan l’esprit du mal, alors que Lui, le Christ, est le réconciliateur, le rassembleur de toute l’humanité. (I Ep. 1, 10)
Dans l’Evangile, le Christ nous exhorte à l’unité : « qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé ».
Le Christ prie pour ses disciples présents et à venir. Et on doit pouvoir les reconnaître au signe distinctif de l’unité et de l’amour.
Ceci veut dire que nous sommes appelés à être « témoins » du Christ, comme les Apôtres au lendemain de l’Ascension.
2
Or, pour « être témoin », il faut d’abord et essentiellement « être fidèle », c’est le sens des mots « disciples-missionnaires » expression chère au Pape François.
On ne peut pas être missionnaire si l’on n’est pas d’abord disciple. Le disciple accueille au plus profond de lui-même, l’Esprit que Dieu donne à ceux qui se confient en Lui : Esprit de force et de douceur, Esprit de paix et de courage pour renaître d’en haut.

Frères et Sœurs,
Vous allez à la messe, vous participez à l’Eucharistie, vous communiez, vous lisez et méditez la Parole de Dieu, vous priez la Vierge Marie et trop souvent, vous et moi, nous regrettons notre dureté à l’égard d’autrui quand par exemple nous rencontrons quelqu’un et que nous le critiquons, le jugeons sévèrement, parfois même le calomnions. Et cela, malgré nos bonnes résolutions !
Nous faisons alors l’expérience de nos limites, de notre faiblesse et de notre péché, ce qui nous ramène à l’humilité et à nous ressaisir avec la grâce de Dieu.
3
Dans l’Evangile, nous voyons le Christ prier d’abord pour ses proches, ses Apôtres qui vont vivre Sa passion : Le Christ prie pour Pierre crucifié la tête en bas, pour Jacques écartelé, pour Paul décapité...
Le Christ prie pour qu’ils tiennent bon, et restent toujours unis autour de Pierre.
Puis, le Christ prie pour tous les croyants qui connaîtront aussi les rivalités internes, les dissensions, les schismes, les excommunications réciproques.

Frères et Sœurs,
Disciples du Christ par la grâce de notre baptême, nous savons que le Christ a prié pour les chrétiens de tous les siècles.
Le Christ prie aussi pour nous, chrétiens d’aujourd’hui, qui laissons parfois la division s’installer dans nos propres familles.
La division dans le couple en rupture de dialogue.
La division entre parents et jeunes en opposition de valeurs.
La division entre les frères et sœurs au décès de leurs parents au moment des partages.

4
Le Christ a prié pour ceux qui connaîtront l’incompréhension, le mépris, les persécutions et les exécutions. L’Eglise n’a jamais connu autant de martyrs qu’à notre époque.
Le Christ prie aussi pour les hommes qui ne connaissent pas encore la Bonne Nouvelle, et s’Il prie d’abord pour les croyants, c’est pour qu’ils deviennent, par la qualité de leur unité, de leur bienveillance, les signes de sa présence dans le monde.

Frères et Sœurs,
Saint Jean Paul II, lors de son pèlerinage à Ars en 1986, a repris dans l’homélie de la messe qu’il célébrait cette phrase du saint curé qui disait : « Là où un Saint passe, Dieu passe » !
Que la Vierge Marie nous obtienne cette grâce d’une plus grande intimité avec le Christ pour pouvoir rayonner la joie, la paix et la bonté qui peuvent donner envie de croire à ceux qui sont en quête de sens et de bonheur, parce que Dieu et Dieu seul peut donner en plénitude ce à quoi ils aspirent de cœur et d’esprit.

5
Sainte Thérèse de Lisieux, Docteur de l’Eglise, nous laisse un message d’une étonnante actualité : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même », disait-elle. Là est le secret du bonheur.
Nous savons que seule la force de l’amour peut abattre le mur de l’indifférence et de toutes les incroyances.

« Ubi caritas et amor Deus ibi est » ! Où sont amour et charité Dieu est présent !
AMEN

5ème dimanche de Pâques - C - Dimanche des vocations Dimanche 19 mai 2019

Frères et Sœurs,
Dans le passage de l’Evangile de Saint Jean que nous venons d’écouter, le Christ dit à ses Apôtres : « Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous ».
Effectivement, le Christ quittera définitivement ses Apôtres à l’Ascension et Il ne les laissera pas orphelins. A la Pentecôte Il fera le don de l’Esprit Saint à toute l’Eglise c’est-à-dire à tous ceux qui croient en Lui, ses disciples de toutes les générations et de toutes les nations.

Le passage tiré du livre des Actes des Apôtres, dans la première lecture reflète bien à la fois la souffrance et la gestation de l’Eglise et déjà son surprenant développement à travers le monde.
Ainsi nous entendions l’Apôtre Paul exhorter les disciples : « Il nous faut passer par bien des épreuves » leur dit-il. Et, en même temps, dans ce même passage, nous voyons Paul, Barnabé et les autres courir d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre pour annoncer la grande nouvelle du Christ vainqueur de la mort, pour susciter des communautés ou en visiter d’autres déjà constituées et les relier toutes entre elles par le lien de la Foi au Christ, l’unique Sauveur.

2
Ainsi nous apercevons l’Eglise se dessiner comme une immense communion de communautés multiples, d’origine juive ou païenne, multiples aussi par la culture, la langue ou la tradition.
C’est le commencement de l’universalité, c’est-à-dire de la catholicité : c’est la naissance de l’Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique.
Voilà qui nous invite, Frères et Sœurs, à réfléchir sur notre vision de l’Eglise, de celle qui nous incorpore aujourd’hui au Corps du Christ, tant au niveau local qu’au plan de l’Eglise universelle.

L’Eglise naît à la Pentecôte, et depuis ce prodigieux évènement, c’est dans la Foi que nous rencontrons le Christ, à condition bien sûr de le laisser faire sa demeure en nous.
C’est alors que notre vie prend tout son sens et porte du fruit.
Vivre en présence du Seigneur est le secret d’une vie chrétienne authentique et féconde.
Il s’agit pour nous de vivre l’Evangile. Non pas de le penser comme une utopie, mais d’en faire concrètement l’expérience.
La Foi est comme un feu. Il faut être soi-même brûlant pour pouvoir la transmettre.
Quand un feu éclaire la nuit, les hommes se rassemblent peu à peu autour de lui. Telle doit être notre Espérance.

3
La Foi reçue à notre baptême est une vie et comme toute vie elle doit s’alimenter, se nourrir pour ne pas s’étioler ou disparaître.
La Foi se nourrit de la Parole de Dieu et des sacrements, et elle s’épanouit à travers l’amour que nous avons les uns pour les autres : « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » dit Jésus dans l’Evangile.

Frères et Sœurs,
Par ses paroles le Christ nous rappelle avec force qu’il n’y a aucune limite à l’amour. Ce que dira autrement Saint Augustin : « La mesure d’aimer c’est d’aimer sans mesure.
Vivre concrètement cet amour du prochain se traduit par le respect et l’attention aux autres, et par une authentique bienveillance pour notre semblable. Nous faisons alors l’expérience que cette façon d’aimer est la source d’une intimité plus grande avec le Christ.

Nous y parvenons avec la grâce de Dieu puisée dans la prière et les sacrements. En particulier dans le sacrement du pardon et de la réconciliation qui nous rétablit dans la grâce initiale de notre baptême et par l’Eucharistie qui fortifie et développe la vie divine en nous.

Aimer son prochain, au sens où le Christ l’entend, est une école de sainteté, parce que cela exige de se déprendre de soi pour aller vers l’autre.

4
Cette façon d’aimer de manière aussi active que désintéressée nous permet d’échapper aux manifestations superficielles de l’égoïsme et de la duplicité.

Saint Vincent de Paul disait aux personnes qui voulaient progresser dans leur intimité avec le Christ : « Occupez-vous des pauvres, vous êtes sûr de ne pas vous tromper. »
Dans l’Evangile le Christ nous dit que ce que nous faisons aux plus petits d’entre les siens, c’est à Lui que nous le faisons. C’est alors que nous Le rencontrons sous les traits du visage de celui qui a faim de pain, d’amitié, de dignité et de reconnaissance.
Le Christ Ressuscité a fait toute chose nouvelle.
Pour savoir comment aimer son prochain suivons tout simplement la voie qu’Il nous indique dans l’Evangile, en nous souvenant que la grande différence entre Pierre qui a renié Jésus et Judas qui L’a trahi ne réside pas dans la gravité du péché mais dans le fait que Pierre n’a jamais désespéré de l’amour du Christ.

Frères et Sœurs,
Avec la Vierge Marie chantons la Bonté et la Miséricorde, du Seigneur, et avec Elle, reprenons les paroles de Saint Pierre qui nous confortent dans l’Espérance : « A qui irions-nous Seigneur, Tu as les paroles de la vie éternelle ».

Amen

4ème dimanche de Pâques - C - Dimanche des vocations Dimanche 12 mai 2019

On appelle le quatrième dimanche de Pâques, dimanche des vocations, en raison de l’Evangile du Bon Pasteur qui est lu et médité ce jour là.

Chers Frères et Sœurs,
Chacun porte en lui une vocation unique et universelle à la fois. Dieu est Amour, Dieu est don. Il nous a créés pour aimer et être aimés.
Aimer Dieu dans le service des frères, c’est la vocation commune à tous les baptisés à la suite du Christ.
C’est ce qu’avait si bien découvert Sainte Thérèse de Lisieux quand elle disait : « Ma vocation, enfin, je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’amour ».

Dans l’Evangile le Christ dit « Je donne ma vie ». Il donne aux hommes la vie éternelle.
La main du Père et la main du Christ, c’est Dieu qui se donne aux hommes pour qu’ils vivent de la vie divine. Ce mouvement de don appelle un mouvement d’accueil. La main qui donne appelle la main qui reçoit. Ce que le Seigneur attend de nous, c’est que prenant conscience de notre pauvreté d’hommes, nous nous tenions les mains tendues vers Lui dans le geste de recevoir.

2
On peut tendre la main et la creuser en forme de coupe pour recevoir un don précieux. Ce que le Seigneur attend de nous, c’est que le fond de notre être, le fond de notre âme, en un mot notre cœur, soit la coupe qu’Il puisse remplir de Sa vie.
« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude », dit Jésus. (Mat. 20, 28 et Marc 10, 45)

Nous comprenons alors que « servir » et « donner sa vie » sont pour le Christ deux expressions qui traduisent la manière la plus adéquate de Le suivre et de Lui appartenir.
Nous venons de célébrer la Semaine Sainte et le triduum pascal. Nous avons vu le Christ se faire serviteur de l’homme jusqu’au don de sa propre vie.
Nous avons mieux compris alors quel sens donner à notre existence puisque le disciple n’est pas au dessus du Maître.

Frères et Sœurs,
Dans le prolongement du baptême, sacrement commun à tous les chrétiens, deux sacrements se font particulièrement écho :
- le sacrement de l’Ordre et le sacrement de Mariage.
Mariage et sacerdoce, ces deux sacrements sont liés par le don de l’amour qui conduit à une même sainteté.

3
Le prêtre consacre toute sa vie, dans l’annonce de l’Evangile pour faire connaître et aimer le Christ, en servant le peuple qui lui est confié. C’est sa raison d’être, il y puise sa joie.

L’homme et la femme mariés trouvent leur bonheur dans l’amour qu’ils se donnent l’un à l’autre.

Dans l’Exhortation Apostolique sur la famille « Amoris Laetitia » le pape François a souligné que s’aimer est un projet de vie, projet qui vient de l’amour même de Dieu et qui progressivement saisit chacun jusqu’à l’intime de lui-même dans la recherche du bien de l’autre.

Pour aimer jusqu’au bout comme le Christ, il faut accepter la croix. Pas d’amour sans oubli de soi ! C’est cela le réalisme de l’amour qui bannit l’égoïsme.

Cet « aimer jusqu’au bout comme le Christ » se traduit par le service des frères.
Ce service des frères est constitutif de la nature même du christianisme et de l’Eglise. C’est pour cela qu’existe dans le sacrement de l’ordre, le diaconat pour le signifier aux yeux de tous.
Les diacres sont ordonnés pour le service de leurs frères, ils manifestent que l’Eglise n’existe que « pour servir et non pour être servie ».

4
Les prêtres, sous l’autorité et la sollicitude de l’évêque diocésain, reçoivent la mission :

  • d’annoncer le Christ-Sauveur pour la gloire de Dieu et pour le salut du monde,
  • de proclamer « à temps et à contre temps » l’Evangile de l’Amour et de la Miséricorde de Dieu pour tout homme, à travers les prédications et les enseignements.

Les prêtres reçoivent la mission de réitérer les gestes du Christ à travers les sacrements, surtout le baptême, le pardon des péchés et l’eucharistie.
Par leur ordination les prêtres rendent présent le Christ par la célébration de l’Eucharistie.

Les chrétiens s’unissent au sacrifice eucharistique où le Christ s’offre à son Père et se donne à eux en nourriture dans le « pain de vie » pour fortifier et vivifier leur Foi.

Il s’ensuit que la vitalité et l’avenir des communautés chrétiennes sont liés en grande partie au ministère des prêtres qui célèbrent l’eucharistie « source et sommet de la vie chrétienne » comme l’a rappelé le Concile.

Frères et Sœurs,
Les prêtres savent que la fécondité de leur ministère dépend en grande partie de la prière de la communauté chrétienne, et de leur propre vie de prière, ils prient avec vous et pour vous.

5
Vous les jeunes, qui vous interrogez sur votre avenir et l’orientation de votre vie, parlez-en avec un prêtre, prier avec confiance l’Esprit Saint de vous éclairer.

Le Pape émérite Benoît XVI disait le 24 avril 2005 jour inaugural de son pontificat : « N’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et Il donne tout. Celui qui se donne à Lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ et vous trouverez la vraie vie ».

Frères et Sœurs,
Confions à Marie, Mère de l’Eglise, les futurs prêtres qui se forment dans les séminaires pour la nouvelle évangélisation. Soutenons-les de notre prière et de notre amitié effective ; il y va de l’avenir de notre église diocésaine comme de toute l’Eglise.
AMEN

3ème Dimanche de Pâques - C - Dimanche 5 mai 2019

Frères et Sœurs,
Dans ce passage de l’Evangile de Saint Jean, nous voyons le Christ rejoindre ses disciples, à l’aube d’une journée de travail dans les environs immédiats de Jérusalem.
La scène se passe sur le rivage du lac de Tibériade, là où Jésus avait appelé ses premiers disciples, leur promettant de faire d’eux des pêcheurs d’hommes.
Au-delà du récit, Laissons-nous porter par cette page d’Evangile, accueillons-la et comprenons-la dans sa dimension spirituelle.
Saint Jean, reconnaît le premier le Christ, mais c’est Saint Pierre qui tire à terre le filet gonflé de poissons, symbole de la multitude des croyants.
Jésus lui-même prépare un repas et invite les disciples à le partager.

2
Les Apôtres et ceux qui viendront après eux auront pour mission de rassembler dans le filet, qui évoque le royaume de Dieu, les hommes qui reconnaîtront le Christ Ressuscité, le Christ Vivant, comme leur Sauveur qui se tient sur le rivage de leurs existences agitées et qui vient rompre le pain avec eux.

Frères et Sœurs,
Depuis le prodigieux événement de la Pentecôte, l’Eglise garde le souci permanent de s’ouvrir à tous pour faire connaître et aimer le Christ qui est la « Lumière des Nations ». L’Eglise est missionnaire parce qu’Elle porte en Elle la Parole du Salut, et Elle le fait avec audace et cela malgré les bourrasques et les tempêtes qui secouent la barque de Pierre aujourd’hui à travers les nombreuses vicissitudes du présent.
Il en a toujours été de même au long de son histoire bimillénaire.
Mais nous savons aussi que l’Eglise ne sera transformée, rajeunie et embellie, qu’à la condition de notre conversion parce que nous en sommes les pierres vivantes.

3
Si nous souhaitons que les autres puissent découvrir le Christ, nous devons commencer par témoigner comment l’amitié avec Lui transforme positivement nos vies. C’est cela la joie de l’Evangile.
Le baptême a fait de chacun de nous un disciple du Christ et chacun d’entre nous est appelé à témoigner de Lui.
Cela appelle d’une part, une prise de conscience, à laquelle nous sommes tous conviés personnellement, et d’autre part à une découverte, ou une redécouverte de ce qu’il y a de meilleur et de plus profond en nous, à savoir : Un besoin d’aimer et d’être aimé, de pardonner et d’être pardonné, de vivre en communion avec Dieu et en confiance avec notre prochain.
Les disciples, par leur expérience spirituelle, nous aide à grandir. Avec eux et avec tous les saints nous pouvons reprendre en vérité, l’humble prière : « Je crois, Seigneur. Mais viens en aide à mon peu de Foi. » (Mc IX, 24)

La triple question que le Christ pose à Pierre avant de lui confier la charge de paître le troupeau, ne porte que sur un seul point :
L’AMOUR : « Pierre, m’aimes-tu ? »
4
De cette question, Pierre fut peiné, non pas que le Christ eut adressé des reproches à Pierre, mais à cause de l’insistance de la question, par trois fois posée qui rappelait à Pierre qu’aussi, par trois fois, il avait renié son Seigneur.
En effet, Saint Pierre avait laissé Jésus seul et sans défense, au moment même où le Christ était arrêté, jugé et condamné à mort injustement comme un criminel.
C’est pour cela que la triple question du Christ avait bouleversé Saint Pierre, il se revoyait, en vérité, humblement, tel qu’il avait été, le soir de la Passion : manquant de courage, de loyauté et de fidélité.

Frères et Sœurs,
Bien souvent dans l’Evangile, nous voyons ainsi le Christ appeler ceux qu’Il rencontrait, sans aucune dureté mais avec force, à voir les choses en face, à se voir eux-mêmes en profondeur, au-delà des faux semblants et des apparences. Pour autant, le Christ ne condamnait pas ; Il appelait à un plus grand amour et à une plus grande confiance.

5
C’est l’amour de son Maître et Seigneur qui inspire Saint Pierre quand, selon la première lecture de ce dimanche, il proclame devant le sanhédrin qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.
Dans ce contexte de procès, Saint Pierre cite les deux témoins sur lesquels il s’appuie : les Apôtres et l’Esprit Saint.
Ceci est très important à souligner parce que toute annonce de la Résurrection se rattache au témoignage des Apôtres. Mais celui-ci tire sa force permanente de l’Esprit Saint qui, l’ayant suscité, ne cesse de l’actualiser.

Frères et Sœurs,
Dans notre prière demandons à Marie, Mère de l’Eglise, de nous aider de sa prière pour que nous comprenions que l’essentiel est de nous confier au Christ qui nous pose la question comme à Saint Pierre : « m’aimes-tu ? » Et de répondre avec lui : « A qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle. »
AMEN

Fête des Rameaux - Dimanche 14 avril 2019

Frères et Sœurs,
Avec la fête des Rameaux, nous entrons dans la Semaine Sainte, qui est le sommet de l’année liturgique. C’est à cause du Mystère Pascal qui se déroule durant cette semaine que nous l’appelons, Sainte.
En écoutant cette année le récit de la Passion, dans l’Evangile de Saint Luc nous suivons et nous accompagnons le Christ sur ce chemin douloureux qui prélude à sa Victoire le jour de Pâques et qui entraînera toute l’humanité vers la joie de la Résurrection.
Aujourd’hui le Christ est acclamé avec enthousiasme par cette foule qui crie « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! ».
Cette foule est celle-là même qui va se retourner contre le Christ et réclamera pour Lui la mort.
Pourtant, cette foule si enthousiaste, le Christ ne l’a jamais flattée, Il ne lui a pas fait de fausses promesses. Il a guéri les malades, nourri les affamés, rendu leur visage et leur nom aux anonymes.
2
Il est vrai que le Christ a parfois rudoyé cette foule, mais toujours au nom de cette vérité et de cette justice dont il était, au nom de Dieu, le messager et même, beaucoup plus, l’Incarnation et la Présence.
Frères et Sœurs,
Aujourd’hui, nous recevons les rameaux. Nous les recevons pour qu’ils soient exposés dans nos maisons, derrière un crucifix, une icône pour que tout ce que nous vivons dans cette maison, dans notre « chez nous » participe à cette acclamation « Hosanna, au Fils de David ».
C’est ainsi toute notre vie qui est exposée à la vie du Christ :
La vie de ceux que nous aimons.
La vie de ceux qui nous ont quittés.
La vie de ceux que nous n’aimons pas ou pas assez ou plus du tout.

3
Frères et Sœurs,
L’Eucharistie que nous célébrons actualise le mystère pascal de la mort et de la Résurrection du Christ. Toutes nos histoires humaines se récapitulent dans l’Eucharistie où le Christ s’offre à son Père par amour pour nous et se donne en nourriture pour notre propre sanctification.
Ainsi, l’Eucharistie unifie l’hier et l’aujourd’hui de chacun : la vie du Christ donnée pour ma propre vie, et ma vie sanctifiée par Sa vie.
Frères et Sœurs,
En cette semaine sainte qui s’ouvre aujourd’hui, laissons-nous instruire par l’exemple du Christ, afin de pouvoir nous aussi soutenir ceux qui sont écrasés sous le poids des épreuves, par l’injustice, la maladie, les guerres et les persécutions.
N’oublions pas de prier pour nos frères chrétiens persécutés en Syrie, en Irak, au Pakistan et au Nigeria et dans bien d’autres pays encore où des hommes, des femmes et des enfants sont tués en haine de la Foi. Prions pour eux, mais aussi pour leurs bourreaux.
4
En cette fête des Rameaux, confions-nous les uns et les autres au Christ crucifié et ressuscité pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
AMEN

5ème Dimanche Carême - C- Dimanche 7 avril 2019

Frères et Sœurs,
A mesure que nous approchons de la Passion l’étau se resserre autour du Christ, ses adversaires ont décidé de se débarrasser de Lui, mais ils ne pourront le faire qu’avec un semblant de légalité, en cherchant à le mettre en contradiction avec la Loi de Moïse.
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la rencontre du Christ avec cette femme adultère et sa réponse aux pharisiens :
« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la première pierre ».
Ces paroles sont à mettre en corollaire avec ses autres paroles : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. » (Luc 6, 36-37) N’est-ce pas l’enseignement constant de l’Evangile !

2
Nous devons chercher à imiter le Christ dans sa miséricorde et sa bonté. Nous voyons dans l’Evangile qu’Il est toujours prêt à pardonner au pécheur qui se repent. Pensons, par exemple à l’enfant prodigue, au publicain, ou à Saint Pierre, après le reniement et bien sûr, au bon larron...
Frères et Sœurs,
Le plus beau passage de l’Evangile d’aujourd’hui est celui où
le Christ s’adressant à la femme adultère lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »
Ces paroles nous interrogent, nous surprennent. En effet cette femme avait commis une faute très grave, punie dans la Loi de Moïse par le dur châtiment de la lapidation.
Et pourtant, Le Christ lui dit : « Je ne te condamne pas ». Ce sont des paroles de réconfort et d’espérance !
Le Christ ne ferme pas les yeux sur la gravité du péché, Il les ouvre sur le visage du pécheur.
Il ne rejette pas la femme adultère, Il ne l’humilie pas, Il ne la décourage pas. Il ne la juge pas. Il l’appelle à se reprendre, à se ressaisir, à repartir, Il met en elle la puissance du salut en lui donnant le pardon et la paix.
3
Dans l’Evangile, le Christ révèle le visage de Dieu qui n’est qu’amour, pour proclamer sa Miséricorde infinie.
S’il est vrai que Dieu hait le péché, il est plus vrai encore qu’il aime le pécheur.
La miséricorde de Dieu est victorieuse de tout mal, elle est le motif de notre Espérance !
Frères et Sœurs,
Nous vivons dans une société permissive, où les frontières entre le bien et le mal sont devenues floues !
Ceci étant, la banalisation d’un péché ne diminue en rien sa gravité objective.
La règle d’or de l’Evangile n’est jamais une concession au laxisme, à la complaisance ou l’indifférence envers ce qui est mal.
La morale qui découle de l’Evangile fait appel à l’œuvre patiente et laborieuse des vertus qui libèrent le meilleur de nous-mêmes, parce que le baptême fait de chacun de nous un être nouveau dans le Christ.
Dieu n’attend pas que nous changions pour nous pardonner, Il nous pardonne pour que nous changions.
4
Dans sa prédication, le Saint curé d’Ars disait : « ce n’est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon, mais c’est Dieu qui court après le pécheur et qui le fait revenir à Lui ».
A la suite du Christ, les saints et les saintes nous tracent le chemin et l’éclairent de leur exemple.
Les saints ne sont pas ceux qui pèchent le moins, mais ceux qui aiment le plus !
Autrement dit : les saints ne sont pas ceux qui ne tombent jamais mais ceux qui ne se décourageant pas, se relèvent toujours avec la grâce de Dieu.
Les saints sont d’autant plus miséricordieux et bienveillants envers les autres qu’ils sont plus exigeants envers eux-mêmes et plus unis à Dieu, dans l’humilité et la prière.
Frères et Sœurs,
Dans la prière du Notre Père, le Christ nous apprend à pardonner toujours à qui nous a offensés, afin de trouver nous-mêmes auprès de Dieu, un pardon illimité.
N’oublions pas l’avertissement de Saint Jean de la Croix : « Au soir de notre vie nous serons jugés sur l’amour ». AMEN

4ème Dimanche Carême - C- Dimanche 31 mars 2019

Frères et Sœurs,
Dans les Evangiles, les paraboles contiennent toutes une part de la Révélation telle qu’elle s’est manifestée à nous en Jésus Christ dans la magnificence de son amour.
Dans la parabole du fils prodigue que nous venons d’écouter, et que nous allons méditer, il s’agit de deux frères, le plus jeune et l’aîné, au comportement fort différent face à la magnanimité de leur père, c’est-à-dire face à l’insondable richesse de la miséricorde de Dieu notre Père.
De même qu’Il faut avoir soif pour goûter la fraîcheur de l’eau, - qu’il faut avoir faim pour apprécier la saveur du pain, - qu’il faut avoir connu la détresse et éprouvé le drame de la solitude pour comprendre le bonheur de l’accueil !
De même, mais à un tout autre niveau – il faut avoir pris conscience de son péché pour connaître la joie du pardon !
2
« Le fils aîné était aux champs » en train de travailler, en accomplissant fidèlement son devoir, pendant que son jeune frère menait une vie de désordre nous dit la parabole.
Frères et Sœurs,
0n pourrait penser qu’il y a un bon et un mauvais fils. En réalité, les deux fils ont besoin de la miséricorde du père. De même, dans l’Eglise, il n’y a pas les justes d’un côté, les pécheurs de l’autre. Nous sommes tous de « pauvres pécheurs », ressemblant aux deux fils de la parabole.
Je peux être un bon chrétien qui respecte tous les commandements, et pourtant, rester comme étranger à l’amour de Dieu. « Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien » dit Saint Paul. (1 Co 13, 3)
La suite de la parabole nous dit que « Le fils aîné se mit en colère et qu’il refusait d’entrer ». Son attitude manifeste qu’il refuse l’amour miséricordieux de son père, et qu’Il refuse de prendre part à sa joie.
3
Si le fils aîné aimait vraiment son frère, il se serait précipité pour l’embrasser, tout heureux de le revoir en bonne santé.
Et, S’il aimait son père, il aurait partagé son inquiétude de savoir son jeune frère en perdition et se réjouirait de voir cette attente prendre fin.
« Ton fils, que voici, revient » dit avec colère le fils aîné devant ce qui lui semble être une injustice révoltante. La jalousie et le sentiment d’être installé sur un chemin de rectitude l’empêche de comprendre la grandeur d’âme de son père et la démesure de son amour, et d’y communier.
Le père vient à la rencontre de son fils comme le berger part chercher sa brebis perdue. Là encore, dans sa miséricorde, le père ne fait aucun reproche à l’aîné, ne pose aucune question, n’exige rien : il vient seulement le prier de bien vouloir prendre part à la fête.
Frères et Sœurs,
La parabole de l’enfant prodigue est réconfortante pour les pécheurs que nous sommes ! Dieu ne se lasse pas de chercher son enfant perdu !
4
Le retour de tout prodigue est une fête pour Dieu, cette parabole illustre de façon saisissante les paroles du Christ Bon Pasteur : « Il y aura plus de joie dans le Ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentir ». (Luc 15,7)
Dieu ne nous force jamais à entrer chez Lui, Il nous invite discrètement, en respectant notre liberté, comme s’il était impuissant devant nous.
Dieu ne nous demande qu’une chose : que nous Le laissions nous aimer, que nous Le laissions faire sa demeure en nous. La mesure d’aimer, c’est d’aimer sans mesure ! C’est d’aimer sans compter.
Frères et Sœurs,
Cette parabole méditée en carême, est une belle occasion de nous mettre en présence des deux fils, et de nous demander auquel des deux nous ressemblons le plus. C’est aussi l’occasion opportune d’un examen de conscience à ne pas manquer.
Ce qui fait de nous des frères, c’est d’être les enfants d’un même Père. Le péché qui nous sépare du Père, nous sépare aussi de nos frères.
5
Nos péchés les plus graves – c’est-à-dire ceux qui nous séparent le plus profondément de Dieu – ne sont pas forcément ceux qui nous sautent aux yeux.
Quand nous nous confessons, la grâce du sacrement de pénitence-réconciliation, est le pardon de nos péchés. En nous réconciliant avec Dieu, Dieu nous réconcilie aussi avec nos frères.
Frères et Sœurs,
En ce dimanche de la joie, en tirant les leçons de cette parabole, soyons heureux en apprenant du Christ le chemin du don et du pardon, chemin qui tire l’homme vers le haut, vers plus grand que lui.
AMEN

3ème Dimanche Carême - C- Dimanche 24 mars 2019

Frères et Sœurs,
Nous venons d’écouter dans l’Evangile la parabole du figuier stérile, parabole dans laquelle l’image de Dieu est celle du vigneron qui incite le maître de la vigne à la patience.
La parabole décrit en détail le soin avec lequel le vigneron s’occupe du figuier, elle met en relief l’amour patient de Dieu pour nous, et elle souligne aussi toute l’urgence de notre conversion.
Dieu a les patiences de l’éducateur et du Père, mais il ne cesse d’alerter l’homme sur la brièveté du temps. Tel est l’enseignement central qu’il faut retenir de la parabole du figuier.
Dans cette Parabole, Dieu est le propriétaire patient qui donne du temps à son arbre, pour qu’enfin il porte du fruit.
Le figuier qui ne porte pas de fruit risque d’être arraché, et s’il lui est accordé un ultime sursis, c’est pour donner des fruits !

2
Transposé à l’homme, les gestes du vigneron et son appel à la patience décrivent bien l’action de Dieu à notre égard.
L’homme dispose de toute sa vie, et jusqu’à son dernier moment pour se convertir.
A première vue cette parabole du figuier peut paraître sévère, mais, à la lumière de la première lecture, elle nous aide à découvrir davantage le visage de Dieu qui se fait si proche en Jésus-Christ.
Frères et Sœurs,
Après avoir énoncé la nécessité de nous convertir, le Seigneur nous presse d’accueillir l’Evangile comme Parole vivante et agissante dans notre vie pour que nous portions de bons fruits, comme le figuier de la parabole.
Se convertir, c’est accepter que Dieu soit premier dans ma vie.
La conversion conduit à tout ce qui en Dieu ne meurt pas : la bonté, la vérité, la liberté, l’amour.
Le temps du carême symbolise la vie présente : c’est le temps que Dieu met à profit pour tailler sa vigne et fortifier son figuier.

3
Le temps du carême doit nous stimuler de façon salutaire pour ne pas sombrer dans la somnolence ou la paresse.
L’une des grandes causes de médiocrité dans l’existence et de péril pour la vie chrétienne est une certaine tendance à se donner des délais. Cela consiste à remettre à plus tard ce qui doit être fait aujourd’hui.
Ces quarante jours nous sont offerts pour que nous élevions notre regard vers Dieu et vers Celui qu’Il nous a envoyé, son propre Fils Jésus.
La prière, le jeûne et l’aumône, sont les trois manières que l’Eglise privilégie pendant le carême pour nous préparer à la « Rencontre d’éblouissement » à laquelle nous sommes promis quand nous fermerons les yeux ici-bas : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi », a écrit Saint Augustin dans ses confessions.
Frères et Sœurs,
La parabole du vigneron nous montre comment Dieu met tout ce qui est en son pouvoir pour que notre vie porte des fruits.
Le thème de la vigne est souvent repris par le Christ, parce que pour porter beaucoup de fruits, il faut être greffé sur Lui.
4
Le Seigneur donne ses grâces avec abondance et multiplie les prévenances pour chacun d’entre nous. Il nous demande d’avoir cette même sollicitude à l’égard d’autrui : Il nous veut bienveillants, patients, bons et miséricordieux.
Cela est à la portée de tous et de chacun, cela se vit concrètement avec les personnes de notre entourage avec les personnes que nous rencontrons et que nous côtoyons.

Frères et Sœurs,
Nous serons dimanche prochain à mi-parcours de notre montée vers Pâques. Moment propice pour nous demander où nous en sommes de nos résolutions !
Accueillons l’Evangile comme Parole vivante du Seigneur.
Alors Cette Parole inspirera notre vie, et nous mériterons la patience de Dieu parce que nous aurons pris au sérieux l’urgence du temps.

AMEN

2ème dimanche de carême – C - Dimanche 17 mars 2019

Depuis le 4ème siècle, le carême nous est offert par l’Eglise pour nous préparer à la grande fête de Pâques. Cette période de quarante jours nous est offerte comme un temps de grâce pour que le Christ fasse sa demeure en nous, pour que nous découvrions ou redécouvrions le visage du Christ, pour que nous entrions davantage dans son intimité.

Frères et Sœurs,
Nous venons d’écouter dans l’Evangile, le récit de la Transfiguration :
Le Christ accompagné de trois Apôtres : Pierre, Jacques et Jean, gravit le mont Thabor pour y prier, nous dit Saint Luc.
Et voici que le Christ apparait subitement transfiguré, non pas éclairé par une lumière qui lui serait extérieure, mais devenu Lui-même source de lumière : « Pendant qu’il priait, son visage changea d’aspect et ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante » nous dit l’Evangile.

Le Christ manifeste qu’Il est la Lumière des Nations.

2
Aux côtés du Christ éternel dont la transcendance est attestée par la voix mystérieuse jaillie de la nuée « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » se trouvent deux personnages auréolés : Moïse et Elie que pourtant des siècles séparent du Christ, et les trois Apôtres : Pierre, Jacques et Jean qui sont projetés hors du temps, et deviennent les contemporains de Moïse et d’Elie, deux figures messianiques de l’Ancienne Alliance.

Les trois Apôtres, Pierre, Jacques et Jean sont envahis d’un indicible bonheur et resteront à jamais marqués par cette vision radieuse du Royaume entrevu et goûté.
Et pourtant, à peine la nuée disparue, ils se retrouvent seuls avec le Christ d’avant la vision.

Frères et Sœurs,
La Transfiguration du Christ anticipe la gloire de la Résurrection, et annonce l’entrée de l’humanité du Fils de Dieu dans la gloire de Dieu son Père qui nous demande d’écouter son Fils et de Le suivre pour partager sa gloire.
Le Christ nous conduit au Royaume dont Il est à la fois le chemin et le terme.
En cela, l’évènement de la Transfiguration nous aide à ne pas nous décourager sur le chemin étroit et parfois difficile de la Foi.

3
Au moment de la Passion et de la mort du Christ, les Apôtres Pierre, Jacques et Jean ne seront pas surpris au spectacle du tombeau vide : « Il vit et il crut », témoignera Saint Jean en parlant de lui-même alors qu’avec Pierre il venait de découvrir que le Christ avait déserté la mort.

Frères et Sœurs,
La prière de l’Eglise nourrit la nôtre, et en ce temps du carême, nous fait demander au Seigneur de nous « donner un cœur nouveau et de mettre en nous un esprit nouveau ».

Dans cette perspective, nous comprenons pourquoi le carême est un temps de pénitence.
La pénitence consiste d’abord en un regret sincère de nos péchés puis dans la volonté de solliciter la miséricorde de Dieu. Enfin, elle consiste dans la décision ferme et persévérante de changer quelque chose dans notre vie pour qu’elle soit davantage en harmonie avec l’Evangile.
Le carême est aussi un temps propice pour donner plus de temps à la lecture et à la méditation de la Parole de Dieu, pour approfondir sa Foi. Pour donner plus de temps à la prière personnelle, et à l’attention aux autres.

4
Le carême nous aide à prendre du recul à l’égard de tellement de satisfactions immédiates. C’est un temps de renouvellement favorisé par une pratique plus assidue du jeûne.
Le jeûne concerne la nourriture, mais il y a aussi d’autres formes de jeûne, plus exigeante certes mais ô combien bénéfique, comme le jeûne des lèvres : que de conversations stériles, pleines de jugements négatifs et inutiles abîment notre cœur et causent de graves torts à notre prochain dont parfois nous ruinons, plus que nous le pensons, la réputation !

Nous pouvons aussi pratiquer le jeûne des media, en passant moins de temps sur internet ou devant la télévision pour donner plus de temps au dialogue en famille.

Frères et Sœurs,
Nous sommes tous et chacun les héritiers de Pierre, de Jacques et de Jean qui ont vécu le prodigieux évènement de la Transfiguration.
A leur suite, nous sommes envoyés pour annoncer le triomphe de la Vie sur la mort : le Christ est Ressuscité ! 

5
Chacun de nous cherche la lumière, celle qui nous sera donnée au matin de Pâques. Il nous appartient de la demander dans notre prière. Nous recevons assurément cette grâce de lumière et de force en faisant notre confession pascale. Dans ce sacrement de la miséricorde, nous recevons le pardon du Seigneur qui nous relève et nous sauve.

Rappelons-nous cette invitation du Seigneur dans le livre de l’Apocalypse : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi prés de lui et lui prés de Moi ». (Ap.3, 20)

Que la Vierge Marie nous obtienne de sa prière, cette grâce de l’illumination intérieure si proche de la vision dont bénéficièrent les Apôtres au sommet du Thabor pour que nous devenions de bons et zélés disciples-missionnaires.
Le monde attend, Dieu espère !

AMEN

1er Dimanche de Carême - C - Dimanche 10 mars 2019

Frères et Sœurs,
L’Evangile de ce premier dimanche de carême relate une scène étrange et grandiose à la fois : la tentation du Christ au désert.
Jésus, rempli de l’Esprit Saint débusque l’Ennemi en refusant de se laisser prendre au filet de ses propositions alléchantes. Sa victoire commencée au désert va s’achever sur la Croix glorieuse.

Le Christ a vaincu le péché et la mort, Il a ouvert les chemins de la vraie vie qu’Il nous propose de suivre tout au long des quarante jours qui vont nous conduire à Pâques.

Les tentations que Lui, Jésus, a surmontés, sont aussi les nôtres. Nous sommes tous tentés de choisir la voie de la facilité, de nous appuyer sur le pouvoir de l’argent, de rechercher le plaisir, la réussite, la puissance, et la vaine gloire.

Sur internet, en un clic on y trouve à la fois le meilleur et le pire, et les tentations y sont nombreuses. Ce qui tendrait à faire croire que puisque tout est accessible, tout est permis !

2
Frères et Sœurs,
Dans notre société désorientée et de plus en plus sécularisée, la perte de la Foi chrétienne et la montée de l’indifférence conduisent un certain nombre de nos contemporains à attacher de moins en moins d’importance aux enjeux majeurs de toute existence : la naissance, l’amour, la mort, en un mot au sens de la vie.
Chaque année, le carême nous est offert comme un temps de prise de conscience et de lucidité pour voir ce qu’il faut changer en nous.
Ce temps qui a ses exigences propres, s’il est vécu en vérité, est un temps de renouveau pour nous-mêmes, il nous permet de nous rapprocher du Christ.

Nous avons tous à faire croître nos qualités et à lutter contre nos défauts que sont l’orgueil, l’égoïsme, le mensonge. Nous avons tous à progresser dans la maîtrise de nos instincts, et de notre langue. Nous avons tous à changer notre regard pour voir chez autrui ce qui est beau et bon avant de voir ses défauts.

Notre Baptême nous a associé définitivement à la victoire du Christ sur les forces du mal.
En reconnaissant humblement notre péché nous nous ouvrons au don du Salut avec l’abondance des richesses des dons du Saint Esprit.

3
En reconnaissant humblement notre péché, c’est alors que se fait de la place pour le Christ, venu non pour juger le monde, mais pour le sauver.
Il n’est pas de péché que le Christ ne puisse pardonner.
Faisant sa demeure en nous, le Christ nous fait la grâce de vivre les Béatitudes qui nous conduiront au bonheur de la Vie éternelle.

Frères et Sœurs,
Le Carême n’a de sens qu’en fonction de Pâques ! Nous nous y préparons en nous mettant résolument à l’école du Christ « doux et humble de cœur », à travers la prière, le jeûne, et l’aumône.

La prière : Elle est essentielle pendant le carême. Elle est mise à l’écoute d’une autre voix que la nôtre. Elle est un moment où nous laissons l’Esprit Saint prier en nous. Elle est le lieu où nous tissons des liens avec le Christ qui est notre Force pour traverser les épreuves de la vie sans compromission ni lâcheté.

Le jeûne : Il s’agit de se désencombrer de tout ce qui, finalement, nous obsède et nous empêche de vivre. Jeûner, c’est mettre une distance entre l’impatience des désirs et les jouissances vers lesquelles nous nous tournons, pour laisser se creuser l’attente.
4
L’aumône : c’est donner de soi-même, de son temps, de son nécessaire. L’aumône exprime notre volonté de partager et notre proximité avec ceux qui souffrent de la pauvreté, qu’elle soit morale spirituelle ou matérielle.

Frères et Sœurs,
Toute existence humaine est déjà pascale parce qu’en
vivant notre Foi nous mourons à nous-mêmes pour renaître à la vie de l’Esprit qui nous vivifie et nous sanctifie.
Croyant en la Résurrection du Christ, nous croyons que notre vie est un passage avec le Christ de la mort à la Vie.
Sachons accueillir le carême comme une source de bonheur, comme une grâce qui nous conduit à la joie, la joie de Pâques !

A chacun de vivre son Carême selon l’inspiration que lui donnera l’Esprit Saint.

AMEN

8ème dimanche du temps ordinaire - C - Dimanche 3 mars 2019

Frères et Sœurs,
Si le Christ pose la question de savoir si « un aveugle peut guider un autre aveugle », c’est parce que les disciples ont pour mission de guider leurs frères. Ils sont invités à avoir un regard lucide. C’est le sens même de la parabole « de la paille et de la poutre », que nous venons d’écouter dans ce passage d’Evangile.
La lucidité est faite de bienveillance et de confiance, elle permet de voir au-delà des apparences.
Malheureusement, nous avons tous tendance à voir chez autrui d’abord ses défauts avant ses qualités, sans doute, parce qu’ils sont plus immédiatement visibles.
Pour soi-même c’est la même chose : si on nous interroge sur notre principal défaut – nous trouvons facilement quoi dire. Mais sur sa principale qualité, bien souvent, nous hésitons, parce qu’on a toujours du mal à reconnaître ses propres qualités, ainsi est faite la nature humaine !

2
Il en va de même par rapport à Dieu : pourquoi tant de gens ont-ils du mal à croire que Dieu est bon ? Parce qu’ils voient d’abord tout ce qui ne va pas dans le monde, plutôt que de voir ce qui est beau et bien !
Frères et Sœurs,
Qu’il y ait du mal en nous-mêmes, chez les autres, et dans le monde, c’est l’évidence. Vous et moi, nous avons des défauts certes, mais nous possédons aussi de réelles qualités, et de grandes capacités à faire le bien. Etre lucide, c’est savoir discerner cela en chacun.
La nature humaine est fragile et forte à la fois, elle s’impose à nous, elle nous habite, ce qui doit nous rendre plus humble parce que tous nous sommes capables du meilleur et du pire.
Ce qui fait de nous des « aveugles » c’est cette façon de voir chez autrui la paille de ses défauts tout en restant aveugle sur la poutre des siens autrement plus graves.
Avoir une poutre dans l’œil, ce n’est pas d’avoir un défaut plus gros que les autres, c’est d’avoir ce regard amer qui ne voit que ce qui ne va pas en soi-même, chez les autres, et dans le monde.
3
Avoir une poutre dans l’œil, c’est avoir ce regard pessimiste et désabusé, et cette façon de toujours critiquer qui rend la vie pénible et difficile parce qu’elle empêche de se réjouir et d’être content.
Frères et Sœurs,
Avec nos yeux de chair nous voyons le visible, mais la réalité d’un être humain est plus complexe et plus riche, elle est de l’ordre de l’invisible. C’est pourquoi on ne voit bien, on voit clair, qu’avec le regard du cœur.
Saint Exupéry disait avec justesse : « on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».
Cela nous donne une grande responsabilité les uns à l’égard des autres, celle d’être les témoins du regard que Dieu pose sur chacun de nous. Dieu connaît nos potentialités, nos capacités à devenir des saints avec l’aide de sa grâce.
Devant les défauts des autres, devant les difficultés à vivre ensemble, devant la fatigue à supporter les autres, Dieu nous demande non pas d’être des redresseurs de torts, mais d’aider les autres à vivre, à avoir du courage, à porter leur croix.
4
Nous sommes les « Simon de Cyrène » les uns des autres ! Cela nous rapproche du Christ dont nous sommes les disciples.
Nous croyons que « Dieu est Amour », nous croyons en la bonté de Dieu, en cet « amour que l’Esprit Saint répand dans nos cœurs » et qui est à l’œuvre en nous, et dans chaque être humain.
C’est dans le cœur que l’Esprit Saint établit sa demeure ; c’est du cœur que naît l’amour ou la haine. Du cœur bon sort ce qui est bon, comme du cœur mauvais sort ce qui est mauvais. Nos lèvres en sont le témoin.
Frères et Sœurs,
Etre disciple du Christ, c’est chercher à mettre en harmonie son œil, son cœur et ses lèvres, parce qu’en Jésus, il n’y a jamais de discordance entre le regard, l’être et la parole.
En nous efforçant d’imiter le Christ, nous trouvons un peu mieux notre unité intérieure : nous apprenons de Lui à maîtriser notre parole et notre regard pour nous gouverner nous-mêmes.
5
Que la Vierge Marie nous obtienne la grâce, de progresser vers cette unité intérieure qui fait que notre regard sur l’autre devient celui de l’à-priori favorable, celui de la bienveillante compréhension, celui enfin de l’encouragement et de l’admiration.
AMEN

7ème dimanche du temps ordinaire - C - Dimanche 24 février 2019

Frères et Sœurs,
Pour être bien compris, ce passage de l’Evangile de Saint Luc mérite vraiment d’être médité, parce qu’il nous rejoint dans notre vie quotidienne la plus ordinaire.
Nous sommes en effet très souvent confrontés à des situations d’oppositions, de divergences, d’inimitié, de colère, de rancunes. Et cela, dans tous nos milieux de vie. Nous pouvons avoir des antipathies tenaces, des rancœurs « justifiées ». Nous pouvons être, même en famille, blessés par certaines paroles, des attitudes, des comportements. Nous pouvons être sujets de critiques, de calomnies, de malveillances, de jugements hâtifs et injustes.
La question est de savoir quelles sont nos réactions, non pas spontanées, ni purement intérieures, mais nos réactions, celles, que traduisent notre façon d’être avec les autres.

2
Le Christ nous demande de faire du bien à ceux qui nous haïssent, de souhaiter du bien à ceux qui nous maudissent et de prier pour ceux qui nous maltraitent.
Tous les saints ont cherché à mettre en pratique ces conseils. C’est le cas en particulier de Saint Jean Bosco, qui, sur son lit de mort, dans ses derniers moments de lucidité, répétait longuement ces recommandations du Christ, comme le refrain de sa vie toute donnée en dépit de tant de calomnies et d’intrigues dirigée contre sa personne et son œuvre.
Frères et Sœurs,
Ces recommandations que le Christ nous donne sont faites pour notre bonheur !
La première lecture tirée du premier livre de Samuel nous a donné le bel exemple d’un acte de charité purement gratuit :
Le Roi David se trouvant dans la situation de pouvoir ôter la vie de Saül a préféré le respecter, donnant ainsi à son ennemi l’occasion de changer son cœur.

3
L’Apôtre Saint Paul dans la seconde lecture nous donne une belle image de l’homme nouveau que nous sommes appelés à devenir : Le baptême a fait de chacun de nous une création nouvelle, qui nous fait passer de l’homme ancien à l’homme nouveau avec le Christ.
Notre vocation est surnaturelle, dans l’Evangile le Christ exige de nous, avec l’aide de sa grâce, une vertu qui dépasse la mesure humaine. En effet les relations humaines dépassent de beaucoup le niveau naturel. L’homme est créé par Dieu et Dieu est Père. Il s’adresse à l’homme non comme un partenaire égal, mais comme à un fils.
Formidable confiance de Dieu envers l’homme, invité à vivre de la vie même de Dieu. Il en résulte que dans leurs rapports entre eux, les hommes doivent se comporter comme des frères.
C’est la raison pour laquelle le Christ nous demande d’agir concrètement avec bienveillance parce que plus que quiconque le chrétien doit avoir conscience qu’à travers ses rapports avec les autres il peut se détruire ou se construire, détruire ou construire les autres.
4
Vous qui êtes mariés vous savez que votre couple tient dans la durée en consentant à d’innombrables premiers pas et même à de généreux pardons. Ne dit-on pas sous le mode de la plaisanterie que le mariage est une concession à perpétuité ! Il y a là quelque chose de vrai.
Il en est de même dans les communautés religieuses dont les membres ne peuvent vivre en vérité leur consécration à la suite du Christ, sans dialogue, sans écoute et sans pardon reçu et donné.
Frères et Sœurs,
Dans l’Evangile, le Christ nous appelle au dépassement de soi : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. » dit-Il ! Impossible de mettre la barre plus haut.
En fait, ce qui est normal, c’est d’aimer ceux qui nous aiment. Mais le Christ en voulant que nous « soyons saints comme le Père céleste est saint » introduit une nouveauté :
Il s’agit non seulement de ne pas tuer, mais aussi de faire vivre ;
5
Il s’agit non seulement d’aimer ceux qui nous aiment, mais aussi d’aimer ceux qui ne sont pas aimables ;
Il s’agit non seulement de la loi du donnant-donnant, mais aussi de donner gratuitement et généreusement ;
Mais la grande nouveauté, la nouveauté radicale la voici : « aimez vos ennemis ; priez pour ceux qui vous persécutent » !
Frères et Sœurs,
Voulons-nous recevoir ce levain de l’Evangile qui constitue cette nouveauté radicale par rapport à la loi de Moïse que le Christ n’est pas venu abolir, mais accomplir ? Voulons-nous recevoir cette force et cette grâce en venant communier ?
On ne peut approcher de ce que le Christ a fait et nous demande de faire, que si notre cœur devient semblable au sien, et Il le devient si le Christ fait sa demeure en nous.
Il y va de notre bonheur et du bonheur de ceux qui nous entourent.
AMEN

6ème dimanche du temps ordinaire - C - Dimanche 17 février 2019

Frères et Sœurs,
En ce sixième dimanche, l’Eglise propose à notre méditation les Béatitudes dans l’Evangile de Saint Luc.
Elles sont un peu différentes de celles qui nous sont plus familières, dans l’Evangile de saint Matthieu, et que nous entendons chaque année lors de la fête de la Toussaint.
Tout d’abord, Saint Luc n’a retenu que quatre Béatitudes au lieu de huit chez Saint Matthieu. Il ne cite pas les Béatitudes des doux, des miséricordieux, des cœurs purs et celle des artisans de paix. Il n’a retenu que les Béatitudes des pauvres, de ceux qui ont faim, de ceux qui pleurent et de ceux qui sont persécutés.
D’autre part, les Béatitudes chez Saint Luc sont plus abruptes dans leur formulation que celles de saint Matthieu, chez qui les Béatitudes sont en quelque sorte un programme de vie chrétienne à la fois très profond, exigeant et spirituel : Etre pauvre dans son esprit dans son cœur, avoir faim et soif de la sainteté de Dieu, être sensible à la misère des autres, être des artisans de paix.
Enfin, chez saint Luc, ces quatre Béatitudes ont comme parallèles quatre malédictions qui font écho à la première lecture, où le prophète Jérémie commence par

2
une malédiction pour l’homme dont le cœur se détourne de Dieu en mettant sa confiance exclusivement dans l’homme et dans les réalités terrestres : « Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel… celui-là dit-il, ne verra pas le bonheur. » Puis il déclare : « Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur. »
Frères et Sœurs,
Dans son sermon sur la Montagne, le Christ présente les Béatitudes comme la promulgation du Royaume de Dieu.
La Béatitude « Heureux vous les pauvres », chez Saint Luc, sont des paroles de reconnaissance, elles sont l’affirmation que les pauvres, les déshérités, ceux qui apparemment sont laissés pour compte, les malheureux qui n’ont rien, ceux qui sont dans la déréliction, la tristesse, ou le désespoir, ceux-là sont les bien-aimés de Dieu, les plus chers à son cœur.
C’est à eux que Jésus dit : « heureux vous les pauvres. » Ils sont dans ces zones arides de l’humanité où les mains se crispent, où les oreilles se ferment, où les yeux ne veulent plus voir, et où la peur paralyse et enferme.
Mais ils sont aussi et surtout là ces pauvres, où les mains donnent, même vides, où les oreilles écoutent au cœur, où les yeux échangent la lumière, où l’amour dilate et transfigure.
3
« Dieu est Amour » dit Saint Jean, c’est pourquoi Dieu est l’ami des pauvres, l’ami de ceux qui souffrent. Il est l’ami intime de ceux qui n’ont même plus la force de savoir qu’Il existe ou de penser à Lui.
La pauvreté rend apte à recevoir des autres quels qu’ils soient, des valeurs dont l’accueil s’apparente à la grâce. Combien souvent Dieu nous parle-t-Il à travers une main tendue ou un cœur avide.
La pauvreté rend fertile en disponibilité, elle suscite des initiatives, même des trouvailles, parce que la charité est inventive.
Celui qui a un cœur de pauvre ne se laisse pas vaincre en générosité, on pourrait donner de multiples exemples à travers l’histoire bimillénaire de l’Eglise, c’est le témoignage de sainteté des grands témoins de la charité qui vont de Vincent de Paul à l’Abbé Pierre en passant par Mère Teresa de Calcutta.
Frères et Sœurs,
La fraternité à laquelle le Christ nous convie est de l’ordre du don de soi et de l’accueil bienveillant de l’autre.
Aimer c’est vivre le grand et unique commandement, « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme et ton prochain comme toi-même. »
4
Aimer c’est penser aux autres, cela nous aide à changer notre regard sur nos frères qui sont dans la souffrance ou le malheur.
Le dépouillement intérieur nous permet d’être attentif au frère douloureux qui a besoin de pain et d’amitié, qui a besoin d’être écouté et compris, parce que tenaillé par l’angoisse ou accablé par des conditions de vie précaires.
Le dépouillement intérieur nous rend capable aussi de surmonter les forces de l’intérêt et donc de nous rendre libre, juste et fraternel.
Le bonheur que le Christ nous propose par le renversement du sort des malheureux en béatitude peut s’effectuer dés leur vivant, sans attendre l’au-delà, raison pour laquelle nous ne devons pas rester indifférents à la misère et à la détresse des autres.
La pauvreté, le dénuement, la faim, la tristesse et le désespoir, sont des maux qu’il faut combattre pour les éradiquer, comme le Christ l’a fait en son temps, Il a guéri beaucoup de malades, et a nourri les foules qui le suivaient.
Que la Vierge Marie nous obtienne la grâce de vivre le trésor de vérité et d’amour que sont les Béatitudes.

5
Puisse, grâce à Elle, l’amour, celui qui vivifie les parents et les enfants, celui qui illumine les grandes amitiés, celui qui est si faible encore à travers les frontières et les continents, devenir sans cesse plus pauvre, plus imaginatif, plus fécond.
AMEN

4ème dimanche du temps ordinaire – C - Dimanche 3 févrer 2019

Frères et Sœurs,
Nous venons d’écouter ces paroles du Christ dans l’Evangile : « Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays… » Et « tous dans la synagogue devinrent furieux. »
En effet, les grands prêtres étaient aveuglés par leurs calculs, et les scribes du peuple juif étaient tellement assurés de leur connaissance de Dieu qu’ils en avaient fait leur propriété privée.
C’est dans ce contexte que Saint Luc rapporte cet épisode dans son Evangile.
Ce qui est admirable et qu’il est bon de souligner, c’est que Dieu ait voulu utiliser la voix d’un homme, en l’occurrence celle de Saint Luc pour livrer Sa Parole à Lui.
Jésus l’Homme-Dieu était d’un pays, d’une époque, d’une langue, il en est ainsi pour les hommes que Dieu a choisis pour transcrire sa Parole, ils sont aussi d’un pays, d’une époque, d’une langue. C’est dans la logique de l’Incarnation.
2
Le Christ avait un langage, Saint Luc a le sien. Le Christ avait une sensibilité ; Saint Luc a la sienne.
Le Christ vivait dans l’unité du Saint Esprit, Saint Luc pense et écrit sous l’influence de ce même Esprit.
A deux niveaux différents, nous retrouvons la démarche de Dieu qui pour parler aux hommes se fait parole humaine.
Parole qui apporte la guérison et la libération de nos aliénations.
Frères et Sœurs,
Nous avons tous besoin d’être libéré de la prison de l’égoïsme qui nous replie sur nous-mêmes, du mensonge qui fausse la relation à autrui, de la rancune, et de la course à l’argent…
Le Christ vient nous libérer de tout cela si nous le voulons bien, si nous nous laissons instruire par Lui c’est à dire par sa Parole, par ses sacrements, et par nos frères qui ont tant à nous apprendre.

3
Le Christ le fait quand nous nous confessons. Dans le sacrement de pénitence-réconciliation, Il nous relève et nous sauve.
Le Christ le fait dans l’Eucharistie, quand nous communions. Le « Pain de Vie » fortifie notre volonté de persévérer dans nos résolutions sans nous décourager.
Frères et Sœurs,
Le Christ est venu faire sa demeure en chacun de nous pour en faire une demeure de son Amour.
Alors Il ouvre notre cœur aux autres et nous fait le don du courage, de la bonté, de la loyauté, de la joie, et de la paix, parce que les fruits de Sa présence sont toujours de l’ordre de l’amour dont parle Saint Paul dans son fameux hymne à la charité que nous avons entendu dans la deuxième lecture.
Ce passage de l’Epître de Saint Paul nous est familier, parce que nous l’entendons souvent lors des célébrations de mariage.
4
Frères et Sœurs,
Saint Paul nous adresse un très bel idéal de vie !
Mais cet amour n’est pas chose facile à vivre parce qu’il implique le dépassement des réactions les plus instinctives de l’homme. Est-il possible de ne pas être jaloux, de ne rien faire de malhonnête et ne pas entretenir de rancune ?
Ou encore, est-il possible, vraiment, de tout supporter et de tout endurer ?
Reconnaissons qu’il y a souvent un réel décalage entre ces paroles d’une haute élévation morale et spirituelle, et notre manière de vivre.
Et pourtant, disciples du Christ par la grâce de notre baptême, il faut que nous nous laissions imprégner au plus profond de nous-mêmes par cette Parole, et que nous la laissions travailler en nous pour qu’elle porte du fruit.

5
La meilleure des prédications est le témoignage. Et nous témoignons du Christ et de son Evangile, quand par exemple, la fatigue, les épreuves, les nuits nous accablent, et que malgré cela nous puisons encore en nous la force de bénir la vie que Dieu nous donne à vivre, les êtres qu’Il nous donne à aimer, le monde qu’Il nous donne à transformer.
La Parole du Christ est un message d’Espérance toujours actuel que nous avons à transmettre. C’est ainsi que nous sommes « disciples-missionnaires ».
Que la Vierge Marie nous obtienne la grâce, d’accueillir l’autre tel qu’il est et de l’aimer bien, de cette charité qui se déploie dans le respect, la bienveillance, l’estime et la délicatesse.

AMEN

3ème dimanche du temps ordinaire – C - Dimanche 27 janvier 2019

Frères et Sœurs,
Nous venons d’écouter le passage de l’Evangile de Saint Luc où l’évangéliste relate que le Christ prêchant dans la synagogue de Nazareth, ouvre le livre du prophète Isaïe et tombe sur le passage où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction… et Jésus commentant cette parole dit : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. »
En s’appropriant ce passage d’Isaïe, le Christ manifeste qu’Il accomplit toute l’histoire du Salut. Il vient apporter le Salut à toute l’humanité, c’est-à-dire à toutes les générations de toutes les nations.
Il n’est pas venu pour condamner le monde mais Il est venu pour le sauver.
Frères et Sœurs,
Aujourd’hui, les troubles sociaux que traverse notre pays depuis des semaines révèlent une profonde détresse. Beaucoup ont le sentiment d’être oubliés et incompris, ils ne font plus confiance et cela se manifeste par la violence.

2
Comme chrétiens nous ne pouvons rester indifférents à la souffrance qui s’exprime. L’Eglise, à travers sa doctrine sociale peut apporter à la société son expertise par sa vision de l’homme qui ne peut se réduire aux seules questions économiques, il faut remettre l’homme au centre. Le Christ en faisant sa demeure en nous, nous libère de l’égoïsme, de la haine, de la violence.
Le Christ nous rejoint dans toutes les situations de nos vies, y compris les plus difficiles, Il nous aide à porter notre croix, « le disciple n’est pas au dessus du Maître ». Il nous redit à tous : "Venez à ma suite… » Je rendrai votre vie belle et féconde…
Le Christ fait de nous des témoins de l’Espérance !
Frères et Sœurs,
Samedi prochain 2 février, fête de la présentation du Seigneur au Temple, sera comme chaque année la journée de la vie consacrée.

3
Cette journée rappelle à tous les chrétiens que la vie religieuse ou la vie consacrée est la manifestation prophétique du but vers lequel nous cheminons tous en faisant resplendir la grandeur de la vocation des baptisés.
Cette journée est aussi l’occasion de prier pour les vocations religieuses et de rendre grâce pour tous les religieux et religieuses qui ont donné toute leur vie au Christ pour le faire connaitre et aimer.
Le Concile Vatican II a rappelé à tous les baptisés, la vocation universelle à la sainteté. La sainteté n’est pas réservée à une élite !
Bien des gens sont tentés de croire que la mise en pratique de l’Evangile dépasse le sens commun et relève plus d’un genre de fanatisme que d’une pratique raisonnable de la religion. Comme si vivre de l’amour du Christ et vivre pour l’amour du Christ en gardant sa parole était uns sorte de folie.
Depuis les premiers siècles du christianisme, chaque génération a formulé à sa manière cette critique : vous en faites trop… Dieu n’en demande pas tant…
4
Reconnaissons que nous aussi, avec une conscience plus ou moins tranquille, il nous arrive de nous livrer à ce genre de calculs pour trouver ce que nous appelons la « juste mesure », c’est-à-dire : comment composer et négocier entre nos divers attachements ?
Frères et Sœurs,
Pour qui veut suivre le Christ, ce qui est vraiment raisonnable c’est de mesurer sa faiblesse, d’apprendre à se connaître et à s’accepter et surtout de faire confiance à la grâce de Dieu et compter sur elle.
Baptisés, nous sommes tous appelés à cet acte de vérité sur nous-mêmes et sur notre vie. Nous le faisons à la lumière du grand commandement que le Christ nous a laissé : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force."
N’oublions pas ces paroles de Saint Augustin : « La mesure d’aimer c’est d’aimer sans mesure » !
Frères et Sœurs,
Le Salut est gratuit, le même Saint Augustin disait : « Dieu qui t’a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi ».

5
Le Salut offert par le Christ dans l’Evangile n’est pas une promesse qui se vivra plus tard. L’Evangile est une force et une lumière qui, change notre vie maintenant, si nous sommes prêts à l’accueillir.
Le Salut se vit et se concrétise dès à présent dans l’aujourd’hui de nos vies par ce chemin intérieur que nous seuls pouvons tracer avec l’aide du Saint Esprit, qui nous communique sa joie et sa paix et son amour.

Que la Vierge Marie nous aide à bien comprendre que « la joie de l’Evangile » c’est retrouver dans l’humilité, l’émerveillement de l’enfant, le goût de la lumière, le désir passionné de rafraîchir en soi l’image de Dieu qui y sommeille, en vue d’aimer, de partager et de transmettre.
AMEN

Messe du Saint ESPRIT pour la rentrée judiciaire 2019 - lundi 21 janvier 2019

Messe de rentrée des « Juristes catholiques angevins » (21-I-19)
A l’occasion de la rentrée judiciaire 2019
Chapelle Notre Dame de Pitié-Cathédrale d’Angers.
Homélie de Monseigneur Laurent Breguet

Frères et Sœurs,
Il y a déjà pratiquement un mois, nous célébrions la naissance du Christ à Bethléem.
Évènement si extraordinaire qu’il met fin au monde ancien et fait surgir un monde nouveau.
Désormais et pour toujours, il y a un avant et un après Jésus-Christ.
A Noël, nous découvrons que notre Dieu est tellement grand qu’il peut se permettre de devenir enfant, tellement fort qu’Il peut se montrer faible, et si puissant qu’Il peut susciter notre réponse, sans attenter en rien à notre liberté. Tel est le don que Dieu fait à l’humanité toute entière en prenant notre chair.

Frères et Sœurs,
Nous célébrons notre messe de rentrée, alors que notre pays connaît depuis deux mois des manifestations de grande ampleur dite des « gilets jaunes », révélatrices d’une réelle souffrance chez beaucoup.
Bon nombre de nos concitoyens n’arrivent plus à vivre dignement et ont un sentiment d’injustice et d’abandon.
Nous ne pouvons rester indifférents à la détresse qui s’exprime même si elle est parfois contradictoire et violente.
2
Cette crise révèle un manque de fraternité dû à un individualisme exacerbé du « chacun pour soi » qui engendre une déshumanisation des rapports humains. Cela nous rappelle que plus on ignore les autres, plus les problèmes humains se manifestent, plus les difficultés apparaissent et plus il faut du temps pour les résoudre.

Face à la situation présente nous sommes solidaires de ceux qui veulent le recul de la pauvreté, plus de justice et la disparition de la violence.
Nous aspirons tous à la paix sociale et à l’unité retrouvée. Pour une part cela dépend de nous, parce que nous pouvons tous contribuer d’une manière ou d’une autre au renouveau de la société en ayant le souci du bien-commun.
Celui-ci s’exprime à travers notre prière, notre courage, notre bienveillance, notre bonté, notre loyauté notre souci de la vérité et du pardon.
C’est ainsi que nous pouvons répondre à l’invitation des évêques de France, faite aux catholiques à prendre la parole dans cette concertation lancée par nos responsables politiques.
Prendre la parole c’est être fidèle à notre responsabilité de chrétiens de témoigner de notre Foi auprès de tous. L’Eglise à travers sa doctrine sociale peut apporter son expertise. Il nous faut retrouver une vision de l’homme qui ne peut se réduire aux seules questions économiques. Il faut remettre l’homme au centre.
3
La crise que traverse notre pays est révélatrice d’une perte de confiance et d’un manque de sens parce que nous avons oublié nos racines, nous avons perdu la mémoire et le sens de l’histoire.
Au-delà de notre société, c’est notre monde qui est bien malade, sans doute parce que Dieu a disparu de l’horizon des hommes, quand Il n’en a pas été chassé tout simplement !
Tout ceci fait que notre culture, socle commun d’une nation, s’en trouve fragilisée.

Frères et Sœurs,
Le premier défi de l’année 2019 est sans doute de restaurer dans la société le lien social par le dialogue, car rien de durable ne se fera sans lui.
Nous vivons dans un environnement où on ne sait plus s’écouter et se parler, les idées se confrontent sans vrai débats et sans référence à un ordre transcendant qui légitime ces idées.
Sans un dialogue qui cherche avec honnêteté à faire émerger le bien commun, il n’y a que confrontation violente comme nous le voyons malheureusement en ce moment.
La situation présente est préoccupante, certes, mais gardons confiance en la Providence de Dieu.

4
Prions avec persévérance, sans nous décourager. Nous savons que le Seigneur ne nous abandonnera pas et qu’Il nous aidera à relever les défis présents, comme par le passé.
Le Christ est la « Lumière des Nations », Lui le premier, nous a aimés. Il nous propose l’Evangile pour que notre humanité soit transfigurée par Sa sainteté.
Les saints nous fortifient et nous éclairent par l’exemple de leurs vies. Ils apportent un fantastique message d’Espérance.

Frères et Sœurs,
Apprenons d’eux et de la Vierge Marie, la Toute Sainte, à accueillir et à aimer autrui comme un frère ; là est la solution aux maux qui nous étreignent.
Saint Paul VI disait que nos contemporains avaient plus que jamais besoin de témoins crédibles de la présence de Dieu au cœur de ce monde par le témoignage des saints qui actualisent l’Evangile et renouvellent l’Eglise et la société.
Si nous reconnaissons en Jésus Christ le Sauveur, Il nous donnera la grâce « de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12) et le pouvoir de devenir une seule famille de frères et de sœurs, artisans de la Paix, de cette paix que le Christ est venu apporter aux hommes qu’Il aime.

5
Nous ne sommes pas encore des saints, nous sommes des pêcheurs en chemin vers le Royaume, confiants que cette parole décisive du Christ nous accompagne : « Dans ce monde vous aurez à souffrir, mais courage, j’ai vaincu le monde ». (Jn 16, 33) C’est aujourd’hui notre vocation de « disciples-missionnaires » : témoigner du Christ et de son Evangile !

Notre monde attend, Dieu espère.
AMEN

2ème dimanche ordinaire - C - Dimanche 20 janvier 2019

Frères et Sœurs,
Le miracle des Noces de Cana est la première manifestation de la Divinité du Christ, qui vient sceller l’Alliance nouvelle et éternelle.
L’Ancienne Alliance n’est pas supprimée par la Nouvelle, il n’y a pas rupture mais continuité et épanouissement : « Jésus n’est pas venu abolir mais accomplir ».
« Il y avait un mariage à Cana en Galilée. » C’est le lieu et l’événement que le Christ choisit pour manifester sa gloire.

Avec les « noces de Cana » le Christ inaugure l’annonce de l’avènement des noces éternelles sur lequel va s’appuyer la Foi des Apôtres.
Le récit des « noces de Cana » clôt chaque année le cycle des célébrations liturgiques liées à la manifestation de Dieu dans l’histoire humaine.

2
Manifestation inaugurée à Noël par la naissance du Christ dans la nuit de Bethléem, manifestation prolongée par l’adoration des Mages à l’Epiphanie.
Puis manifestation inaugurale du ministère public de Jésus par son baptême par Jean-Baptiste.
Frères et Sœurs,
En Orient, quand il y a des noces dans un village, tout le monde est en fête.
Le Christ n’est pas venu apporter la tristesse, mais la joie.
Les noces sont le signe de l’amour.
Par sa présence à ces noces, le Christ prépare l’institution du mariage chrétien qui est le « signe », (le sacrement), de l’amour de Dieu pour l’humanité.
Saint Jean nous dit, dans l’Evangile, que « l’on manqua de vin ». Le vin est synonyme de joie.
Les convives n’ont plus de vin, ce qui revient à dire qu’ils n’ont plus de joie. La source de la joie est tarie, mais il y a une autre source plus abondante et meilleure, le Christ Lui-même... « Ils remplirent les six jarres jusqu’au bord ».

3
Dieu ne se laisse pas vaincre en générosité ! Il ne calcule pas et donne avec surabondance...
Rappelons-nous, les sept corbeilles après la multiplication des pains...
Frères et Sœurs,
L’Evangile nous dit aussi que : « la Mère de Jésus était là ».
Marie est femme, donc sensible à une certaine profondeur des êtres et des choses.
Marie est mère, Elle est présente « au commencement », au moment où les choses et les êtres s’engendrent.
Marie est présente au moment de l’Alliance, présente au pied de la Croix, présente à la Pentecôte.
Marie, aujourd’hui, est présente dans l’Eglise pour nous soutenir dans la Foi.
Dans le récit des noces de Cana, Marie parle avec son Fils, et Jésus avec sa Mère. « Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi ?
Ce qui signifie : Comment se fait-il que nous ayons la même intuition profonde ? Et Jésus accomplit son premier miracle et ses disciples crurent en Lui.

4
Ce récit des noces de Cana nous conduit à l’Eucharistie, signe et sacrement de la Croix et de la Résurrection.
Ce qui a commencé à Cana et s’est réalisé au Cénacle s’est achevé sur la Croix, pour s’épanouir en noces éternelles, toujours en présence de Marie, témoin permanent et privilégié des grandes heures de son Fils.
Frères et Sœurs,
Nous sommes entrés dans la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.
Si les chrétiens sont divisés, c’est parce qu’ils se sont éloignés du Christ qui est le Centre et la Source de l’unité.
Il n’est pas de division qui ne puisse être surmontée.
Il faudrait que cette semaine soit l’occasion pour chacun de nous de prier davantage, de réfléchir et de se former pour avoir une meilleure intelligence de sa Foi.
L’Eucharistie que nous célébrons réalise aujourd’hui les paroles du Christ : « Celui qui mange ce pain vivra pour toujours ».

5
Lorsque le Christ reviendra en ce monde mettre fin au temps de l’histoire, alors, comme un peuple immense enfin réconcilié, nous ressusciterons à la ressemblance de ce corps dont l’Eucharistie nous nourrit. Et nous serons établis ensemble et pour toujours dans la joie de Dieu.

AMEN

Dimanche de la Sainte Famille - Dimanche 30 décembre 2018

Frères et Sœurs,
Saint Luc est le seul des quatre évangélistes à raconter l’épisode que nous venons d’entendre dans ce passage d’Evangile, où Jésus adolescent, se perd au cours d’un pèlerinage à Jérusalem.
Ses parents sont bouleversés : Joseph et Marie, le cherchent puis le retrouvent au Temple : « Mon enfant pourquoi nous as-tu fait cela ? » s’exclame Marie, stupéfaite.
Et Jésus de répondre : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »
Si nous retraçons l’itinéraire de la Sainte famille de Nazareth, étape après étape, nous voyons, à travers les épreuves, qu’elle a su surmonter, qu’elle est loin de nos schémas habituels de sérénité et de bonheur à l’eau de rose.
D’abord Marie est enceinte à la grande surprise de Joseph qui ne comprend pas, mais qui garde malgré tout, une confiance intacte envers Marie son épouse, ce qui sauvera l’unité de leur couple !

2
Puis, arrive la naissance du Christ dans le plus grand dénuement dans une étable de Bethléem.
Enfin c’est la menace du Roi Hérode de tuer tous les nouveaux nés, qui provoque la fuite en Egypte pour protéger l’enfant Jésus.
Frères et Sœurs,
C’est cette famille de Nazareth que Dieu a choisi pour rejoindre toutes les familles. Marie met au monde un enfant, « l’Emmanuel », Dieu-avec-nous ! Dieu parmi les hommes.
La finale du passage d’Evangile est paisible : "Jésus redescendit avec Marie et Joseph pour rentrer à Nazareth et il leur était soumis".
Dans le silence du quotidien de ses années passées à Nazareth le Christ apprend à devenir Celui que révèlera sa vie publique.
Frères et Sœurs,
La famille est la cellule de base de la société, elle est par excellence le lieu de prédilection de la tendresse et de l’affection mutuelle.
La famille est le lieu de l’apprentissage des relations sociales, elle est l’école du respect mutuel, de la compréhension, de la bienveillance.
3
Quel que soit notre âge, nous apprenons beaucoup de la famille : maris et femmes, parents et enfants, et toutes les générations qui la composent que ce soit de la joie de l’enfance, au bonheur de fonder un foyer, jusqu’à la grâce de vieillir ensemble, en accompagnant enfants et petits enfants sur leur chemin d’adultes, chacun apportant son propre don particulier.
La famille est le lieu où nous vivons d’intenses moments de bonheur, comme des naissances mais aussi parfois de cruelles épreuves comme la maladie, le deuil ou des éloignements et aussi parfois de douloureux conflits. Nous y goûtons la joie des retrouvailles, et de belles réconciliations.
Nos histoires de famille quelles qu’en soient la gravité peuvent toujours trouver une issue favorable si on a de bonnes dispositions à vouloir se réconcilier et si on a recours à la prière, aux sacrements, en particulier à celui du pardon reçu lors d’une confession. Là, nous recevons la force de pardonner et d’accueillir le pardon.
La famille soutenue et irriguée par la grâce du sacrement de mariage est une cellule vitale de l’Eglise, elle est « une petite église à la maison » disaient les Pères de l’Eglise. Le Concile Vatican II définira la famille comme « une église domestique ».
4
Frères et Sœurs,
Bien des maux dont souffre notre société ont pour origine la destruction de la famille ce qui a des effets désastreux pour la société toute entière. Face à ce drame, regardons et imitons la Sainte Famille que le Christ Lui-même nous a donnée : une famille humaine ordinaire et extraordinaire à la fois, dans le quotidien de la vie de Nazareth.
La Sainte Famille nous apprend à vivre ouverts aux autres, ouverts aux imprévus voire à l’imprévisible, dans la confiance inébranlable en la providence de Dieu.
La Sainte Famille demeure pour tous les croyants l’école du recueillement, de l’intériorité et de la prière.
En ce temps de Noël rendons grâce au Seigneur pour la Sainte Famille de Nazareth et confions-Lui nos familles. Demandons à Marie, la Toute Sainte, d’y conserver le bonheur qui doit y croître pour que nos familles soient l’une des joies de Dieu.
Amen.

Noël - Lundi 24 décembre 2018

Frères et Sœurs,
A Noël, nous célébrons la naissance du Christ à Bethléem. Le Fils de Dieu qui s’est fait homme !
A Noël, le don de Dieu est un enfant, un petit enfant né d’une femme et déposé dans une étable.

La naissance du Christ est un événement si extraordinaire qu’il met fin au monde ancien et fait surgir un monde nouveau. Il y a un avant et un après Jésus-Christ.

Dieu est Amour dit Saint Jean. Et l’amour ne peut que donner, il ne peut que se donner.
Sainte Thérèse de Lisieux disait : « aimer c’est tout donner et se donner soi-même. »

Le Seigneur que nous adorons dans ce nouveau-né ne s’impose pas. Il se tient à la porte comme un enfant qui demande de pouvoir entrer. A peine est-il visible. Il n’écrase pas le roseau froissé, il n’éteint pas la mèche qui faiblit.

A Noël, c’est pour toujours que le Fils de Dieu est devenu l’un de nous, pour nous faire entrer dans l’intimité de Dieu.

2
Frères et Sœurs,
Notre Dieu est tellement grand qu’il peut se permettre de devenir enfant, tellement fort qu’Il peut se montrer faible, si irrésistiblement attirant que personne ne peut lui résister tout en n’étant forcé en rien. Tel est le don de Dieu à Noël.
Dieu est si puissant qu’Il peut susciter notre réponse, sans attenter en rien à notre liberté.

Le Christ venu en notre chair a été accueilli par une multitude de croyants, et rejeté par beaucoup d’autres : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu » dit Saint Jean. (Jn 1, 11) Adulte, le Christ sera injustement condamné à mort et crucifié comme un bandit.

Tel est le Dieu Sauveur qui nous est donné à Bethléem.
Il nous a été donné voici deux mille ans, et Il nous est donné encore.

Frères et Sœurs,
Nous célébrons cette année, la fête de Noël, alors que notre pays connaît une crise sérieuse, révélatrice d’une profonde détresse chez beaucoup et d’une grande souffrance, conséquence d’une déshumanisation des rapports humains et d’un manque de fraternité. Bon nombre de nos concitoyens n’arrivent plus à vivre dignement et ont un sentiment d’injustice et d’abandon.

3
Avec Noël, nous aspirons tous à la paix sociale et à l’unité retrouvée. Pour une part cela dépend de nous.
Devant la situation présente nous sommes solidaires de ceux qui veulent le recul de la pauvreté, plus de justice et la disparition de la violence.
C’est ainsi que nous pouvons comprendre cette invitation des évêques de France, faite aux catholiques à prendre la parole dans cette concertation initiée par nos responsables politiques. Prendre la parole c’est être fidèle à notre responsabilité de témoigner de notre Foi auprès de tous, c’est être fidèle à notre vocation de « disciple-missionnaire ».
Plus que notre société, notre monde est bien malade, sans doute parce que Dieu a disparu de l’horizon des hommes, quand Il n’en a pas été chassé tout simplement.

Noël apporte un fantastique message d’Espérance.
Si nous reconnaissons en Jésus le Sauveur, Il nous donnera la grâce de devenir enfants de Dieu (Jn 1, 12) et le pouvoir de devenir une seule famille de frères et de sœurs, artisans de la Paix que le Christ est venu apporter aux hommes qu’Il aime.

Saint Paul VI disait que nos contemporains avaient plus que jamais besoin de témoins crédibles de la présence de Dieu au cœur de ce monde par le témoignage des saints qui actualisent l’Evangile et renouvellent l’Eglise et l’humanité.
4
Frères et Sœurs,
La grâce de Noël, c’est le don inouï d’une nouvelle naissance. Le Fils de Dieu s’est présenté à nous sous les traits d’un petit enfant. Et nous aussi nous aurons à devenir comme l’un de ces petits que Jésus aimait, car le Royaume des cieux appartient à ceux qui leur ressemblent. (Mt 18, 1-4)

Apprenons de Marie à accueillir et à aimer autrui comme Elle a accueilli et aimé le Seigneur. Lui le premier, nous a acceptés et aimés, tels que nous sommes.

C’est cela le grand message de Noël !

AMEN

4ème Dimanche de l’AVENT - Dimanche 23 décembre 2018

Frères et sœurs,

Nous venons d’écouter dans l’Evangile le récit de la Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth.
Frères et Sœurs,
Dans le mystère de l’Incarnation, l’amour revêt le visage du miracle, l’infiniment grand s’exprime dans l’infiniment petit.
À travers la libre acceptation de la Vierge Marie survient l’initiative de Dieu qui va bouleverser sa vie, Elle accepte l’inattendu de Dieu et se fie à l’amour divin qui la comble de grâces.
La vie de la Vierge Marie est un itinéraire pour notre vie chrétienne et notre vie spirituelle :
Avec Elle, et comme Elle, nous sommes appelés à dire « oui » à Dieu avec confiance et humilité, comme dans l’Annonciation.
Nous sommes invités à nous mettre au service de nos frères, comme dans la Visitation.

2
Nous sommes conviés à faire la volonté de Dieu, comme à Cana.
Nous sommes invités à La suivre jusqu’au pied de la croix, comme au Golgotha.
Enfin, nous sommes appelés à participer à la vie de l’Eglise, comme au Cénacle, par la prière et l’action.
Par son exemple la Vierge Marie, nous apprend à aimer et servir le Christ et son Eglise.
Frères et Sœurs,
Lorsque nous accueillons les initiatives de l’Esprit-Saint dans nos vies, nous acceptons d’être bouleversés par un projet parfois trop exigeant pour nos propres forces.
Nous acceptons aussi de participer à un avenir dont nous découvrons peu à peu la grandeur et la richesse et que Dieu
Lui-même nous donne la force de préparer, et qui transforme profondément nos projets.
Ce que le Seigneur nous propose, c’est à la fois, un chemin de perfection qui est en même temps une voie d’enfance :

3
« Soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait. » (Matthieu 5, 48) « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ».
Le Christ introduit un troisième terme entre Dieu et l’homme qui cherche la justice du Royaume :
Les pauvres ! « Si tu veux être parfait, va vendre tes biens et distribue-les aux pauvres. » (Marc 9, 21)
L’homme peut ainsi totalement s’effacer pour laisser transparaître la bonté du Seigneur à travers sa bienveillance et son attention aux autres.
C’est dans l’eucharistie que nous trouvons la force d’aimer. C’est le Christ qui renouvelle en chacun de nous cette capacité d’aimer comme Dieu seul sait aimer.
On ne peut vivre dans l’amitié du Christ sans l’amitié avec les autres. N’attendons pas que les autres soient devenus des saints pour commencer à les aimer. Ils ont d’autant plus besoin d’être aimés qu’ils nous paraissent difficiles à aimer,
et quels qu’ils soient, ils sont aimés de Dieu.

4
Frères et Sœurs,
Le Christ par l’Eucharistie veut se saisir de nous pour leur témoigner à travers nous l’amour dont Il les aime, cet amour qui veut les transformer pour qu’eux aussi deviennent une vivante force d’amour dans l’Eglise et dans le monde.
Pour vivre pleinement ces grâces de conversion, il nous faut prendre exemple sur la Vierge Marie.
On parle souvent de l’absence de Dieu dans le monde moderne. Puissions-nous comme La Vierge Marie accueillir à Noël, Jésus « l’Emmanuel » comme l’initiative de Dieu - venant nous rejoindre au cœur de notre existence, pour nous ouvrir un avenir de paix.

AMEN !

3ème Dimanche de l’AVENT - Dimanche 16 décembre 2018

Frères et Sœurs,
L’Avent nous place donc devant le mystère lumineux de l’évènement le plus heureux de l’histoire : la venue dans le monde du Fils de Dieu.
La liturgie de ce troisième dimanche de l’Avent nous invite à la joie, Saint Paul dit dans la seconde lecture : « Soyez dans la joie… Le Seigneur est proche ».
En se faisant proche de nous, en prenant notre chair, le Christ nous communique sa joie, la joie d’aimer. L’Esprit Saint nous fait vivre dans « l’amour, la joie et la paix » (Ga5, 22) dit Saint Paul.
Savoir que Dieu est proche, et qu’Il veille sur nous avec sollicitude, bienveillance et amour, ce que nous appelons sa providence, nous procure une joie profonde.
Dans cette joyeuse attente, l’Avent rappelle aux chrétiens que l’Eglise est missionnaire, parce qu’Elle annonce le Christ, « Lumière des Nations ».
2
Si nous acceptons que le Christ fasse sa demeure en nous, sa présence lumineuse vient illuminer et colorer notre existence, notre vie prend tout son sens, nous comprenons que nous sommes aimés et faits pour aimer.
Les saints en ont fait l’expérience et le rayonnement de leurs vies données illustrent à merveille la joie chrétienne au cœur même des épreuves, que ce soit par exemple la joie sereine des martyrs, ou que ce soit la joie intérieure de Sainte Mère Teresa de Calcutta face aux mourants gisant sur les trottoirs : son sourire illuminait son visage et il consolait.
Frères et Sœurs,
Si le monde acceptait d’accueillir dans la Foi le Seigneur qui vient, tout de suite refleuriraient dans la société la paix, la joie, la concorde qui sont les fruits de l’Evangile vécu.
La crise que traverse notre pays révèle que l’oubli de Dieu dans nos sociétés sécularisées, où l’individualisme devient la valeur absolue au détriment du bien commun, conduit à une déshumanisation à un manque de fraternité, mais pour être frères, encore faut-il une paternité commune !
3
La dimension spirituelle de tout homme est depuis trop longtemps niée, voire combattue et la religion reléguée dans la sphère de la vie privée.
C’est ce que le pape Benoît XVI déplorait dans sa lettre aux évêques catholiques du 10 mars 2009. Il disait : « En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein. »
Devant la situation que vit notre pays depuis quelques semaines, être « disciples missionnaires », c’est apporter notre part de réponse aux défis auxquels notre société meurtrie doit faire face.
La doctrine sociale de l’Eglise nous rappelle que la recherche du bien commun est aussi la recherche du bien des personnes. Par son travail, l’homme assure la nourriture pour lui et sa famille, il prend sa place dans la société et dans sa relation aux autres il contribue à transformer le monde.
4
Dans leur déclaration du 11 décembre dernier les évêques de France appellent tous les catholiques à promouvoir et à faciliter le dialogue dans un climat constructif et pacifique, parce qu’ils ont à prendre part au débat en œuvrant pour plus de justice et de respect pour les plus faibles et les plus fragiles.
Nous sommes tous appelés à aider ceux qui ont du mal à vivre dignement.
C’est l’appel de Jean-Baptiste dans l’Evangile : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même » !

Frères et Sœurs,
Durant ce temps qui nous sépare de Noël où nous allons accueillir le « prince la paix », prions pour notre pays. Redoublons de confiance dans la puissance de la prière qui peut changer le cours des évènements.

5
En 1947, la Vierge Marie est apparue du 8 au 14 décembre à trois petites filles dans l’église paroissiale de l’Ile Bouchard en Touraine.
Elle leur a demandé de prier pour la France qui se trouvait alors en grand danger. La prière des petites voyantes fût exaucée et notre pays fût alors épargné du chaos qu’aurait provoqué un coup d’état aux conséquences dramatiques.
Sainte Thérèse de Lisieux disait que la Vierge Marie est plus Mère que Reine. Elle est la patronne de notre pays qui Lui a été consacré. Demandons-Lui de protéger la France et de nous aider à surmonter la crise que traverse notre pays.

AMEN

Fête de l’Immaculée Conception - Samedi 8 décembre 2018

Frères et Sœurs,
Nous célébrons ce matin avec l’Eglise toute entière l’œuvre de Dieu accomplie dans le mystère de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie.
Cette expression d’« Immaculée Conception » a été définie solennellement le 8 décembre 1854, il y a donc 164 ans, par le Bienheureux Pape Pie IX.
Cela signifie que Marie reçut la grâce insigne d’être préservée du péché, du péché personnel certes, mais aussi et surtout du péché originel. C’est pour cela que l’ange Gabriel La salue en La qualifiant de « comblée de grâce. »

Chers frères et Sœurs,
Dans l’Evangile, Marie nous conduit au Christ, son Fils, l’Unique Sauveur et la Lumière des Nations, et Elle continue à le faire pour l’humanité à travers ses apparitions de par le monde.
A chaque fois que Notre Dame vient visiter la Terre, Elle invite l’humanité à l’action de grâce et à l’émerveillement devant la fidélité et la bonté de Dieu, et en même temps, Elle invite les hommes à se convertir.

2
En 1830, La Vierge Marie apparaît à Sainte Catherine Labouré, religieuse de Saint Vincent de Paul, à Paris, rue du Bac dans la chapelle des Sœurs. Elle se fait connaître comme « Marie conçue sans péché… »

En 1858, Elle apparaît à Sainte Bernadette à Lourdes. Quatre ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception.
La Médaille miraculeuse, diffusée après les apparitions de Notre Dame à Catherine Labouré, puis le message de Marie à Bernadette contribueront largement à faire connaître ce dogme auprès des fidèles du monde entier :

En 1846, le 19 septembre, Ella apparaît à la Salette, au diocèse de Grenoble à deux petits enfants.

En 1871, le 17 janvier, Elle apparaît à Pontmain, au diocèse de Laval à deux petit enfants.

En 1917 du 13 mai au 13 octobre, Marie apparaît à Fatima au Portugal à trois enfants, et demande la conversion des pécheurs et la consécration de la Russie à son Cœur Immaculée, sans lesquelles il n’y aura pas de paix durable dans le monde.

En 1947 Elle apparaît du 8 au 14 décembre à trois petites filles dans l’église paroissiale de l’Ile Bouchard.
A cette époque, la France est en grand danger, Elle est à deux doigts de la guerre civile.
3
La Vierge Marie demande aux trois petites voyantes de prier pour la France. Leurs prières sont exaucées. Notre pays est alors sauvé du chaos qu’aurait provoqué un coup d’état aux conséquences dramatiques.

Aujourd’hui à nouveau la France vit des heures angoissantes, sinon tragiques, redoublons de confiance dans la puissance de la prière qui peut changer le cours des évènements.

Frères et Sœurs,
Dans tous les pays du monde existent des sanctuaires dédiés à la Vierge, les pèlerins aiment venir y prier, et confier à Notre Dame leurs joies et leurs peines, sachant qu’ils peuvent toujours trouver prés d’Elle le réconfort de sa proximité.

Marie continue de conduire à son Fils des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions qui découvrent la bonté et la miséricorde de Dieu grâce au ministère des prêtres qui célèbrent la messe et qui confessent.
Ces deux sacrements de l’eucharistie et du pardon renouvellent les chrétiens dans la lumière de la Foi, et dans l’enthousiasme de l’Espérance et les fortifient dans l’ardeur de la charité.

4
Frères et Sœurs,
Saint Paul VI en clôturant les travaux du Concile Vatican II le 8 décembre 1965 a proclamé Marie « Mère de l’Eglise ».
En septembre dernier, le Pape François a demandé instamment aux catholiques du monde entier de se tourner vers la Vierge Marie parce qu’Elle est la Mère de l’Eglise, et de La prier pour l’Eglise en proie à de grandes épreuves en ces temps difficiles.
A travers cette demande pressante, le Saint Père nous fait comprendre que l’Eglise est Communion, que nous sommes tous solidaires, parce que tous frères, marqués par le même baptême.
N’oublions pas que prier, s’offrir pour la sainteté des membres de l’Eglise évêques, prêtres, religieux, religieuses et laïcs, c’est prier pour la sainteté du peuple de Dieu.
Nous savons que le Seigneur ne peut rien refuser à sa Mère, répondons généreusement à l’appel du Pape, confions-Lui l’Eglise.
Sainte Thérèse de Lisieux aimait dire que Marie est plus Mère que Reine !

Alors prions-La avec notre chapelet. La prière du rosaire est une prière simple et profonde à la fois, dans laquelle toutes les générations peuvent se joindre et se rejoindre.

5
A travers cette prière, nous faisons l’expérience que méditer la vie du Christ de l’Annonciation à sa Résurrection en passant par sa vie publique, sa Passion et sa mort sur la Croix, devient une source féconde de vie spirituelle et en même temps une lumière qui oriente nos choix et nos actions en cohérence avec notre Foi.

Frères et Sœurs,
La vie et l’exemple de la Vierge Immaculée nous renvoie à notre vocation personnelle. Chacun est appelé à consentir à l’action de l’Esprit Saint, pour laisser se déployer en lui l’amour gratuit du Seigneur pour la plus grande gloire de Dieu.
C’est ce que firent les 19 martyrs de la guerre civile des années 90 en Algérie, et qui sont béatifiés aujourd’hui à Oran. Parmi eux Mgr Claverie évêque d’Oran, le Père Jean Chevillard, originaire d’Angers et les moines cisterciens de Tibérine dont trois venaient de l’Abbaye de Bellefontaine, les frères Michel, Bruno et Célestin.

Frères et Sœurs,
Le temps de l’Avent est le temps de la venue du Fils de Dieu à Noël, Jésus, Prince de la paix.
Puisse la vierge Marie, Patronne de notre pays, protéger la France et nous aider à retrouver la paix sociale, dans la concorde et l’unité retrouvée.
AMEN

Christ Roi de l’Univers – Dimanche 25 novembre 2018

Frères et Sœurs,
Instituée par le Pape Pie XI en 1925, la fête du Christ Roi clôt l’année liturgique et annonce à la fois l’achèvement de l’Histoire humaine et le jugement que rendra le Christ sur l’humanité toute entière.

Nous avons entendu dans l’Evangile la question que pose Pilate à Jésus : « Es-tu le Roi des juifs ? » Et la réponse de Jésus « Je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. »

Durant toute l’année liturgique, dimanche après dimanche, nous avons suivi le Christ, écouté ses paroles et contemplé ses actes.
Le Christ naît dans la pauvreté d’une crèche à Bethléem, Il est reconnu par les Mages comme le Messie-Sauveur, puis Il est baptisé par Jean, et dans sa vie publique Il proclame la présence du Royaume et le manifeste par sa proximité avec les affamés, les pauvres, les humbles, les malades, les prisonniers, les pécheurs, et les plus méprisés, à qui Il s’identifie !

Le Christ est pour reprendre les paroles du prophète Daniel dans la première lecture, « le Fils de l’homme venant sur les nuées » Il est Celui qui, par amour, se donne à ceux qui ont le plus besoin de Lui et s’ouvrent à son Salut.
2
Frères et Sœurs,
Cette fête du Christ Roi doit nous inciter à nous poser deux questions :
Que faisons-nous des dons reçus de Dieu dans notre manière de vivre ?
Et comment agissons-nous avec ceux qui sont dans le dénuement et qui sont pour nous, la présence du Christ souffrant ?
Le jugement qui se prépare, au long de l’histoire humaine, comme notre propre jugement à l’instant de notre mort, ne peut inquiéter que ceux qui négligent les talents qu’ils ont reçus sans les faire fructifier, ou ceux qui ont ignoré leurs prochains.
Nous devons nous préparer à cette heure décisive en réfléchissant à la façon dont nous vivons ou non l’Evangile.
Le Christ nous veut en communion avec Lui, et son règne advient si nous Le laissons faire sa demeure en nous.
C’est comme cela que nous entrons dans une relation vitale et aimante avec le Seigneur !

Frères et Sœurs,
Notre monde est en quête de paix et de vérité, comme de bonheur. Le règne du Christ est la réponse à cette aspiration légitime, et chacun peut contribuer à l’avènement de ce règne, « parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné ». (Rm5,5)
3
La royauté du Christ avance si nous écoutons la voix du Bon Pasteur qui nous aime et nous guide pour être dans le monde à la fois témoins et acteurs de sa Royauté. Nous le sommes si nous nous mettons à son école, Lui qui est « doux et humble de cœur » et qui par son amour, transfigure notre humanité.
Nous savons que la grâce de Dieu est notre richesse, et qu’elle ne nous manquera jamais si nous la sollicitons.
Tous, nous sommes des pauvres, mais la prière possède
cette faculté prodigieuse de nous ouvrir aux seules relations profondes qui soient capables d’unir les hommes en humanité fraternelle !
Sans cesse renouvelées par la grâce de l’Esprit Saint, la prière nous donne la force d’aimer jusqu’à pardonner et ouvre l’esprit et le cœur à l’accueil, la bienveillance et la compréhension qui sont des signes du Royaume.

Frères et Sœurs,
Nous sommes tous faits pour aimer et être aimé ! Chacun se demande, à un moment ou à un autre, quel sens donner à sa vie, quelle est sa vocation, quelle est sa place dans l’Eglise et dans la société.
Les saints ont répondu à ces questions, parmi eux :
Sainte Thérèse de Lisieux disait : « Dans l’Eglise je veux être l’Amour ».
Saint Ignace de Loyola disait : « Je veux tout faire pour la gloire de Dieu ».
Pour Saint François d’Assise : la pauvreté évangélique.

4
Dans la Bible, la vocation et la mission des personnes est signifié par leur nom.
C’est ainsi qu’Abram dans l’Ancien Testament s’appellera Abraham ce qui signifie père d’un grand nombre.
Et que Simon dans le nouveau Testament s’appellera Pierre, pierre sur laquelle Jésus bâtira son Eglise.

Voilà, Frères et Sœurs, la véritable royauté qu’apporte le Christ : devenir ce que nous sommes en tant qu’enfants de Dieu.
« Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » dit Jésus.
« Le beau est la splendeur du vrai » disait Platon.
Il est vrai que la vérité attire à elle par sa beauté, beauté des choses de l’art, fruit de l’intelligence et des mains de l’homme qui les a transfigurées.
Quand la Foi rencontre l’art, alors celui-ci rend visible l’invisible pensons par exemple aux Cathédrales et à tant de chefs d’œuvres de l’art religieux.

Frères et Sœurs,
Retenons de cette fête, que le Règne du Christ, c’est son amour victorieux dans nos vies.

Si le Christ fait sa demeure en nous, s’Il vit en nous, alors nous pouvons témoigner de Lui dans nos familles, et au-delà dans notre vie professionnelle ou sociale, dans notre communauté paroissiale.
5
Lors du dimanche de rentrée, je vous proposais trois verbes : Aimer, Evangéliser, Servir, pour nous aider durant cette année, à être « disciples-missionnaires ». Si nous les vivons, le règne du Christ sera reconnu et accueilli par ceux et celles qui sont en quête de fraternité et de paix.

Qu’il en soit ainsi !

AMEN

33ème dimanche du temps ordinaire - Dimanche 18 novembre 2018

Frères et Sœurs,
Si nous avons bien entendu l’Evangile, la détresse dont parle le Christ, n’est pas le signe de la fin du monde, mais le signe de l’avènement d’un monde nouveau.
La comparaison avec le figuier que fait Jésus pour évoquer sa venue, veut dire que malgré toutes ces détresses, toutes ces catastrophes, toutes ces destructions, c’est l’Espérance qui doit l’emporter, parce que Moi, « j’ai vaincu le monde. »

La fête de la Toussaint nous a rappelé qu’il dépend de nous, que nous soyons éternellement heureux.
Saint Augustin évêque d’Hippone, en Afrique du Nord, enseignait avec beaucoup de réalisme à ses diocésains que « si Dieu nous a créé sans nous, Il ne nous sauvera pas sans nous » !

Frères et Sœurs,
Le vrai drame de la fin du monde il est en nous par nos manques de Foi. Nous n’attendons pas, nous ne désirons pas ou pas suffisamment la venue du Christ, et sans nous l’avouer, nous préférerions peut-être qu’Il ne vienne pas trop vite.

2
La venue du Christ ne doit pas nous faire peur. Au contraire, elle doit être pour nous cause de joie et d’Espérance !
Pour ceux qui mettent leurs pas dans ceux du Christ en s’efforçant de vivre dans la droiture, la bienveillance et la bonté, la venue du Christ est source de bonheur !
La fin du monde est en réalité le commencement d’un monde nouveau, annoncé comme est annoncé l’été par les feuilles du figuier.

Frères et Sœurs,
Le Pape François a voulu que le dernier dimanche du Temps Ordinaire, qui est le dimanche qui précède la fête du Christ Roi, lequel clôt l’année liturgique, soit la Journée Mondiale des Pauvres.
Dans son message pour ce dimanche, le Saint Père écrit : « la Journée Mondiale des Pauvres se veut une modeste réponse de toute l’Eglise, dispersée de par le monde, adressée aux pauvres se toutes sortes, de tous lieux, afin que nul ne croit que son cri s’est perdu dans le vide… »
Cette Journée Mondiale des Pauvres, coïncide en France au dimanche du Secours Catholique.
C’est l’occasion de rendre grâce et de prier pour toutes les personnes qui s’investissent dans cette institution caritative et de prier aussi pour les personnes secourues, aidées, accompagnées et soutenues.

3
Frères et Sœurs,
Nous faisons tous l’expérience que nous vivons dans un monde impitoyable, où l’individualisme est Roi !
La compétition fait rage : Compétition de l’avoir, du savoir, de l’argent, du pouvoir.

L’Evangile des Béatitudes, est l’antidote à cette mentalité, parce que l’amour de Dieu nous pousse à nous décentrer de nous-mêmes et à aller vers les autres.

Les pauvretés sont multiples autour de nous. Et les media nous abreuvent en temps réel, des détresses du monde entier. Certaines sont générées par les guerres, notamment en Lybie, en Syrie en Irak, et au Yémen d’où l’afflux massif de migrants en Europe dont beaucoup de jeunes sont mineurs !

Le Christ nous dit dans l’Evangile : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous le faites ».
Et à l’heure de notre mort Il nous dira : « J’avais faim, et tu m’as donné à manger, j’avais soif et tu m’as donné à boire… » (Mt 25)

Frères et Sœurs,
C’est dans la façon dont nous apportons notre aide matérielle, morale et spirituelle, en respectant la dignité de chacun que nous témoignons du Christ et que nous participons au recul de la pauvreté.
4
Chaque initiative de notre part, chaque geste de fraternité, chaque service rendu, constituent autant de pierres dans l’édification d’une société plus juste et plus humaine, plus conforme au projet de Dieu.

Ce sont les saints qui sont les prophètes d’un monde nouveau. Par leur courage et leur détermination à éradiquer les causes de la pauvreté ils sont les vrais réformateurs de la société.
La fécondité de leur rayonnement vient de leur union au Christ-pauvre.

Pensons par exemple à Saint Vincent de Paul qui disait « Les pauvres sont nos maîtres »,
Pensons, à Monseigneur Rodhain fondateur du Secours Catholique, qui disait « La charité n’a pas d’heure », Pensons à Mère Térésa de Calcutta qui disait : « Le sentiment de ne pas être aimé est la plus grande des pauvretés »,
Pensons à l’Abbé Pierre fondateur d’Emmaüs, qui disait : « Avoir souffert rend tellement plus perméable à la souffrance des autres. »
Pensons aussi au Père Joseph Wresinski, né à Angers, fondateur d’ATD Quart monde dont la cause de béatification est en cours à Rome, il disait : « La misère n’est pas une provocation à la haine mais à l’amour. »

5
Frères et Sœurs
Comme ces témoins, et à leur suite, nous pouvons faire face aux urgences d’aujourd’hui et mener à bien les défis auxquels nous sommes confrontés à condition que nous vivions dans la confiance en Dieu vécue dans la prière.
Nous savons que la grâce de Dieu ne nous manquera jamais.
Rappelons-nous ces paroles de Saint Paul : « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort, la puissance du Christ habite en moi. » (2Co12, 10)

Si nous croyons vraiment, à cette « vie du monde à venir » que nous confessons dans le Credo, alors attachons-nous résolument au Christ et à son Evangile dont « les paroles ne passeront pas ».

Que la Vierge Marie nous aide à bien comprendre que l’Evangile de ce dimanche est une pressante invitation à faire nôtre la prière des premiers chrétiens : « Viens Seigneur Jésus, viens ». (Ap 22,20)
AMEN

32ème dimanche du temps ordinaire - Dimanche 11 novembre 2018

Frères et Sœurs,
La liturgie de la parole de ce dimanche nous présente deux veuves, la veuve de sarepta dans la première lecture tirée du livre des Rois - Sarepta, ville située dans le Liban actuel, cette veuve accueille le prophète Elie, alors qu’elle va mourir de faim.
Et dans le passage de l’Evangile de Saint Marc, une pauvre veuve que le Christ observe dans la foule qui vient apporter ses offrandes au Trésor du Temple de Jérusalem. Effacée et généreuse elle vient déposer dans le tronc du Temple, deux piécettes d’argent.
Les riches mettent des grosses sommes : c’est alors, dit-on, que l’on sonnait la trompette pour que les fidèles reconnaissent, admirent et imitent éventuellement ces généreux donateurs.
Le Christ s’émerveille devant la générosité de cette pauvre veuve qui ne cherche pas à être vue.

2
Au contraire, elle a tellement honte de la petitesse de son offrande qu’elle cherche le moment où personne ne la verra.
Au temps de Jésus, une veuve était dans une très grande précarité, privée de la protection de son mari elle ne disposait pas de ressources propres ni d’assistance.
Frères et Sœurs,
Ces deux veuves se ressemblent, elles sont profondément croyantes, généreuses, humbles et discrètes. Elles incarnent les qualités que le Christ voudrait pour ses disciples. Il les voudrait discrètement généreux, et en même temps, audacieux dans le don d’eux-mêmes.
Ces deux veuves par leurs gestes, manifestent La Foi qui les anime, et se font l’écho des versets du psaume de ce dimanche : « Le Seigneur donne le pain aux affamés ; Il soutient la veuve et l’orphelin. (ps.145)
La veuve de l’Evangile a donné de son indigence, et pas de son superflu.

3
Dans sa pauvreté, elle donne tout, son geste évoque et annonce le don que le Christ va faire pour l’humanité entière de sa propre vie.
« Le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour la multitude. » (Marc 10, 45) Le Christ s’est dépouillé de sa condition divine pour assumer notre condition humaine avec toutes ses faiblesses. (philippiens 2, 6-11)
Frères et Sœurs,
Sainte Thérèse de Lisieux disait « aimer c’est tout donner et se donner soi-même » Se donner n’est pas réservé à quelques âmes d’élite. L’être humain ne s’accomplit que dans le don de soi, jamais dans le repli égoïste.
Donner sa vie par amour dans le mariage, le sacerdoce, la vie religieuse, ou dans les multiples engagements possibles au service des autres en les aimant pour eux-mêmes, avec persévérance et malgré toutes les déconvenues, est ce qui donne sens à la vie et nous fait entrer déjà dans notre destinée éternelle.
Ce n’est humainement possible que par le ressourcement quotidien dans la prière.
4
Seul l’Esprit Saint fait « persévérer dans la droiture ceux qui ont reçu la grâce d’en haut ». Et nous savons que c’est dans notre fragilité que la grâce nous fortifie.
En se faisant homme, le Fils de Dieu nous a révélé l’autre versant de notre humanité, au revers de celui de notre faiblesse, c’est l’appel à entrer avec Lui dans la gloire.
Le Seigneur connaît le fond des cœurs, Il mesure nos gestes à l’authenticité de nos intentions et de notre amour. Le regard du Seigneur est celui de l’amour perspicace, qui n’idéalise pas l’être aimé, mais le voit dans sa vérité, avec ce mélange de grandeur et de misère dont Dieu sait bien qu’il constitue le secret de chaque être humain.
Disciples du Christ, l’exemple de ces deux veuves nous stimulent dans notre attention aux autres et dans notre générosité pour que nous donnions avec joie, et sans arrière pensée, de notre argent certes, mais aussi de notre temps, de notre savoir, de nos compétences, mais aussi de notre vie spirituelle.
5
Frères et Sœurs,
La veuve qui semble la même à mille ans de distance, c’est notre humanité meurtrie chaque jour par la faim, la violence, la guerre, le désespoir. C’est aussi notre humanité, capable de se dépasser, capable de faire de grandes choses, capable de donner son dernier pain, ses dernières économies, capable d’offrir sa vie crucifiée et glorieuse.

Que la célébration de cette Eucharistie, où le Christ une nouvelle fois s’offre à son Père et se livre à nous, en nous donnant la lumière de son Esprit, nous permette de discerner dans ce qui est discret et petit aux yeux du monde ce qui est grand et beau au regard de Dieu.
AMEN

31ème dimanche du temps ordinaire - Dimanche 4 novembre 2018

Frères et Sœurs,
En écoutant le dialogue que l’Evangile nous rapporte, nous avons fait le rapprochement avec la première lecture. Au scribe qui lui demande quel est le premier de tous les commandements, le Christ répond en citant le passage du Deutéronome : « Le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. »
Les juifs connaissaient ce commandement par cœur, ils le récitaient tous les jours, dans la prière du matin et du soir.
C’est le premier commandement, dit Jésus et Il ajoute « Voici le second : tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Les hébreux étaient entourés de peuples polythéistes, et ils avaient parfois du mal à croire qu’il n’y a qu’un seul Dieu.
Aussi, de temps à autre, par la voix des prophètes Dieu leur rappelait cette vérité :
2
« Il n’y a pas de Dieu en dehors de Moi. » Et ce Dieu ; nous devons L’adorer et L’aimer. L’auteur du Deutéronome écrit d’abord : « Tu craindras le Seigneur ton Dieu. »
Frères et Sœurs,
La crainte de Dieu n’est pas l’appréhension ou la peur de Dieu.
La crainte de Dieu c’est le respect, la piété filiale, la fidélité.
La crainte de Dieu, c’est l’amour vrai, tel que Dieu le demande, et comme le Christ le rappelle quand Il dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces, » c’est-à-dire plus que tout.
Ce que Dieu demande de nous c’est que nous l’aimions, parce qu’Il nous a donné la vie, c’est-à-dire à la fois tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons.
Il nous Le demande parce qu’Il connaît chacun et L’aime d’un amour personnel.
En nous envoyant son Fils, Il a fait de nous ses enfants et les héritiers de son Royaume. « Aimons Dieu, car Il nous a aimés le premier », dit Saint Jean.
3
Frères et Sœurs,
L’amour de Dieu et l’amour du prochain sont inséparables : ils ne font qu’un. Il en découle qu’il ne peut y avoir d’union à Dieu possible en dehors de la fidélité au précepte de l’amour du prochain qui résume tous les autres.
C’est ce dont nous devons témoigner, pour que le christianisme retrouve sa vigueur et sa crédibilité et que, comme un levain il soulève et transforme de l’intérieur les cultures et la société.
Pour cela, il est indispensable que notre Foi ne se limite pas à un saupoudrage de convictions, mais qu’Elle devienne pour chacun un véritable art de vivre avec le Seigneur et avec les autres.
Une réelle complicité s’instaure dans l’homme qui demeure en Dieu et en qui Dieu demeure. En effet, plus nous vivons du Christ et lions notre existence à Lui, plus nous aspirons à nous conformer davantage aux exigences de l’Evangile, C’est alors que notre vie tout entière rayonne de la présence du Seigneur.

4
Oui, Frères et Sœurs, Dieu demeure en nous, tel est l’extraordinaire cadeau qui nous a été fait le jour de notre baptême.
Telle est l’incroyable nouvelle qui fait l’émerveillement perpétuel de tous les saints que nous célébrions il y a quelques jours.
L’Eucharistie que nous célébrons est le sommet sur cette terre de la Présence de Dieu parmi nous. Le Seigneur désire tellement demeurer au plus intime de nous-mêmes qu’Il s’est fait nourriture pour que sa Présence grandisse en nous.

En nous approchant de Lui tout à l’heure pour Le recevoir, nous redirons avec la Foi du centurion : « Seigneur je ne suis pas digne de Te recevoir, mais dit seulement une parole et je serai guéri. »
Et nous entendrons le Seigneur nous répondre : « Voici que Je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend et ouvre la porte, J’entrerai chez lui je souperai avec lui et lui avec Moi. » (Ap. 3,20)
5
Frères et Sœurs,
Le dimanche 7 octobre, dimanche de rentrée de notre paroisse, je vous disais qu’il nous faudrait conjuguer trois verbes durant cette année pastorale 2018-2019 : Aimer, Evangéliser et Servir pour être « disciples-missionnaires ».
Trois verbes qui s’articulent d’une façon logique de sorte que, dans l’unité profonde qui les relie, se vérifient la consistance et la fécondité d’une vie chrétienne authentique.

Que la Vierge Marie nous aide à rester ancrés dans la Foi et la prière.

AMEN

Fête de la Toussaint - Jeudi 1er novembre 2018

Frères et Sœurs,
La fête de la Toussaint est pour l’Eglise l’occasion de mettre à l’honneur des chrétiens de toutes conditions, que nous considérons comme des modèles, qui loin de nous écraser par leur supériorité, sont pour nous des amis, des guides, des lumières.
Nous rendons grâce au Seigneur pour cette multitude d’enfants de Dieu qui ont accueillis la sainteté en vivant les Béatitudes.
A côté des grands témoins qui sont connus de tous il y a la multitude de saints authentiques : Enfants, jeunes, adultes, laïcs, époux, épouses, célibataires, religieux, religieuses, diacres, prêtres et évêques, Papes, qui ont vécu jour après jour l’Evangile des Béatitudes avec une fidélité exemplaire.

Le Concile Vatican II a rappelé avec insistance la vocation universelle à la sainteté de tous les baptisés.

Les Béatitudes nous stimulent et nous encouragent à devenir et à être ces hommes et ces femmes appelés à la sainteté, où chacun, avec ses dons et ses charismes, atteste en parole, en silence, en prière et en acte, que le Royaume de Dieu est au milieu de nous.

2
Sur cette terre nous ne pouvons pas voir Dieu, mais les saints par leur fidélité à vivre dans la Foi, à persévérer dans l’Espérance et croître dans la Charité, donnent à voir quelque chose de la bonté et de la beauté du Seigneur.
Ouvrons les yeux à la lumière qui resplendit sur le visage des saints, à travers eux la lumière du Christ devient visible pour le monde.

Des saints vivent parmi nous ! Grâce à leur prière et à leur compassion, ceux qui pleurent reçoivent du réconfort ; ceux qui ont faim et soif de justice sont entendus et la civilisation de l’amour se construit.

Les saints ce sont les humbles, les pauvres de cœur, ceux qui ont conscience de leurs limites, ceux qui comptent sur Dieu, et s’abandonnent entre ses mains en donnant le meilleur d’eux-mêmes.

Dans son Exhortation Apostolique « Gaudete et Exultate » du 19 mars dernier, sur la sainteté dans le monde actuel, le pape François souligne que le chemin véritable de la sainteté est la pratique journalière de l’Evangile des Béatitudes.
Les saints sont ceux et celles qui ont le souci de la justice, qui travaillent pour la paix et la concorde, ceux qui savent pardonner, ceux qui ont un cœur pur, ceux qui jour après jour s’efforcent avec la grâce de Dieu de vivre l’amour du prochain.
3
Frères et Sœurs,
Cette fête de la Toussaint reste encore chez nous une fête populaire. Mais si l’on s’en tient à la diminution vertigineuse des pratiquants réguliers, L’Eglise en Europe va devenir et devient déjà une minorité au milieu d’un désert de sécularisme diffus où l’individualisme est roi !

Un sécularisme qui a toujours cherché à assimiler l’Eglise à des catégories mondaines, parce qu’il est déconcerté devant une Eglise qui, indiquant l’invisible et l’éternel, échappe aux paramètres du monde et, parlant d’un autre monde, peut mieux parler à ce monde.
S’il est vrai que la Foi est d’abord une rencontre avec le Seigneur, il n’en est pas moins vrai qu’elle est aussi critère de comportement, et pourtant chacun semble décider tout seul ce qui est bien et ce qui est mal, sans faire référence aux commandements de Dieu et à la voix de l’Eglise.
Durant son pontificat, Saint Jean Paul II déplorait avec gravité l’influence grandissante de la culture de mort sur nos sociétés sécularisées, culture marquée par la domination du profit sur la valeur inaliénable de la vie.
Cette culture de mort est la conséquence du grand vide spirituel de notre monde où l’indifférence vis-à-vis de Dieu entraîne l’indifférence vis-à-vis de l’homme.

4
Faisant ce constat, il ne faut pas pour autant baisser les bras. Il nous faut travailler à l’édification de communautés humaines qui soient des oasis de paix, de vie chrétienne authentique, dont les membres se distingueront par leur bienveillance et parce qu’ils n’auront pas peur de témoigner du Christ, c’est-à-dire de la nouveauté et de la beauté de l’Evangile.
C’est cela la nouvelle évangélisation où chacun a sa place, son rôle à jouer, comme « disciple-missionnaire ».

Frères et Sœurs,
Si l’Eglise honore, les saints comme Elle le fait aujourd’hui c’est parce qu’ils vivent en Dieu et que dans la communion des saints ils nous sont proches.

Qu’en cette fête, la Vierge Marie, Reine de tous les saints, intercède pour nous et prie pour nous pour que nous comprenions que regarder le Ciel est pour nous le meilleur moyen de bien marcher sur la terre.

AMEN

30ème dimanche du temps ordinaire - Dimanche 28 octobre 2018​

Frères et Sœurs,
Tout l’Evangile de Saint Marc se développe autour de la personnalité du Christ « vivant au milieu de ses disciples ».
Le passage d’Evangile de ce dimanche, à travers la guérison de Bartimée, nous invite à entendre cette question de Jésus à l’aveugle de Jéricho : « Que veux-tu que je fasse pour toi » ?
Bartimée représente l’homme qui a besoin de la lumière de Dieu, de la lumière de la Foi pour connaître les réalités d’en-haut et marcher sur les pas du Christ qui donne sens à cette vie présente et le bonheur éternel dans l’autre.
Notre prière peut s’inspirer de celle de Bartimée : rends-moi la vue Seigneur que je sache T’accueillir pour que tu fasses ta demeure en moi et que je sache Te reconnaître dans mes frères pauvres et malades !
Depuis la Pentecôte, le Christ adresse à tous et à chacun cet appel : « Viens et suis-moi », « Avance au large » et « Moi Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps ».
2
Frères et Sœurs,
Les miracles du Christ annoncent et portent le salut.
Les miracles invitent à la Foi. Ils sont les témoins fidèles du mystère de l’Amour qui est plus grand que notre cœur et qui dépasse les capacités de notre raison.
Durant les trente ans de sa vie cachée, à Nazareth, le Christ a tenu à demeurer silencieux, inconnu, ignoré, alors qu’au cours de ses trois ans de vie publique, Il guérit les malades, rend la vue aux aveugles, change l’eau en vin, multiplie les pains, et même ressuscite les morts ! Pourquoi ? Parce qu’à travers chaque miracle, Jésus révèle qu’Il est le Messie, le Fils de Dieu-Sauveur.
Chaque miracle du Christ dans l’Evangile nous montre la Toute-puissance de « Dieu qui est Amour ».
Quand le Christ guérit un malade, ce n’est pas seulement pour soigner son corps, mais aussi pour montrer l’importance d’une autre guérison : celle de l’âme.

3
Le Christ est venu rejoindre tout homme dans sa souffrance, ses épreuves et sa détresse même. Il est le « Bon pasteur qui connaît ses brebis ». Il est l’icône de la Miséricorde du Père.
De même, pour le miracle de la multiplication des pains qui n’a pas seulement pour but de donner de la nourriture à la foule nombreuse qui s’est rassemblée autour du Seigneur. Ce miracle est en même temps le signe d’une autre nourriture : celle du « pain de vie » dont l’Evangile nous dit que « celui qui en mange ne mourra jamais. »
Frères et Sœurs,
L’Eglise assume une tâche irremplaçable au service des hommes : Sa mission, sa raison d’être est de les acheminer vers le Christ qui est la « Lumière des nations » et qui est la source même de cette lumière, dont les rayons lumineux s’appellent la justice, l’équité, la générosité, le dévouement, la loyauté, la droiture, la réconciliation, le pardon et l’esprit de sacrifice sans lesquels on ne peut promouvoir durablement la paix, ni retrouver le sens de la vie, la passion de servir, la force de se dépasser et la joie de partager.
4
Ce sont ces valeurs sûres qui ont la saveur du sel de l’Evangile, et que nous devons vivre pour être les « disciples-missionnaires » du Christ notre Paix et notre Espérance pour le monde.
Le renouveau de l’Eglise et de la société est à ce prix.
Frères et Sœurs,
Aujourd’hui Bartimée nous invite à faire nôtre sa demande adressée au Christ : « Que je voie ! », accueillons cette lumière, pour que notre vie soit vraiment éclairée par la lumière de la Foi qui est le plus précieux des trésors.
D’expérience nous savons qu’il convient parfois de fermer les yeux pour mieux voir, par exemple pour mieux accueillir la parole de Dieu et la méditer, pour mieux réfléchir et prier.

Demandons à la Vierge Marie de nous aider à progresser dans la douceur et l’humilité pour pouvoir dire avec Saint Pierre : « A qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de la Vie éternelle ». AMEN

28ème dimanche du temps ordinaire - Dimanche 14 octobre 2018

Frères et Sœurs,
Dans le passage d’Evangile que nous venons d’écouter, Saint Marc relate qu’un inconnu accourant vers Jésus, se met à genoux et Lui demande : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Cet inconnu donne au Seigneur l’occasion de délivrer un double enseignement qui mérite toute notre attention puisqu’il s’agit de notre Vie éternelle !
Le premier enseignement : c’est que le Christ en décelant chez cet homme un regard encore superficiel, l’invite au regard de la Foi, c’est-à-dire reconnaître en Jésus – le Christ, le Fils de Dieu, le Sauveur du monde.
Le second enseignement du Seigneur nous est donné par Saint Marc quand il dit au sujet de cet inconnu que « Jésus posa son regard sur lui, et Il l’aima », puis Il s’adresse à lui avec ces paroles : « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au Ciel » et encore « Viens et suis-moi. »
2
Il y a donc de la part du Seigneur une grande sollicitude pour cet inconnu, et celle-ci va au-delà de cet homme, le Christ a ce regard d’amour pour chaque personne, pour chaque être humain.
Frères et Sœurs,
La radicalité de l’Evangile est un appel à ne rien préférer au Christ, à L’aimer par-dessus tout parce qu’Il est le Sauveur.
La radicalité de l’Evangile s’adresse à chacun de nous, pas seulement aux évêques, aux prêtres aux diacres, aux religieux aux religieuses et aux laïques consacrés (es). Le Concile Vatican II a rappelé la vocation universelle à la sainteté pour tous les baptisés qui forment le Corps du Christ qui est l’Eglise.
L’inconnu de l’Evangile est parti « sombre et triste » nous dit le texte, « car il avait de grands biens ».
Grâce aux disciples déconcertés, qui se disaient entre eux « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Nous avons la réponse réconfortante du Christ : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu, car tout est possible à Dieu. »

3
Oui, à Dieu, tout est possible, à condition d’ouvrir notre cœur au Christ pour qu’Il fasse sa demeure en nous.
Les saints (es) à travers l’histoire de l’Eglise et aujourd’hui encore nous montrent que l’homme est grand lorsqu’il fait de sa vie une réponse à l’amour de Dieu.
Il existe bien des manières de suivre le Christ. Aucun destin chrétien ne ressemble à un autre parce que chacun est unique.

Frères et Sœurs,
La Semaine Missionnaire Mondiale qui s’ouvre aujourd’hui nous rappelle que l’annonce de l’Evangile est plus urgente que jamais dans notre monde qui a pensé pouvoir bâtir un humanisme sans Dieu et qui sombre de plus en plus dans la violence.
Comme membres de l’Eglise, nous avons à témoigner de notre Foi. L’invitation personnelle du Christ à Le suivre, est une réalité constante : « Malheur à moi dit Saint Paul, si je n’annonçais pas l’Evangile ». (1Co, 9,16)

4
Rappelons-nous aussi la promesse du Christ au même Apôtre Saint Paul : « Ma grâce te suffit, car ma puissance se déploie dans la faiblesse.
Dans son Exhortation Apostolique Evangelii Nuntiandi, (N°41) Saint Paul VI écrivait en 1975 : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres… ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins ».
Ce que disait le Saint Pape il y a plus de quarante ans demeure toujours vrai aujourd’hui.
Le synode sur les jeunes qui se tient à Rome en ce moment nous en rappelle l’actualité.
C’est ce que vécurent avant nous tant de témoins, de saints et de saintes dont Pauline Jaricot qui fonda à Lyon en 1822 l’œuvre de la Propagation de la Foi pour soutenir les missionnaires, évêques, prêtres, religieux, religieuses et laïcs, dans les pays de missions.
Leur exemple nous stimule et nous encourage à l’audace, pour être les « disciples-missionnaires » d’aujourd’hui.

5
Dans la préface des Saints nous chantons « que par l’exemple qu’ils ont donné, ils nous encouragent, que par leur enseignement ils nous éclairent et que par leur prière ils veillent sur nous ». Qu’il en soit ainsi pour chacun de nous pour qu’ensemble nous progressions.

Dimanche dernier à l’occasion de la journée de rentrée de notre paroisse je vous disais que trois verbes devaient nous habiter durant cette année pastorale 2018-2019 : « Aimer, Evangéliser, et Servir », pour rayonner « la joie de l’Evangile ».
C’est la grâce que nous demandons au Seigneur par l’intercession de la Vierge Marie, en ce mois du Rosaire.

AMEN

27ème Dim. ord. B Rentrée paroissiale Saint Laud - Dimanche 7 octobre 2018

Chers Frères et Sœurs,
En ce dimanche, nous célébrons la rentrée de notre paroisse dans la dynamique tracée par les orientations missionnaires du diocèse pour les dix ans à venir. Des exemplaires sont à votre disposition au fond de l’église sur les tables.
Nous sommes heureux de nous retrouver tous et d’accueillir les nouveaux paroissiens qui nous l’espérons seront nombreux à se présenter à l’issue de cette messe pour recevoir en signe de bienvenue une petite bougie qui symbolise la lumière du Saint Esprit qui habite nos cœurs et nous met en communion les uns avec les autres.
Aux prémices d’une nouvelle année, nous sommes tous appelés à prier davantage, à témoigner comme « disciple-missionnaire » pour que d’autres aussi goûtent la joie de l’Evangile.

2
Nous formons ensemble le Corps du Christ par notre baptême commun et nous constituons la communauté paroissiale de Saint Laud, où nous sommes tous appelés à servir c’est-à-dire à y prendre notre place.
Frères et Sœurs,
La rentrée pastorale nous donne l’occasion de renouveler notre engagement personnel à suivre le Christ « doux et humble de cœur », qui nous apprend à nous aimer comme Il nous aime. En cela, notre attitude doit être celle de la bienveillance qui manifeste notre attention à l’autre qui est significative de notre accueil.
La rentrée célèbre aussi la reprise des activités des différents services. Durant cette messe je vous invite à porter dans votre prière ceux et celles qui se sont déjà engagés, ceux et celles qui s’engagent ou vont s’engager au service de la vitalité de notre paroisse, vous êtes actuellement environ 120.
Je remercie ceux et celles qui ont assumé leur fonction avec foi et dévouement, ceux et celles qui s’engagent au service des enfants et des jeunes en particulier, puisque c’est l’axe de l’année pastorale 2018-2019 ;
3
Et ceci en écho au synode sur les jeunes qui s’est ouvert mercredi dernier à Rome.
Frères et Sœurs,
Le Christ nous appelle et nous envoie servir nos frères d’abord à travers notre témoignage.
Comme chrétiens nous avons à faire un choix entre deux conceptions de la vie.
La vision matérialiste d’une part, où le bonheur consiste essentiellement à jouir du moment présent, à accumuler les satisfactions immédiates et pour cela éviter tout ce qui pourrait troubler notre quiétude.
Et la vision chrétienne, d’autre part, où le bonheur consiste à élargir notre cœur pour aimer les autres tels qu’ils sont.
Nous sommes tous en chemin vers le Royaume de Dieu que nous accueillions comme une grâce et que nous conquérons tout au long de notre vie, par l’union au Christ qui vient faire sa demeure en nous. « Sans moi vous ne pouvez rien faire » nous dit Jésus. Lui nous donne la lumière et la force de son Esprit pour être fidèle à l’Evangile.
4
Marie est l’étoile de la nouvelle évangélisation disait récemment le Pape. En cette fête de Notre Dame du Rosaire, et durant tout le mois d’octobre prions La Vierge Marie pour l’Eglise comme le Pape nous le demande.
Que Marie nous obtienne la grâce de l’humilité, de la douceur, de la paix intérieure, de la justice, de la pureté du cœur et du courage de la Foi.
« Aimer Evangéliser Servir » tel est le thème de notre année pastorale. Chacun est en mesure de le faire. Il suffit de se laisser habiter par l’Esprit du Seigneur, pour témoigner de lui, non par prosélytisme, mais par « attraction » dirait le Pape François, comme on parle à l’oreille de quelqu’un pour toucher son cœur.
A vous tous bonne rentrée et belle année pastorale.
AMEN

26ème Dimanche du temps ordinaire - Dimanche 30 septembre 2018

Frères et Sœurs,
Dans l’Evangile, nous venons d’entendre l’enseignement du Christ sur le péché et ses conséquences. Certes, il ne s’agit pas de prendre à la lettre les images expressives du Christ : Ce ne sont ni nos mains, ni nos pieds, ni nos yeux qui sont la cause de nos péchés, mais notre conscience.
Les mains, les pieds et les yeux ne sont que des exécuteurs de nos décisions. Ce n’est donc pas en les retranchant que nous exorciserons toute tentation.
Le Christ veut nous faire comprendre que la vie éternelle est infiniment plus précieuse que les membres les plus utiles de notre corps. Il en découle que la vie éternelle commence aujourd’hui et se prépare maintenant, dans la manière dont nous conduisons notre existence.
Si l’Evangile est la référence qui oriente nos choix de vie, alors, nous pouvons compter sur la grâce de Dieu et sur la lumière et la force de l’Esprit Saint pour assumer nos responsabilités d’adultes
2
et de chrétiens dans le monde, qu’elles soient d’ordre personnelles, familiales, professionnelles ou sociales et nous préparer à l’au-delà avec la sérénité que donne l’Espérance.
Nous faisons tous l’expérience que dans notre fidélité à vouloir vivre l’Evangile, nous connaissons des hauts et des bas, ce que nous appelons « le combat spirituel ». Sans nous décourager, nous pouvons nous servir de nos chutes pour prier davantage en nous souvenant du mot admirable de Claudel : « Le saint prie avec son Espérance et le pécheur avec son péché. »
Frères et Sœurs,
Le Pape François, n’a de cesse d’appeler les chrétiens à être « disciple-missionnaire », pour indiquer là où ils vivent le Salut aux hommes de bonne volonté, dans la joie de l’Evangile qu’ils annoncent.
Le « disciple missionnaire » témoigne de la liberté de l’Esprit Saint qui l’anime et qui sculpte en lui le témoin, jusqu’à engendrer le confesseur de la Foi et le martyr.
3
Le témoin est celui qui accueille le Christ, pour qu’Il fasse sa demeure en lui. Il le fait dans le recueillement de la prière et le compagnonnage des Saintes Ecritures et l’amour du prochain.
Etre fidèle à notre vocation de témoin, c’est avoir le courage de dénoncer le scandale comme le Christ : « Celui qui entraînera dans sa chute ces petits qui croient en Moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer, » dit-Il.
Frères et Sœurs,
Notre société sécularisée, est de plus en plus déchristianisée, basée avant tout sur des critères économiques elle peut difficilement proposer aux hommes d’autre but que la croissance constante du bien-être.
En cela notre société secrète inévitablement une atonie spirituelle qui a pour conséquence de négliger ou de méconnaître ce que chaque personne a d’unique, ce qu’elle porte en elle avec son besoin d’amour et d’espérance.
La technique rend incontestablement d’immenses services. Elle vise à l’efficacité. Cependant elle ne permet pas aux hommes de redécouvrir la valeur profonde des autres. Elle ne peut appeler à aimer d’un amour de charité.
4
Seules des personnes généreuses, soucieuses du bien commun peuvent appeler à construire une société dans laquelle les liens entre les hommes redeviennent des liens de respect et d’amitié.
C’est notre rôle de chrétiens d’avoir le souci d’humaniser le monde dans lequel nous vivons pour en faire une civilisation du cœur où l’homme est au centre des intérêts.

Frères et Sœurs,
Notre monde ressemble de plus en plus à un navire perdu sur une mer démontée, où beaucoup de responsables sont réduits à faire de la navigation sans visibilité. Ils auraient besoin, pour vérifier et rectifier la direction à suivre, d’avoir un point de repère absolument sûr : Une étoile polaire qui ne change jamais de place et qui reste étincelante même lorsqu’on ne la voit pas.
Ce point de repère absolument sûr c’est l’Evangile du Christ qui est « la Lumière des nations ». L’Eglise a mission de l’annoncer « à temps et à contre temps » pour être clairement et courageusement le relais de la vérité inaltérable de Dieu et le porte-parole des appels de son Esprit.

Certes, l’Eglise n’a pas à fournir de recettes toutes faites, mais Elle a à projeter sur les recherches de l’homme l’irremplaçable lumière de la Révélation.

5
C’est ce que viennent de faire l’ensemble des évêques de France en publiant le document « La dignité de la procréation » à propos de la Procréation Médicalement Assistée dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.
Par ce document les évêques veulent offrir leur contribution au débat sur la régulation juridique des techniques d’assistance médicale à la procréation, et cherchent à expliciter la dignité de la procréation, qui est indissociable de la dignité inviolable et inaliénable de tout être humain. Ils soulignent que la personne vulnérable est la pierre d’angle de l’éthique.
Frères et Sœurs,
N’oublions pas que la vie nous est donnée pour que nous puissions grandir et exercer notre liberté.
C’est-à-dire, vivre nos responsabilités d’homme et de femme dans la société, faire l’expérience de la vie et de l’amour, et découvrir la grandeur de Dieu, et la beauté du monde.
C’est en nous mettant résolument à l’école du Christ « doux et humble de cœur », que nous ferons l’expérience que l’amour commence les grands ouvrages, que la miséricorde les achève, mieux, que la miséricorde les recommence parce que la miséricorde rajeunit l’amour.
Que la Vierge Marie nous aide de sa prière dans notre fidélité à suivre son Fils. AMEN

25ème Dimanche du temps ordinaire - Dimanche 23 septembre 2018

Frères et Sœurs,
Dans l’Evangile de dimanche dernier, Jésus, pour la toute première fois, annonçait sa Passion. Il en parle à nouveau dans l’Evangile de ce dimanche. S’adressant à ses disciples Il leur dit : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils Le tueront et, trois jours après sa mort, Il ressuscitera ».

On comprend alors aisément que l’annonce de ses souffrances, sa mort et sa Résurrection est pour eux aussi impensable qu’inimaginable !
Cet épisode se passe après l’évènement de la Transfiguration : Pierre, Jacques et Jean ont vu la gloire de Dieu en Jésus.
Il y a eu aussi la profession de Foi de Pierre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Tous l’ont entendue. Ils ont compris que Jésus est l’Envoyé de Dieu qui vient sauver son peuple.
Mais si le Christ leur impose le silence, c’est parce qu’Il n’est pas celui qu’on croit.
Le salut passe par la Croix. C’est ainsi que Jésus deviendra le dernier de tous.
Pour nous comme pour les douze, c’est le monde à l’envers.
Quant aux disciples ils n’ont pas du tout envie d’être les derniers !

2
Bien au contraire, on les voit se disputer entre eux pour savoir qui sera le plus grand.
Ils sont dans la situation de rivalité dont parlait Saint Jacques dans la deuxième lecture : « La jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes… D’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ? »

Face à cette situation, Jésus les prend au mot : vous voulez être les premiers leur dit-Il ! D’accord, Alors Je vais vous montrer le chemin qu’il faut suivre pour y parvenir : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ».

Et joignant le geste à la parole « Jésus va chercher un enfant, l’embrasse et le place au milieu d’eux », nous dit l’Evangile.
Plus qu’un signe de bonté, il s’agit d’un signe du Royaume, d’un signe extraordinaire du Messie.
Le Christ donne à cet enfant une marque de déférence et
d’estime, et va jusqu’à s’identifier à cet être fragile !

Dans la société d’alors on donnait la préférence aux personnes âgées, censées incarner la sagesse ; Jésus, Lui, accorde cette préférence à l’enfant. Par ce geste le Christ exprime une nouveauté absolue.

3
Au delà de cet enfant ce sont tous les méprisés, les méconnus et les laissés pour compte que Jésus rejoint, parce qu’ils ont la première place dans le cœur de Dieu.
Le Christ se reconnaît en chacun d’eux : « Celui qui accueille en mon nom un enfant, dit-Il, c’est moi qu’il accueille. Et celui m’accueille, accueille Celui qui m’a envoyé ».

Frères et Sœurs,
Aujourd’hui l’Eglise est ébranlée par une succession de scandales perpétrés en son sein. Nous souffrons avec les victimes innocentes, parce que l’enfant est ce petit être qui doit être protégé, parce qu’incapable de se défendre, il est l’icône par excellence du faible, livré aux mains des plus forts que lui.
L’Eglise à travers ses membres est appelée à la sainteté. Elle est belle grâce à la ferveur, à la fidélité et à la bonté de tant de chrétiens clercs et laïcs.
Notre Eglise est celle des saints qui en renouvellent le visage à toutes les époques et à toutes les générations de par le monde, c’est pourquoi nous gardons confiance en Elle. C’est la sainteté qui a le dernier mot, comme Jeanne d’Arc a eu le dernier mot face à ses juges indignes.
Etre chrétien, c’est croire que le Christ par sa mort et sa Résurrection a vaincu l’iniquité, le péché et la mort, pour que nous soyons réconciliés avec Dieu, pour que le pardon célébré soit accordé à ceux qui se reconnaissent pêcheurs pour être à leur tour victorieux du mal.
4
Sans la Croix glorieuse, que nous célébrions il y a quelques jours, les ténèbres auraient depuis longtemps définitivement recouvert la face du monde.

Frères et Sœurs,
Ce passage d’Evangile nous renvoie à nous-mêmes, à notre recherche de reconnaissance, à notre recherche de réussite aussi légitime soit-elle.
L’esprit d’enfance auquel le Christ nous convie et qu’a vécu avec tant de force et de joie Sainte Thérèse de Lisieux constitue le sommet de la maturité humaine et spirituelle.
L’esprit d’enfance nous fait sortir de la vanité, de l’orgueil et de la volonté de puissance, pour devenir pleinement soi-même selon le projet de Dieu.

La Résurrection du Christ nous fait renaître dans l’innocence des tout-petits.
C’est ce qu’avait si bien compris Bernanos, qui, peu de temps avant de mourir disait à ses amis : « Il faut que je retrouve l’enfant qui sommeille au fond de moi, car lui seul peut être sauvé

Que la Vierge Marie « humble servante du Seigneur » nous aide toujours à nous tenir prés de son Fils, comme Elle, au pied de la Croix.

5
Qu’Elle nous aide à demeurer comme Elle, dans l’ouverture à l’Esprit Saint, pour accepter de mettre au dessus et avant toutes autres considérations, la gloire de Dieu qui est « l’homme debout, l’homme vivant ! ». (Saint Irénée)

AMEN

24ème Dimanche du temps ordinaire - Dimanche 16 septembre 2018

Frères et Sœurs,
Dans l’Evangile, le Christ nous invite à faire un choix radical, Il nous invite à Le suivre : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera, dit-Il. »
Le suivre, c’est Le reconnaître, c’est Le rencontrer chez celui qui sollicite un peu de bienveillance, d’écoute, de respect et de considération. Nous savons bien qu’il n’y a pas d’amour fraternel sans geste concret sur lequel, d’ailleurs, portera le jugement dernier :
« Venez les bénis de mon Père... car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger... » Quand cela nous est-il arrivé, s’étonnent les disciples. La réponse est du Christ est nette : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

2
Frères et Sœurs,
Le testament que nous a laissé le Christ est le grand commandement de l’amour, sans l’observation duquel aucune vie de Foi n’est possible : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! »
Et cela se traduit en actes. Ecoutons ce que dit Saint Jacques dans l’Epître : « Supposons, dit-il, qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » Sans leur donner le nécessaire pour vivre à quoi cela sert-il ? »
La vie de tous les jours nous plonge dans un réseau de relations humaines, qui nous donne de multiples occasions de vivre la charité du Christ, en étant attentifs aux personnes rencontrées, à leur désir d’amitié, à leurs désirs d’être écoutées, comprises et aimées !
Saint Augustin disait que « si Dieu nous a créé sans nous, Il ne nous sauve pas sans nous ».

3
Frères et Sœurs,
Comprenons bien que nous serons sauvés si c’est effectivement le Christ qui est Celui qui guide et éclaire nos choix dans la vie de tous les jours, de manière concrète à travers nos pensées, nos paroles et nos initiatives devant les évènements ou les circonstances de la vie.
Jésus nous avertit dans l’Evangile : « Ce ne sont pas ceux qui me disent : Seigneur ! Seigneur ! Qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père qui est aux cieux. »
Nous en aurons la force si le Christ a fait sa demeure en nous, et ainsi nous vivrons dans l’intimité du Christ, qui se nourrit de la prière et des sacrements : celui de la Pénitence-réconciliation qui nous purifie et nous sanctifie ; celui de l’Eucharistie qui nous fait entrer chaque jour davantage dans la vie du Christ.

4
Frères et Sœurs,
Dans notre monde déchiré, commençons par être des artisans de paix, qui font reculer la culture de mort et les forces de mort, celles de la guerre, de la faim, de la violence qui bafoue les droits fondamentaux de tout homme.
Si le Christ a fait sa demeure en nous, les fruits de sa présence deviennent visibles : semer la vie, là où les germes de mort la menacent ; faire renaître l’Espérance là où le désespoir s’infiltre ; promouvoir la justice pour une paix durable là où la haine semble triompher.
Nous avons l’exemple de la multitude des saints qui, non seulement, ont fui le mal et l’ont dénoncé, mais qui ont fait le bien avec constance, en agissant avec générosité pour leurs frères, tout en restant unis à Dieu par la prière de contemplation. Les saints ont su unifier leur vie parce qu’ils n’ont jamais cessé d’aimer Dieu et leur prochain.

5
Frères et Sœurs,
L’Evangile d’aujourd’hui nous permet aussi de mieux vivre les évènements douloureux qui affectent l’Eglise et de prier pour le Pape et pour les victimes innocentes, car selon le mot de Claudel : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance ; Il n’est pas venu l’expliquer ; mais Il est venu la remplir de sa Présence. »
Que la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, nous obtienne par sa prière d’échapper comme Pierre au pouvoir de Satan pour marcher comme lui sur les pas de Jésus.
AMEN

23ème Dimanche du temps ordinaire - Dimanche 09 septembre 2018

Frères et Sœurs,
Dans l’Evangile que nous venons d’écouter, on amène à Jésus un sourd-muet. Le Christ saisit la tête de l’homme enfermé dans sa surdité et son mutisme, et met ses doigts dans ses oreilles et lui touche la langue pour y mettre sa salive. Et les yeux levés vers le Père, créateur de toute chose, Jésus soupire et insuffle à cet homme le souffle sacré de Dieu et lui dit « Effata ! », c’est-à-dire « ouvre-toi ! ».
Une profonde communion s’instaure alors entre le Christ et cet homme qu’il vient de guérir - régénéré, son espérance renaît, il est témoin en sa chair de la miséricorde et de l’amour de Dieu.

Les miracles du Christ dans l’Evangile, ont une portée et une signification qui dépasse le simple fait de guérir un homme de sa cécité, de sa surdité ou de son mutisme.
Ces guérisons corporelles, sont le signe d’une guérison plus profonde encore, spirituelle celle-là, qui est celle du péché.

Ce lien entre le corporel et le spirituel est particulièrement important à saisir pour comprendre que s’il est vrai que l’enfermement d’un être humain qui ne peut pas communiquer physiquement avec ses semblables est une épreuve redoutable et dramatique.

2
Plus grave et plus douloureux encore est cet enfermement de l’égoïsme, qui entraîne peu à peu, l’être humain à se replier sur lui-même et à l’isoler de son entourage.
Si le Christ a guéri ce sourd-muet c’est pour manifester à l’humanité que Dieu libère l’homme de ses cécités, de ses surdités, de ses paralysies, de ses incapacités à communiquer.

Frères et Sœurs,
Le Christ dans l’Evangile fait souvent allusion à ceux qui ont des yeux et qui ne voient pas, des oreilles et qui n’entendent pas ! Nous Le surprenons maintes fois, traiter d’aveugles ou de sourds des gens qui voient et entendent ou leur reprocher leurs paroles inutiles. Et nous savons d’expérience que l’on peut fort bien voir sans discerner, entendre sans écouter et parler pour ne rien dire !
C’est chacun d’entre nous qui est exposé à cette fermeture, et qui a besoin de s’entendre dire : « Effata ! Ouvre-toi ! »
C’est pour nous « ouvrir » tout à la fois les oreilles, les yeux, le cœur, que le Christ est venu parmi nous.

Ce sourd et muet de la Décapole, dans la région de Tyr et de Sidon, c’est bien nous, c’est bien toute notre humanité vers qui Dieu s’approche en Jésus.

3
« Effata » - cela pourrait se traduire par ouvre-toi à la vérité et à la profondeur des êtres par delà leurs apparences.
Celui, qui voit avec les yeux de la Foi, saura pressentir chez son frère en humanité, la secrète présence de Dieu qui l’habite et le destine à la plénitude de la Vie. Il verra chez lui, une personne unique, avec sa conscience et sa profondeur, sa souffrance ou sa recherche.

Frères et Sœurs,
Dans son message du 1er septembre dernier pour la journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, le Pape François encourageait une nouvelle fois les chrétiens à s’impliquer dans la sauvegarde et la protection de l’environnement par respect de la création et du Créateur, tant il est devenu urgent et impérieux de lutter contre la pollution de l’eau et de l’air pour la survie de la planète.

Les médecins savent qu’un organisme sans réaction contre les agressions microbiennes et virales, dont il est chaque jour l’objet, est un organisme en danger de mort.

Il en va de même dans la vie en société. Ne laissons pas nos consciences s’endormir par le prêt à penser que véhicule les média qui ont une grande responsabilité dans la formation de l’opinion. Le légal n’est pas forcément synonyme de moral !

4
Trop souvent, les media se plaisent à majorer ou à multiplier les malentendus, favorisant ainsi les confusions qui finissent par faire passer pour bien ce qui est mal. Cela a pour conséquence d’affaiblir chez beaucoup la droiture, la lucidité et la force de caractère pour défendre la vérité et la justice.
Devant cette situation, seules la réflexion, la profondeur humaine et la vigueur spirituelle permettent ne pas se laisser polluer.

Aujourd’hui, les approches relatives à la bioéthique et les évolutions législatives en cours ne peuvent nous laisser indifférents. C’est un sujet majeur de société sur lequel nous devons réfléchir et faire entendre nos voix en connaissance de cause. Une série de trois conférences sur ce sujet sera proposée aux chrétiens des paroisses d’Angers à l’Université Catholique à partir du mois de janvier.

Nous constatons malheureusement, que beaucoup de nos contemporains savent de plus en plus tranquillement se passer de Dieu.
Il faut à nouveau découvrir la Transcendance.
Un monde sans Dieu est un monde inhospitalier et inhumain. Il y manque le trésor de l’Evangile qui nous apprend à nouer des relations fraternelles qui rendent possible la vie sociale.

5
Une chose est sûre pour l’avenir : l’homme n’ira pas loin sans une espérance qui le porte bien au-delà des frontières du monde visible.

Frères et Sœurs,
La guérison du sourd-muet est l’image du baptême, sacrement qui nous ouvre à la vie même de Dieu en nous.
En effet nous avons besoin de la grâce de Dieu pour que nos oreilles s’ouvrent et que notre langue se délie, afin de pouvoir reconnaître en Jésus Christ Le Sauveur promis et l’annoncer au monde !

Soyons des chrétiens rayonnants qui puisent dans la prière leur Espérance, leur force et leur joie en Dieu.

Que la Vierge Marie nous obtienne cette grâce d’être de ces hommes et de ces femmes qui à la suite du sourd-muet de l’Evangile sont témoins de la miséricorde du Christ Bon Pasteur qui donne sens et humanité à nos vies.

AMEN

21ème Dimanche du temps ordinaire - Dimanche 26 août 2018

Frères et Sœurs,
Dans l’Evangile de ce dimanche, nous venons d’entendre la fin du discours sur « le pain de vie ».
Les disciples sont perplexes, ils ne comprennent pas comment le Christ peut donner la vie éternelle en donnant sa chair à manger et son sang à boire !
Ceci explique que nombre d’entre eux Le quittent. Et devant cette défection massive le Christ pose alors cette question tragique aux douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »

Par la voix de Pierre ils vont confesser leur Foi :
« Seigneur, à qui irions-nous, Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Les douze n’ont sans doute pas plus compris son prodigieux message sur « le pain de vie », que la foule des disciples, mais ils Lui font confiance : « Quant à nous, disent-ils au Christ, nous croyons, et nous savons que tu es le saint de Dieu. »

Les douze ont une certitude que l’on pourrait exprimer ainsi : Nous ne savons pas où tu veux nous conduire, ni si nous aurons la force de te suivre, mais une chose est sûre : nous ne voulons pas te quitter. »

2
Frères et Sœurs,
On entend dire parfois que les chrétiens n’ont pas de questions à se poser, et que la Foi du charbonnier suffit.
Mais dans l’Evangile, c’est le Christ Lui-même qui interroge ses disciples !
Nous sommes des personnes à qui le Seigneur fait confiance en raison de notre intelligence, de notre discernement et de notre capacité de réflexion et surtout de notre capacité d’aimer. De plus, Le Christ a fait Alliance avec chacun de nous lors de son baptême.
Tout ceci doit nous encourager à avoir une meilleure intelligence de la Foi.
Dans la démarche synodale pour les dix ans à venir, notre évêque encourage vivement les chrétiens à se laisser former par la Parole de Dieu et par l’enseignement de l’Eglise concernant des sujets de société.

Frères et Sœurs,
Par l’offrande de sa vie librement consentie par amour pour nous, le Christ nous a ouvert les portes de la Vie éternelle.
Rappelez-vous, un jour Jésus demandait à Pierre : « Que dit-on que je suis ? »
Et Pierre de répondre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Et une autre fois : « Pierre m’aimes-tu vraiment ? »
Et lui de répondre « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime vraiment ».
3
A chacun de nous le Christ pose ces mêmes questions : « Qui suis-je ...M’aimes-tu vraiment ?... »
Que répondons-nous ? Notre réponse est-elle celle de Saint Augustin ? :
« Tu nous as fait pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. »

Le Christ fait sa demeure en nous chaque fois que nous Lui ouvrons notre cœur, chaque fois que nous Le recevons dans la communion.

Par son Esprit qui nous sanctifie, le Christ nous rend plus saint. Il nous rend meilleur, parce que le fruit de sa présence en nous est la sainteté, Il nous rend plus humble et plus vrai, - plus généreux et plus loyal, - plus bienveillant et plus courageux.
Le Christ nous offre déjà l’Amour dont nous vivrons éternellement dans le monde à venir.
Par sa présence réelle dans l’Eucharistie, le Christ se fait nourriture de nos âmes et de nos cœurs, pour que nous puissions vivre « par Lui, avec Lui et en Lui ».

Frères et Sœurs,
Aujourd’hui, le Pape François demande à tous les chrétiens de « sortir » d’aller aux« périphéries », d’aller à la rencontre de nos contemporains, de nous ouvrir davantage à l’Eglise universelle, à ne pas rester entre nous, dans nos réseaux, et nos habitudes.
4
Le Saint Père nous envoie en mission, sachant que sur la route de la mission, - tels les disciples d’Emmaüs, - nous rencontrons le Christ qui embrase nos cœurs de la lumière et de la force de son Esprit pour témoigner de cette joie sereine et profonde de ceux et celles qui ont trouvé une source d’eau vive, et qui apprécient de s’y désaltérer et sont heureux de la partager.
Nous avons l’exemple des saints, qui à toutes les époques, ont vécu cela et qui par leur rayonnement ont renouvelé et rajeuni l’Eglise.

Frères et Sœurs,
Le 15 août, nous célébrions la Vierge Marie dans la gloire de son Assomption. Marie veille sur nous, son « chez elle », c’est chez nous.
Qu’Elle nous obtienne la grâce de répondre avec Saint Pierre : « A qui irions-nous Seigneur, Tu as les paroles de la vie éternelle. »
AMEN

20ème Dimanche du temps ordinaire - Dimanche 19 août 2018

Frères et Sœurs,
Le Christ proclame dans l’Evangile de ce dimanche que « Celui qui mange sa chair et boit son sang a la vie éternelle… »
Ses auditeurs sont sidérés par la force de ses paroles, leur consternation l’atteste :
« Comment celui-là peut-il donner sa chair à manger ? » se demandent les juifs !

Loin d’apaiser leur surprise, le Christ, au contraire, appuie son propos dans le sens d’un mystérieux réalisme :
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui ».

Il s’agit bien de la chair et du sang du Christ.
Dans le langage biblique, comme dans le langage courant, la chair désigne l’homme tout entier et le sang désigne la vie !
Pour affirmer qu’il s’agit d’un être réel et bien vivant, ne dit-on pas « un être en chair et en os » et aussi « un être de chair et de sang ».
Et verser son sang pour une cause, c’est donner sa vie pour cette cause-là !

2
Frères et Sœurs,
En s’adressant à la foule de Capharnaüm en quête de miracles, Jésus dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour ». Ces paroles sont inséparables de celles de l’institution de l’Eucharistie, lors de la Cène : prenant le pain Jésus dit : « Voici mon corps livré pour vous ».

Le Christ donne sa vie pour le salut de tous les hommes.
Mais, et c’est la merveille de l’amour de Dieu, si un être humain peut donner sa vie pour quelqu’un, il la perd lui-même en sauvant l’autre.
Lui, le Christ, en donnant sa vie la retrouve dans la Résurrection et nous permet de la posséder nous aussi, à jamais.

La messe nous fait inlassablement revivre le sacrifice du Christ sur la Croix : « Le pain que je donnerai c’est ma chair, donnée pour la vie du monde ».
En ce sens, la messe est pour chacun d’entre nous l’annonce mystérieuse et l’inébranlable certitude que la mort, la nôtre et celle des autres, n’est pas un terme, mais un passage, une pâque vers la vie éternelle.

Communier c’est donc préparer, anticiper des ici-bas le grand festin des noces éternelles où tous ensemble et pour toujours, nous vivrons dans la lumière, la joie et la paix de Dieu.
3
Par l’Eucharistie, Le Christ nous offre dés maintenant, à travers la vie présente, l’Amour dont nous vivrons éternellement dans le monde à venir.

Frères et Sœurs,
Quand nous communions, nous allons à la rencontre du Christ comme des êtres qui ont faim et soif de Lui, parce que l’Eucharistie approfondit chacun dans ce qu’il a de plus personnel, et l’aide à devenir cet être unique, irremplaçable, dont Dieu veut avoir besoin.

Le mot « Amen » que nous prononçons alors que nous recevons le corps du Christ exprime merveilleusement la Foi et l’Amour que nous portons ou que nous devrions porter à l’Eucharistie et à l’Eglise qui est aussi le Corps du Christ.

Ce « Amen » veut dire je crois que le Corps du Christ est vraiment une nourriture et que Le Seigneur veut s’unir à moi pour faire de moi, à mon tour un disciple-missionnaire. J’accepte librement de Le recevoir.
Sans liberté aucun sacrement ne peut être reçu, et la liberté ça s’apprend.
Tertullien, grand théologien d’Afrique du Nord au III°siècle, affirmait : « On ne naît pas chrétien, on le devient. »

4
Frères et Sœurs,
On devient chrétien en choisissant le Christ qui nous dit : « Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » Et le Père dans sa libéralité, le donne à tous.

La Foi n’est pas un héritage automatique à la naissance avec des parents ou des grands-parents chrétiens.
La Foi est un don de Dieu, reçue, comme une proposition à accepter ou refuser personnellement à l’adolescence, à l’âge adulte ou à l’heure de la mort.
La Foi est confiance du cœur aimant.
Et chaque année lors de la Veillée pascale chacun peut répondre librement à l’appel du Christ : « m’aimes-tu ? »

Que la Vierge Marie que nous venons de fêter dans la gloire de son Assomption nous obtienne la grâce de confesser avec Saint Pierre s’adressant au Christ : « Nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu, le Vivant qui nous donne la vie. » Cette vie que nous recevons avec Foi dans l’Eucharistie.

AMEN

Fête de l’Assomption de Marie - Mercredi 15 août 2018

Frères et Sœurs,
Les chrétiens croient depuis toujours que Marie, Mère de Jésus a été préservée, après sa mort, de la corruption du tombeau et élevée au ciel. C’est cela l’Assomption.
Depuis le Concile d’Ephèse en 431, la fête de l’Assomption célèbre à la fois l’entrée et le couronnement de Marie au Ciel.
Bien que notre société soit sécularisée, le nom de la Vierge Marie évoque dans la mémoire collective, le respect, la douceur et l’amour maternel et continue de toucher les cœurs.
Depuis 1638, date à laquelle le Roi consacra son Royaume à la Vierge, ce que nous appelons le vœu de Louis XIII, Marie est la patronne principale de la France et chaque 15 août, en souvenir de ce vœu, la fête de l’Assomption est célébrée dans toutes les églises et sanctuaires dédiées à Marie à travers tout l’Hexagone.

2
Elle L’est de façon particulièrement solennelle chaque année à Lourdes avec le Pèlerinage National qui réunit plusieurs dizaines de milliers de fidèles.
Ici à Saint Laud nous avons le privilège d’avoir la statue de Notre Dame du « Salve » devant laquelle depuis des siècles les angevins viennent prier pour Lui confier leurs intentions.
Pour nos frères orthodoxes Le 15 août est l’une de leurs douze grandes fêtes solennelles qu’ils appellent fête de la dormition de Marie.
Frères et Sœurs,
En ce jour nous saluons en Marie l’œuvre de Dieu.
Depuis l’Immaculée Conception jusqu’à l’Assomption, la grâce en Elle n’a fait que s’accroître et fructifier.
Sainte Thérèse de Lisieux disait de Notre Dame, qu’Elle était plus Mère que Reine ! Alors, demandons-Lui toute grâce et tous biens pour que nous soyons fidèles aux promesses de notre baptême.
3
Marie est glorifiée avec le Christ, Elle est Mère de l’Eglise, comme l’a proclamé le Concile Vatican II.
Pour Elle, comme pour nous, la grâce est un don de Dieu.
Marie est là, Elle demeure avec nous, son Chez Elle, c’est chez nous, Elle est notre Mère et à ce titre, Elle nous accompagne dans notre vie chrétienne, c’est ce que nous lui demandons dans le « je vous salue Marie », quand nous disons : « priez pour nous pauvres pécheurs. »

A son retour de Fatima le 14 mai 2017, alors que le Pape venait d’y célébrer le centenaire des apparitions, François s’exprima ainsi : « Laissons-nous guider par la lumière qui vient de Fatima. Que le Cœur Immaculé de Marie soit toujours notre refuge, notre consolation et le chemin qui nous conduit au Christ. »
En La priant, nous goûtons « près d’Elle » quelque chose que nous ne perdrons jamais : La confiance, la paix et la joie en ce monde et la vie éternelle dans l’autre.
4
Saint Maximilien Kolbe que nous fêtions hier et qui fût après Saint Louis-Marie Grignon de Montfort un grand apôtre de la dévotion mariale enseignait que notre effort de fidélité à l’Evangile, et notre persévérance dans la Foi, s’ils étaient vécus dans la prière et la confiance en Marie étaient solides et féconds.

En cette fête prions la Vierge Marie pour la France, confions-Lui ses dirigeants, que le Seigneur les inspire dans leurs choix de société pour qu’ils engagent nos concitoyens à respecter le caractère sacré de la vie et la dignité humaine dans toutes ses dimensions : personnelle, familiale et sociale.
Prions-La aussi pour nos familles, en particulier pour la jeunesse qui porte l’avenir de notre pays.
Frères et Sœurs,
Même si nous déplorons que notre société se déchristianise, nous avons des raisons d’espérer :
5
Il y a encore aujourd’hui dans le peuple de France, de fantastiques réserves de bon sens, de santé morale et de Foi chrétienne. Elles restent une grande promesse de renouveau.
Mais il faut les faire remonter à la surface. C’est la tâche de la nouvelle évangélisation à laquelle il faut nous atteler.
Avec audace et imagination, soyons les relais infatigables de cette forte Espérance qui habite nos cœurs, même si le monde ne va pas bien. .
Que ces paroles du Christ nous encouragent : « En ce monde, vous aurez à souffrir, mais gardez courage, J’ai vaincu le monde ». (Jn 16,33)
En chantant le Magnificat, nous nous réjouissons parce que l’amour que Dieu a manifesté dans le Christ, s’étend d’âge en âge.
AMEN

19ème dimanche du temps ordinaire – Dimanche 12 août 2018

Frères et Sœurs,

Dans la Bible, Dieu s’est toujours montré le guide indéfectible et le soutien sans faille de son peuple pour manifester l’actualité et la pérennité de son Alliance. Aussi la Foi ancestrale des Juifs en ce Dieu qui n’oublie pas les siens s’en est toujours trouvée renforcée.

Ainsi, lors de leur interminable passage d’Egypte, les Hébreux affamés étaient à la limite de la révolte. C’est alors que le Seigneur leur offre la manne du désert.

Plus tard, à l’époque où le peuple subissait de nouvelles épreuves jusqu’à le faire désespérer des promesses de Dieu, le prophète Elie offre à Israël un témoignage personnel alors qu’il était tenaillé par la faim, épuisé de fatigue :
Elie est alors réconforté par un pain mystérieux : « lève-toi et mange, car il est long, le chemin qui te reste » lui dit l’ange du Seigneur.
Le prophète évoque ce souvenir pour rendre espoir et confiance au peuple de la Promesse, au moment où tout laissait prévoir sa chute.
C’est à cela que fait allusion le passage du Livre des Rois que nous avons entendu dans la première lecture.

2
Dans l’Evangile, nous avons entendu le Christ dire à ses auditeurs, après l’allusion à la manne du désert, et le miracle de la multiplication des pains :
« Moi, Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ».

Frères et Sœurs,
La vie humaine, comme la vie des plantes, obéit à des lois incontournables. C’est ce que le Christ rappelle quand il dit : « Moi, dit-Il, je suis la vigne et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruits ».
Porter du fruit cela veut dire que chaque fois que nous sommes reliés au tronc vital de l’amour qu’est le Christ, et chaque fois que, par amour, nous nous relions les uns aux autres, tels les sarments d’un même cep, nous portons du fruit : mieux aimer le Christ, qui se fit pauvre, de la crèche à la croix ; mieux aimer les pauvres de pain, d’amitié de dignité ; mieux aimer toute personne rencontrée.
Le signe authentique d’une personne proche, c’est sa bonté. Elle sait trouver les mots ou le geste simple et désintéressé pour rejoindre l’autre dans sa vie même.

En Bon Pasteur, Le Christ tourne les regards de ses auditeurs vers le temps prochain de la Pâque qui sera la victoire de l’amour sur le péché, la victoire de la vie sur la mort.
3
Lors de cet évènement, ce mystère du Pain de vie s’accomplira dans le sacrifice eucharistique : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie ».
Saint Paul, le confirmera dans sa lettre aux Ephésiens, dont nous avons écouté un passage dans la deuxième lecture : « … Comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur ».

Frères et Sœurs,
C’est la grâce de Dieu, c’est la lumière de l’Esprit Saint qui nous fait adhérer à ce mystère central de notre Foi !
Nous le confessons à chaque eucharistie lors de l’anamnèse quand le prêtre dit après la consécration :
« Il est grand le mystère de la Foi » et que l’assemblée répond : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. »
Les premiers chrétiens appelaient la messe la « fraction du pain » et ils rompaient le pain dans leurs maisons avec Foi, joie et simplicité de cœur. Ils faisaient siennes les paroles de Saint Pierre lorsqu’il s’écriait : « A qui irions-nous Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle ». (Jn6, 68)
C’est la grâce qu’il nous faut demander, nous aussi, quand nous allons communier au Corps du Christ.

4
N’oublions jamais que l’Eucharistie porte ses fruits en plénitude dans la mesure où nous ouvrons notre cœur et notre âme au Christ dans un acte de Foi et d’amour. C’est ce que le Seigneur attend de nous lorsque nous prononçons Amen, alors que nous est donné dans la main ou sur les lèvres « le Corps du Christ ».

Un Amen qui devrait signifier : « me voici Seigneur ! J’adhère à ton Evangile ! J’adore ta présence ! J’accueille ton amour ! Je suis disponible pour ta mission. »

Oui, Frères et Sœurs, il nous faut aller à la rencontre du Seigneur dans l’Eucharistie, comme des êtres qui ont faim et soif de Lui, parce que le Christ se donne et donne dès maintenant, l’Amour dont nous vivrons éternellement dans le monde à venir.
Puissions-nous, toujours mieux découvrir que l’Eucharistie est source et sommet de notre vie chrétienne comme l’enseigne le Concile Vatican II.

Demandons la grâce de réaliser comme Saint Paul que par l’Eucharistie reçue en communion :
« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »

AMEN

18ème dimanche du temps ordinaire – Dimanche 5 août 2018

Frères et Sœurs,
Après le prélude de la multiplication des pains et de la marche sur les eaux, Saint Jean nous livre une catéchèse eucharistique dont les paroles essentielles viennent de Jésus Lui-même.
Nous venons d’entendre le Christ nous dire dans l’Evangile : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif ».

Qu’est-ce à dire sinon que c’est dans notre relation avec Lui que nous sommes nourris, parce qu’Il est Lui-même notre nourriture.
L’être aimé est la nourriture qui rassasie le cœur qui aime !
Au terme de sa quête de bonheur, Saint Augustin disait : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure pas en toi ».

Dans la deuxième lecture, Saint Paul nous éclaire sur le combat spirituel que nous avons à mener pour suivre le Christ :
« Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois… dit-Il, et Il ajoute : laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité. »
2
Ces recommandations rejoignent celles que Saint Paul donne dans l’épître aux Galates :
« Laissez-vous conduire par l’Esprit et ne donnez pas satisfaction aux désirs de la chair : débauche, impureté, libertinage, inimitié, désordre, jalousie, emportements, dissensions, factions, envies etc... »

Les fruits de l’Esprit, en revanche, sont la charité, la joie, la paix, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, et la tempérance.

Frères et Sœurs,
Dans ses Epîtres, l’Apôtre, emploie souvent des expressions telles que « l’homme ancien » et « l’homme nouveau », la vie selon « la chair » et la vie « selon l’esprit », « l’esclavage du péché » et « la liberté dans le Christ ».

Saint Paul nous rappelle qu’en chacun de nous, il y a, à la fois, « le bon grain et l’ivraie », le meilleur, du moins bon et parfois le pire.
Il explique, à partir de sa propre expérience, que la vie chrétienne est un combat au plus profond de nous-mêmes :
« Je fais, dit-il, le mal que je ne voudrais pas, et je ne fais pas le bien que je voudrais ».

3
Frères et Sœurs,
Par notre baptême, nous sommes disciples de Jésus, c’est Lui qui marche en avant de nous. Notre vie chrétienne se vit dans la fidélité, elle consiste à aller à l’essentiel.

Saint Dominique, qui fonda l’Ordre des Prêcheurs, au 12ème siècle, pour restaurer dans l’Eglise la manière de vivre des Apôtres, disait à ses frères : « Nous ne serons vraiment membres du Christ que lorsque nous nous donnerons tout entier, comme notre Sauveur se donne tout entier ! »

Jésus définit la Foi comme étant « l’œuvre de Dieu », à la différence des « œuvres des hommes ».
La Foi, c’est croire en Jésus Christ que le Père a envoyé, c’est mettre toute notre confiance en Lui, c’est vivre avec Lui, sous son regard parce qu’Il est la « Lumière des nations ». Saint Paul nous recommande de discerner chacun dans sa vie, ce qui est « selon le Christ » et ce qui ne l’est pas, en demandant à Dieu son Esprit de lumière et de force pour faire les choix qui conviennent et les assumer dans la joie de l’Evangile.

Dans notre société où l’individualisme est roi, Soyons de ces êtres lumineux et rayonnants qui chaque jour se dévouent humblement, et généreusement pour faire progresser l’humanité.

4
Frères et Sœurs,
Nous pouvons parfois porter en nous une blessure profonde liée à notre histoire, une blessure qui nous fait encore souffrir.
Prenons le temps de prier pour la confier et l’exposer au Seigneur ; demandons-Lui la guérison de notre cœur blessé, elle pourra aussi toucher notre âme, en particulier, dans cette blessure qui est celle du péché.

Nous savons que nous pouvons compter sur la prière de la Vierge Marie que nous allons célébrer dans la gloire de son Assomption le 15 août prochain.
Pour nous y préparer, la période des vacances peut être propice pour rencontrer un prêtre et se confesser.
Dans le sacrement de pénitence-réconciliation, le Christ relève et sauve le pécheur, Dieu nous redit son amour, Il met notre âme dans la paix.

Aimons invoquer Marie, Elle est « le refuge des pécheurs » :
« Sainte Marie, Mère du Christ Sauveur, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. »

AMEN

13ème dimanche du temps ordinaire – Dimanche 1er juillet 2018

Frères et Sœurs,
Ce passage d’Evangile, nous parle d’une jeune fille sur le point de mourir et d’une femme désespérée par des pertes de sang qui durent depuis douze ans, pour qui la médecine n’avait rien pu faire jusqu’alors pour la guérir, et qui a dépensé tous ses biens pour se faire soigner « sans avoir la moindre amélioration au contraire, son état avait plutôt empiré, » nous dit Saint Marc.

Le père de la jeune fille, nommé Jaïre, « un des chefs de la synagogue » se jette aux pieds du Christ pour le supplier de guérir sa fille.

Quant à la femme épuisée par des hémorragies, « ayant appris ce qu’on disait de Jésus », elle réussit à toucher le vêtement du Christ avec Foi : elle est guérie. Elle découvre alors qu’elle est aimée de Dieu ; la force de son amour l’habite.

Pour l’un et l’autre, c’est l’échec de toutes les solutions humaines qui les jette aux pieds du Christ, un peu comme l’enfant prodigue se jette aux pieds de son père quand il se rend compte que sa situation est désormais sans issue.

2
Frères et Sœurs,
En « Bon Pasteur », le Christ les amène l’un et l’autre à entrer dans une relation de confiance avec Lui, et cette confiance permet au Seigneur de guérir la femme, Il la sauve et inaugure une vie nouvelle pour elle : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Quant au chef de la synagogue, le Christ l’invite aussi à lui faire confiance : « Ne crains pas, crois seulement… « Lui dit-il, » l’enfant n’est pas morte, elle dort seulement. » Jésus prend la main de la fillette, elle se lève et se met à marcher et à manger.
L’Evangile nous rapporte que seuls trois témoins, Pierre, Jacques et Jean et les parents de la jeune fille sont autorisés à assister à la guérison.
Pour les deux miraculés, leurs guérisons s’opèrent dans une relation de confiance avec le Christ Sauveur, icône de la tendresse du Père pour tout homme en souffrance.

Ces deux guérisons sont des signes pour les témoins, comme sont signes aujourd’hui encore pour nous les sacrements, et tout particulièrement le sacrement de pénitence-réconciliation qui nous fait découvrir la miséricorde infinie de Dieu et comment nous devons répercuter aux autres le pardon que nous avons reçu.

3
Par l’Eucharistie, nous saisissons mieux jusqu’où va le don que le Christ fait de Lui-même, dans la communion Il est cette vitale nourriture dont nous avons besoin pour vivre en chrétiens.

Chaque fois que nous recevons l’un ou l’autre de ces sacrements, nous vivifions notre Foi et nous recevons la mission d’être le témoin auprès de nos frères de ce commandement nouveau : « Comme je vous ai aimés aimez-vous les uns les autres. »
Et « si une seule pensée de l’homme vaut mieux que tout l’univers disait Saint Jean de la Croix, » - un seul acte de charité, c’est-à-dire un seul acte d’amour à la manière de Jésus, vaut mieux que toutes les pensées des hommes.

Frères et Sœurs,
Une fois de plus l’Evangile nous rapporte dans ce récit que le Christ opère des miracles, là où il trouve la Foi !
Comme Jaïre, et la femme qui avait des pertes de sang, nous sommes invités à mettre toute notre confiance en Jésus, l’envoyé du Père qui nous ouvre le chemin de la Vie véritable inaugurée à notre baptême.

4
Pourquoi donc faut-il attendre de manquer de tout pour nous tourner vers Dieu et mettre toute notre confiance en Lui ?
Pauvreté de nous tous, peu enclins naturellement à la Foi, mais cette pauvreté nous ouvre à la richesse que Dieu veut nous prodiguer en Jésus !

Nous qui avons la chance de pouvoir participer à la messe tous les dimanches et si nous le voulons de communier au Corps du Christ Ressuscité, puissions entendre à l’heure de notre mort, la voix que perçut la fille de Jaïre : « Je te le dis lève-toi ! » pour entrer dans la Vie éternelle et bienheureuse.

AMEN

Nativité de Saint Jean-Baptiste – Dimanche 24 juin 2018

Frères et Sœurs,
Saint Jean Baptiste, dont nous fêtons aujourd’hui, le jour de sa naissance est célébré également le jour de son martyr, de sa mort, le 29 août.
Dans sa mort, Jean Baptiste annonce la passion et la mort du Christ comme sa naissance, annonce la naissance de Jésus.
Jean-Baptiste se situe à la jonction de l’Ancien et du Nouveau Testament.
La grandeur, de Saint Jean-Baptiste vient de sa vocation, de sa mission. Il précède, et annonce Quelqu’un d’autre, Jésus, le Christ, « Dieu avec nous, l’Emmanuel ».
Le Christ parlant de Jean-Baptiste dira « Parmi les enfants des hommes, il n’y en a pas de plus grand que lui. C’est Lui le plus grand de tous les prophètes ! ».
La vie de Jean Baptiste va se dérouler d’une manière tout à fait hors du commun. Il préfère vivre au désert, nous dit l’Evangile, jusqu’au jour où il devait être manifesté.

2
Il n’a pas vécu sa vocation en demi-mesure. Nous admirons en lui un homme qui ne tergiverse pas, qui défend la Foi en Dieu, et la vertu qui doit en découler.
Quel courage dans sa prédication ;
Quelle force dans sa parole et dans son appel au changement de vie, à la conversion.
Les foules viennent à lui mais il ne cherche pas la célébrité des foules, il se tient à l’écart du pouvoir politique et religieux, et démasque l’hypocrisie.
Il a eu beaucoup de disciples et il n’hésitera pas à s’en détacher en les envoyant à un Autre, en les envoyant au Christ.
Saint Augustin dira : « La voix c’est Jean, tandis que Jésus est la Parole… Jean est la voix pour un temps ; le Christ, c’est le Verbe au commencement, c’est le Verbe éternel. »
Emprisonné, persécuté, décapité, Jean-Baptiste témoignera pourtant de la joie qui habite son cœur et lorsqu’on lui demande « Qui es-tu ? », il répond simplement : « je suis la voix de Celui qui crie dans le désert « Préparez le chemin du Seigneur ! »
C’est Lui, Jésus le Christ, qui doit grandir, dit-il, moi je dois diminuer ! ».

3
Saint Jean Baptiste se veut seulement « un doigt qui montre Jésus ». Il ne veut pas qu’on le regarde, il désigne Celui vers qui il faut regarder et aller.
Au deuxième siècle, quand on demandait à Saint Irénée de Lyon : « Mais, qu’est-ce que ton Christ a apporté de nouveau ? », Irénée répondait :
« En s’apportant Lui-même, Il apporte toute nouveauté ! ».
C’est ainsi que Jean-Baptiste est le témoin de la nouveauté de l’Evangile révélée aux petits.
C’est ainsi qu’il est témoin de la puissance de l’Amour gratuit de Dieu qui va se révéler dans la faiblesse.
C’est ainsi qu’il est témoin des chemins et des vues de Dieu qui ne sont pas les nôtres.
Frères et Sœurs,
Par sa vie, Jean Baptiste nous apprend comment être témoins du Christ !
Nous serons ces témoins, dans la mesure où nous nous laisserons imprégner, pénétrer par la parole de Jésus, par l’Evangile.
Alors, le salut de Dieu pourra s’étendre par nous autour de nous.
Un témoignage authentique n’attire pas l’attention sur le témoin mais sur Celui dont il témoigne.
4
Le témoin du Christ ne se préoccupe pas de sa réussite personnelle, du nombre de gens qu’il arrive à atteindre, à toucher !
Proposer la Foi au Christ mort et Ressuscité, c’est défendre la liberté, c’est défendre la justice, c’est défendre les personnes les plus vulnérables de notre société, comme a su le faire si bien Saint Jean-Baptiste qui a été « la voix dans le désert. »
Comme Jean-Baptiste qui par sa naissance a rendu la parole à Zacharie, puissions-nous être ces témoins qui font entendre la Parole de Dieu en la vivant ; alors nous serons ces voix qui crient dans les déserts de nos sociétés abîmées par le matérialisme, la violence, l’indifférence religieuse, où l’égoïsme et l’individualisme du « chacun pour soi » dictent leurs lois.
Frères et Sœurs,
Avec Jean Baptiste, l’Eglise, annonce sans cesse la mort et la Résurrection du Christ que nous célébrons dans cette Eucharistie et qui nous donne la grâce de communier à la personne même du Ressuscité pour que nous soyons des lumières d’Espérance, de joie et de paix pour nos frères.
Alors, le salut de Dieu pourra, si nous le voulons bien, s’étendre par nous autour de nous.
AMEN

11ème dimanche du temps ordinaire – Dimanche 17 juin 2018

Frères et Sœurs,
Quand Saint Marc écrit son Evangile, les chrétiens de Rome sont sujets à la persécution, et ils ne sont encore qu’un petit nombre, perdus dans l’immense empire. C’est dans ce contexte que l’évangéliste rapporte ces deux paraboles relatives à la germination et la croissance du Règne de Dieu, dans le but de redonner confiance aux chrétiens d’alors, parce qu’ils avaient besoin que leur soit sans cesse évoquée la vision du Christ quant au destin et à l’avenir de la semence qu’ils représentaient pour le Règne de Dieu.
L’image de la graine de moutarde est particulièrement évocatrice du rapport des accomplissements à la modestie des commencements : la plus petite de toutes les semences produit cet arbre imposant dans les branches duquel, les oiseaux trouvent à nicher. Il doit en être de même pour les premières communautés issues de la prédication des Apôtres : Qu’elles ne s’impatientent pas, la Parole du Christ qu’ils transmettent fidèlement, malgré les embûches et les difficultés de toutes sortes, germe invisiblement mais sûrement ; que le semeur « dorme ou qu’il se lève, la plante grandit, on ne sait comment », dit Jésus « jusqu’au temps de la moisson ».
2
Frères et Sœurs,
Comme la graine qui pousse spontanément et dans le silence de la terre, Dieu agit de manière imprévisible et sans attirer l’attention. Personne ne saurait dire : « Il est ici ou Il est là » (Lc 17,21). Dieu échappe aux calculs, aux prévisions et au pouvoir de l’homme. Avec Lui, tout est surprise et tout est don. Nous lui devons tout. Il ne nous reste qu’à le reconnaître et à le remercier, tout en restant à la fois vigilants et actifs parce qu’il est de notre responsabilité que le Règne de Dieu advienne.
Dans la Parabole de la graine de moutarde, le Seigneur nous dit « qu’elle est la plus petite de toutes les semences », mais qu’elle a en elle les raisons et la force de son développement. Elle n’a pas besoin de faire appel à des aides extérieures, elle croît toute seule.
Dans la nature, le temps fait son œuvre. L’arbre grandit sans qu’on l’entende pousser. Les conditions climatiques, la qualité du sol et de la terre permettent aux plantes de pousser par elles-mêmes à partir de leur propre énergie.
Le phénomène de la croissance ne se réalise pas instantanément, le respect des étapes se vérifie, les parents en font l’expérience à travers l’éducation de leurs enfants.

3
Frères et Sœurs,
A travers ces paraboles, le Christ enseigne que la Foi est comparable à une plante ou à un arbre, qui puisent dans la terre ce dont ils ont besoin pour se développer. De même la Foi pour grandir et se fortifier puise dans la prière, dans la Parole de Dieu, et les sacrements ce dont elle a besoin pour atteindre sa maturité.
La lecture et la méditation des Saintes Ecritures sont comme une semence qui progresse en soi. Dieu travaille le cœur de chacun de nous, qu’on soit jeune ou âgé, et pour qui a gardé un cœur d’enfant, le contraste entre la petitesse du début et l’ampleur de la croissance fait toujours l’admiration et suscite l‘action de grâce.
La semence est porteuse d’avenir, parce qu’elle est vie ! Voilà qui nous invite chacun à réfléchir humblement à la façon dont il témoigne de la Foi qui l’anime. Le bien ne fait pas de bruit, si nous avions une Foi grosse comme « un grain de moutarde », nous verrions l’œuvre de Dieu qui renouvelle les cœurs.
L’avenir du Règne de Dieu est dans la force vitale de la semence et non dans les moyens extérieurs. Certes, ceux-ci sont nécessaires, mais l’avenir dépend de la patience, de l’abandon de soi à Dieu qui travaille dans le silence.

4
L’Apôtre Saint Paul, qui a connu et vécu cette secrète et mystérieuse germination, en conclut simplement par ces mots que nous avons entendus : « Oui, nous avons confiance. » A sa suite, nous avons le témoignage des saints dont la vie, le rayonnement et la fécondité sont le fruit de leur totale confiance en la Providence de Dieu.
Frères et Sœurs,
Ce qu’il y a de faible et de pauvre dans le monde, voilà ce que Dieu choisit pour confondre les puissants et pour faire éclater la puissance de sa gloire. L’humble geste accompli dans le dépouillement de soi-même est souvent celui qui produit le plus !
Dieu sait que cela peut prendre du temps de grandir dans la Foi. Il est comme un bon jardinier. Il respecte notre cheminement et notre liberté. Dieu nous attend, son amour est patient parce qu’Il nous connaît.
Demandons au Seigneur, qui s’est défini comme « doux et humble de cœur », la grâce de l’humilité, condition de la fécondité. Qu’à l’exemple de la Vierge Marie, l’offrande de nos vies unie à celle de son Fils rende le témoignage d’amour que le monde attend des disciples du Christ.
AMEN

10ème dimanche du temps ordinaire - Dimanche 10 juin 2018

La finale de ce passage de l’Evangile de Saint Marc, nous parle de la parenté humaine et spirituelle de Jésus.
Frères et Sœurs,
A première vue, on pourrait penser qu’il y a une opposition entre la famille du Christ et sa parenté spirituelle, c’est-à-dire celle que constituent les douze Apôtres - Ils sont autour de Lui, ils forment déjà une "assemblée", une Eglise – que viendront grossir après eux les disciples venus de toutes les nations et de toutes les générations jusqu’à aujourd’hui.
Le texte nous dit que les disciples, sont rassemblés dans la maison. Ils se taisent, ils écoutent l’enseignement du Christ.
Au temps de Jésus, les valeurs familiales étaient sacrées. C’est pourquoi le Christ n’oppose pas les gens de sa parenté aux disciples : "Celui qui aime son père, ou sa mère… plus que Moi, dit-Il n’est pas digne de Moi."
Saint Marc souligne ici la différence qui existe entre sa famille, ses amis, et les disciples qui constituent sa nouvelle famille.
2
Sans rien renier des liens du sang, le Christ dit qu’il existe une réalité à la fois filiale et fraternelle bien plus importante que les parentés terrestres.
Jésus montre ainsi que, parce qu’Il est le Fils de Dieu, Messie et Sauveur, Il doit être préféré à tout, même à sa mère, à ses frères et à ses sœurs. Les liens familiaux, si importants soient-ils, ne sont pas absolus, ils sont subordonnés au message du Règne de Dieu.
Ici, Jésus dévoile à travers une réalité humaine qu’est la parenté par le sang, la dimension surnaturelle de l’homme qui devient par grâce un vrai disciple c’est-à-dire un frère du Christ « en faisant la volonté de Dieu », en accueillant sa Parole ; en agissant comme Lui avec amour.
Frères et Sœurs,
Tout homme porte en lui une vocation, un appel, qui le dépasse. Le Christ est Lui-même la réponse. Comme pour le jeune homme riche, plein de bonne volonté, sur qui "Jésus posa son regard et l’aima.". Ce même regard le Christ le pose sur chacun de nous.

3
En choisissant de suivre le Christ, qui est « le chemin, la vérité et la vie », nous sommes unis à Lui, nous sommes ses amis, et donc membres de sa parenté spirituelle.
Frères et Sœurs,
Nous vivons une période difficile, faite d’incertitudes, où la violence et le mal sous toutes ses formes semblent dominer la vie de nos sociétés sécularisées.
Dans le monde d’aujourd’hui qui s’est éloigné des réalités spirituelles, il est plus difficile d’assumer notre vocation de chrétien ; car être chrétien ne signifie pas seulement avoir la Foi en Jésus Christ, mais vivre les impératifs de l’Evangile pour l’édification d’un monde juste et réconcilié.
Le Christ est Ressuscité, Il est Vivant. Avec confiance il faut nous tourner vers Lui, Il est la « Lumière des nations », Il est la source de la paix, de la justice et de l’unité.
Bien sûr, notre lien avec le christ, peut connaître des hauts et des bas, des éloignements aussi, ce lien intime avec le Seigneur, ne peut pas être détruit, pas même par nos infidélités. Saint Paul l’affirme : « Il est fidèle Celui qui nous appelle ».

4
L’amour inconditionnel du Christ, icône de la tendresse de Dieu n’est autre que le « Sacré Cœur » de Jésus, que nous avons célébré vendredi.
Frères et Sœurs,
Au fond l’Evangile de ce dimanche nous enseigne que notre Foi en Jésus Christ est née, parce qu’un jour nous avons été regardé par le Christ qui veut faire sa demeure en nous et que nous l’avons accueilli et que nous nous sommes laissés aimer tout simplement.
Pour nous aider, nous avons l’exemple des saints et celui de la Vierge Marie en particulier. Elle a suivi Jésus, et a été attentive à sa parole : "Heureuse celle qui a cru en l’accomplissement de la parole de Dieu." Elle a également été disponible au don de l’Esprit Saint.
Qu’à sa prière, Elle nous apprenne à être disciple, puisque c’est Elle qui nous invite à suivre son Fils : "Faites tout ce qu’il vous dira."

AMEN

Fête du corps et du sang du Christ - Dimanche 3 juin 2018

Frères et Sœurs,
Du carême à la Pentecôte l’Eglise, à travers sa liturgie nous a permis d’approfondir le Mystère Pascal.
Les fêtes qui suivent sont comme des contemplations d’aspects particuliers du Mystère central de notre Foi. C’est ainsi que dimanche dernier, avec la fête de la Trinité, l’Eglise levait les yeux vers le ciel pour s’émerveiller de la splendeur du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Aujourd’hui, l’Eglise contemple « le pain vivant descendu du ciel », (Jn 6, 51) pour nourrir ses membres et les accompagner tout au long de leur pèlerinage terrestre.

Vendredi prochain, ce sera la fête de Sacré Cœur, l’Eglise nous fera découvrir le lieu et la source de l’Amour qui l’a sauvée : un cœur d’homme, le Cœur du Fils de Dieu crucifié, ouvert par la lance du soldat romain, et d’où découlent, pour Elle et pour le monde, tous les trésors de grâce et de gloire : « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes » disait Jésus, lors d’une apparition en 1673, à Sainte Marguerite Marie, visitandine au monastère de Paray le Monial.

Aujourd’hui, Frères et Sœurs, nous sommes invités à rendre grâces pour le don inestimable de l’Eucharistie.

Ce don fait à l’Eglise est tellement inouï que l’on ne se lasse pas d’en inventorier la richesse inépuisable.
C’est le Christ qui fait et qui est l’Eucharistie, la théologie nous conduit au seuil de ce mystère, la Foi nous y fait pénétrer !
Le Christ est Vivant, Il nous est toujours présent et c’est Lui qui accomplit ce que nous faisons ici et maintenant. Nous ne sommes, nous prêtres célébrant que ses instruments, consacrés à son service et au vôtre.

« Prenez et mangez en tous : ceci est mon corps livré pour vous ».

En disant ces paroles, nous ne rappelons pas seulement un événement passé. La Messe est un événement d’aujourd’hui, c’est le Christ qui parle et qui agit au milieu de nous.
Depuis vingt siècles, les chrétiens, par delà les persécutions, les querelles théologiques ou idéologiques sont restés fidèles à ce que Jésus Sauveur avait voulu pour son peuple.
Le Concile Vatican II parlant de l’Eucharistie dit qu’elle est « la source et le sommet de la vie chrétienne ».

La fête du Corps et du sang du Christ célèbre ce don de Dieu à l’humanité.
« Reçois ce que tu es, deviens ce que tu reçois ». disait Saint Augustin.
Dans cette formule lapidaire, le Saint Evêque d’Hyppone résumait tout ce qu’est l’Eucharistie pour les Chrétiens.

Frères et Sœurs,
Depuis notre baptême et notre confirmation nous sommes le Corps de Christ.
Lorsque l’eau baptismale a coulé sur notre front, nous sommes devenus membres du Corps du Christ qui est l’Eglise.
« Reçois ce que tu es », ces paroles de Saint Augustin prennent tout leur sens. C’est bien là la grande grâce que Dieu nous fait !
Au moment de la communion, quand, nous nous approchons pour accueillir ce pain devenu par la puissance de l’Esprit Saint et l’acte ministériel du prêtre, le Corps de Christ, c’est toute la vie du Seigneur qui devient notre propre vie ; c’est alors que « Nous devenons ce que nous recevons » comme disait Saint Augustin.

A l’anamnèse de chaque messe nous entendons le prêtre dire « Il est grand le mystère de la Foi »
L’Eucharistie, est ce trésor qui nous est offert, et que nous pouvons recevoir chaque jour si nous le voulons, pour vivre du Christ dans la joie de l’Evangile.
Frères et Sœurs,
Ne nous approchons pas de ce sacrement avec légèreté ou désinvolture. Souvenons-nous des paroles graves de Saint Paul : « Celui qui mange de ce pain et boit à cette coupe sans discerner le Corps de Seigneur, mange et boit sa propre condamnation. » 1 Co 11, 29
Que cette fête du Corps et du Sang du Christ que nous célébrons aujourd’hui nous fortifie dans notre foi en l’Eucharistie.
Notre Eglise en France et en Europe manque de prêtres, demandons et prions pour les vocations, et ne manquons pas d’Espérance ; Dieu ne se laisse pas vaincre en générosité ! Que la Vierge Marie nous y aide par son intercession pour que des jeunes se lèvent pour devenir les ministres de l‘Eucharistie de demain

AMEN

dimanche de la Sainte Trinité - Dimanche 27 mai 2018

Frères et Sœurs,
Faisant suite à la Pentecôte, la fête de la Trinité apparaît abstraite par rapport aux autres grandes fêtes qui ponctuent l’année liturgique et qui actualisent les différents mystères de la vie du Christ ou de la Vierge Marie, ou qui honorent des grandes figures de la sainteté telle que Saint Joseph, Saint Jean Baptiste, ou les Apôtres.
Fêter la Trinité, c’est rendre gloire à Dieu pour ce qu’Il est : « le Père tout puissant, créateur »…le Fils « né du Père avant tous les siècles »… « l’Esprit-Saint qui procède du Père et du Fils. » Le terme de Trinité apparaît au 3ème siècle avec la réflexion théologique sur l’enseignement du Christ : La Révélation trinitaire, c’est la Révélation de la joie de Dieu, de cette joie éternelle qui nous est promise, pour toujours. Et c’est parce que Dieu désire nous la partager, qu’Il nous montre la voie pour y parvenir. Cette voie, c’est le Christ. Saint Paul proclamera que Jésus est « le chemin, la vérité et la vie ». C’est par Lui que nous avons accès au Père, de Lui que nous recevons l’Esprit, qui jaillit en source de vie éternelle.
Si nous proclamons et confessons la Foi de l’Eglise, c’est parce que fidèle à la mission conférée par le Christ, l’Eglise a fait de nous des chrétiens par le baptême « au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », à ce titre chacun de nous est le Temple de l’Esprit Saint.
Dés lors, les paroles qu’adressait Saint Paul aux Romains dans la deuxième lecture, sont aussi pour nous : « Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu… »
2
Dans le passage de cette même Epître que nous venons d’entendre l’Apôtre nous a redit qui nous sommes, nous, les chrétiens, et quelle est notre vocation. Saint Paul est un converti. Il croyait au Dieu d’Abraham, il était un juif cultivé, fidèle à la Loi, coutumier des rites, attentif au respect des normes que légitimait le sacré entourant le « Tout Autre ».
Sa rencontre du Christ sur le chemin de Damas a bouleversé et transformé sa vie. Saint Paul a découvert Celui dont il persécutait les disciples.
Le même Esprit Saint qui avait inspiré les prophètes, éclairait l’Apôtre. A mesure que passaient les jours, à Damas, puis dans le désert, où il s’était retiré pour réfléchir et prier, la lumière se faisait en lui : Dieu était Père, Fils et Esprit. C’est le Christ, le Fils de Dieu qui l’avait rejoint, l’Esprit Saint l’avait fait naître à une vie nouvelle. De cette immense grâce, Saint Paul rendait gloire au Dieu Père.
Frères et Sœurs,
Nous sommes faits pour la louange et l’action de grâce, nous sommes faits pour adorer en esprit et vérité, pour louer, c’est-à-dire rendre grâce, dire merci. La liturgie est le lieu de ressourcement privilégié pour notre vie spirituelle. Dans la liturgie de la messe, la prière eucharistique commence avec la préface et s’achève par la doxologie trinitaire.
La préface est une louange, elle sert de « charnière » entre la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique. Elle invite à prendre de la hauteur « Elevons notre cœur » « Nous le tournons vers le Seigneur » répondons-nous.
Après la préface et le sanctus, nous nous adressons au Père : « Tu es vraiment saint Dieu de l’univers », avant d’invoquer l’Esprit sur les dons.

3
Nous sommes tous partie prenante dans la prière, pas seulement le prêtre, tous ensemble nous invoquons l’Esprit Saint pour qu’Il transforme les dons offerts du pain et du vin en corps et sang du Christ.
Jusque là, la prière est au présent, puis tout d’un coup, elle s’exprime au passé au sujet du mémorial du Christ : « Il prit le pain, il prit le vin, mangez, buvez, faites ceci en mémoire de moi ».
Vient ensuite l’acclamation d’anamnèse puis nous reprenons les demandes afin que nous devenions ce que nous recevons dirait saint Augustin. Nous invoquons à nouveau l’Esprit pour qu’il fasse l’unité du peuple et le prépare à vivre cette unité dans la communion.
Frères et Sœurs,
Le mystère de la Trinité, c’est celui de l’amour de Dieu qui est au principe de notre existence, qui nous anime à chaque instant, qui nous pousse toujours plus loin. « Dieu est Amour », dit Saint Jean. La Trinité s’inscrit dans notre vie et transforme notre existence humaine, par la grâce de l’Esprit Saint qui « répand l’amour dans nos cœurs. »
Dans l’Evangile, Saint Mathieu exprime en quelques mots la mission des Apôtres : une mission universelle, l’annonce de l’Evangile, l’initiation à la vie de disciples par la parole, par le témoignage, mais aussi par le baptême.
Le Christ leur promet qu’Il sera toujours avec eux : « Et moi, leur dit-Il, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Ils ne Le verront plus et pourtant jamais Il ne les abandonnera, une vie nouvelle commençait pour eux, celle que nous connaissons nous-mêmes, la vie dans la Foi.
Les Apôtres avaient traversé l’épreuve, ils avaient abandonné leur Maître, mais ils étaient revenus. Désormais, ce sont eux qui vont poursuivre la mission.
4
Jésus leur dit : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples. Le Christ mourant sur la Croix nous donne son Esprit pour qu’Il éclaire notre chemin et que nous fassions de l’Evangile non pas un reliquaire, mais une parole vivante capable « d’éclairer tout homme venant en ce monde ». « Si vous avez de l’amour les uns pour les autres tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples » (Jn13, 35)
Et parce qu’Il a pleinement assumé notre condition humaine, le Christ veut être reconnu en ceux auxquels Il s’identifie : l’affamé, l’étranger, le mendiant, le malade, le prisonnier. « Chaque fois que vous avez fait quelque chose pour l’un de ces petits qui sont mes frères, - dit-Il - c’est à moi que vous l’avez fait ». (Mat. 25) Notre manière quotidienne d’aimer Dieu, c’est de L’aimer dans le prochain.
Frères et Sœurs,
En cette fête de la Trinité nous pouvons louer, honorer et chanter le mystère de Dieu Père, Fils et Esprit Saint, et nous confions au Père, par son Fils, toutes les mamans de la terre en ce jour qui est aussi la fête des mères, en particulier celles qui souffrent, celles qui sont en difficulté.
Que la paix et que la force qui viennent de l’Esprit-Saint soient avec elles.

AMEN

Dimanche de la Pentecôte - Dimanche 20 mai 2018

Frères et Sœurs,
A la Pentecôte, les chrétiens célèbrent la fondation de l’Eglise. Célébrée cinquante jours après Pâques cette fête se situe après l’Ascension, et elle est l’un des points culminants de l’année liturgique.

A la Pentecôte, les Apôtres, ces hommes au cœur de feu, que Saint Paul a comparé aux colonnes de l’Eglise, (Ga 2, 9) ont reçu la lumière et la force de l’Esprit Saint pour annoncer et proclamer l’Evangile à toutes les nations.

A leur suite, Conduits et soutenus par ce même Esprit du Seigneur, les martyrs, les saints Pasteurs et les Docteurs ont installé progressivement et durablement la civilisation chrétienne au fur et à mesure que s’implantait et se développait l’Eglise.

Vint ensuite la période où l’Esprit Saint a suscité des contemplatifs hommes et femmes que sont les moines et les moniales.
Leur témoignage a permis de relancer la ferveur évangélique dans sa pureté originelle.

2
Puis ce fut le temps, du déploiement des nombreuses congrégations apostoliques, enseignantes ou hospitalières pour l’éducation et le soin aux malades, où avec Saint Vincent de Paul et d’autres saints fondateurs et fondatrices de nombreuses congrégations apostoliques, répondirent aux besoins de la société à travers de nombreux établissements scolaires ou universitaires, hôpitaux et dispensaires.

Plus tard, au 19ème siècle vint l’essor prodigieux des congrégations missionnaires. Grâce à ces religieux et religieuses, qui ont évangélisé l’Amérique, l’Afrique, l’Asie et l’Océanie, l’Eglise est aujourd’hui présente sur tous les continents.

Frères et Sœurs,
L’Esprit Saint est le premier évangélisateur disait le Bienheureux Paul VI en 1975 dans son Exhortation Apostolique « Evangelii Nuntiandi » sur l’évangélisation, parce que l’Esprit Saint fait entendre et comprendre la parole de Dieu dans toutes les langues du monde aux hommes de toutes les cultures et de toutes les nations.

En regardant la vitalité de l’Eglise on constate qu’à toutes les époques de son histoire, les puissants de ce monde se sont ligués pour limiter son influence, ou la réduire à néant par des persécutions.

3
Des régimes totalitaires de toutes sortes, ont prétendu chasser Dieu des âmes, des cœurs et des cultures. Mais par la grâce de l’Esprit Saint l’Eglise est toujours bien vivante et missionnaire !

L’Esprit Saint est l’âme de l’Eglise, Il agit dans l’Eglise et au-delà de ses frontières visibles. Il engendre les saints qui à toutes les générations sont ces phares qui balisent notre chemin vers le Ciel.

Le Pape François rappelait récemment que jamais l’Eglise n’avait connu autant de martyrs qu’aujourd’hui à travers le monde.
Mais s’il est vrai que de partout on critique l’Eglise, il n’en est pas moins vrai que sa parole de sagesse et d’amour est attendue et se fait entendre dans notre monde en proie à la confusion.

Frères et Sœurs,
Aujourd’hui, c’est toute l’Eglise qui vit à l’heure de la nouvelle évangélisation où chacun de nous a sa part de responsabilité dans l’annonce du Royaume.

Avec la Pentecôte l’Esprit Saint nous permet de prendre conscience, qu’une force nous habite plus grande que notre faiblesse ; qu’un désir d’aimer nous habite plus grand que notre égoïsme ; qu’une joie de servir les autres nous habite plus grande que d’être servi par les autres.
4
Avec la Pentecôte, l’Esprit Saint nous permet de prendre conscience que le Christ nous rejoint dans notre vie. Qu’Il nous appelle à devenir ses témoins aujourd’hui et demain, tous les jours, en famille, au travail ou dans la vie sociale. Alors ne soyons pas de ces chrétiens plus critiques qu’émerveillés, plus inquiets que confiants, plus tristes que joyeux, mais soyons des chrétiens qui vivent jour après jour dans la confiance, et la paix, malgré l’expérience que nous faisons de notre faiblesse et de nos fragilités.

Entre l’Ascension et la Pentecôte, les disciples se sont préparés dans la prière à l’effusion du Saint-Esprit.
Comme les disciples, vivons dans la prière qui nous fait percevoir la présence de Dieu à nos côtés.

La fréquentation des Saintes Ecritures nous fait découvrir le sens de notre vie et en ouvrant notre cœur nous fait porter sur les autres le regard du respect et de la bienveillance qui est l’apprentissage de l’amour du prochain.

Nourrissons également notre Foi des sacrements.
Ils témoignent de la diversité des dons multiples du Saint Esprit :

  • le baptême qui nous fait fils de Dieu en Jésus Christ,
  • la confirmation qui nous rend adultes dans la vie chrétienne,
    5
    - le sacrement du pardon qui nous sanctifie,
    - l’Eucharistie qui nous nourrit par sa fréquentation régulière.
    Le sacerdoce et le mariage qui consacrent chacun dans sa vocation et enfin le sacrement des malades qui nous apaise et nous fortifie au seuil de notre éternité.

Frères et Sœurs,
Qu’en cette fête de la Pentecôte, l’Esprit Saint nous donne la joie de recevoir en abondance la lumière et la force de Dieu.
Demain lundi nous fêterons la Vierge Marie, pour la première fois sous le vocable, de Marie Mère de l’Eglise. Le Pape François vient d’instaurer cette nouvelle fête. Avec Elle nous chanterons notre Magnificat en action de grâce pour les merveilles que Dieu fait pour chacun de nous.

AMEN

7ème dimanche de Pâques - Dimanche 13 mai 2018

Frères et Sœurs,
Nous venons d’entendre la prière que le Christ a faite pour l’unité des ses disciples, lors de l’ultime repas avec ses Apôtres.
Dans cette prière Il exprime trois demandes à son Père pour ses amis :

  • Garde mes disciples dans la fidélité.
  • Qu’ils aient en eux ma joie.
  • Qu’ils soient dans le monde sans être du monde.

Puisque tout au long de cette semaine nous allons nous préparer à la venue de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte, réfléchissons ensemble au sens de cette prière, et d’abord à cette première demande :

  • Garde mes disciples dans la fidélité.

Cette prière, le Christ la prononce alors qu’approche l’heure de sa Passion.
Ses disciples sauront-ils donner le témoignage d’une Foi sans faille lorsqu’ils auront à affronter « le monde qui les prend en haine » ?
Cette question est bien d’actualité quand on voit l’ampleur que prend dans notre monde sécularisé l’oubli de Dieu, et la haine du christianisme, avec la persécution des chrétiens en Orient, en Afrique, et ailleurs sur le globe !
2
Leur fidélité au Christ et à son Evangile interpelle notre propre fidélité. Le Christ supplie son Père pour nous en lui demandant de nous garder dans la « fidélité ».
D’expérience, nous savons que c’est dans la fidélité à des petites choses que l’on peut être fidèle à de plus grandes que se soit dans la vie familiale, sociale, ou professionnelle.
Si nous sommes envoyés dans le monde, c’est parce que nous sommes porte-paroles de Celui qui nous envoie. Nous sommes porteurs de la parole qui vient de Dieu. C’est le sens des paroles du Christ à ses disciples : « Père saint…, sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. »
Nous sommes devenus chrétiens par notre baptême, et donc disciples du Christ.
Aider, respecter, servir, pardonner, autant de façons d’aimer et de suivre le Christ qui a prié pour nous. La sainteté est fruit de la fidélité.

  • La seconde demande : Qu’ils aient en eux ma joie !

Frères et Sœurs,
Le Christ est Ressuscité, Il est vivant et Il est porteur d’une joie et d’une paix que nul ne peut ravir à ceux qui l’ont goûtée.
Chrétiens nous sommes témoins de cette joie de Dieu, de cette joie qui n’est pas simple optimisme mais qui est joie de la Résurrection.

3
Joie de celui, qui comme les disciples d’Emmaüs, a rencontré le Christ sur son chemin.
L’épreuve, que ce soit la souffrance, la maladie, l’échec, nous dépossède de ce qui faisait notre assurance. Elle nous fait vivre une expérience de vraie pauvreté. Cette pauvreté assumée et offerte nous ouvre l’accès à la joie de l’Espérance, à la joie de la Miséricorde et du pardon reçu et donné.

  • Et enfin, la troisième demande : Qu’ils soient dans le monde sans être du monde.

Frères et Sœurs,
A travers cette prière, le Christ nous met en garde : nous sommes « envoyés dans le monde » pour être en pleine pâte humaine - levain évangélique.
Comme chrétiens nous sommes appelés à aimer le monde,
Mais sans nous laisser séduire par ses idoles.
Le Christ est notre force, et notre ami, nous savons que ce monde est « habité » par sa présence dans l’Eucharistie.
En restant unis à Lui par des temps de rencontre nourrie de la Parole de Dieu, de l’Eucharistie et du pardon sacramentel, et entretenue par la prière personnelle.

Notre monde a besoin de témoins s’exclamait le bienheureux Paul VI il y a cinquante ans. Nos contemporains n’ont pas seulement faim de justice, de pain et d’amour. Ils ont cruellement besoin de sens.
4
Plus que des moyens de vivre ils cherchent des raisons de vivre, ils cherchent des personnes qui se consument et non qui consomment.
Comme chrétiens nous sommes appelés à aimer ce monde dans lequel nous sommes envoyés porter la joie de l’Evangile par le témoignage du service, en se donnant jour après jour à travers notre attention à l’autre, notre bienveillance pour le prochain.
L’Amour que Dieu met dans nos cœurs est Vie plus forte que la mort parce que nous dit le Christ : « il n’y pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».

Tant d’œuvres, tant d’institutions ont vu le jour parce que des hommes et des femmes ont voulu vivre et incarner leur Foi. A leur exemple, annonçons Jésus-Christ, parce qu’Il est « la Lumière des Nations ».
L’exemple des Saints est là pour nous aider, à ne pas nous décourager, à travers leur courage, leur fidélité et leur charité inventive.
Frères et Sœurs,
En ce jour où l’Eglise honore et prie Notre Dame de Fatima, demandons avec notre chapelet à la Vierge Marie, la grâce de nous faire progresser dans la Foi, l’Espérance et la Charité.
Ces trois vertus théologales nous maintiennent unies au Christ et nous donnent de croire avec Saint Paul, qu’ « Il est fidèle Celui qui nous appelle ». (1ère Thess. 5, 24)

AMEN

Fête de l’Ascension - Jeudi 10 mai 2018

Frères et Sœurs,

Deux grandes fêtes marquent la fin du temps pascal : l’Ascension et la Pentecôte.
Ces deux fêtes se répondent en quelque sorte :
A l’Ascension, le Christ s’élève vers le Ciel pour entrer dans sa gloire.
A la Pentecôte, l’Esprit- Saint descend du Ciel pour sanctifier et vivifier les hommes en ce monde.
Entre ces deux fêtes, une période de recueillement : les Apôtres vivent en silence dans la prière.
L’Ascension et la Pentecôte sont avec la Résurrection, les trois grands mystères glorieux dont la méditation nourrit la Foi et l’Espérance du peuple de Dieu en marche vers le Royaume.
La liturgie perpétue chaque année le souvenir de ces évènements qui sont profondément gravés dans la mémoire et le cœur de tous les chrétiens.

A l’Ascension le Christ quitte cette terre pour retourner dans la gloire de son Père. Dés lors, une question légitime peut nous habiter : Dieu aurait-il abandonné les hommes ?

C’est la question des disciples qui se retrouvent seuls et qui vont s’enfermer par peur des juifs !
C’est la question également de tous ceux qui croient en Dieu et qui à certains moments de leur vie finissent par douter de sa présence.
2
C’est la question encore de tous ceux qui, à travers les générations successives, et dans les différentes nations du globe, ont été ou sont soumis à l’épreuve, à la persécution, voire à l’extermination.
Du fond de l’abîme de la misère humaine, la question s’élève comme le cri poussé par le Christ Lui-même sur la Croix.
Dieu a-t-il abandonné les hommes ?
Cette question est bien la nôtre aujourd’hui, quand nous voyons souffrir et mourir des êtres qui nous sont chers : parents, époux, épouse, enfant.
C’est la question de ceux et celles qui souffrent sur un lit de douleur à l’hôpital, et c’est la question que se posent également ceux et celles qui sont abandonnés dans le dernier âge de leur vie.

Dieu a-t-il abandonné les hommes ?

Frères et Sœurs,
Cette question habite toute existence humaine, elle habite la Foi des chrétiens.
La liturgie de la Parole nous indique comment nous pouvons comprendre ce départ du Christ à l’Ascension non pas comme une sorte d’abandon des hommes par Dieu, mais vraiment comme le signe de la puissance de Dieu.

3
En effet c’est la même puissance, le même pouvoir et la même force qui est à l’œuvre dans l’évènement de l’Ascension du Christ qu’à sa Résurrection.

Il en résulte que l’Ascension n’est pas la condamnation des hommes pour qu’ils soient abandonnés à leur propre sort, mais que l’Ascension est la promesse que dans leur existence, la puissance de Dieu Lui-même est à l’œuvre.
Et cette promesse, n’est pas simplement une parole de consolation que le Christ livrerait à ses disciples au moment de les quitter, cette promesse continue de s’accomplir, dans le don de l’Esprit Saint répandu et communiqué à toute l’Eglise.

Frères et Sœurs,
L’Ascension du Christ, ce prodigieux évènement que nous célébrons en ce jour, n’est pas un jour de nostalgie ou un jour de vague interrogation, ce jour est au contraire un jour de joie, un jour d’exultation et un jour d’Espérance !
Le Christ nous a quittés, certes, Il paraît loin de nous. Mais, Il est Vivant, et Il est pour chacun de nous et pour le monde entier Salut, Joie et Paix, par la Présence de son Esprit qui achève en chacun de nous toute sanctification.

4
Ainsi la parole de Jésus à ses disciples est véridique : Il ne les a pas laissés orphelins !
La promesse accomplie à la Pentecôte par le don de l’Esprit Saint se poursuit pour nous, comme pour chaque génération de croyants.

Frères et Sœurs,
Le Christ dans la gloire du Ciel, continue d’intercéder pour les hommes et sa prière est féconde.
Pour les disciples comme pour nous-mêmes, l’avenir est devant nous, désormais le Christ est présent partout dans le monde où l’Evangile est vécu.

Avec Marie et les Apôtres, nous avons le regard fixé vers le Ciel, au sens où le Ciel est pour nous la Maison du Père, mais c’est ici et maintenant que le Christ nous appelle et nous envoie ce matin : A temps et à contre temps, nous dit-Il, « proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » : vous n’êtes pas seuls ! Vous avez l’Esprit du Christ Lui-même vivant en vous !

Oui, Dieu n’a pas abandonné les hommes, c’est notre joie, c’est la joie de l’Evangile !

AMEN

5ème dimanche de Pâques - Dimanche 29 avril 2018

Frères et Sœurs,

Quand, dans nos campagnes, nous regardons une vigne, nous sommes frappés par toutes ces branches qui partent du cep. Le vigneron ne la taille qu’une fois l’an et elle produit son fruit en automne.
Alors nous comprenons mieux l’allégorie de la vigne dans la parabole de l’Evangile, où le Christ dit : « De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s’il ne demeure sur la vigne, de même vous non plus si vous ne demeurez en moi... en dehors de moi vous ne pouvez rien faire. »
Ces paroles sont fortes et vivifiantes. Elles nous permettent de mieux saisir le lien vital des disciples avec leur Maître. Ce lien n’est autre que cette sève divine qui monte en nous de ce cep unique planté sur notre terre auquel Jésus Lui-même a aimé se comparer.

L’homme qui veut être fidèle au Christ ne peut échapper aux soins constants du Maître de la Vigne, qui taille, élague et fortifie pour nous faire grandir dans son Amour :
« Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là donne beaucoup de fruits », ces fruits ne sont autres que ceux dont parle Saint Jean dans l’épître que nous avons écoutée :
« Mes enfants nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours mais par des actes et en vérité...
2
Nous devons nous aimer les uns les autres comme Il nous l’a commandé » - « A ceci tous vous reconnaîtront comme mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » ( Jn 13, 35 )
Les fruits que portent les sarments sont les mêmes fruits que mentionne l’Epître aux Galates : « ils sont amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. » (Ga 5, 22)
Frères et Sœurs,
Tous, nous aspirons à porter de tels fruits dans nos vies. Mais pour cela il nous faut demeurer dans l’unité avec le Christ en écoutant sa parole, en demeurant fidèle à son amour, en gardant ses commandements, en assumant les difficultés de la vie au moyen desquelles le Seigneur nous purifie.
C’est en regardant le Christ que nous découvrons la vraie dimension de notre vie - une vie reçue du Père et qui appelle de notre part une réponse filiale.

C’est en travaillant avec Lui et dans son Esprit que la vie prend tout son sens, parce que nous devenons les artisans d’un monde plus humain, plus fraternel et plus cordial qui trouve en Dieu sa plénitude, où le travail retrouve la saveur du service ; où les relations sociales retrouvent le goût du dialogue, de la conversation fraternelle ; où la multitude anonyme prend figure de peuple dans lequel chacun est appelé par son nom et appelé à prendre sa part de l’œuvre commune.
3
L’arbre de la croix est en effet un arbre de vie, un arbre planté dans notre terre souillée et blessée par le péché, qui transforme notre sang vicié par l’égoïsme en un sang de pureté et de douceur.
Il n’est pas jusqu’à la souffrance et la mort qui, dans le Christ et avec le Christ, ne deviennent chemin de vie et de résurrection.

Frères et Sœurs,
Le disciple du Christ est cet homme qui témoigne concrètement dans sa vie de tous les jours, de la présence du Seigneur qui habite son âme et le fait vivre. Car qu’est-ce qu’être chrétien sinon être à la suite du Christ, l’actif témoin du don de Dieu, de l’amour de Dieu.
« Occupe-toi des pauvres, tu es sûr de ne pas te tromper », disait Saint Vincent de Paul à ceux et celles qui voulaient avancer et croître dans leur vie spirituelle ! Ces propos n’ont rien perdu de leur actualité.

L’Eucharistie qui nous rassemble, nous permet de répondre à cette invitation du Seigneur : « Demeurez en moi comme moi en vous » et de nous brancher comme des sarments sur le cep de vigne pour bénéficier de la sève divine, qu’est la grâce du Christ dans l’eucharistie. Ainsi notre vie est transformée progressivement par cette vie divine reçue en nourriture et qui secrètement, illumine le monde !

4
Dans l’Eucharistie nous recevons la lumière et la force du Saint Esprit qui nous fait à la fois comprendre la parole de Dieu et la mettre en pratique.
Depuis deux mille ans, l’Eglise fait l’expérience de cette source d’amour qu’est l’eucharistie, et qui transfigure l’homme par une vie évangélique qui produit l’amour, la paix et la joie que le monde ne peut ravir !

Frères et Sœurs,
Nous approchons du moment de la sainte communion, où le Christ Lui-même, vigne spirituelle, vient s’unir à nous, faibles sarments, et redit à chacun ces paroles : « Je vous ai choisis pour que vous alliez, que vous produisiez du fruit et que votre fruit demeure » (Jn 15,16) et dont le bienheureux Charles de Foucauld s’est fait l’écho dans sa célèbre prière : « Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qui te plaira. » Alors nous porterons des fruits qui auront la saveur d

AMEN